Le mouvement de dérépublicanisation de la France est profondément le même mouvement que le mouvement de sa déchristianisation. C’est ensemble un seul mouvement profond de démystication. C’est du même mouvement profond, que ce peuple ne croit plus à la République et qu’il ne croit plus à Dieu.
Charles Péguy
Charles Péguy
Le révérend Jesse Jackson, célèbre raciste curieusement qualifié d’antiraciste, recevra aujourd’hui les insignes de commandeur de la Légion d’honneur, des mains du président Macron en personne.
Valeurs Actuelles nous rappelle à point nommé – entre autres infamies – que lorsqu’il était serveur, Jackson prenait un malin plaisir à cracher dans la nourriture de ses clients blancs lui refusant un pourboire, avant d’apporter leur soupe ou leur salade, « parce que cela m’apportait une satisfaction psychologique ». Il « regardait avec plaisir les blancs manger sa salive comme si c’était, disons, de l’huile et du vinaigre », décrit le New York Times, en 1972.
L’Élysée souligne aujourd’hui que « les valeurs promues par le révérend Jackson sont universelles et sont celles de la République ».
Laurent Obertone - 19 juillet 2021
Valeurs Actuelles nous rappelle à point nommé – entre autres infamies – que lorsqu’il était serveur, Jackson prenait un malin plaisir à cracher dans la nourriture de ses clients blancs lui refusant un pourboire, avant d’apporter leur soupe ou leur salade, « parce que cela m’apportait une satisfaction psychologique ». Il « regardait avec plaisir les blancs manger sa salive comme si c’était, disons, de l’huile et du vinaigre », décrit le New York Times, en 1972.
L’Élysée souligne aujourd’hui que « les valeurs promues par le révérend Jackson sont universelles et sont celles de la République ».
Laurent Obertone - 19 juillet 2021
Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde ; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme ; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au-dessus de cela s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au-dessus de cela s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
« …les chefs des clubs et des cafés législatifs sont enivrés d'admiration pour leur sagesse et leur habileté. Ils parlent avec le plus souverain mépris du reste du monde. Ils disent au peuple, pour lui donner du courage sous les vêtements déguenillés auxquels ils l'ont réduit, qu'il est un peuple philosophe; et de temps en temps, ils emploient les parades du charlatanisme, l'éclat, le bruit et le tumulte, quelquefois l'alarme des complots et des invasions, pour étouffer les cris de l'indigence, et pour écarter les yeux de l'observateur de dessus la ruine et la misère de l'Etat. »
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution en France
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution en France
« On se flatte d'avoir fait adopter le principe géométrique, et de vouloir mettre fin à tous les attachements locaux on ne connaîtra plus, nous dit-on, ni Gascons ni Picards, ni Bretons ni Normands, mais seulement des Français, qui n’auront qu'une patrie, qu'un cœur, qu'une assemblée. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que votre pays sera bientôt habité non par des Français, mais par des hommes sans patrie On n'a jamais connu d'hommes attachés par la fierté, par un penchant ou un sentiment profond à un rectangle ou un carré. Personne ne se fera jamais gloire d'être originaire du carré numéro 71 ou de porter quelque autre étiquette du même genre »
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution en France
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution en France
Première Guerre mondiale : ces jeunes marins bretons devenus héros de Dixmude
En 1914, une brigade de jeunes fusiliers marins, composée en majorité de Bretons, défendit avec rage cette ville belge contre les Allemands. Au prix d’une hécatombe.
Octobre 1914. La France parvient enfin à porter un coup d’arrêt à l’avancée inexorable de l’armée allemande sur son territoire depuis le début de la guerre. Mais elle n’est pas tirée d’affaire pour autant. Les Français, ainsi que les Britanniques et les Belges, sont désormais lancés dans une infernale « course à la mer » pour fixer une ligne de front jusqu’aux villes côtières des Flandres.
Dans cette précipitation générale, une poignée de fusiliers marins bretons va se distinguer par son courage dans une petite ville de Belgique : Dixmude. Pour le contre-amiral Pierre Alexis Ronarc’h, le plus jeune officier général de la Marine française, et les 6 500 hommes sous son commandement, l’heure décisive a sonné. Après avoir gagné la ville de Gand depuis Paris, et marché plus de 80 kilomètres dans une plaine détrempée par la pluie, ce natif de Quimper et ses matelots débarquent à Dixmude, adossé à la rivière de l’Yser. Leur mission ? Affronter le fer de lance de l’armée allemande, la 4e armée du duc Albrecht de Wurtemberg et ses dix divisions, qui veut faire reculer les Alliés pour occuper la Belgique et empêcher ainsi l’envoi de renforts depuis l’Angleterre. Mais, pour y parvenir, les Allemands doivent faire sauter le verrou de Dixmude, occupé par les fusiliers marins.
