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que la mission ministérielle devra examiner. Décidera-t-elle qu’il faut continuer à rembourser, via les contrats solidaires des mutuelles, une pratique dont le seul bénéfice modérément prouvé concerne le mal de dos, et qui peut parfois servir de cheval de Troie à des interventions sans fondement, voire dangereuses ? Les ostéopathes, eux, jouent leur survie économique.
Donald Trump, aux racines de sa matrice économique : enquête sur un ovni idéologique
https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/donald-trump-aux-racines-de-sa-matrice-economique-enquete-sur-un-ovni-ideologique-GYIMDY72ZBGZFPVYW5PFQ226XQ/

En apparence, rien ne semble relier Donald Trump (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html) à Friedrich Nietzsche. Le premier, qui s'est longtemps vanté de n'avoir jamais rien lu d'autre que la Bible, ne s'est sans doute jamais plongé dans le dédale des écrits du second. Et pourtant, en multipliant les coups d’éclat, le président américain épouse, jusqu’à l’incarner, l’une des obsessions du philosophe de la fin du XIXe siècle. Une quête monomaniaque, impulsive, aveugle, de puissance, qui pousse Donald Trump à piétiner les règles communes, balayer les normes installées et dynamiter l’ordre établi d’un "vieux monde" dont il faudrait libérer les esprits et les peuples. Une forme de "transvaluation des valeurs", comme le théorisa le penseur allemand, il y a plus d'un siècle et demi.La séquence de ce début d’année est un condensé du logiciel trumpien. Une copie nietzschéenne. Une intervention militaire au Venezuela au mépris du droit et des règles internationales, la destitution d'un président-dictateur (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/enlevement-de-nicolas-maduro-pourquoi-le-raid-americain-aurait-pu-virer-au-fiasco-DILX5JJ4F5H3RGVOQF76JO3MU4/) et la mainmise sur les ressources pétrolières du pays. Puis, à peine rassasié d’or noir vénézuélien, une offensive commerciale sur le Groenland (https://www.lexpress.fr/monde/europe/groenland-leurope-a-t-elle-les-moyens-de-dissuader-donald-trump-D3XWAVDLCNAMXNPFRM2QHVKVFQ/) et ses ressources naturelles et un accord arraché à 140 pays pour exempter les multinationales américaines du taux mondial minimal d’imposition de 15 % prévu dans un traité international signé sous l’égide de l’OCDE en 2021. Dans la foulée, Trump annonce le retrait immédiat des Etats-Unis de 66 organisations internationales, principalement rattachées aux Nations unies.Alors que le président américain va fêter dans quelques jours la première année de son retour à la Maison-Blanche, l’Europe assiste, tétanisée, à la destruction d’une architecture économique et géopolitique qu’elle n’a cessé de porter. "Les États-Unis ne défendent plus les valeurs démocratiques et le respect du droit international qu’ils proclamaient jadis. Ils ont adopté la logique des autocraties qu’ils prétendent combattre : la force prime le droit, les sphères d’influence l’emportent sur la souveraineté, la puissance justifie l’action", décortique Alicia Garcia-Herrero, la cheffe économiste de Natixis à Hongkong.On ne combat que ce que l'on connaît. Comment, alors, qualifier la doctrine économique du locataire de la Maison-Blanche ? Les optimistes - ou naïfs - se rassurent en répétant que Trump n’a aucune colonne vertébrale et qu’il se bornerait à mettre en musique "l'art du deal" (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-negocier-avec-vladimir-poutine-les-limites-de-lart-du-deal-DXLKLJDKDFHP5FI3RKC7YGSUVA/) qu'il a lui-même théorisé. Pire : qu'il changerait d'avis comme de chapeau texan. Donald Trump, un ovni idéologiqueUne versatilité brocardée au début de l'été dernier par l'acronyme Taco, "Trump always chickens out", que l'on pourrait traduire en français par "Trump finit toujours pas se dégonfler". "Ceux qui croient au Taco ont tort. Certes, en matière de droits de douane, Trump a revu une partie de sa copie initiale, mais en bout de course, les tarifs ont augmenté partout. Vis-à-vis du bloc européen, ils étaient en moyenne de 1,2 % avant son élection. Ils grimpent aujourd'hui à 15 %", relève l'économiste suisse John Plassard, de la banque genevoise Cité Gestion.Les "Trumponomics" ne se résumeraient donc pas à une succession de décisions irrationnelles et inconsistantes. "Son corpus économique est le reflet de l'hétérogénéité de son électorat. Il a été élu par les
laissés-pour-compte de la mondialisation, grâce aux milliards des techno-libertariens de la Silicon Valley et l'appui du noyau dur des républicains pur jus. Le résultat, c'est une politique qui ne ressemble à aucune autre", avoue Antoine Bouet, le directeur du Cepii, le Centre d'études prospectives et d'informations internationales.Pour décrire cet ovni idéologique, commençons par ce qu'il n'est pas. Rien à voir avec un libéralisme chimiquement pur. La main de Trump sur le fonctionnement de l'économie et le cours des affaires est partout. "Surtout, le président s'assoit sur le droit alors que le respect de la règle de droit est la pierre angulaire du libéralisme économique", détaille Eric Monnet, historien de l'économie et professeur à l'EHESS.Rien à voir non plus avec la version 2.0 d'un keynésianisme d'Etat. Certes, sa grande loi budgétaire (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-obtient-une-victoire-avec-ladoption-de-son-vaste-projet-de-loi-budgetaire-MH65DOXR75GKFIPDQXRLL5IPQU/)votée de justesse au début de l'été - le "One Big Beautiful Bill" – a les atours d'une relance budgétaire massive. Mais elle promeut surtout la baisse des impôts sur les entreprises et les plus riches, et la réduction des transferts sociaux. "C'est une relance pro business destinée à soutenir l'offre", analyse Jonathan Hartley, chercheur à l'université Stanford en Californie. Rien à voir, enfin, avec un néo-reaganisme. "Si Trump fait du Reagan lorsqu'il abaisse les taux d'imposition des entreprises et dérégule massivement des pans entiers de l'économie, le laisser-faire de l'ancien président républicain n'est pas vraiment de son goût. Sa politique est finalement très éloignée de la révolution néolibérale anglo-saxonne des années 1980", poursuit Jonathan