La Flamme s'éteint.
J'ai eu la chance de connaître le Maréchal pendant trente-deux années de ma vie et le bonheur, trente-deux ans durant, d'avoir toujours reçu de lui les témoignages d'une affection paternelle.
Il s'était lié à mes parents en 1919, peu après le défilé triomphal du 14 juillet ; c'est d'ailleurs la première image lumineuse que je garde de lui et à l'âge de quinze ans les images restent gravées: celle du Vainqueur de Verdun, sur son beau cheval blanc " Monsieur Monestir", recueillant l'hommage délirant de la France qu'il avait sauvée.
Je passerai sur les vingt ans de l'entre-deux-guerres. L'amitié du Maréchal et de la Maréchale pour mes parents ne cessa de s'affirmer et leur sollicitude envers mes deux sœurs et moi de s'accroître : lorsqu'en 1923, Magda, l'aînée, se maria, le Maréchal fut son témoin ; il fut ensuite celui de la cadette, Yolande ; plus tard, enfin, il fut le mien. Qu'il me soit seulement permis d'ajouter, à propos de cette longue période, que, dans l'intimité de réunions toutes familiales et très souvent répétées, il est possible de se forger une opinion vraie du caractère d'un homme.
Après la catastrophe et l'Armistice qui en limita l'étendue, je ne reçois, hélas ! Le Maréchal que deux fois, à Vichy: en août 1940 et en mars 1943.
Ensuite, ce fut, pour lui, l'internement en Allemagne ; puis, prisonnier bénévole de ses compatriotes, ce simulacre de jugement et ce verdict qui rappellent étrangement le procès de Jeanne d'Arc ; enfin, les prisons et les bagnes français...à vie. Pour tous ceux qui l'aimaient, ce fut le mur: cet affreux sentiment de dégoût et d'impuissance que l'on éprouve devant l'ingratitude, la mauvaise foi, le parti pris et l'injustice, une injustice que tous les bénéficiaires de la révolution de 1944 s'efforcèrent et s'efforcent encore de faire passer pour la Justice. Pour la Maréchale, elle, ce fut le calvaire.
J'ai souvent pensé à cette extraordinaire cascade de circonstances et de drames qui a fini par faire de la Maréchale une des plus nobles figures de notre temps. Avant la guerre, il se dégageait surtout d'elle une grande simplicité de manière, simplicité qu'elle a toujours su conserver par la suite ; mais sa personnalité propre était effacée, si j'ose dire: elle n'était que la compagne de l'homme illustre dont le rayonnement brillait sur tous et sur tout d'un éclat incomparable. Lorsqu'elle devint la femme du Chef de l'État, à sa simplicité vint s'ajouter une très grande dignité : restant volontairement au second plan, ne s'occupant que des œuvres sociales, elle tint parfaitement son rôle, délicat entre tous, de première Dame de France. Alors, Belfort, Siegmaringen, Zell, Montrouge, le Palais de Justice, le Portalet et l'île d'Yeu allaient devenir autant de stations d'un chemin de croix au sommet duquel cette femme admirable et stoïque devait atteindre la vraie grandeur.
En 1947 et 1948 je me rendis plusieurs fois à l'île d'Yeu, dont deux fois avec ma femme, non pas dans le vain espoir de voir le Maréchal, mais uniquement pour rester quelques jours auprès de la Maréchale afin qu'elle se sentit moins seule. Et puis, je savais que ma présence auprès d'elle faisait réellement plaisir au plus vieux prisonnier du monde.
Il faut avoir vu les circonstances dans lesquelles vivait la Maréchale à l'époque : une chambre minuscule, si petite qu'il n'y avait de place que pour une chaise, un fauteuil ne pouvait y entrer et qu'elle devait recevoir le rare visiteur assise sur le bord de son lit. À 2h30 de l'après-midi, c'était le départ journalier pour le Fort, été comme hiver et par n'importe quel temps. Jamais elle ne manqua un jour, sauf une fois lorsqu'à la sortie du village elle dut rebrousser chemin, une véritable trombe de grêle s'étant abattue sur elle avec une telle violence qu'elle en eu la figure meurtrie pendant plusieurs jours ! Et tous ces efforts presque surhumains, elle marchait déjà avec difficulté, pour voir le Maréchal pendant une heure en présence de deux gardiens ! Comment pourrai-je oublier jamais les rares fois où j'eus l'insigne privilège de l'accompagner
J'ai eu la chance de connaître le Maréchal pendant trente-deux années de ma vie et le bonheur, trente-deux ans durant, d'avoir toujours reçu de lui les témoignages d'une affection paternelle.
