"La nuit du châtiment, un déluge de feu" s'abat sur Dresde, 250 000 civils seront massacrés par les bombardiers anglo-américains.
La ville ne comporte aucun objectif militaire et n' abrite que des civils, vieillards, femmes et enfants, fuyant l'armée rouge. La technique du "Carpet Bombing" (tapis de bombes incendiaires) y est implacablement appliquée .
"A 22 heures 03’, le 13 février 1945 commence l’apocalypse.
245 bombardiers Lancaster chargés de 75 % de bombes incendiaires, 25 % de bombes explosives arrivent en vue de leur objectif. "Le dosage savant des deux types de bombes provoque un véritable typhon de feu par appel d’air. Ceux qui ne sont pas brûlés vifs sont asphyxiés."
A 01 heure 45’, le 14 février 1945, 529 bombardiers surgissent. Mille hectares sont ravagés par les explosions. A 12 heures 12’, le 14 février 1945, 450 Forteresses volantes américaines mettent le point final au carnage, tandis qu’une centaine de chasseurs
Mustang mitraillent au sol tout ce qui a encore l’apparence de la vie.
Des bombardiers et chasseurs furent "dépêchés" en guise de leurre sur Magdebourg, Leipzig et Nuremberg, d'autres exécutèrent un MASSACRE de même espèce sur Chemnitz
(730.000 tonnes de bombes incendiaires)
La ville ne comporte aucun objectif militaire et n' abrite que des civils, vieillards, femmes et enfants, fuyant l'armée rouge. La technique du "Carpet Bombing" (tapis de bombes incendiaires) y est implacablement appliquée .
"A 22 heures 03’, le 13 février 1945 commence l’apocalypse.
245 bombardiers Lancaster chargés de 75 % de bombes incendiaires, 25 % de bombes explosives arrivent en vue de leur objectif. "Le dosage savant des deux types de bombes provoque un véritable typhon de feu par appel d’air. Ceux qui ne sont pas brûlés vifs sont asphyxiés."
A 01 heure 45’, le 14 février 1945, 529 bombardiers surgissent. Mille hectares sont ravagés par les explosions. A 12 heures 12’, le 14 février 1945, 450 Forteresses volantes américaines mettent le point final au carnage, tandis qu’une centaine de chasseurs
Mustang mitraillent au sol tout ce qui a encore l’apparence de la vie.
Des bombardiers et chasseurs furent "dépêchés" en guise de leurre sur Magdebourg, Leipzig et Nuremberg, d'autres exécutèrent un MASSACRE de même espèce sur Chemnitz
(730.000 tonnes de bombes incendiaires)
"Mesdames et messieurs, lorsque vous pensez à la France, si vous ne l’avez jamais vue, ne pensez pas d’abord à ses bibliothèques et à ses musées, mais à ses belles routes pleines d’ombre, à ses fleuves tranquilles, à ses villages fleuris, à ses vieilles églises rurales, six ou sept fois centenaires, à ses villes illustres, toutes ruisselantes d’histoire, mais d’un accueil simple et discret, à nos vieux palais construits si près du sol, en un si parfait accord avec l’horizon qu’un Américain, habitué aux gratte-ciel de son pays, risquerait de passer auprès d’eux sans les voir. Et lorsque vous pensez à notre littérature, pensez-y aussi comme à une espèce de paysage presque semblable à celui que je viens de décrire, aussi familier, aussi accessible à tous, car nos plus grandes œuvres sont aussi les plus proches de l’expérience et du cœur des hommes, de leurs joies et de leurs peines."
Le Chemin de la Croix-des-Ames - Georges Bernanos
Le Chemin de la Croix-des-Ames - Georges Bernanos
Le 14 juin 1941, le colonel Groussard, envoyé secrètement à Londres par le général Huntzinger, ministre de la Défense de Vichy, avec l’assentiment du maréchal Pétain, est reçu par Winston Churchill qui lui déclare:
« Dites à ceux qui vous ont envoyé ici que je comprends la situation pénible qui est la vôtre, dans cette malheureuse France saignante, pressurée, coupée en deux… Je sais que la tâche de vos chefs est presque surhumaine ; je les approuve de vouloir protéger le plus possible la France et les Français : mais je leur demande de ne pas oublier que leurs Alliés continuent à se battre ; je leur demande d’avoir foi en l’avenir … Moi aussi, si je gouvernais votre pays, je ne dirais pas aux Allemands: « Je vous déteste ! » Parce qu’il faut toujours éviter le pire, avec acharnement… Moi aussi je biaiserais, je chercherais à gagner du temps, à propos de tout : mais j’aiderais par tous les moyens possibles ceux qui restent mes compagnons d’armes… Dites à Vichy que je respecte profondément la personne du maréchal Pétain. Jamais je n’ai cru que cet homme puisse souhaiter la victoire allemande. »
Témoignage du colonel Georges Groussard, livre "Service secret 1940-1945".