Des soldats d'à peine 17 ans
Une formalité, pense-t-on du côté de Berlin. Car rien ne prédestinait ces soldats, sans spécialité et sans préparation adaptée, à livrer bataille. Inexpérimentées, ces « demoiselles de la Marine », appelées ainsi à cause de leur jeune âge (à peine 17 ans), savent à peine se servir d’une arme ! Portés au registre des « inscrits maritimes », c’est-à-dire pouvant être appelés à tout moment pour servir sur des navires de guerre, ces matelots étaient basés dans les arsenaux de Brest et de Lorient, mais sans emploi. En août 1914, au moment où l’Allemagne déclare la guerre à la France, ils sont incorporés au sein d’une unité nouvellement créée : la brigade des fusiliers marins, sous le commandement du contre-amiral Ronarc’h.
Les fusiliers marins ont résisté quatre semaines
Ils devaient tenir quatre jours : ils ont résisté quatre semaines dans des conditions épouvantables. Cette bataille de Dixmude a coûté la vie à 8 000 soldats allemands sur 45 000, et l’unité des fusiliers marins aura perdu près de 50 % de ses effectifs. En France, et surtout dans les ports bretons, on parlera de ce fait d’armes pendant plusieurs mois. Le 11 janvier 1915, à Saint-Pol-sur Mer, près de Dunkerque, les rescapés, dont Ronarc’h, recevront, de la main du président Raymond Poincaré, un drapeau « que nos fusiliers marins n’avaient pas encore », selon un article signé Pierre Loti. De quoi honorer le courage de ces « demoiselles bretonnes » devenues des hommes.
https://www.geo.fr/histoire/premiere-guerre-mondiale-ces-jeunes-marins-bretons-devenus-heros-de-dixmude-198616
En 1914, une brigade de jeunes fusiliers marins, composée en majorité de Bretons, défendit avec rage cette ville belge contre les Allemands. Au prix d’une hécatombe.
Octobre 1914. La France parvient enfin à porter un coup d’arrêt à l’avancée inexorable de l’armée allemande sur son territoire depuis le début de la guerre. Mais elle n’est pas tirée d’affaire pour autant. Les Français, ainsi que les Britanniques et les Belges, sont désormais lancés dans une infernale « course à la mer » pour fixer une ligne de front jusqu’aux villes côtières des Flandres.
Dans cette précipitation générale, une poignée de fusiliers marins bretons va se distinguer par son courage dans une petite ville de Belgique : Dixmude. Pour le contre-amiral Pierre Alexis Ronarc’h, le plus jeune officier général de la Marine française, et les 6 500 hommes sous son commandement, l’heure décisive a sonné. Après avoir gagné la ville de Gand depuis Paris, et marché plus de 80 kilomètres dans une plaine détrempée par la pluie, ce natif de Quimper et ses matelots débarquent à Dixmude, adossé à la rivière de l’Yser. Leur mission ? Affronter le fer de lance de l’armée allemande, la 4e armée du duc Albrecht de Wurtemberg et ses dix divisions, qui veut faire reculer les Alliés pour occuper la Belgique et empêcher ainsi l’envoi de renforts depuis l’Angleterre. Mais, pour y parvenir, les Allemands doivent faire sauter le verrou de Dixmude, occupé par les fusiliers marins.
Des soldats d'à peine 17 ans
Une formalité, pense-t-on du côté de Berlin. Car rien ne prédestinait ces soldats, sans spécialité et sans préparation adaptée, à livrer bataille. Inexpérimentées, ces « demoiselles de la Marine », appelées ainsi à cause de leur jeune âge (à peine 17 ans), savent à peine se servir d’une arme ! Portés au registre des « inscrits maritimes », c’est-à-dire pouvant être appelés à tout moment pour servir sur des navires de guerre, ces matelots étaient basés dans les arsenaux de Brest et de Lorient, mais sans emploi. En août 1914, au moment où l’Allemagne déclare la guerre à la France, ils sont incorporés au sein d’une unité nouvellement créée : la brigade des fusiliers marins, sous le commandement du contre-amiral Ronarc’h.
Les fusiliers marins ont résisté quatre semaines
Ils devaient tenir quatre jours : ils ont résisté quatre semaines dans des conditions épouvantables. Cette bataille de Dixmude a coûté la vie à 8 000 soldats allemands sur 45 000, et l’unité des fusiliers marins aura perdu près de 50 % de ses effectifs. En France, et surtout dans les ports bretons, on parlera de ce fait d’armes pendant plusieurs mois. Le 11 janvier 1915, à Saint-Pol-sur Mer, près de Dunkerque, les rescapés, dont Ronarc’h, recevront, de la main du président Raymond Poincaré, un drapeau « que nos fusiliers marins n’avaient pas encore », selon un article signé Pierre Loti. De quoi honorer le courage de ces « demoiselles bretonnes » devenues des hommes.
https://www.geo.fr/histoire/premiere-guerre-mondiale-ces-jeunes-marins-bretons-devenus-heros-de-dixmude-198616
Geo.fr
Première Guerre mondiale : ces jeunes marins bretons devenus héros de Dixmude
En 1914, une brigade de jeunes fusiliers marins, composée en majorité de Bretons, défendit avec rage cette ville belge contre les Allemands. Au prix d’une...
