" Au comptoir, l'affaire est autrement sérieuse. C'est là que se tient en station (provisoirement) verticale la confrérie des leveurs de coude, où les princes de la cuite, prolos de la biture et boit-sans-soif se côtoient pour hausser la vie d'un ton dans un tohu-bohu fraternel. " une religion avec des bourrades, des coups de poing, des coups de gueule et des coups de vin, note l'historien Louis Chevalier, en familier du Paris bistrotier, une exubérance de tout le corps, une mise en branle des viscères et de tous les muscles. "
Grandiose, l'incohérence s'installe et le chaos la suit de près. Parfois, avec un peu de chance, au Gerpil ou au Lux-bar, à Montmartre ou ailleurs, il y'a un Dimey pour déclamer les vers qu'il vient de griffonner sur un coin de table : " l'ivresse n'est jamais qu'un bonheur de rencontre/ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut/Qu'il soit minuit passé ou cinq heures à ma montre/Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux."
Voilà des siècles que le problème se pose dans les mêmes termes : est-ce la socialisation entre hommes qui provoque la consommation d'alcool ou la consommation d'alcool qui engendre la sociabilité masculine ? Boire est-il un rite d'affirmation et d'affiliation, le ticket d'entrée au club des hommes, ou simplement un moyen parmi d'autres de tromper l'ennui et la solitude ? La soûlographie collective est-elle une pratique exclusivement masculine et l'alcoolisme en solo l'apanage des femmes qui boivent en cachette? Pour Giraud, l'âme du vin ne se rencontre que la nuit lorsque le picrate, le jaja et le pichtegorne sont " comme un trait d'union entre deux hommes, une sorte de rite secret ,de prière à sens unique ". Pour Blondin, au contraire : " On boit ensemble mais on est saoul tout seul. " Allez savoir...
De façon encore plus marquée qu'à la campagne, le bistrot est à la ville le lieu par excellence de la parole masculine, du discours pour le discours, l'endroit où la virilité prolétaire trouve l'arène publique dont elle a besoin pour se déployer. Gabin porte à la perfection cette parole éruptive de tribun de comptoir dans des films comme Rue des prairies (1965), Archimède le clochard (1959), Les vieux de la vieille (1960) ou Un singe en hiver (1962), tous dialogués par Michel Audiard dont le registre oscille entre l'anarchisme de droite et la littérature populiste. C'est l'heure où le café, selon le mot de Balzac, prend des allures de "salle de conseil du peuple ", où le verbe haut des grandes gueules réalise l'utopie du gouvernement de la plèbe à coups de sentences définitives et de "remettez-nous ça, la patronne ", où toutes les résistances, toutes les déviances sont non seulement autorisées mais légitimes, où la turbulence des uns et la folie des autres, bouillonnant dans la chaleur sociale des vieilles solidarités, s'acharnent contre les bourgeois et " ceux qui nous gouvernent ". " Je suis un ancien combattant, militant socialiste et bistrot. C'est dire si dans ma vie j'en ai entendu des conneries ", fait dire Audiard à l'un de ses personnages. C'est l'heure aussi de la parole misogyne qui réinvente un monde sans femmes, exalte l'amitié virile, la camaraderie de régiment, les exploits des nouvelles chevaleries de la petite reine, des boxeurs au nez tuméfié, des rugbymen aux oreilles en chou-fleur, avec la complicité et l'approbation goguenarde des tapineuses. "
Buisson, la fin d'un monde
Grandiose, l'incohérence s'installe et le chaos la suit de près. Parfois, avec un peu de chance, au Gerpil ou au Lux-bar, à Montmartre ou ailleurs, il y'a un Dimey pour déclamer les vers qu'il vient de griffonner sur un coin de table : " l'ivresse n'est jamais qu'un bonheur de rencontre/ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut/Qu'il soit minuit passé ou cinq heures à ma montre/Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux."
Voilà des siècles que le problème se pose dans les mêmes termes : est-ce la socialisation entre hommes qui provoque la consommation d'alcool ou la consommation d'alcool qui engendre la sociabilité masculine ? Boire est-il un rite d'affirmation et d'affiliation, le ticket d'entrée au club des hommes, ou simplement un moyen parmi d'autres de tromper l'ennui et la solitude ? La soûlographie collective est-elle une pratique exclusivement masculine et l'alcoolisme en solo l'apanage des femmes qui boivent en cachette? Pour Giraud, l'âme du vin ne se rencontre que la nuit lorsque le picrate, le jaja et le pichtegorne sont " comme un trait d'union entre deux hommes, une sorte de rite secret ,de prière à sens unique ". Pour Blondin, au contraire : " On boit ensemble mais on est saoul tout seul. " Allez savoir...