Il s'était lié à mes parents en 1919, peu après le défilé triomphal du 14 juillet ; c'est d'ailleurs la première image lumineuse que je garde de lui et à l'âge de quinze ans les images restent gravées: celle du Vainqueur de Verdun, sur son beau cheval blanc " Monsieur Monestir", recueillant l'hommage délirant de la France qu'il avait sauvée.
Je passerai sur les vingt ans de l'entre-deux-guerres. L'amitié du Maréchal et de la Maréchale pour mes parents ne cessa de s'affirmer et leur sollicitude envers mes deux sœurs et moi de s'accroître : lorsqu'en 1923, Magda, l'aînée, se maria, le Maréchal fut son témoin ; il fut ensuite celui de la cadette, Yolande ; plus tard, enfin, il fut le mien. Qu'il me soit seulement permis d'ajouter, à propos de cette longue période, que, dans l'intimité de réunions toutes familiales et très souvent répétées, il est possible de se forger une opinion vraie du caractère d'un homme.
Après la catastrophe et l'Armistice qui en limita l'étendue, je ne reçois, hélas ! Le Maréchal que deux fois, à Vichy: en août 1940 et en mars 1943.
Ensuite, ce fut, pour lui, l'internement en Allemagne ; puis, prisonnier bénévole de ses compatriotes, ce simulacre de jugement et ce verdict qui rappellent étrangement le procès de Jeanne d'Arc ; enfin, les prisons et les bagnes français...à vie. Pour tous ceux qui l'aimaient, ce fut le mur: cet affreux sentiment de dégoût et d'impuissance que l'on éprouve devant l'ingratitude, la mauvaise foi, le parti pris et l'injustice, une injustice que tous les bénéficiaires de la révolution de 1944 s'efforcèrent et s'efforcent encore de faire passer pour la Justice. Pour la Maréchale, elle, ce fut le calvaire.
J'ai souvent pensé à cette extraordinaire cascade de circonstances et de drames qui a fini par faire de la Maréchale une des plus nobles figures de notre temps. Avant la guerre, il se dégageait surtout d'elle une grande simplicité de manière, simplicité qu'elle a toujours su conserver par la suite ; mais sa personnalité propre était effacée, si j'ose dire: elle n'était que la compagne de l'homme illustre dont le rayonnement brillait sur tous et sur tout d'un éclat incomparable. Lorsqu'elle devint la femme du Chef de l'État, à sa simplicité vint s'ajouter une très grande dignité : restant volontairement au second plan, ne s'occupant que des œuvres sociales, elle tint parfaitement son rôle, délicat entre tous, de première Dame de France. Alors, Belfort, Siegmaringen, Zell, Montrouge, le Palais de Justice, le Portalet et l'île d'Yeu allaient devenir autant de stations d'un chemin de croix au sommet duquel cette femme admirable et stoïque devait atteindre la vraie grandeur.
En 1947 et 1948 je me rendis plusieurs fois à l'île d'Yeu, dont deux fois avec ma femme, non pas dans le vain espoir de voir le Maréchal, mais uniquement pour rester quelques jours auprès de la Maréchale afin qu'elle se sentit moins seule. Et puis, je savais que ma présence auprès d'elle faisait réellement plaisir au plus vieux prisonnier du monde.