« Le bonheur d’avoir dans son assiette le poisson qu’on a pêché, dans sa tasse l’eau qu’on a tirée et dans son poêle le bois qu’on a fendu : l’ermite puise à la source. La chair, l’eau et le bois sont encore frémissants.
Je me souviens de mes journées dans la ville. Le soir, je descendais faire les courses. Je déambulais entre les étals du supermarché. D’un geste morne, je saisissais le produit et le jetais dans le caddie : nous sommes devenus les chasseurs-cueilleurs d’un monde dénaturé.
En ville, le libéral, le gauchiste, le révolutionnaire et le grand bourgeois paient leur pain, leur essence et leurs taxes. L’ermite, lui, ne demande ni ne donne rien à l’État. Il s’enfouit dans les bois, en tire subsistance. Son retrait constitue un manque à gagner pour le gouvernement. Devenir un manque à gagner devrait constituer l’objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu’une manifestation hérissée de drapeaux noirs. Les dynamiteurs de la citadelle ont besoin de la citadelle. Ils sont contre l’État au sens où ils s’y appuient. Walt Whitman : « je n’ai rien à voir avec ce système, pas même assez pour m’y opposer. » En ce jour d’octobre où je découvris les Feuilles d’herbe du vieux Walt, il y a cinq ans, je ne savais pas que cette lecture me mènerait en cabane. Il est dangereux d’ouvrir un livre. »
Sylvain Tesson. Dans les forêts de Sibérie.
Je me souviens de mes journées dans la ville. Le soir, je descendais faire les courses. Je déambulais entre les étals du supermarché. D’un geste morne, je saisissais le produit et le jetais dans le caddie : nous sommes devenus les chasseurs-cueilleurs d’un monde dénaturé.
En ville, le libéral, le gauchiste, le révolutionnaire et le grand bourgeois paient leur pain, leur essence et leurs taxes. L’ermite, lui, ne demande ni ne donne rien à l’État. Il s’enfouit dans les bois, en tire subsistance. Son retrait constitue un manque à gagner pour le gouvernement. Devenir un manque à gagner devrait constituer l’objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu’une manifestation hérissée de drapeaux noirs. Les dynamiteurs de la citadelle ont besoin de la citadelle. Ils sont contre l’État au sens où ils s’y appuient. Walt Whitman : « je n’ai rien à voir avec ce système, pas même assez pour m’y opposer. » En ce jour d’octobre où je découvris les Feuilles d’herbe du vieux Walt, il y a cinq ans, je ne savais pas que cette lecture me mènerait en cabane. Il est dangereux d’ouvrir un livre. »
Sylvain Tesson. Dans les forêts de Sibérie.
Les martyrs de la guerre d'Espagne sont des prêtres, des religieuses et des fidèles catholiques espagnols, exécutés par les républicains dans le contexte de la Terreur rouge qui se déroula durant la guerre d'Espagne (1936-1939). Au terme d'enquêtes canoniques, ils ont été reconnus comme martyrs par l'Église catholique, étant morts en raison de leur foi. L'Église catholique vénère comme saints ou bienheureux 1 906 martyrs de la guerre d'Espagne.
Bracelet électronique, contrôle des opérations bancaires, des fréquentations, hausse des cotisations sociales, amendes automatiques etc... Le Sénat prépare l'avenir des français pour les contrôler à distance. Covid oblige...
http://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-6738.html#fn37
http://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-6738.html#fn37
De même que les dieux des anciennes religions sont voués à devenir des démons dans les nouvelles, il faut évidemment que le pénis symbolise le “pouvoir” à abattre pour une autre instance qui a déjà pris le pouvoir, mais qui tient à cacher le plus longtemps possible son triomphe en se donnant les apparences du provisoire par le fait qu’elle continuerait à lutter contre un adversaire toujours présent.
Philippe Muray
Philippe Muray
« Quiconque a trempé dans le journalisme ou y trempe encore est dans la nécessité cruelle de saluer les hommes qu’il méprise, de sourire à son meilleur ennemi, de pactiser avec les plus fétides bassesses, de se salir les doigts en voulant payer ses agresseurs avec leur monnaie. On s’habitue à voir faire le mal ; on commence par l’approuver, on finit par le commettre. À la longue l’âme, sans cesse maculée par de honteuses et continuelles transactions, s’amoindrit, le ressort des pensées nobles se rouille, les gonds de la banalité s’usent et tournent d’eux-mêmes. Les Alcestes deviennent des Philintes, les caractères se détrempent, les talents s’abâtardissent, la foi dans les belles œuvres s’envole. Tel qui voulait s’enorgueillir de ses pages se dépense en de tristes articles que sa conscience lui signale tôt ou tard comme autant de mauvaises actions. On était venu pour être un grand écrivain, on se retrouve un impuissant folliculaire. »
Honoré de Balzac, "Splendeurs et misères des courtisanes".
Honoré de Balzac, "Splendeurs et misères des courtisanes".