De façon encore plus marquée qu'à la campagne, le bistrot est à la ville le lieu par excellence de la parole masculine, du discours pour le discours, l'endroit où la virilité prolétaire trouve l'arène publique dont elle a besoin pour se déployer. Gabin porte à la perfection cette parole éruptive de tribun de comptoir dans des films comme Rue des prairies (1965), Archimède le clochard (1959), Les vieux de la vieille (1960) ou Un singe en hiver (1962), tous dialogués par Michel Audiard dont le registre oscille entre l'anarchisme de droite et la littérature populiste. C'est l'heure où le café, selon le mot de Balzac, prend des allures de "salle de conseil du peuple ", où le verbe haut des grandes gueules réalise l'utopie du gouvernement de la plèbe à coups de sentences définitives et de "remettez-nous ça, la patronne ", où toutes les résistances, toutes les déviances sont non seulement autorisées mais légitimes, où la turbulence des uns et la folie des autres, bouillonnant dans la chaleur sociale des vieilles solidarités, s'acharnent contre les bourgeois et " ceux qui nous gouvernent ". " Je suis un ancien combattant, militant socialiste et bistrot. C'est dire si dans ma vie j'en ai entendu des conneries ", fait dire Audiard à l'un de ses personnages. C'est l'heure aussi de la parole misogyne qui réinvente un monde sans femmes, exalte l'amitié virile, la camaraderie de régiment, les exploits des nouvelles chevaleries de la petite reine, des boxeurs au nez tuméfié, des rugbymen aux oreilles en chou-fleur, avec la complicité et l'approbation goguenarde des tapineuses. "
Buisson, la fin d'un monde
No society - Christophe Guilluy
De l’esclavage à la colonisation en passant par l’Holocauste ou l’oppression des homosexuels, les classes populaires passent quotidiennement au tribunal de l’Histoire. Le piège est imparable. Il rejette la majorité de ces catégories dans les poubelles de l’Histoire en offrant une nouvelle virginité à la classe dominante. Dans ce partage de l’histoire occidentale, les classes populaires sont ainsi contraintes d’en porter la face noire, tandis que les classes dominantes pourront se présenter comme les héritières d’une histoire positive (des lumières à l’émancipation des minorités). Le « sanglot de l’homme blanc » place ainsi les classes dominantes supérieures dans une posture de supériorité morale en désignant les véritables coupables que sont les classes populaires »
......
Nous n'avons plus affaire à un monde d'en haut qui défendrait l'ordre ancien, l'autorité, les cadres nationaux, mais à une nouvelle bourgeoisie cool qui a choisi la sécession. Le sacrifice de la classe moyenne occidentale sur l'autel de la mondialisation n'était que la première étape d'un processus qui allait conduire le monde d'en haut à abandonner les modèles et valeurs communs qui cimentaient les sociétés occidentales. Pour la première fois, la classe dominante et ses relais médiatiques, culturels, universitaires ne parlent ni au nom de, ni contre les classes populaires, puisque celles-ci sont désormais sorties de l'Histoire.
De l’esclavage à la colonisation en passant par l’Holocauste ou l’oppression des homosexuels, les classes populaires passent quotidiennement au tribunal de l’Histoire. Le piège est imparable. Il rejette la majorité de ces catégories dans les poubelles de l’Histoire en offrant une nouvelle virginité à la classe dominante. Dans ce partage de l’histoire occidentale, les classes populaires sont ainsi contraintes d’en porter la face noire, tandis que les classes dominantes pourront se présenter comme les héritières d’une histoire positive (des lumières à l’émancipation des minorités). Le « sanglot de l’homme blanc » place ainsi les classes dominantes supérieures dans une posture de supériorité morale en désignant les véritables coupables que sont les classes populaires »
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Nous n'avons plus affaire à un monde d'en haut qui défendrait l'ordre ancien, l'autorité, les cadres nationaux, mais à une nouvelle bourgeoisie cool qui a choisi la sécession. Le sacrifice de la classe moyenne occidentale sur l'autel de la mondialisation n'était que la première étape d'un processus qui allait conduire le monde d'en haut à abandonner les modèles et valeurs communs qui cimentaient les sociétés occidentales. Pour la première fois, la classe dominante et ses relais médiatiques, culturels, universitaires ne parlent ni au nom de, ni contre les classes populaires, puisque celles-ci sont désormais sorties de l'Histoire.