Hartley."Yes we CANE"Alors, comment qualifier la ligne trumpienne ? On se souvient du "Yes we can", le slogan de campagne de Barack Obama. Trump, lui, a inventé le "Yes we CANE", pour Capitalisme Autoritaire Népotique d'Etat."Si l'on veut comprendre les racines du trumpisme, il faut faire de l'archéologie économique. Remonter aux XVIIe et XVIIIe siècle l'âge d'or du mercantilisme, avant les débuts de la macroéconomie classique", souligne Eric Monnet. Une doctrine qui justifiait le colonialisme et faisait de la capacité d'un pays à imposer ses normes, ses lois et ses routes commerciales, l'instrument de sa puissance. A cette aune, le commerce international est forcément un jeu à somme nulle où il n'y a que des perdants et des gagnants. "En affirmant que les raisons du déficit commercial américain sont liées aux pratiques déloyales de ses partenaires, Trump a remis au goût du jour le mercantilisme", poursuit Eric Monnet. Un système où les très grandes entreprises privées, à qui l'Etat accorde des quasi-monopoles en contrepartie de généreux subsides, mènent la danse. Comme si les géants américains de la tech étaient devenus les dignes héritiers de la Compagnie des Indes.Un monde, enfin, où l'Etat s'immisce dans la vie des affaires et dont le colbertisme français fut la meilleure illustration. "Quatre siècles plus tard, le gouvernement américain n'a eu de cesse, en 2025, d'influer sur le fonctionnement des entreprises en multipliant les prises de participation au capital de sociétés qui n'avaient pas besoin qu'il vole à leur secours. L'Amérique de Trump est devenue socialiste", s'enflamme Tad DeHaven, analyste politique au Cato Institute, un think tank libertarien de Washington. En contrepartie du rachat du géant US Steel par le japonais Nippon Steel, l'Etat américain s'est arrogé une "golden share" au capital de l'aciériste, avec un droit de véto sur toutes les décisions de la direction. De même, le gouvernement fédéral s'est invité au capital de nombreuses compagnies minières et producteurs de terres rares, comme MP Material, Lithium America, Vulcan ou Trilogy Metal. Il a forcé la main du géant des semi-conducteurs Intel
(https://www.lexpress.fr/monde/amerique/les-etats-unis-vont-prendre-10-du-capital-dintel-CUIQ73OL4RCHPFT5Z2RMPDLHIA/) pour prendre 10 % de l'entreprise, devenant ainsi son premier actionnaire. Début décembre, enfin, il a accepté que Nvidia (https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/nvidia-entre-le-marteau-americain-et-lenclume-chinoise-NZRZC2EX7BBBFMWA5E4I2X3LDM/), la star américaine des puces, vende à nouveau ses trésors technologiques à la Chine. Mais à la condition expresse qu'elle lui reverse 25 % des futurs profits réalisés dans l'empire du Milieu. Une trentaine d'autres "deals" seraient dans les tuyaux d'après la Maison-Blanche."Cette imbrication étroite entre profits publics et privés légitimise les conflits d'intérêts, voire la corruption," estime Eric Monnet. Un capitalisme de connivences et de copinage prend ainsi ses quartiers à Washington. Car si le chantre de l'America First est obnubilé par la notion de puissance, c'est d'abord au profit de son clan et de son propre porte-monnaie.Le trumpisme survivra-t-il à Trump ?Au gré de ses visites d'Etat, de mirifiques contrats tombent dans l'escarcelle de ses entreprises. En mai dernier, alors que le Vietnam négociait ferme les droits de douane imposés par l'administration américaine, le Premier ministre du pays, Pham Minh Chinh, inaugurait un gigantesque programme immobilier, près de Hanoï, dans l'orbite de la galaxie Trump. Le mois dernier, le Parlement serbe a donné son feu vert pour faire table rase d'un bâtiment emblématique bombardé par l'Otan et remplacé prochainement... par une tour Trump. Et que dire des juteuses affaires des fils du président, Eric et Donald junior, dans les stablecoins – ces crypto-devises indexées au dollar - dont leur père a considérablement assoupli la réglementation pour assurer leur essor.Combien de temps les "Trumponomics" vont-ils électriser la planète. Dit autrement, le trumpisme survivra-t-il à Trump ? Pour l'heure, l'échec annoncé n'a pas eu lieu dans le pays. La croissance a même accéléré au troisième trimestre 2025. "La locomotive américaine devrait finir l'année sur un rythme voisin de 3 %", projette Raphaël Gallardo, le chef économiste de Carmignac. L'inflation a peu déraillé, malgré la hausse des droits de douane. A défaut de créer beaucoup d'emplois, comme le montrent les chiffres du chômage, cette dynamique du PIB repose néanmoins sur un levier unique : le boom de l'intelligence artificielle qui tire largement l'économie, de la construction des data centers à celle des centrales électriques jusqu'à la fabrication des puces électroniques. Sans cette révolution de l'IA, l'activité serait chancelante.Le problème, c'est qu'une partie de l'électorat Maga, et notamment la classe ouvrière des grandes régions industrielles, ne s'y retrouve pas. De fait, si la Bourse caracole, la confiance des ménages a fortement chuté. Les garde-fous, notamment institutionnels, sont affaiblis et les grands groupes, à l'unisson, jouent opportunément le jeu trumpien. "Les entreprises achètent sa politique car la croissance tient. Si elle vacille, elles lui demanderont immédiatement des comptes. Le business est le dernier contre-pouvoir ", veut croire Yann Coatanlem, économiste et directeur d'une start-up dans la finance à New York.Le tic-tac serait donc enclenché ? Sébastien Laye, un économiste franco-américain, aujourd'hui conseiller du parti républicain, ne croit guère à la contrainte du sablier. "A la fin de ce second mandat, le "reset" de la politique américaine sera terminé et le régime de l'après-guerre froide, qui ne correspondait plus aux intérêts économiques de l'Amérique, définitivement enterré. Les successeurs de Trump, même s'ils sont démocrates, ne pourront plus le remettre en cause." Il suffira alors à J.D. Vance, le vice-président, ou Marco Rubio, le secrétaire d'Etat (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/capture-de-nicolas-maduro-marco-rubio-architecte-en-chef-de-loperation-militaire-au-venezuela-AGKRY6RBLJAK3IO2FL5I2YIOV4/), de se
glisser dans les mocassins de leur mentor.