Il faut avoir vu les circonstances dans lesquelles vivait la Maréchale à l'époque : une chambre minuscule, si petite qu'il n'y avait de place que pour une chaise, un fauteuil ne pouvait y entrer et qu'elle devait recevoir le rare visiteur assise sur le bord de son lit. À 2h30 de l'après-midi, c'était le départ journalier pour le Fort, été comme hiver et par n'importe quel temps. Jamais elle ne manqua un jour, sauf une fois lorsqu'à la sortie du village elle dut rebrousser chemin, une véritable trombe de grêle s'étant abattue sur elle avec une telle violence qu'elle en eu la figure meurtrie pendant plusieurs jours ! Et tous ces efforts presque surhumains, elle marchait déjà avec difficulté, pour voir le Maréchal pendant une heure en présence de deux gardiens ! Comment pourrai-je oublier jamais les rares fois où j'eus l'insigne privilège de l'accompagner
: elle s'accrochait à mon bras droit et s'appuyait de la main droite sur sa canne; de la main gauche je tenais le cabas contenant les quelques vivres destinés à "améliorer l'ordinaire" du Maréchal. Et nous partions à petits pas, nous arrêtant à tous les instants, de sorte qu'il nous fallait près d'une demi-heure pour gravir les quelques centaines de mètres du chemin rocailleux qui mène au Fort. À quelques mètres des sentinelles :
" Et maintenant, François, demi-tour !" disait-elle. Et je restais planté là et ne pouvais que suivre du regard la silhouette tragique s'engouffrant dans les murs sinistres de Pierre-Levée.
Depuis, des amis au grand coeur lui offrirent une petite automobile ; les visites à l'île se firent plus nombreuses ; l'indomptable M.Nolleau et sa femme, les propriétaires de l'hôtel des voyageurs, ne cessèrent de veiller sur elle et de tenter d'alléger sa croix. La santé du Maréchal se maintenant, la Maréchale fit quelques courts séjours à Paris. La dernière fois que je l'y vis, en mars 1951, elle était optimiste... mais dès son retour, et à partir du 8 avril, ce fut la série de crises pulmonaires qui tinrent en émoi le monde entier et dont le Maréchal sortit encore vainqueur, le jour anniversaire de ses quatre-vingt-quinze ans !
Je ne sais quelle force irrésistible me poussa, le 19 juillet, à retourner à l'île d'Yeu. Toujours est-il que le jeudi 19, vers 6 heures du soir, je débarquais de " l'Insula Oya": c'était mon quatrième pèlerinage. Je me rendis aussitôt auprès de la Maréchale à l'Annexe de l'Hôtel. Tout allait, semblait-il, pour le mieux et le soir, en dînant, elle me conta par le détail la prodigieuse résurrection du 24 avril précédent. Elle-même paraissait calme, détendue; seule sa jambe gauche lui donnait de gros soucis : elle pouvait à peine marcher.
Le lendemain matin, vendredi 20, M.le Chanoine Potevin, Vicaire Général de Paris et Aumônier du Maréchal pendant tout son procès, celui-là même qui avait dit la plus poignante Messes au Palais de Justice, à une heure du matin, en attendant le verdict rendit visite au Maréchal. Vers 11 heures, je le vis sortir de la Villa Luco, le visage rayonnant : " Il est étonnant, me dit-il. Je viens d'assister à son repas: quelques cuillerées de soupe, de purée de pomme de terre et d'orangeade. S'il continue à s'alimenter de la sorte, il peut durer longtemps encore. Il a été parfaitement conscient de ma présence : lorsque je l'ai assuré de la fidélité et de la reconnaissance des Français, de la ferveur de leurs prières, son visage s'est illuminé et il s'est efforcé de balbutier une réponse !" Et le Chanoine Potevin, tranquilité, reprit le bateau à 2 heures de l'après-midi.
Pendant le déjeuner, la Maréchale me dit doucement : " Je sais bien que vous voudriez le revoir. C'est bien difficile. Je vais voir ce que je peux faire. Mais je vous préviens, si vous le voyez, il sera très probablement endormi. Sonnez toujours à la Villa à trois heures moins le quart". Moi qui n'avais jamais osé demander l'impossible, je restai confondu d'émotion.
À 2h45 précises j'étais là et quelques instants plus tard je me trouvais à son chevet !