Le crépuscule de la France d'en haut - Christophe Guilluy
L'escroquerie de l'UE
"La directive Bolkenstein
Cette directive consiste à appliquer aux travailleurs étrangers susceptibles de travailler en France les cotisations sociales de leurs pays d'origine, ce qui permet bien sûr à un employeur d'embaucher des travailleurs à moindre coût et crée mécaniquement une concurrence déloyale au détriment des entreprises françaises. Si les employeurs sont censés rémunérer ces salariés au salaire minimum, ils n'ont aucune obligation de tenir compte des autres avantages salariaux (primes, indemnités, tickets-restaurant ...). Il s'agit donc bien de l'organisation d'un dumping social à l'échelle européenne. Loin des fantasmes, la commission nationale de lutte contre le travail illégal révélera que le nombre de travailleurs détachés a décuplé entre 2005 et 2015, pour atteindre 286 000 (dont une majorité de Polonais).
...
Pendant ce temps, à l'intérieur de l'Europe, les écarts de revenus et de salaires s'accroissent : en Pologne, le smic est à 410 euros par mois, en Roumanie à 218 euros par mois.
...
La signature d'un traité de libre-échange avec l'Ukraine est ainsi une excellente nouvelle pour le patronnat. Le salaire minimum y est d'environ 50 euros par mois."
L'escroquerie de l'UE
"La directive Bolkenstein
Cette directive consiste à appliquer aux travailleurs étrangers susceptibles de travailler en France les cotisations sociales de leurs pays d'origine, ce qui permet bien sûr à un employeur d'embaucher des travailleurs à moindre coût et crée mécaniquement une concurrence déloyale au détriment des entreprises françaises. Si les employeurs sont censés rémunérer ces salariés au salaire minimum, ils n'ont aucune obligation de tenir compte des autres avantages salariaux (primes, indemnités, tickets-restaurant ...). Il s'agit donc bien de l'organisation d'un dumping social à l'échelle européenne. Loin des fantasmes, la commission nationale de lutte contre le travail illégal révélera que le nombre de travailleurs détachés a décuplé entre 2005 et 2015, pour atteindre 286 000 (dont une majorité de Polonais).
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Pendant ce temps, à l'intérieur de l'Europe, les écarts de revenus et de salaires s'accroissent : en Pologne, le smic est à 410 euros par mois, en Roumanie à 218 euros par mois.
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La signature d'un traité de libre-échange avec l'Ukraine est ainsi une excellente nouvelle pour le patronnat. Le salaire minimum y est d'environ 50 euros par mois."
« Le plus intéressant politiquement dans cette agression, c’est la tentative, grotesque et navrante de naïveté, de Bernard Tapie de raisonner les agresseurs. S’en prendre ainsi à un ancien ministre de la Ville (sous-entendu : dilapidateur de milliards de francs pour repeindre les cages d’escalier et financer les assoc’ et les copains de Harlem Désir), appelé au secours par Dieu (François Mitterrand), pour s’associer aux efforts méritoires de la génération Touche pas à mon pote, un homme engagé dans une lutte à mort contre le racisme et Jean-Marie Satan-Le Pen ? Mais vous n’y pensez pas ! Cela fait quarante ans que je vous aime !
Exactement le propos affolé du prof de gauche devant le couteau du sacrifice !
Et là, qu’est-ce qu’il répond, le gentil voleur agresseur « racisé » ?
« Va te faire enculer, ce temps-là est mort » (sic), selon les déclarations publiques du fils de Bernard Tapie).
Tu m’aimes, moi non plus !
Bernard Tapie, vous êtes le fruit de la révolution morale de 68 et, au fond, je vous plains d’entrapercevoir à votre âge l’échec de votre vie publique toute entière. C’est dommage, mais vous auriez dû lire La mort de Danton de Georg Büchner. Vous auriez su que: La Révolution, comme Saturne, dévore ses propres enfants. »
Lionel Rondouin
Exactement le propos affolé du prof de gauche devant le couteau du sacrifice !
Et là, qu’est-ce qu’il répond, le gentil voleur agresseur « racisé » ?
« Va te faire enculer, ce temps-là est mort » (sic), selon les déclarations publiques du fils de Bernard Tapie).
Tu m’aimes, moi non plus !
Bernard Tapie, vous êtes le fruit de la révolution morale de 68 et, au fond, je vous plains d’entrapercevoir à votre âge l’échec de votre vie publique toute entière. C’est dommage, mais vous auriez dû lire La mort de Danton de Georg Büchner. Vous auriez su que: La Révolution, comme Saturne, dévore ses propres enfants. »
Lionel Rondouin
Le coup de génie de l'idéologie marchande aura été de faire passer, en inversant les signifiants, le port du jean et des cheveux longs comme l'uniforme de la liberté alors qu'ils n'étaient, comme le note fort justement Michel Clouscard, que "la liberté de l'uniforme", l'habile artifice par lequel le système recyclait la contestation en consommation.