« Dites à ceux qui vous ont envoyé ici que je comprends la situation pénible qui est la vôtre, dans cette malheureuse France saignante, pressurée, coupée en deux… Je sais que la tâche de vos chefs est presque surhumaine ; je les approuve de vouloir protéger le plus possible la France et les Français : mais je leur demande de ne pas oublier que leurs Alliés continuent à se battre ; je leur demande d’avoir foi en l’avenir … Moi aussi, si je gouvernais votre pays, je ne dirais pas aux Allemands: « Je vous déteste ! » Parce qu’il faut toujours éviter le pire, avec acharnement… Moi aussi je biaiserais, je chercherais à gagner du temps, à propos de tout : mais j’aiderais par tous les moyens possibles ceux qui restent mes compagnons d’armes… Dites à Vichy que je respecte profondément la personne du maréchal Pétain. Jamais je n’ai cru que cet homme puisse souhaiter la victoire allemande. »
Témoignage du colonel Georges Groussard, livre "Service secret 1940-1945".
20 février 1631 : les princes protestants allemands s'allient avec le roi de Suède Gustave II Adolphe, dans le cadre de la guerre de Trente Ans. Religieuse à l'origine, la guerre de Trente Ans est partie de la Bohême où se déroulèrent les deux événements détonateurs : la défenestration de Prague par les protestants en 1618 et la célèbre défaite, à la Montagne Blanche, de ces derniers qui refusaient de reconnaître l'empereur Ferdinand II. Les affaires de Bohême dégénérèrent en un interminable affrontement entre l'empereur catholique et certains princes protestants du Saint Empire, ce qui entraîna l'intervention en Allemagne des souverains protestants du Nord (Danemark et Suède), soutenus financièrement par la France de Richelieu et de Louis XIII, ceux-ci ayant intérêt à la défaite de l'empereur.
La guerre de Trente Ans (1618-1648) a été longtemps considérée, mais trop étroitement, comme une guerre d'Allemagne, sur laquelle s'est greffée, à partir de 1635, une nouvelle phase de la lutte traditionnelle entre l'Espagne et la France. Commencée en Bohême par la défenestration de Prague (23 mai 1618) et terminée par la signature des traités de Westphalie, à Münster et à Osnabrück, le 24 octobre 1648, elle s'est déroulée sur le territoire du Saint Empire. À partir de l'intervention du roi de Suède, Gustave II Adolphe, des armées étrangères ont pénétré en Allemagne et pris part à la lutte. Les faits de guerre ont laissé des ruines tragiques, moins les batailles que les pillages, les incendies du plat pays, la propagation des épidémies, entraînant des pertes de vies humaines et des dévastations matérielles. Le conflit était né de l'opposition entre protestants et catholiques dans l'Empire, il s'est élargi à la mesure européenne, dans un affrontement entre les maisons d'Autriche et de France, la première cherchant à asseoir sa prépondérance en Europe, la seconde défendant sa propre liberté et prenant dans sa clientèle les petits États d'Allemagne et d'Italie. La paix a consacré un nouvel ordre dans le Saint Empire : ordre politique, où l'Empereur ne pouvait plus prétendre à la souveraineté absolue, ordre religieux, par la reconnaissance des trois confessions chrétiennes, catholique, luthérienne, calviniste. La France et la Suède étaient garantes de la nouvelle Constitution de l'Empire : Constitutio Westphalica, avec les autres signataires du traité. L'historiographie contemporaine prend une vue encore plus large de l'événement ; la guerre de Trente Ans, par sa durée, son intensité, ses résultats, représente la période la plus aiguë d'une large crise qui la déborde : crise idéologique de la chrétienté.