" Je vous l'avais bien dit, François, il dort". Il dormait en effet, ses mains croisées derrière la nuque, une attitude qui, paraît-il, lui était coutumière. Le teint était d'ivoire. Le visage amaigri, bien sûr, mais les traits inchangés, sans la moindre ride; seuls les yeux étaient tellement enfoncés dans les orbites qu'on ne les devinait plus derrière les paupières closes. Je le contemplais depuis quelques secondes seulement quand, soudain, ses bras et ses mains furent pris d'un tremblement ; il se frotta le crâne, la face, baîlla légèrement et ses paupières firent un effort pour s'ouvrir. " Ça, par exemple", dit la Maréchale surprise, presqu'amusée, " on dirait qu'il se réveille pour vous !"
C'est alors que j'ai vécu la minute la plus bouleversante de mon existence.
Les mains du Maréchal, ces belles mains larges de paysan de France reposaient maintenant, l'une sur l'autre, sur sa poitrine. La Maréchale me fit signe de les prendre entre les m
" Et maintenant, François, demi-tour !" disait-elle. Et je restais planté là et ne pouvais que suivre du regard la silhouette tragique s'engouffrant dans les murs sinistres de Pierre-Levée.
Depuis, des amis au grand coeur lui offrirent une petite automobile ; les visites à l'île se firent plus nombreuses ; l'indomptable M.Nolleau et sa femme, les propriétaires de l'hôtel des voyageurs, ne cessèrent de veiller sur elle et de tenter d'alléger sa croix. La santé du Maréchal se maintenant, la Maréchale fit quelques courts séjours à Paris. La dernière fois que je l'y vis, en mars 1951, elle était optimiste... mais dès son retour, et à partir du 8 avril, ce fut la série de crises pulmonaires qui tinrent en émoi le monde entier et dont le Maréchal sortit encore vainqueur, le jour anniversaire de ses quatre-vingt-quinze ans !
Je ne sais quelle force irrésistible me poussa, le 19 juillet, à retourner à l'île d'Yeu. Toujours est-il que le jeudi 19, vers 6 heures du soir, je débarquais de " l'Insula Oya": c'était mon quatrième pèlerinage. Je me rendis aussitôt auprès de la Maréchale à l'Annexe de l'Hôtel. Tout allait, semblait-il, pour le mieux et le soir, en dînant, elle me conta par le détail la prodigieuse résurrection du 24 avril précédent. Elle-même paraissait calme, détendue; seule sa jambe gauche lui donnait de gros soucis : elle pouvait à peine marcher.
Le lendemain matin, vendredi 20, M.le Chanoine Potevin, Vicaire Général de Paris et Aumônier du Maréchal pendant tout son procès, celui-là même qui avait dit la plus poignante Messes au Palais de Justice, à une heure du matin, en attendant le verdict rendit visite au Maréchal. Vers 11 heures, je le vis sortir de la Villa Luco, le visage rayonnant : " Il est étonnant, me dit-il. Je viens d'assister à son repas: quelques cuillerées de soupe, de purée de pomme de terre et d'orangeade. S'il continue à s'alimenter de la sorte, il peut durer longtemps encore. Il a été parfaitement conscient de ma présence : lorsque je l'ai assuré de la fidélité et de la reconnaissance des Français, de la ferveur de leurs prières, son visage s'est illuminé et il s'est efforcé de balbutier une réponse !" Et le Chanoine Potevin, tranquilité, reprit le bateau à 2 heures de l'après-midi.
Pendant le déjeuner, la Maréchale me dit doucement : " Je sais bien que vous voudriez le revoir. C'est bien difficile. Je vais voir ce que je peux faire. Mais je vous préviens, si vous le voyez, il sera très probablement endormi. Sonnez toujours à la Villa à trois heures moins le quart". Moi qui n'avais jamais osé demander l'impossible, je restai confondu d'émotion.
À 2h45 précises j'étais là et quelques instants plus tard je me trouvais à son chevet !