Patrick Buisson - La fin d'un monde
Patrick Buisson - La fin d'un monde
"Je ne regretterais que les œuvres d’art, les pierres ont pour moi plus d’importance que les hommes. L’homme est le bien de beaucoup le moins précieux, c’est un insecte privé d’ailes et qui sent mauvais, l'humanité s’étend sur notre globe à la façon des maladies incurables et lorsqu’on guérira toutes les maladies, l’humanité les remplacera toutes, à raison de son existence même, une existence polluante et pullulante."
Caraco, Ma Confession
Caraco, Ma Confession
L'Américanisation de la société française - Régis Debray
1919, traité de Versailles. Pour la première fois depuis deux siècles , le texte français d'un accord internationale fait plus loi. Le président Wilson exige une version en anglais. Le français cesse d'être la langue de la diplomatie.
1920, fondation à New York, par Duchamp et Man ray, de la société anonyme, un lieu pour exposer de l'art "moderne". "L'homme le plus intelligent et pour beaucoup le plus gênant de cette première partie du XXe siècle (André Breton sur Duchamp) s'est installé aux États-unis dès 1915. L'urinoir signé R.Mutt, le célèbre ready-made, est exposé à New York en 1917. (derrière un écran).
1925, la Métro Goldwyn Mayer rachète les parts du Crédit commercial de France de la société anonyme de la société Gaumont. Confirmation du transfert de l'usine à rêves de Paris à Hollywood.
1926, Charles Pathé abandonne à Kodak (USA) le monopole de la fabrication du film vierge, qu'il avait arraché à Georges Eastman avant la guerre.
1927, Warner Bros produit le premier film parlant. Le Chanteur de jazz. "Si cela marche, a dit le producteur, le monde entier parlera anglais. (L'image sonore n'arrivera en France qu'en 1930.)
1943, création de l'Amgot (Allied Military Government of Occupied Territories). Confondant libération et occupation, le président Roosevelt signe un projet d'administration de la France libérée donnant au commandement suprême allié toute autorité sur l'ensemble du territoire et prévoyant une monnaie imprimée aux États-Unis et distribuée par l'administration américaine à la population. Plan déjoué au printemps 1944 par de Gaulle ,avec l'appui sur place du général Eisenhower.
1946, signature de l'accord Blum-Byrnes. Vichy avait interdit les films américains. Une fraction de la dette française effacée, en contrepartie de quoi les États-Unis, sous l'égide d'une maxime perspicace, trade follows the film, exigent l'abandon du quota pour les productions américaines et une sévère réduction des exclusivités pour les films français (de sept à quatre semaines). Se créera en réaction un comité de défense du cinéma français (Jean Marais et Simone Signoret), et le centre national du cinéma viendra au secours des films français, leur production ayant chuté de moitié. En Allemagne, après guerre, la diffusion des films américains n'est pas réglementée.
1946, parallèlement au plan Marshall, les États-Unis lancent le programme Fullbright "pour la reconstruction intellectuelle de l'Europe".
1948, promulgation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "l'homme moral de notre temps". Votée par l'assemblée générale des Nations unies à Paris, au palais de Chaillot, mais rédigée à Lake Success en 1947, sous l'égide de la grande Eleanore Roosevelt, veuve du président, elle représente à double titre, par son caractère d'universalité, une considérable avancée sur la déclaration de 1789. C'est l'individu en tant que tel, qu'il soit apatride, réfugié , migrant ou demandeur d'asile, qui devient sujet des droits imprescriptible et les principes énoncés, quoique dépourvus de caractère obligatoire, s'imposent à tous les pays.
1919, traité de Versailles. Pour la première fois depuis deux siècles , le texte français d'un accord internationale fait plus loi. Le président Wilson exige une version en anglais. Le français cesse d'être la langue de la diplomatie.
1920, fondation à New York, par Duchamp et Man ray, de la société anonyme, un lieu pour exposer de l'art "moderne". "L'homme le plus intelligent et pour beaucoup le plus gênant de cette première partie du XXe siècle (André Breton sur Duchamp) s'est installé aux États-unis dès 1915. L'urinoir signé R.Mutt, le célèbre ready-made, est exposé à New York en 1917. (derrière un écran).