Aide à mourir : un débat qui divise nos voisins européens
https://www.lexpress.fr/monde/europe/aide-a-mourir-un-debat-qui-divise-nos-voisins-europeens-3YEP3L4MQNBRFM3466JCNVEAPI/

Le débat français sur la fin de vie (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/fin-de-vie-exclure-la-mort-de-notre-champ-de-liberte-cest-faire-injure-a-dieu-par-daniel-borrillo-TWKQ6YZIANCDHOT47HBECSI33E/) dure depuis vingt-cinq ans, et il n'est pas près d’être clos. Amendée par l’Assemblée le 27 mai 2025, la proposition de loi sur le "droit à l’aide à mourir" sera examinée à partir du 20 janvier par le Sénat. Et les échanges promettent d’être animés, tant le sujet divise. À huis clos, ce 7 janvier, la Commission des affaires sociales de la chambre haute en a fortement atténué l’esprit. Plutôt qu’accorder au patient un droit au suicide assisté ou à l’euthanasie, les sénateurs se sont prononcés pour un dispositif "d’assistance médicale à mourir" pour les seules personnes en "phase terminale". Ce qui en restreint la portée à "ceux qui vont mourir" et non à "ceux qui veulent mourir", comme le résument les co-rapporteurs LR, Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon. Le vote aura lieu le 28 janvier, avant que le texte ne revienne à l’Assemblée en deuxième lecture. L’occasion de se rendre compte que, chez nos voisins aussi, ce sujet clivant et douloureux suscite des débats.En Espagne, un fragile consensusDepuis 2021, la "Ley Organica" autorise l’euthanasie et le suicide assisté. L’épilogue d’un long combat politique et philosophique, porté depuis 2002 par les partis de gauche et des organisations civiles. Mais le pays reste traversé par une profonde fracture éthique, du fait de l'opposition de certains mouvements chrétiens, pour qui cette loi viole l’article 15 de la Constitution, garantissant le droit à la vie. Si "l’aide à mourir" se développe lentement (334 euthanasies en 2023, sur 766 demandes), le débat est loin d’être clos.En Belgique, une législation soutenue par la sociétéEn Belgique, la mort par euthanasie représentait 3 décès sur 100 en 2023. Votée en 2002, la loi indique que le patient doit être capable de discernement, souffrir d'une pathologie incurable, et un double avis médical reste obligatoire. Depuis 2014, l’euthanasie est autorisée pour les mineurs dans des situations médicales sans issue. Une législation soutenue par la majorité, et qui incite certains Français à franchir la frontière : 106 y ont été euthanasiés en 2024, selon l’Autorité belge de contrôle, soit deux fois plus qu'en 2022.
De plus en plus d'euthanasies sont pratiquées chaque année outre-Quiévrain.Aux Pays-Bas, un système précurseur et très encadréEn devenant le premier pays du monde à légaliser l'euthanasie, en 2001, les Pays-Bas ont suscité des débats dans le monde entier. Pour que sa demande soit acceptée, un patient doit remplir des conditions draconiennes, dites "critères de minutie". Son cas doit notamment être examiné par une commission composée d’un médecin, d’un expert en éthique et d’un juriste. Depuis février 2024, les enfants de moins de 12 ans souffrant de maladies incurables, et dont la mort est imminente, y sont éligibles.En Allemagne, un sujet douloureux, qui ravive l'HistoireEn Allemagne, le mot "euthanasie" évoque une époque sombre, celle du régime nazi et de son programme d’extermination de masse. Pour cette raison, l’Allemagne refuse toute forme d’euthanasie active. En 2015, la Cour de Karlsruhe a toutefois stipulé qu’un patient avait le droit de mourir de manière autonome, même avec l'aide de tiers (suicide assisté). Un millier d’Allemands y ont recours chaque année. Le Bundestag a lancé des consultations, qui pourraient donner lieu, à terme, à une réforme de l'euthanasie. La Pologne, un pays encore très religieuxDans ce pays où l’influence de l’Église catholique reste forte, l’euthanasie est illégale et le restera sans doute encore longtemps. Si les rares sondages semblent indiquer que la population polonaise est partagée sur la question, le droit à l’aide à mourir n’est pas très présent dans le débat public. Dans la pratique médicale, un patient atteint d’un mal incurable a la possibilité de refuser la poursuite d’un traitement qui lui est administré, si celui-ci n’a aucun effet.