" Je vous l'avais bien dit, François, il dort". Il dormait en effet, ses mains croisées derrière la nuque, une attitude qui, paraît-il, lui était coutumière. Le teint était d'ivoire. Le visage amaigri, bien sûr, mais les traits inchangés, sans la moindre ride; seuls les yeux étaient tellement enfoncés dans les orbites qu'on ne les devinait plus derrière les paupières closes. Je le contemplais depuis quelques secondes seulement quand, soudain, ses bras et ses mains furent pris d'un tremblement ; il se frotta le crâne, la face, baîlla légèrement et ses paupières firent un effort pour s'ouvrir. " Ça, par exemple", dit la Maréchale surprise, presqu'amusée, " on dirait qu'il se réveille pour vous !"
C'est alors que j'ai vécu la minute la plus bouleversante de mon existence.
Les mains du Maréchal, ces belles mains larges de paysan de France reposaient maintenant, l'une sur l'autre, sur sa poitrine. La Maréchale me fit signe de les prendre entre les m
iennes. Elle s'approcha de son oreille et dit d'une voix forte: " C'est François ! François de Chasseloup !" Il m'a semblé percevoir un léger froncement des sourcils, comme celui de quelqu'un qui revient à lui en sortant d'un rêve. La Maréchale insista d'une voix plus forte encore : " Tu sais, les Chasseloup qui t'aiment tant!" Un silence ; puis, tout à coup, un sourire, un hochement de tête et comme un murmure de satisfaction ! " Eh bien, c'est François de Chasseloup qui est venu te voir !" Nouveau sourire, nouveau murmure, nouveau signe affirmatif de la tête. " Tu te rappelles de Magda?" Même réaction. " Et Salomé ?" ( Salomé est l'aînée de mes nièces qu'il avait vue au berceau). Même réaction. " François va maintenant te dire au revoir". Je repris ses mains, les replaçai dans les miennes et les serrai longuement. Me penchant vers lui, je dis, dominant mon émotion : " Au revoir, Monsieur le Maréchal, Cher Maréchal"... et j'ajoutais, sans trop savoir ce que je disais : " À très bientôt !" Une dernière fois il fit un " oui" à sa manière de mourant.
La Maréchale me fit signe de partir en me disant : " À tout à l'heure".
Je jetai vers le lit un dernier regard et sortis de la chambre en emportant pour la vie une inoubliable vision.
Le soir, à 5 heures, la Maréchale était de retour à l'Annexe. J'allai aussitôt aux nouvelles. Hélas! peu après mon départ, l'état du Maréchal était redevenu très agité ; une nouvelle crise commençait. " Dans sa fièvre", me dit-elle, "deux mots seulement revenaient: "France" et "Drapeau"; et à un moment, dans un sursaut : " On crie dans les boyaux !"... Mais, ajoute-t-elle, il ne faut pas trop s'inquiéter : il a déjà surmonté quatre crises, il en surmontera bien une cinquième."
Après le dîner, j'aidai la Maréchale à regagner l'Annexe et pris congé d'elle car je devais repartir le lendemain matin, samedi 21, par le bateau de 5 heures.
En arrivant à la gare Montparnasse vers 18 heures, je me précipitai sur les journaux du soir: j'appris que la famille et les avocats étaient répartis en hâte pour l'Île...
Le surlendemain, lundi 23 à 9h22 du matin, il était mort.
Ainsi, la Providence m'avait désigné pour recueillir les derniers instants de lucidité du Maréchal ! J'avais vu les derniers vacillements de la grande flamme qui allait s'éteindre!
François de Chasseloup Laubat.
La Maréchale me fit signe de partir en me disant : " À tout à l'heure".
Je jetai vers le lit un dernier regard et sortis de la chambre en emportant pour la vie une inoubliable vision.
Le soir, à 5 heures, la Maréchale était de retour à l'Annexe. J'allai aussitôt aux nouvelles. Hélas! peu après mon départ, l'état du Maréchal était redevenu très agité ; une nouvelle crise commençait. " Dans sa fièvre", me dit-elle, "deux mots seulement revenaient: "France" et "Drapeau"; et à un moment, dans un sursaut : " On crie dans les boyaux !"... Mais, ajoute-t-elle, il ne faut pas trop s'inquiéter : il a déjà surmonté quatre crises, il en surmontera bien une cinquième."
