Ce qui me touche et me peine le plus dans l'incendie de la cathédrale de Nantes comme dans celui de Notre-Dame, c'est l'extraordinaire et stupéfiante incarnation visuelle de ce que nous vivons insidieusement au quotidien : la fin d'un monde, la disparition d'une civilisation. De la décapitation d'une statue de la Vierge au déboulonnage de statues en passant par la distribution du bac à tous les débiles illettrés et le massacre du chauffeur de bus de Bayonne, c'est le même phénomène subitement pleinement et crûment éclairé par les flammes sataniques.
Xavier Eman - Hécatombe
Xavier Eman - Hécatombe
Nous sommes soumis à la double injonction de l'efficacité productive et du culte du bien-être, souvent artificiel, que celle-ci est censée procurer. Non seulement nous devons être efficaces et "utiles", mais nous devons apprécier et louer le confort relatif que ces activités, souvent ennuyeuses, imbéciles et usantes, nous permettent de nous offrir. Métro, boulot, rigolo ... Nous devons être heureux et satisfaits de notre sort et nous le serons encore plus après avoir vécu l'expérience de la "Covid", le retour à la normalité relative nous apparaissant alors comme une panacée, un petit paradis enfin restitué. Les dernières velléités de rébellion et de contestation des paradigmes économiques et sociaux de l'ère bourgeoise seront alors annihilées par la terrifiante perspective d'un possible ré-enfermement. Après nous avoir arraché les quelques hochets divertissant un peu nos existences déracinées et déspiritualisées, on nous les restituera au compte-gouttes et sous condition, en nous priant qui plus est de dire "merci". Notre demi-cauchemar d'hier est notre rêve ultime pour demain.
Xavier Eman - Hécatombe
Xavier Eman - Hécatombe
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Le buffet
C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;
Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;
- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
- Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
Le buffet
C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;
Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;
- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
- Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
« Le narcissisme fonde la fausse confiance en l'image de soi.
Le narcissisme constitue historiquement une composante commerciale classique de toute personnalité drapée en personnage et vivant dans la société capitaliste de l'avoir.
Lorsqu'il est exacerbé sur le terrain de la concurrence et de la représentation dévorantes, on peut évidemment aboutir à l'exaspération rageuse du personnage narcissique qui s'enferme dans le besoin paroxystique d'être miré et admiré, lequel donne lieu à un manque simultané de reconnaissance d'autrui et une complète absence d'empathie.
Il est donc normal que plus avance la domination spectaculaire de la pathologie marchande, plus le narcissisme se contracte, se convulse et se hérisse puisqu'il est évident que l'impuissance à jouir en vérité implique proportionnellement que celle-ci se camoufle et se travestisse pour séduire, tromper, assujettir et vampiriser. »
L'être contre l'avoir - Francis Cousin
Le narcissisme constitue historiquement une composante commerciale classique de toute personnalité drapée en personnage et vivant dans la société capitaliste de l'avoir.
Lorsqu'il est exacerbé sur le terrain de la concurrence et de la représentation dévorantes, on peut évidemment aboutir à l'exaspération rageuse du personnage narcissique qui s'enferme dans le besoin paroxystique d'être miré et admiré, lequel donne lieu à un manque simultané de reconnaissance d'autrui et une complète absence d'empathie.
Il est donc normal que plus avance la domination spectaculaire de la pathologie marchande, plus le narcissisme se contracte, se convulse et se hérisse puisqu'il est évident que l'impuissance à jouir en vérité implique proportionnellement que celle-ci se camoufle et se travestisse pour séduire, tromper, assujettir et vampiriser. »
L'être contre l'avoir - Francis Cousin
Gloire au Père, et au Fils,
et au Saint-Esprit.
Comme il était au commencement,
maintenant et toujours,
Et dans les siècles des siècles.
Amen.
et au Saint-Esprit.
Comme il était au commencement,
maintenant et toujours,
Et dans les siècles des siècles.
Amen.
«Le rôle joué par la race dans la destinée des peuples apparaît clairement encore dans l’histoire des perpétuelles révolutions des républiques espagnoles de l’Amérique. Composées de métis, c’est-à-dire d’individus dont des hérédités différentes ont dissocié les caractères ancestraux, ces populations n’ont pas d’âme nationale et par conséquent aucune stabilité. Un peuple de métis est toujours ingouvernable.»
Gustave Le Bon,
La Révolution française et la psychologie des révolutions
Gustave Le Bon,
La Révolution française et la psychologie des révolutions