Guerre commerciale : les raisons de l'étonnant sursaut des exportations du Mexique vers les Etats-Unis
https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/guerre-commerciale-les-raisons-de-letonnant-sursaut-des-exportations-du-mexique-vers-les-etats-unis-XRLFAGTBPVCTPHFVHG4V3YC454/

Alors que tous les regards étaient tournés vers la crise vénézuélienne (https://www.lexpress.fr/environnement/venezuela-au-dela-du-petrole-les-minerais-pourraient-etre-un-interet-pour-tout-le-monde-E46RO5ARZNBNFNWP2FFTRQUPBE/), Donald Trump (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html) n'oublie pas ses sujets de prédilection. "Les cartels dirigent le Mexique", a-t-il assené le week-end dernier. Trafic de drogue, immigration, excédent commercial… ses critiques envers le pays présidé par Claudia Sheinbaum (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/tact-et-persuasion-comment-la-presidente-du-mexique-a-negocie-avec-donald-trump-2FKSACI2TFHKRP36Q7JGXH3YWA/) sont bien connues. Autant de prétextes qui en faisaient une cible idéale pour son offensive douanière. Les exportations mexicaines, dirigées à 80 % vers les Etats-Unis, y étaient particulièrement vulnérables. Du moins sur le papier.Car entre janvier et novembre, les flux de biens non pétroliers depuis le Mexique vers son voisin du Nord ont progressé de 8 % sur l’année. Certes, le secteur automobile a accusé une baisse, la Maison-Blanche ayant criblé la filière de droits de douane spécifiques. Mais les exportations des autres catégories de marchandises ont grimpé de 15 %, compensant ce recul.Bouillonnement du secteur de l'IA En plein découplage sino-américain, les atouts du pays apparaissent plus nettement que jamais pour Washington. "Les produits mexicains restent les plus compétitifs pour les États-Unis en raison de l'interconnexion entre les deux marchés, de la proximité géographique – qui implique des coûts de transport plus faibles – et de droits de douane inférieurs à la moyenne mondiale, aux alentours de 5 %", pointe Diego Marroquin Bitar, chercheur au Center for Strategic and International Studies. Le taux effectif appliqué à la Chine dépasse, lui, les 30 %. Autant dire que le calcul est vite fait.Par ailleurs, une large part de marchandises était déjà exemptée de taxes grâce à l’Accord Canada Etats-Unis Mexique (ACEUM) (https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/droits-de-douane-lastuce-du-canada-pour-amortir-le-choc-americain-6TXWJKHALJHDDPESKPKSVWEWW4/), qui a remplacé l’Alena en 2020. Et sous la pression tarifaire, "le pays a entrepris des efforts pour améliorer la traçabilité de ses produits, élargissant ainsi la couverture du traité d’environ 50 % des biens exportés aux Etats-Unis en 2024 à plus de 80 % aujourd’hui", observe Sylvain Bellefontaine, économiste à l’Agence française de développement et spécialiste de l'Amérique latine.La performance inattendue de Mexico l'an dernier s'explique aussi par le bouillonnement des activités liées à l’intelligence artificielle (https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/intelligence-artificielle-notre-dossier-complet-TSCLM2NRMZA7LBGBWDV3ILGMSI/) (IA). "Les investissements croissants de l’Amérique dans le domaine (https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/bulle-de-lia-la-silicon-valley-a-t-elle-perdu-la-raison-7WEITQLAQFCZJG2EPPJEQ5QOMM/) ont fait exploser la demande pour les composants électroniques, notamment les serveurs, fabriqués au Mexique, pointe Marcos Carias, spécialiste de l’Amérique du Nord chez Coface. Sans cette catégorie, les exportations de biens et services mexicains, toutes destinations confondues, seraient en baisse sur l’année". En parallèle, les importations mexicaines depuis Taïwan - qui fabrique les composants de ces serveurs - ont presque triplé sur les onze premiers mois de 2025. La soif pour ces équipements pourrait continuer d'alimenter les exportations : le géant taïwanais Foxconn, fournisseur de Nvidia, a annoncé cet été son intention d'investir 168 millions de dollars pour développer la
production de serveurs IA dans son usine de Jalisco, à l’ouest du Mexique.Rassurer Washington Autrefois soupçonné d’être une porte d’entrée pour les produits chinois aux Etats-Unis, le Mexique tente désormais de montrer patte blanche. Le mois dernier, son Parlement a autorisé le gouvernement à relever jusqu'à 50 % ses taxes à l’entrée pour 1 400 produits provenant de pays avec lesquels il n’a pas d’accord de libre-échange, dont la Chine. "Le gouvernement poursuit un double objectif : protéger son industrie nationale de la concurrence chinoise et répondre aux préoccupations de la Maison-Blanche sur le contournement de produits chinois", souligne Sylvain Bellefontaine.Contrairement à Ottawa ou Pékin, Mexico, par la voix de Claudia Sheinbaum, a fait le choix du pragmatisme et de la prudence dans ses rapports avec Washington. Dans l’espoir d’échapper aux menaces douanières, début mai, elle avait suggéré d’importer davantage depuis les Etats-Unis, et inversement. Chose promise, chose due : sur les huit premiers mois de 2025, le Mexique est devenu la première destination des produits américains, ravissant la place du Canada. De quoi mettre les chances de son côté dans la renégociation du traité ACEUM, prévue en juillet.Reste que l'impact de ce dynamisme commercial sur l'économie demeure limité - la croissance devrait se limiter à 0,3 % en 2025. En cause, la faible valeur ajoutée de la production locale, largement cantonnée à des activités d’assemblage, pointe Sylvain Bellefontaine. Depuis quelques mois, une restructuration du tissu manufacturier est à l'œuvre : "On assiste à une destruction de l’emploi dans la filière automobile, liée aux droits de douane, tandis que les exportations de produits électroniques, qui augmentent, sont moins intensives en main-d’œuvre", note Marcos Carias. En augmentant la fabrication sur le sol national et en la destinant au marché intérieur, Claudia Sheinbaum, avec son "Plan Mexico", espère changer la donne.