Victor-Lucien TAPIÉ
La guerre de Trente Ans (1618-1648) a été longtemps considérée, mais trop étroitement, comme une guerre d'Allemagne, sur laquelle s'est greffée, à partir de 1635, une nouvelle phase de la lutte traditionnelle entre l'Espagne et la France. Commencée en Bohême par la défenestration de Prague (23 mai 1618) et terminée par la signature des traités de Westphalie, à Münster et à Osnabrück, le 24 octobre 1648, elle s'est déroulée sur le territoire du Saint Empire. À partir de l'intervention du roi de Suède, Gustave II Adolphe, des armées étrangères ont pénétré en Allemagne et pris part à la lutte. Les faits de guerre ont laissé des ruines tragiques, moins les batailles que les pillages, les incendies du plat pays, la propagation des épidémies, entraînant des pertes de vies humaines et des dévastations matérielles. Le conflit était né de l'opposition entre protestants et catholiques dans l'Empire, il s'est élargi à la mesure européenne, dans un affrontement entre les maisons d'Autriche et de France, la première cherchant à asseoir sa prépondérance en Europe, la seconde défendant sa propre liberté et prenant dans sa clientèle les petits États d'Allemagne et d'Italie. La paix a consacré un nouvel ordre dans le Saint Empire : ordre politique, où l'Empereur ne pouvait plus prétendre à la souveraineté absolue, ordre religieux, par la reconnaissance des trois confessions chrétiennes, catholique, luthérienne, calviniste. La France et la Suède étaient garantes de la nouvelle Constitution de l'Empire : Constitutio Westphalica, avec les autres signataires du traité. L'historiographie contemporaine prend une vue encore plus large de l'événement ; la guerre de Trente Ans, par sa durée, son intensité, ses résultats, représente la période la plus aiguë d'une large crise qui la déborde : crise idéologique de la chrétienté.
Victor-Lucien TAPIÉ
21 février 1916
Début de la bataille de Verdun.
L’offensive de Verdun débute par l’ordre du général Falkenhayn d'attaquer la ville de Verdun le 21 février 1916 à 07h15.
Les premiers obus tombent à 08h15, visant la gare et les ponts en amont de la ville.
Il s'ensuit un pilonnage de près d'un million d'obus sur les tranchées françaises, pendant huit heures.
Miraculeusement, en fin de journée, deux divisions françaises sont toujours debout.
Les survivants français se battront courageusement à un contre cent et tiendront la draguée haute aux Allemands.
La bataille de Verdun durera 300 jours et se traduira par un échec pour le commandement allemand.
Le bilan est terrible : plus de 700.000 blessés, tués et disparus.
Côté français, 163.000 tués et disparus et 216.000 blessés ; 143.000 tués et disparus et 190.000 blessés côté allemand.
Plus de 50 millions d'obus seront tirés des deux côtés du front pendant cette période.
Aux soldats français, le cher et vieux pays reconnaissant.
Début de la bataille de Verdun.
L’offensive de Verdun débute par l’ordre du général Falkenhayn d'attaquer la ville de Verdun le 21 février 1916 à 07h15.
Les premiers obus tombent à 08h15, visant la gare et les ponts en amont de la ville.
Il s'ensuit un pilonnage de près d'un million d'obus sur les tranchées françaises, pendant huit heures.
Miraculeusement, en fin de journée, deux divisions françaises sont toujours debout.
Les survivants français se battront courageusement à un contre cent et tiendront la draguée haute aux Allemands.
La bataille de Verdun durera 300 jours et se traduira par un échec pour le commandement allemand.
Le bilan est terrible : plus de 700.000 blessés, tués et disparus.
Côté français, 163.000 tués et disparus et 216.000 blessés ; 143.000 tués et disparus et 190.000 blessés côté allemand.
Plus de 50 millions d'obus seront tirés des deux côtés du front pendant cette période.
Aux soldats français, le cher et vieux pays reconnaissant.
21 février, premier jour d’audience,du procès de Jeanne d'Arc.