Après le dîner, j'aidai la Maréchale à regagner l'Annexe et pris congé d'elle car je devais repartir le lendemain matin, samedi 21, par le bateau de 5 heures.
En arrivant à la gare Montparnasse vers 18 heures, je me précipitai sur les journaux du soir: j'appris que la famille et les avocats étaient répartis en hâte pour l'Île...
Le surlendemain, lundi 23 à 9h22 du matin, il était mort.
Ainsi, la Providence m'avait désigné pour recueillir les derniers instants de lucidité du Maréchal ! J'avais vu les derniers vacillements de la grande flamme qui allait s'éteindre!
François de Chasseloup Laubat.
« Dans nos démocraties larbines, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontés imposteurs, tambourineurs prometteurs “d’avantages”, de petites et grandes jouissances, des maquereaux “d’avantages”. Ils hypnotisent la horde des “désirants”, aspirants effrénés, bulleux “d’avantages”. Pour l’adoption d’un parti, d’un programme, c’est comme pour le choix d’un article au moment des “réclames”, on se décide pour le magasin qui vous promet le plus “d’avantages”. Je connais moi des personnes, des véritables affranchis qui sont en même temps marxistes, croix-de-feu, francs-maçons, syndiqués très unitaires et puis malgré tout, quand même, encore partisans du curé, qui font communier leurs enfants. C’est des camarades raisonnables, pas des fous, qui veulent perdre dans aucun tableau, qui se défendent à la martingale, des Idéologues de Loterie, très spécifiquement français. Quand ça devient des racailles pareilles y a plus besoin de se gêner. »
Louis-Ferdinand Céline
Louis-Ferdinand Céline
Je n'aime pas ce monde. Décidément, je ne l'aime pas. La société dans laquelle je vis me dégoûte ; la publicité m'écoeure ; l'informatique me fait vomir. Tout mon travail d'informaticien consiste à multiplier les références, les recoupements, les critères de décision rationnelle. Ça n'a aucun sens. Pour parler franchement, c'est même plutôt négatif ; un encombrement inutile pour les neurones. Ce monde a besoin de tout, sauf d'informations supplémentaires.
Extension du domaine de la lutte - Michel Houellebecq
Extension du domaine de la lutte - Michel Houellebecq
✨ LE TRÉSOR DE SAINT LOUIS 👑 > La Sainte-Chapelle est aujourd’hui visitée pour la beauté de ses vitraux, parmi les plus somptueux au monde. Mais saviez-vous que le roi Louis IX (futur Saint-Louis) la fit construire au coeur de son palais royal situé sur l’île de la Cité pour abriter les reliques achetées à l’Empereur Baudouin II de Constantinople ? Celui-ci avait mis en gage ces reliques auprès d’une banque vénitienne pour financer les dépenses de son Empire. À l’origine, ce sont 22 reliques qui ont été acquises par Saint-Louis. Il n’en reste aujourd’hui plus que 3 : un fragment de la croix, un clou, et la couronne d’épines. Elles furent déposées à l’abbaye de Saint-Denis pendant la Révolution Française, puis remises en 1804 à l’archevêque de Paris, conservées aujourd’hui dans le trésor de Notre-Dame de Paris.
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Un monde ou l'objectif ultime est de se faire sucer la bite a forcément du mal à comprendre un monde ou ce même objectif était de reconquérir Jérusalem.
Xavier Eman - Hécatombe
Xavier Eman - Hécatombe
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Guy Debord
"Demeure la question philosophique la plus urgente : pourquoi certains d'entre nous finissent-ils par connaître suffisamment leurs conditionnement pour les dépasser, alors que les autres vivent en symbiose avec les forces qui les conditionnent. ?"
"Demeure la question philosophique la plus urgente : pourquoi certains d'entre nous finissent-ils par connaître suffisamment leurs conditionnement pour les dépasser, alors que les autres vivent en symbiose avec les forces qui les conditionnent. ?"
Une fois encore, tout nous ramène à la lutte des classes. Même si celles-ci n’ont plus la même structure, la même composition ni les mêmes frontières que celles de l’analyse marxiste, le combat fondamental, ontologique, reste celui des classes populaires, sédentaires et productives contre les classes exploiteuses, nomades et parasitaires. La terre contre l’or, le travail contre l’usure, la communauté contre l’oligarchie.