"La hausse des loyers a fait baisser les naissances de 11 %" : l'Ă©tude choc de l'Ă©conomiste Ben Couillard
https://www.lexpress.fr/economie/la-hausse-des-loyers-a-fait-baisser-les-naissances-de-11-letude-choc-de-leconomiste-ben-couillard-IQKL5S26NFASVFW5QNIPJYZQM4/

En 2025, les naissances ont encore chuté en France (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/maxime-sbaihi-la-chute-des-naissances-est-encore-plus-inquietante-pour-la-france-KYIMAGWF3JAMPPM4ESNIKUZK6Q/). Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de morts a même dépassé celui des nouveau-nés. Les Etats-Unis, du fait d’un taux de fécondité en baisse (1,6 %) comme de la politique migratoire restrictive de Donald Trump, sont au bord du déclin démographique.Alors que le phénomène de la dénatalité frappe tous les pays développés (sauf Israël) et devient un sujet politique brûlant, l’économiste canadien Ben Couillard a récemment publié une étude (https://ti.org/pdfs/BuildBabyBuild.pdf) choc prouvant que la hausse des loyers (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/apres-les-bombes-cest-la-plus-sure-facon-de-detruire-une-ville-pourquoi-le-controle-des-loyers-JHMJXIE33BGABM5NNU6LUCKT2U/) joue un rôle majeur sur la baisse du taux de fécondité américain.A L’Express, le chercheur à l’université de Toronto explique ces résultats frappants, défend la construction de logements pour les familles, mais se montre sceptique sur le gel des loyers prôné notamment par le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani.L’Express : A quel point les prix de l’immobilier influencent-ils la natalité ?Ben Couillard : De nombreux pays développés sont confrontés à des taux de natalité faibles, et en baisse constante. Il est très difficile d’isoler un seul facteur, car c’est un sujet multifactoriel. J’ai essayé de le faire pour le logement en m’appuyant sur la modélisation économétrique. Sans trop entrer dans les détails techniques, j’ai mis en place un modèle dynamique, avec les coûts du logement comme paramètre variable. En sachant bien sûr que les autres facteurs évoluent eux aussi au fil du temps : les femmes sont de plus en plus éduquées et présentes sur le marché du travail, les préférences en matière de procréation changent…Mais avec ce modèle dynamique, j’ai démontré que la hausse des loyers a eu un effet majeur sur la baisse de la fécondité aux Etats-Unis. Si les loyers étaient restés stables depuis les années 1990, le pays aurait enregistré 11 % de naissance en plus, soit treize millions de naissances supplémentaires. La montée des loyers explique, à elle seule, plus de la moitié de la chute de la fécondité entre les années 2000 et 2010.Le logement représente donc la moitié du problème de la dénatalité ?Oui, sur cette période donnée aux Etats-Unis. Ce pays a connu une baisse de la natalité plus tardive que d’autres pays occidentaux. En 2008, il affichait encore un taux de fécondité de 2,1 %, soit le seuil de renouvellement des générations. Dans les années 1990 et 2000, il y a même eu une petite augmentation de la fécondité aux Etats-Unis. Mais si les logements étaient restés abordables, la natalité aurait augmenté davantage, puis elle aurait moins diminué. Faut-il construire plus de logements pour soutenir le niveau des naissances ?Le logement est un sujet très compliqué. Il y a aujourd’hui de nombreuses entraves à la construction. Sur le plan politique, on peut tenter de lever ces obstacles réglementaires. Mais les gens n’aiment pas non plus voir leur quartier changer, avec la construction de grands immeubles qui peuvent faire baisser la valeur de leur propre maison. Il est difficile de diminuer les coûts pour les locataires sans faire baisser également les prix de l’immobilier, ce qui nuit aux personnes qui sont déjà propriétaires, mais qui peut aider les jeunes à devenir eux-mêmes propriétaires.Aux Etats-Unis, le succès du mouvement YIMBY, ou "yes in my back yard", qui défend plus de constructions de logements et s’oppose aux limites liées à la densité,
vient principalement du fait qu’il est resté apolitique et qu’il a su séduire des personnes aux opinions diverses, de la gauche aux libertariens.Quelles sont alors les bonnes mesures politiques à prendre ?Les loyers correspondent à un prix du marché qui ne peut pas être influencé directement par les décideurs politiques. En revanche, dans mon étude, j’ai comparé deux scénarios différents : dans l’un, on construit davantage de petits logements, dans l’autre plutôt des grands logements. Par "petits", j’entends des logements d’une ou deux pièces ou des studios, et par "grands", des logements de trois pièces ou plus. On constate qu’une politique axée sur les petits logements augmente certes la fécondité, mais pas autant que lorsqu’on se concentre sur l’offre de grands logements, avec plusieurs chambres.A New York, le nouveau maire Zohran Mamdani a largement capitalisé sur la crise du logement, promettant le gel des loyers ou des places gratuites en crèche…Les économistes sont assez unanimes pour dire que le contrôle des loyers n’est pas une bonne politique. C’est une tentative de manipuler directement les prix du marché, ce qui modifie les incitations. Si nous légiférons simplement pour que les loyers baissent, il y aura moins de logements locatifs à l’avenir, et les logements locatifs existants ne seront pas correctement entretenus.Mamdani a clairement préconisé cela durant sa campagne. Mais depuis sa victoire, certaines des mesures qu’il a prises montrent qu’il comprend bien que solution la plus durable à long terme consiste à construire davantage. Et cela nécessite de travailler avec les acteurs du secteur privé, car ce sont eux qui, dans l’ensemble, construisent les logements.La situation est différente en Europe, avec une tradition du logement social plus forte. Mais aux États-Unis, le secteur public s’est révélé particulièrement inefficace dans la construction de logements. En Californie par exemple, l’Etat a tenté de construire des logements spécialement destinés aux sans-abri, mais c’était à un coût ridiculement élevé.Par ailleurs, je suis quelque peu sceptique quant à la capacité d’un maire de New York à vraiment pouvoir faire grand-chose sur le sujet, quand on sait que le maire et le conseil municipal sont subordonnés au gouvernement de l’État de New York. Mais nous devrions envisager plusieurs solutions à la crise de la fécondité. En effet, rendre les services de garde d’enfants plus accessibles et plus abordables ne peut être qu’une bonne politique.Des études ont montré que la crise du logement pousse les jeunes vers les cryptomonnaies ou favorise le vote pour l’extrême droite…Ce n’est pas surprenant. Beaucoup de tendances que nous observons dans les pays développés peuvent être attribuées à cette hausse du coût du logement. Ce sera un enjeu politique crucial à l’avenir.