Les minutes de ce procès, consignées dans les manuscrits de d’Urfé et d’Orléans, donnent un précieux aperçu de ce jugement historique. C’est en les lisant que l’on prend pleinement conscience de l’extraordinaire habileté de Jeanne : elle comparaît seule, sans avocat, âgée de 19 ans, ignorante en droit, et détenue depuis des mois dans d’affreuses conditions. Malgré cela, elle est capable d’audace, de hardiesse, et déjoue les pièges que lui tendent les hommes d’Église. Elle fait preuve d’une présence d’esprit admirable, se montre habile et pleine d’humour, elle qui ne savait « ni A ni B » (ni lire, ni écrire, selon ses dires au tribunal de Poitiers), et déstabilise ses juges par la force de sa sincérité. « À toute question douteuse, elle oppose une autre question, un trait d’humour, une demande de confrontation, d’enquête ou de délai », fait remarquer Olivier Sers dans la préface du livre Jeanne d’Arc, le procès de Rouen, lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers (Les Belles Lettres, 2016). Intelligence supérieure, naïve sincérité ou inspiration divine ? Quoi qu’il en soit, les réponses de Jeanne d’Arc demeurent extraordinaires.
À chaque début d’audience, l’évêque Cauchon demande à Jeanne de jurer sur les Évangiles de dire la vérité. Chaque fois, sans faillir, Jeanne prévient qu’elle peut dire « le vrai » à propos de sa foi et de sa vie, mais qu’en aucun cas elle ne pourra parler des révélations que Dieu lui a faites pour le roi. C’est donc l’accusée elle-même qui délimite le cadre du procès qui lui est intenté. Ainsi, dès le 21 février, premier jour d’audience, à 8 heures du matin, alors que l’évêque exhorte Jeanne à prêter serment, celle-ci retourne la situation et fixe elle-même les conditions :
« Je ne sais sur quoi vous me voulez interroger. Par aventure, me pourriez-vous demander telles choses que je ne vous dirais point. (…) De mon père, de ma mère et des choses que j’ai faites depuis que j’ai pris le chemin de France, volontiers je jurerai. Mais, des révélations à moi faites de par Dieu, je ne les ai dites ni révélées à personne, fors au seul Charles, mon roi. Et je ne les révélerais même si on devait me couper la tête. Car j’ai eu cet ordre par visions, j’entends par mon conseil secret, de ne rien révéler à personne. Et, avant huit jours, je saurai bien si je dois les révéler. »
Non seulement Jeanne s’érige en maîtresse de l’interrogatoire, un comble pour une accusée, mais « elle s’abrite derrière une impossibilité qui vient de Dieu, et donc, à ces hommes de Dieu, elle oppose Dieu ». En outre, elle se pose en maîtresse du temps en évoquant ces huit jours, prérogative qui revient normalement au juge. Elle impose son délai, gagne du temps, fait miroiter une éventuelle ouverture, telle une experte en art oratoire.
La question du Pater Noster
Ce même premier jour de procès, cherchant à tester sa foi, l’évêque demande à Jeanne de réciter le Pater Noster. Ce à quoi Jeanne répond : « Entendez-moi en confession, et je vous le dirai volontiers. »
Une résistance incroyable de la part d’une jeune paysanne face à un évêque et un parterre de juges. Une manière de réclamer à son interlocuteur un sacrement qui lui était donné quotidiennement par son confesseur, le frère Pasquerel, jusqu’à ce qu’elle soit jetée en prison et en soit durement privée. La réponse de Jeanne est également une façon de lui rappeler sa fonction d’évêque. Car avant d’être juge, il est prêtre, et se doit de donner ce sacrement au fidèle qui le réclame. « Jeanne tend ainsi à Cauchon l’occasion d’être ce qu’il doit être : un prêtre et un évêque, et non un juge payé par l’ennemi ».
Le troisième jour, le 24 février, alors que l’évêque lui intime l’ordre de parler, elle assure ne pas pouvoir, et démontre à l’évêque que cela n’est pas dans son intérêt d’insister car sinon, il la pousserait à devenir parjure.
Les minutes de ce procès, consignées dans les manuscrits de d’Urfé et d’Orléans, donnent un précieux aperçu de ce jugement historique. C’est en les lisant que l’on prend pleinement conscience de l’extraordinaire habileté de Jeanne : elle comparaît seule, sans avocat, âgée de 19 ans, ignorante en droit, et détenue depuis des mois dans d’affreuses conditions. Malgré cela, elle est capable d’audace, de hardiesse, et déjoue les pièges que lui tendent les hommes d’Église. Elle fait preuve d’une présence d’esprit admirable, se montre habile et pleine d’humour, elle qui ne savait « ni A ni B » (ni lire, ni écrire, selon ses dires au tribunal de Poitiers), et déstabilise ses juges par la force de sa sincérité. « À toute question douteuse, elle oppose une autre question, un trait d’humour, une demande de confrontation, d’enquête ou de délai », fait remarquer Olivier Sers dans la préface du livre Jeanne d’Arc, le procès de Rouen, lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers (Les Belles Lettres, 2016). Intelligence supérieure, naïve sincérité ou inspiration divine ? Quoi qu’il en soit, les réponses de Jeanne d’Arc demeurent extraordinaires.