1925, la Métro Goldwyn Mayer rachète les parts du Crédit commercial de France de la société anonyme de la société Gaumont. Confirmation du transfert de l'usine à rêves de Paris à Hollywood.
1926, Charles Pathé abandonne à Kodak (USA) le monopole de la fabrication du film vierge, qu'il avait arraché à Georges Eastman avant la guerre.
1927, Warner Bros produit le premier film parlant. Le Chanteur de jazz. "Si cela marche, a dit le producteur, le monde entier parlera anglais. (L'image sonore n'arrivera en France qu'en 1930.)
1943, création de l'Amgot (Allied Military Government of Occupied Territories). Confondant libération et occupation, le président Roosevelt signe un projet d'administration de la France libérée donnant au commandement suprême allié toute autorité sur l'ensemble du territoire et prévoyant une monnaie imprimée aux États-Unis et distribuée par l'administration américaine à la population. Plan déjoué au printemps 1944 par de Gaulle ,avec l'appui sur place du général Eisenhower.
1946, signature de l'accord Blum-Byrnes. Vichy avait interdit les films américains. Une fraction de la dette française effacée, en contrepartie de quoi les États-Unis, sous l'égide d'une maxime perspicace, trade follows the film, exigent l'abandon du quota pour les productions américaines et une sévère réduction des exclusivités pour les films français (de sept à quatre semaines). Se créera en réaction un comité de défense du cinéma français (Jean Marais et Simone Signoret), et le centre national du cinéma viendra au secours des films français, leur production ayant chuté de moitié. En Allemagne, après guerre, la diffusion des films américains n'est pas réglementée.
1946, parallèlement au plan Marshall, les États-Unis lancent le programme Fullbright "pour la reconstruction intellectuelle de l'Europe".
1948, promulgation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "l'homme moral de notre temps". Votée par l'assemblée générale des Nations unies à Paris, au palais de Chaillot, mais rédigée à Lake Success en 1947, sous l'égide de la grande Eleanore Roosevelt, veuve du président, elle représente à double titre, par son caractère d'universalité, une considérable avancée sur la déclaration de 1789. C'est l'individu en tant que tel, qu'il soit apatride, réfugié , migrant ou demandeur d'asile, qui devient sujet des droits imprescriptible et les principes énoncés, quoique dépourvus de caractère obligatoire, s'imposent à tous les pays.
Le Bréviaire du chaos de Albert Caraco
"Les villes, que nous habitons, sont les écoles de la mort, parce qu'elles sont inhumaines. Chacune est devenue le carrefour de la rumeur et du relent, chacune devenant un chaos d'édifices, où nous nous entassons par millions, en perdant nos raisons de vivre. Malheureux sans remède nous nous sentons bon gré mal gré engagés le long du labyrinthe de l'absurde et nous n'en sortirons que morts, car notre destinée est de multiplier toujours, à seule fin de périr innombrables."
"Les villes, que nous habitons, sont les écoles de la mort, parce qu'elles sont inhumaines. Chacune est devenue le carrefour de la rumeur et du relent, chacune devenant un chaos d'édifices, où nous nous entassons par millions, en perdant nos raisons de vivre. Malheureux sans remède nous nous sentons bon gré mal gré engagés le long du labyrinthe de l'absurde et nous n'en sortirons que morts, car notre destinée est de multiplier toujours, à seule fin de périr innombrables."
Albert Caraco, Bréviaire du chaos
"Que nous importe le néant de ces esclaves ? Nul ne les sauve ni d’eux-mêmes, ni de l’évidence, tout se dispose à les précipiter dans les ténèbres, ils furent engendrés au hasard des accouplements, puis naquirent à l’égal des briques sortant de leur moule, et les voici formant des rangées parallèles et dont les tas s’élèvent jusqu’aux nues. Sont-ce des hommes ? Non, la masse de perdition ne se compose jamais d’hommes."
"Que nous importe le néant de ces esclaves ? Nul ne les sauve ni d’eux-mêmes, ni de l’évidence, tout se dispose à les précipiter dans les ténèbres, ils furent engendrés au hasard des accouplements, puis naquirent à l’égal des briques sortant de leur moule, et les voici formant des rangées parallèles et dont les tas s’élèvent jusqu’aux nues. Sont-ce des hommes ? Non, la masse de perdition ne se compose jamais d’hommes."
La discrimination positive - « Une sorte de racisme d’État, une politique de quotas ethniques, un système qui fonde en droit la supériorité des minorités reconnues aux dépens de la majorité ou des autres minorités non qualifiées, une machine à fabriquer du ressentiment et, bouillonnant dans la grande cuve du multiculturalisme, les ferments d’une future guerre civile. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016