NuclĂ©aire : la France et l’Europe doivent dĂ©clarer l’urgence industrielle, par Jean-Marc Scolari
https://www.lexpress.fr/environnement/nucleaire-la-france-et-leurope-doivent-declarer-lurgence-industrielle-par-jean-marc-scolari-6TVBSBE7XREXNBO25R2VHNYUNM/

Face à la crise climatique et aux bouleversements géopolitiques, le nucléaire s’impose à nouveau comme un pilier stratégique de la souveraineté énergétique européenne. L’édition 2025 du World Nuclear Exhibition en a apporté la preuve : la France en première ligne parie sur l’atome pour tenir ses ambitions de neutralité carbone.Les ambitions sont claires : la France vise un triplement de ses capacités nucléaires d’ici 2050. Mais entre les déclarations politiques et la réalité industrielle, un décalage majeur subsiste. Derrière les grandes annonces, le défi reste entier (https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/nucleaire-la-relance-francaise-ne-tient-pas-toutes-ses-promesses-G2AUKHIQHBARBEMGTDR6R3GNW4/?auth=7b9ddc7d9c) : transformer la volonté affichée en une exécution rapide, structurée et compétitive.Une guerre industrielle que l’Europe ne peut plus se permettre de perdrePartout dans le monde, le nucléaire accélère. En Chine, une centrale peut sortir de terre en moins de 7 ans (https://www.lexpress.fr/environnement/on-leur-a-tout-appris-et-ils-nous-ont-depasses-la-chine-relance-la-bataille-mondiale-du-nucleaire-3EP5ZETHBVBMTNJ5LYHCCSGVJ4/) (en France, il en faut encore quinze). Avec 58 centrales nucléaires à son actif (57 pour la France), elle devrait dépasser les Etats-Unis d’ici 2030. Ce contraste révèle une faille structurelle, un décalage profond entre nos ambitions et notre capacité d’exécution. L’Europe, et la France ne peuvent plus se contenter de suivre le rythme. Elles doivent le donner.Les freins sont connus et désormais critiques. D’abord, la pénurie de compétences pèse lourdement sur la relance du secteur. L’incertitude prolongée autour de l’avenir du nucléaire a dissuadé les investissements dans la formation. Résultat : les savoir-faire techniques, notamment dans des domaines comme le soudage de haute précision, se sont érodés, alors même qu’ils sont aujourd’hui au cœur des exigences de qualité et de sûreté. Relocaliser, transmettre, valoriser ces compétences est une urgence.
Jean-Marc Scolari, dirigeant de Fronius FranceÀ cela s’ajoute une complexité réglementaire qui, au fil des années, est devenue un frein majeur à la performance industrielle. L’empilement des normes, des procédures, des validations à chaque étape finit par désynchroniser l’ensemble de la chaîne. Pourtant, lorsque l’urgence impose un cap clair. La reconstruction de Notre-Dame en est le symbole, en présence d’une volonté politique forte, l’exception devient la norme.Oser innover, oser industrialiserLes technologies existent, les acteurs industriels sont mobilisés. Ce qui fait encore défaut, c’est le courage de l’innovation et la rapidité d’exécution. Trop souvent, les grands donneurs d’ordre hésitent à s’engager pleinement dans de nouveaux procédés de fabrication, plus automatisés, plus agiles, plus traçables. La crainte de "rater le prochain projet" par excès d’audace freine toute dynamique de transformation.Nous devons sortir de cette logique défensive. Les difficultés rencontrées à Flamanville (https://www.lexpress.fr/environnement/flamanville-comment-la-filiere-nucleaire-tente-deviter-un-nouveau-fiasco-P7HIGDFP4BGQTPP6K354AGKR3A/) ne doivent plus être vues comme un échec, mais comme un point de départ. Il faut standardiser les méthodes, intégrer les sous-traitants en amont, adopter une logique de série, moderniser les ateliers et ouvrir la filière à l’automatisation. Sans cela, aucun gain de compétitivité ne sera possible.Vers un "Airbus du nucléaire"La France ne pourra pas porter seule l’effort de relance nucléaire à la hauteur des enjeux qui s’annoncent. L’ambition ne peut plus être nationale ; elle doit être européenne (https://www.lexpress.fr/environnement/leurope-pourrait-reduire-de-60-le-cout-de-son-nucleaire-le-combat-du-depute-europeen-christophe-UCJJ3UUWMNEATGPVMQJ3OU7DUQ/). L’Union européenne fixe les objectifs en matière de décarbonation : elle doit désormais assumer le rôle moteur dans la construction des moyens industriels permettant de les atteindre. Cela implique d’unifier les standards techniques et réglementaires, de mutualiser les investissements à l’échelle du continent, et de favoriser l’émergence de véritables synergies industrielles entre les États membres. C’est à ce prix que l’Europe pourra bâtir une filière nucléaire cohérente, efficace et souveraine.Il est temps d’envisager un projet structurant à la hauteur des besoins : un "Airbus du nucléaire", capable de soutenir des projets comme les SMR (https://www.lexpress.fr/environnement/calogena-futur-champion-des-mini-reacteurs-nucleaires-le-meilleur-projet-en-france-cest-nous-5VRCWBHHVFBMZH3BSL7GXYVDQE/) (Small Modular Reactors), tout en garantissant à l’Europe une autonomie technologique et énergétique face à la Chine ou aux États-Unis.La filière nucléaire française possède les compétences, l’expérience et l’excellence technique. Ce qu’il lui faut aujourd’hui, c’est un sursaut politique, une stratégie claire, des décisions rapides. Osons penser industriellement ! Osons prendre des risques ! Car derrière cette relance, ce sont notre souveraineté, notre résilience énergétique et l’avenir des jeunes générations qui se jouent.*Jean-Marc Scolari dirige Fronius France depuis bientôt 17 ans. Il est également président de la section soudage, brasage et coupage chez Evolis (organisation professionnelle au service des créateurs de solutions industrielles productives) et membre du Conseil d'Administration de l'Institut de Soudure
Etats-Unis : mis sous pression par Donald Trump, le président de la Fed menacé de poursuites pénales
https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-mis-sous-pression-par-donald-trump-le-president-de-la-fed-menace-de-poursuites-penales-VYV4SXTY3FFUXEBUCXWORPJ6NI/