À chaque début d’audience, l’évêque Cauchon demande à Jeanne de jurer sur les Évangiles de dire la vérité. Chaque fois, sans faillir, Jeanne prévient qu’elle peut dire « le vrai » à propos de sa foi et de sa vie, mais qu’en aucun cas elle ne pourra parler des révélations que Dieu lui a faites pour le roi. C’est donc l’accusée elle-même qui délimite le cadre du procès qui lui est intenté. Ainsi, dès le 21 février, premier jour d’audience, à 8 heures du matin, alors que l’évêque exhorte Jeanne à prêter serment, celle-ci retourne la situation et fixe elle-même les conditions :
« Je ne sais sur quoi vous me voulez interroger. Par aventure, me pourriez-vous demander telles choses que je ne vous dirais point. (…) De mon père, de ma mère et des choses que j’ai faites depuis que j’ai pris le chemin de France, volontiers je jurerai. Mais, des révélations à moi faites de par Dieu, je ne les ai dites ni révélées à personne, fors au seul Charles, mon roi. Et je ne les révélerais même si on devait me couper la tête. Car j’ai eu cet ordre par visions, j’entends par mon conseil secret, de ne rien révéler à personne. Et, avant huit jours, je saurai bien si je dois les révéler. »
Non seulement Jeanne s’érige en maîtresse de l’interrogatoire, un comble pour une accusée, mais « elle s’abrite derrière une impossibilité qui vient de Dieu, et donc, à ces hommes de Dieu, elle oppose Dieu ». En outre, elle se pose en maîtresse du temps en évoquant ces huit jours, prérogative qui revient normalement au juge. Elle impose son délai, gagne du temps, fait miroiter une éventuelle ouverture, telle une experte en art oratoire.
La question du Pater Noster
Ce même premier jour de procès, cherchant à tester sa foi, l’évêque demande à Jeanne de réciter le Pater Noster. Ce à quoi Jeanne répond : « Entendez-moi en confession, et je vous le dirai volontiers. »
Une résistance incroyable de la part d’une jeune paysanne face à un évêque et un parterre de juges. Une manière de réclamer à son interlocuteur un sacrement qui lui était donné quotidiennement par son confesseur, le frère Pasquerel, jusqu’à ce qu’elle soit jetée en prison et en soit durement privée. La réponse de Jeanne est également une façon de lui rappeler sa fonction d’évêque. Car avant d’être juge, il est prêtre, et se doit de donner ce sacrement au fidèle qui le réclame. « Jeanne tend ainsi à Cauchon l’occasion d’être ce qu’il doit être : un prêtre et un évêque, et non un juge payé par l’ennemi ».
Le troisième jour, le 24 février, alors que l’évêque lui intime l’ordre de parler, elle assure ne pas pouvoir, et démontre à l’évêque que cela n’est pas dans son intérêt d’insister car sinon, il la pousserait à devenir parjure.
« Par ma foi, vous me pourriez demander telles choses que je ne vous dirais pas. Peut-être que de beaucoup de choses que vous me pourriez demander, je ne vous dirai pas le vrai, spécialement sur ce qui touche à mes révélations. Car, par aventure, vous me pourriez contraindre à dire telle chose que j’ai juré de ne pas dire, et ainsi je serais parjure, ce que vous ne devriez pas vouloir. »
Tout se passe comme si elle tentait de raisonner l’évêque afin que celui-ci ne la pousse pas au péché, ce qui serait absurde, pour un homme d’Église. Jeanne fait ainsi preuve d’une loyauté infaillible envers Dieu. Son discours ne varie pas : c’est toujours Dieu « premier servi », avant l’Église des hommes.
« Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ? »
Par cette question, Jean Beaupère, ancien recteur de l’Université de Paris (1412 et 1413) et ami de l’évêque Pierre Cauchon, cherche à la piéger. Car si elle avait répondu oui, on l’aurait accusée d’orgueil, et si elle avait dit non, on l’aurait traitée de pécheresse. Jeanne esquive habilement, et répond, inspirée sans doute par une prière récitée à l’époque par le prêtre dans la liturgie dominicale (le prône) :
« Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; et si j’y suis, Dieu m’y tienne. Je serais la plus dolente du monde si je savais n’être pas en la grâce de Dieu. Et, si j’étais en péché, je crois que la voix ne viendrait pas à moi. »
Selon les témoins de l’époque, les juges restèrent stupéfaits et silencieux face à cette répartie.