Xavier Eman
Xavier Eman
"Nous vivions jusqu'ici dans un univers solide dont les générations avaient déposé l'une après l'autre les stratifications. Tout était clair : le père était le père, la loi était la loi, l'étranger était l'étranger. On avait le droit de dire que la loi était dure, mais elle était la loi. Aujourd'hui ces bases certaines de la vie politique sont frappées d'anathème. Car ces vérités constituent le programme d'un pays raciste condamné au tribunal de l'humanité. En échange, l'étranger nous recommande un univers selon ses rêves. Il n'y a plus de frontière, plus de cités."
Maurice Bardèche - Nuremberg ou la Terre Promise (1948)
Maurice Bardèche - Nuremberg ou la Terre Promise (1948)
L'individu vivant sous la domination de fer et d'acier du « progrès » moderne peut manger tout ce dont il a envie (en grande quantité) et se marier avec qui il veut — malheureusement ! — et aller partout où il veut (en théorie du moins). Mais il est obligé d'accepter, pour toutes les questions extra-individuelles — les questions qui, pour nous, importent réellement — les croyances, l'attitude devant la vie, l'échelle de valeurs et, à une grande échelle, les idées politiques qui tendent à renforcer le puissant système d'exploitation socio-économique auquel il appartient (auquel il est obligé d'appartenir, pour pouvoir vivre) et dans lequel il est un simple rouage. Et de plus, il est obligé de croire que c'est un privilège pour lui d'être un rouage dans un tel organisme; que les questions sans importance pour lesquelles il sent qu'il est son propre maître sont en fait les plus importantes — les seules réellement importantes. On lui enseigne à ne pas estimer cette liberté de jugement concernant la vérité ultime, esthétique, éthique, ou métaphysique, dont il est subtilement privé.
Plus : on lui dit — dans les pays démocratiques en tous cas — qu'il est libre à tous égards, qu'il est « un individu qui ne doit rendre de compte à personne sauf à sa propre conscience »... après que des années de conditionnement habile aient modelé sa « conscience » et son être tout entier si parfaitement en accord avec le modèle, qu'il n'est plus capable de réagir différemment. Un tel homme peut bien parler de « pression sur l'individu » dans toutes les sociétés, anciennes ou modernes !
Savitri Devi, La Foudre et le Soleil.
Plus : on lui dit — dans les pays démocratiques en tous cas — qu'il est libre à tous égards, qu'il est « un individu qui ne doit rendre de compte à personne sauf à sa propre conscience »... après que des années de conditionnement habile aient modelé sa « conscience » et son être tout entier si parfaitement en accord avec le modèle, qu'il n'est plus capable de réagir différemment. Un tel homme peut bien parler de « pression sur l'individu » dans toutes les sociétés, anciennes ou modernes !
Savitri Devi, La Foudre et le Soleil.
"Ces hommes ne sont pas seulement des techniciens, habiles à manier les mécanismes de la finance, de la production et des échanges ; des experts désintéressés tout prêts à s’incliner devant une technique nouvelle, ou une expérience qui a réussi : ce sont des hommes d’affaires ; et s’ils ont accepté les soucis et les risques qu’implique la direction des grandes entreprises, c’est pour obtenir en compensation la richesse avec les jouissances et la puissance qu’elle procure.
Jamais on ne leur a dit qu’ils devaient gérer leurs entreprises dans le sens de l’intérêt commun ; le seul mandat qu’ils aient reçu, dans le cas très général où ils travaillent avec l’argent d’autrui, c’est d’enrichir leurs actionnaires en même temps qu’eux-mêmes."
La Révolution européenne - Francis Delaisi
Jamais on ne leur a dit qu’ils devaient gérer leurs entreprises dans le sens de l’intérêt commun ; le seul mandat qu’ils aient reçu, dans le cas très général où ils travaillent avec l’argent d’autrui, c’est d’enrichir leurs actionnaires en même temps qu’eux-mêmes."
La Révolution européenne - Francis Delaisi