La pression auquel il fait face monte encore d'un cran. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) (https://www.lexpress.fr/economie/la-fed-abaisse-ses-taux-dinteret-pour-la-troisieme-fois-contre-lavis-de-plusieurs-responsables-WRVKBDSP2RHRNJLKCQZJQ7IMQE/), Jerome Powell, a déclaré dimanche 11 janvier que l'administration du président Donald Trump (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html) l'avait menacé de poursuites pénales en lien avec l'une des auditions qu'il a effectuées l'été dernier devant le Congrès, à propos des rénovations du siège de la banque centrale.Régulièrement visé par des critiques de Donald Trump, qui lui reproche depuis son retour au pouvoir en janvier dernier de ne pas baisser suffisamment les taux d'intérêt, Jerome Powell (https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/donald-trump-contre-jerome-powell-le-duel-qui-fait-trembler-leconomie-mondiale-DDITSGRHCZH6HM2EZULNH4YCPI/) a dénoncé un "prétexte" destiné à accentuer la pression sur la Fed pour qu'elle réponde aux demandes du président américain.Il a fait savoir que la Réserve fédérale avait reçu vendredi des convocations du département de la Justice pour témoigner devant un grand jury, une étape préalable à de possibles inculpations et qui constitue une escalade significative dans les tensions entre Donald Trump et Jerome Powell.Réagissant au communiqué diffusé dimanche soir par le patron de la Fed, le sénateur républicain Thom Tillis, membre de la commission sénatoriale des Banques, a déclaré que la menace d'inculpation soulevait des questions sur l'"indépendance et la crédibilité" du département de la Justice. Thom Tillis a ajouté sur le réseau social X qu'il s'opposerait à de quelconques candidats nominés par Donald Trump pour siéger à la Fed "tant que cette question juridique ne sera pas complètement réglée". La commission sénatoriale des Banques a notamment pour mission d'examiner les candidatures proposées pour les postes à la Réserve fédérale, dont sa présidence."Démarche sans précédent"Jerome Powell a été nommé à la tête de la Fed en 2018 par Donald Trump, lors du premier mandat présidentiel de ce dernier, avant d'être confirmé à son poste par Joe Biden. Son mandat actuel doit prendre fin en mai prochain."J'ai un profond respect pour la règle de droit et l'imputabilité dans notre démocratie", a dit Jerome Powell dans le communiqué. "Mais cette démarche sans précédent doit être regardée dans le contexte plus large des menaces et des pressions de l'administration" à propos des taux d'intérêt. "Cette nouvelle menace ne concerne pas mon audition en juin dernier, ni les rénovations des bâtiments de la Réserve fédérale", a-t-il ajouté. "Ce sont des prétextes", a-t-il poursuivi, y voyant la "conséquence" de la politique monétaire de la Fed. Celle-ci, a-t-il dit, est fixée pour "servir le public, pas pour suivre les préférences du président".Donald Trump a nié avoir connaissance des mesures prises par le département de la Justice. "Je ne sais rien du tout à propos de cela", a-t-il déclaré dimanche soir à la chaîne de télévision NBC News. "Mais (Powell) n'est pas très bon à la Fed, et il n'est pas très bon pour construire des bâtiments".Un porte-parole du département de la Justice a décliné une demande de commentaire, se contentant de déclarer que la ministre fédérale de la Justice avait demandé aux procureurs du pays d'enquêter en priorité sur toute malversation qui concernerait l'argent des contribuables.Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump presse la Fed de réduire nettement les taux d'intérêt, reprochant à la banque centrale de nuire à l'économie et évoquant à plusieurs reprises l'hypothèse de limoger Jerome Powell
(https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/le-patron-de-la-fed-pousse-dehors-par-donald-trump-les-marches-ny-croient-plus-XTXDUIGP7BEFRP4YX6TNOF5QTI/), bien qu'un locataire de la Maison-Blanche n'a pas autorité pour prendre une telle décision uniquement en raison d'un désaccord sur la politique monétaire.Le président américain a également tenté en août de limoger une gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa Cook (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-de-la-fed-le-sort-de-lisa-cook-en-suspens-en-attendant-une-decision-de-justice-J7BZVS7WOBGAHIP53EBAI3WCSA/), une mesure bloquée par une juge fédérale. L'affaire a été transmise à la Cour suprême américaine.La présidence de Donald Trump "touche le fond"L'indépendance des banques centrales, tout du moins pour fixer les taux d'intérêt afin de contrôler l'inflation (https://www.lexpress.fr/monde/amerique/les-prix-baissent-ils-enormement-aux-etats-unis-la-realite-derriere-les-declarations-de-donald-trump-XFDH7GTYHJAOPK6O7AUVGBW7VQ/), est considérée comme un pilier d'une politique économique solide, protégeant les responsables monétaires face à de quelconques considérations politiques à court terme et leur permettant de se focaliser sur des objectifs à long terme.Aux yeux de Peter Conti-Brown, historien spécialiste de la Fed à l'université de Pennsylvanie, la présidence de Donald Trump "touche le fond" avec l'enquête ouverte contre Jerome Powell. "Le Congrès n'a pas conçu la Fed pour qu'elle reflète les fluctuations quotidiennes du président, et comme la Fed a repoussé les efforts du président Trump (...), il jette tout le poids du droit pénal américain" contre le patron de la Fed, a-t-il dit.La Maison-Blanche a multiplié depuis l'an dernier les critiques contre le projet de rénovation du siège de la Fed, situé à Washington, dont le coût est estimé à 2,5 milliards de dollars. Certains analystes ont estimé à l'époque que l'administration Trump cherchait ainsi à faire pression pour obtenir de la Fed des taux d'intérêt plus bas - en vain, Jerome Powell détaillant même les raisonnements de la banque centrale sur le site internet de celle-ci et transmettant des lettres explicatives à des membres de l'administration.En juin dernier, dans le cadre d'auditions annuelles devant le Congrès sur la politique monétaire, Jerome Powell a été interrogé sur les travaux de rénovation, qu'il a décrits comme nécessaires en raison d'infrastructures obsolètes. Donald Trump a effectué le mois suivant une rare visite présidentielle au siège de la Fed, lors de laquelle Jerome Powell lui a servi de guide.Jerome Powell, qui s'est globalement gardé de répondre aux multiples critiques et menaces de Donald Trump, a de nouveau promis dimanche de "continuer à faire le travail pour lequel le Sénat" l'a nommé. Si son mandat de président de la Fed prend fin en mai, il est en droit de rester au conseil des gouverneurs jusqu'au 31 janvier 2028, ce qui, le cas échéant, empêcherait Donald Trump de nommer un gouverneur à la place de Jerome Powell avant son ultime année à la Maison-Blanche.