Le 14 mars, l’évêque essaie de savoir quel danger les menace, lui et ses assesseurs, du fait de mettre en cause Jeanne. Cette dernière précise donc :
« Vous dites que vous êtes mon juge, je ne sais si vous l’êtes ; mais avisez-vous bien de ne pas juger mal, vous vous mettriez en grand danger. Et je vous en avertis, afin que si Notre-Seigneur vous en châtie, j’aie fait mon devoir de le vous dire. »
Une parole qui sonne comme un avertissement, et qui à nouveau remet en question la légitimité du juge.
Un peu plus tard, le même jour, Jeanne raconte que ses voix, effectivement prémonitoires, lui ont dit : « Prends tout en gré, ne te chaille pas de ton martyre. Tu t’en viendras enfin au royaume de Paradis ». À ce moment-là pourtant, Jeanne est à mille lieux d’imaginer sa condamnation à mort. Elle est certaine d’être libérée, soit en s’échappant de prison, soit par un jugement clément, et entend bien achever la libération de la France. Cependant, elle ne manque pas d’espérance. Lorsque ses juges lui demandent : « Depuis que vos voix vous ont dit que vous iriez en la fin au royaume de Paradis, vous tenez-vous assurée d’être sauvée, et de n’être point damnée en enfer ? », elle répond, souveraine :
« Je crois fermement ce que mes voix m’ont dit, que je serais sauvée, aussi fermement que si j’y étais déjà. »
Mathilde de Robien -
Tout se passe comme si elle tentait de raisonner l’évêque afin que celui-ci ne la pousse pas au péché, ce qui serait absurde, pour un homme d’Église. Jeanne fait ainsi preuve d’une loyauté infaillible envers Dieu. Son discours ne varie pas : c’est toujours Dieu « premier servi », avant l’Église des hommes.
« Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ? »
Par cette question, Jean Beaupère, ancien recteur de l’Université de Paris (1412 et 1413) et ami de l’évêque Pierre Cauchon, cherche à la piéger. Car si elle avait répondu oui, on l’aurait accusée d’orgueil, et si elle avait dit non, on l’aurait traitée de pécheresse. Jeanne esquive habilement, et répond, inspirée sans doute par une prière récitée à l’époque par le prêtre dans la liturgie dominicale (le prône) :
« Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; et si j’y suis, Dieu m’y tienne. Je serais la plus dolente du monde si je savais n’être pas en la grâce de Dieu. Et, si j’étais en péché, je crois que la voix ne viendrait pas à moi. »
Selon les témoins de l’époque, les juges restèrent stupéfaits et silencieux face à cette répartie.
Le 14 mars, l’évêque essaie de savoir quel danger les menace, lui et ses assesseurs, du fait de mettre en cause Jeanne. Cette dernière précise donc :
« Vous dites que vous êtes mon juge, je ne sais si vous l’êtes ; mais avisez-vous bien de ne pas juger mal, vous vous mettriez en grand danger. Et je vous en avertis, afin que si Notre-Seigneur vous en châtie, j’aie fait mon devoir de le vous dire. »
Une parole qui sonne comme un avertissement, et qui à nouveau remet en question la légitimité du juge.
Un peu plus tard, le même jour, Jeanne raconte que ses voix, effectivement prémonitoires, lui ont dit : « Prends tout en gré, ne te chaille pas de ton martyre. Tu t’en viendras enfin au royaume de Paradis ». À ce moment-là pourtant, Jeanne est à mille lieux d’imaginer sa condamnation à mort. Elle est certaine d’être libérée, soit en s’échappant de prison, soit par un jugement clément, et entend bien achever la libération de la France. Cependant, elle ne manque pas d’espérance. Lorsque ses juges lui demandent : « Depuis que vos voix vous ont dit que vous iriez en la fin au royaume de Paradis, vous tenez-vous assurée d’être sauvée, et de n’être point damnée en enfer ? », elle répond, souveraine :
« Je crois fermement ce que mes voix m’ont dit, que je serais sauvée, aussi fermement que si j’y étais déjà. »
Mathilde de Robien -
Via Adrien Abauzit
Il faudrait mener tout une réflexion sur la puissance du conformisme.