Négociations avec le Royaume-Uni : l’UE veut assurer ses arrières avec une "clause Farage"
https://www.lexpress.fr/monde/europe/negociations-avec-le-royaume-uni-lue-veut-assurer-ses-arrieres-avec-une-clause-farage-IRXTIVJ3HRH5HH56GE6B44EJHY/

Les relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni (https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-ce-que-prevoit-le-vaste-plan-sur-limmigration-annonce-par-londres-inspire-du-modele-AUC4D6MWFZHU5O6EHCQA7XTTWY/) pourraient-elles se refroidir ? Alors que le pays a entamé des démarches pour se rapprocher de Bruxelles depuis l'arrivée au pouvoir du travailliste Keir Starmer en 2024, le retour sur le devant de la scène du leader du parti d'extrême droite Reform UK, Nigel Farage, (https://www.lexpress.fr/monde/europe/nigel-farage-bientot-premier-ministre-lessor-vertigineux-de-lextreme-droite-au-royaume-uni-NBWNV36B5NBWNFZBWTJ6CSSZXM/) fait craindre un revirement. Au point que les 27 exigent que tout futur gouvernement britannique verse une importante compensation financière s'il devait se retirer de l'accord de "réinitialisation" post-Brexit, visant à alléger les contraintes administratives sur les échanges de produits alimentaires, dont le résultat pourrait être une augmentation des exportations agroalimentaires britanniques vers l'UE de 22 %, selon une étude des universités d'Aston et de Bristol de 2024.Ce projet de texte, fortement voulu par les organisations professionnelles et industrielles, exige que le Royaume-Uni "s’aligne de manière dynamique et applique simultanément" toutes les législations européennes régissant les produits animaux et végétaux. Pour le sécuriser, la "clause Farage", qui interviendrait dans le cas où celui-ci devient Premier ministre, stipule que la partie qui se retire unilatéralement de l'accord devra verser une indemnisation couvrant les coûts de mise en place "des infrastructures et équipements, du recrutement et de la formation initiaux, nécessaires à l'établissement des contrôles frontaliers", rapporte le Financial Times. Cette "mesure de sécurité [vise] à assurer la stabilité et à dissuader Farage et ses alliés", précise au journal anglais un diplomate, ajoutant que Bruxelles souhaite signer un accord qui perdurerait au-delà de la législature britannique actuelle, qui s'achève en 2029. "L'UE souhaite un accord à long terme et pas seulement jusqu'en 2029, en cas de changement de majorité lors des prochaines élections", a-t-il indiqué.Une atteinte à la souveraineté Du côté de Reform UK et des conservateurs, une telle clause représente au contraire une atteinte à la souveraineté juridique du Royaume-Uni, et ces derniers ont déjà promis de l'abroger. "Aucun parlement ne peut lier son successeur, nous n'honorerons aucune clause. Si Starmer signe cet accord, ce sera une atteinte à la démocratie", a déclaré Nigel Farage, accusant son rival de "brader [la] souveraineté parlementaire". La cheffe des conservateurs, Kemi Badenoch, rejette elle aussi tout accord "impliquant une influence de la Cour de justice de l’Union européenne". Selon eux, ce rapprochement avec l'UE est une trahison des résultats de 2016 en faveur de la sortie de l'organisation supranationale, bien que l’accord n’envisage nullement un retour du Royaume-Uni dans le marché unique. "Les clauses de sortie sont un élément fondamental de tout accord commercial international. Prétendre que ces clauses juridiques de routine constituent une atteinte à la démocratie est franchement exaspérant", clarifie un responsable travailliste auprès du Financial Times, expliquant que dans tous les cas, "les négociations détaillées avec Bruxelles sur les modalités précises de l'accord n'avaient pas encore débuté".Après avoir caracolé en tête des sondages l'année dernière, la dynamique de Nigel Farage semble toutefois s'essouffler. Fin décembre, Reform UK recueillait 25 % des intentions de vote, soit son niveau le plus faible depuis plus de six mois après avoir atteint un pic à 32 % en septembre, selon un sondage
réalisé par YouGov, rapporté par The Independent. Les travaillistes et les conservateurs se redressent légèrement (20 % et 19 % des intentions de vote), mais restent en grande difficulté.