L'aplatissement quasi-généralisé auquel nous assistons n'est pas le fruit de la contrainte, de la violence ou de la censure, mais bien du conformisme.
La crainte d'être socialement ostracisé est le plus efficace des baillons.
Pétain disait que le courage intellectuel était plus rare que le courage physique.
Exemple.
René Fonck, l'As des As, a fait preuve d'un courage physique extraordinaire durant 14 - 18, risquant sa vie des centaines de fois. Peu de gens peuvent en dire autant.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, Fonck, avec Renzo Sawada, Pétain et Franco ont fait échouer l'opération Felix, visant à attaquer Gibraltar en janvier 1941.
En 1945, Fonck n'osa pas témoigner en faveur de Pétain et raconter cet évènement peu connu. Les décennies suivantes, il n'en parla pas publiquement. Il fallut qu'il s'en confie au colonel Remy pour qu'un jour l'histoire soit dévoilée.
Bref, le conformisme est une terrible muselière. Mais d'un autre point de vue, il permet de faire de la sélection naturelle en distinguant ceux qui refusent de s'aplatir.
Il faudrait mener tout une réflexion sur la puissance du conformisme.
L'aplatissement quasi-généralisé auquel nous assistons n'est pas le fruit de la contrainte, de la violence ou de la censure, mais bien du conformisme.
La crainte d'être socialement ostracisé est le plus efficace des baillons.
Pétain disait que le courage intellectuel était plus rare que le courage physique.
Exemple.
René Fonck, l'As des As, a fait preuve d'un courage physique extraordinaire durant 14 - 18, risquant sa vie des centaines de fois. Peu de gens peuvent en dire autant.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, Fonck, avec Renzo Sawada, Pétain et Franco ont fait échouer l'opération Felix, visant à attaquer Gibraltar en janvier 1941.
En 1945, Fonck n'osa pas témoigner en faveur de Pétain et raconter cet évènement peu connu. Les décennies suivantes, il n'en parla pas publiquement. Il fallut qu'il s'en confie au colonel Remy pour qu'un jour l'histoire soit dévoilée.
Bref, le conformisme est une terrible muselière. Mais d'un autre point de vue, il permet de faire de la sélection naturelle en distinguant ceux qui refusent de s'aplatir.
L appel radio du 20 novembre 1942 du général Van Hecke pour le rassemblement des anciens des Chantiers de Jeunesse, qui fera augmenter les forces de résistance française en AFN de 30% avec 1700 officiers de plus et 38000 jeunes soit une augmentation de 40000 hommes.
Ici votre chef, le commissaire régional qui vous parle d Alger pour vous dire que le grand jour est arrivé. La France reprend la lutte et a besoin de tous ses fils; si vous n êtes déjà en route, faites-le ce jour même, il n y a pas un instant à perdre. Apportez avec vous le plus de vivres possible, un couvert, une paire de souliers solides et une couverture, car il n est pas certain que je pourrai vous fournir tout cela dès le premier jour. Mais qu'à cela ne tienne, nous en avons vu d autres. Anciens des Chantiers, debout! La patrie vous appelle et n oubliez pas notre devise de toujours : " Par nous, la France renaîtra."
Source Les Chantiers de Jeunesse au secours de la France par le Général Van Hecke.
Photo du général Juin donnant l accolade au lieutenant-colonel Van Hecke devant son régiment rangé en bataille ( Italie 1944).
Ici votre chef, le commissaire régional qui vous parle d Alger pour vous dire que le grand jour est arrivé. La France reprend la lutte et a besoin de tous ses fils; si vous n êtes déjà en route, faites-le ce jour même, il n y a pas un instant à perdre. Apportez avec vous le plus de vivres possible, un couvert, une paire de souliers solides et une couverture, car il n est pas certain que je pourrai vous fournir tout cela dès le premier jour. Mais qu'à cela ne tienne, nous en avons vu d autres. Anciens des Chantiers, debout! La patrie vous appelle et n oubliez pas notre devise de toujours : " Par nous, la France renaîtra."
Source Les Chantiers de Jeunesse au secours de la France par le Général Van Hecke.
Photo du général Juin donnant l accolade au lieutenant-colonel Van Hecke devant son régiment rangé en bataille ( Italie 1944).