Jacques Laurent - Enquete Sur L'histoire N° 14 - De Gaulle Et Le Gaullisme
De Gaulle a assaisonné ces événements sans jamais les modifier en profondeur mais en leur donnant la saveur de guerre intestine qui convenait à sa gourmandise. D'emblée il avait compris que la France n'était plus une assez grande puissance pour remporter de véritables batailles; il s'est spécialisé dans le triomphe intestin. Si on relit ses appels de 1944, on trouve souvent deux lignes contre Hitler et Mussolini, cent lignes contre Pétain. De préférence, il combattait ses collègues, ses cousins. Certes peu de généraux ont ter- rassé autant de chefs militaires que lui. Quand Mauriac le comparait à Napoléon, il avait raison mais il omettait un détail : la nationalité des vaincus. C'est sur son inspiration, avec sa collaboration ou son approbation que l'amiral Gensoul fut vaincu à Mers el-Kébir, le gouverneur général Boisson assailli à Dakar, le général Dentz écrasé en Syrie et réduit à périr sous les chaînes, que tomba l'amiral Darlan, que fut capturé l'amiral Decoux, que tant d'autres amiraux, Mar- quis, Laborde, Robert s'abîmèrent dans les bagnes, et un maréchal que le Kronprinz n'avait pu vaincre à Verdun ni Ludendorff dans l'Oise. Et les deux dernières victoires de De Gaulle frappèrent le général Challe et le général Salan.
Ce prétendu prophète des chars qui, au moment où le général Étienne édifiait la doctrine de leur emploi, défendait la thèse de la fortification à outrance, ce prétendu théoricien de la liaison aviation-char qui, pour le faire croire, a fraudé froidement en ajoutant un paragraphe à son livre Vers l'armée de métier dans une réédition postérieure aux événements, s'il n'a remporté qu'une prétendue victoire à Montcornet, il en a remporté de bien réelles, la première à Mers el-Kébir, dont il avait été l'un des inspirateurs, et la
dernière rue de l'Isly. Mais toujours sur des Français. Et j'ignorais qu'il avait encore à livrer sa dernière bataille, celle du boulevard Saint-Michel, une bataille à la grenade lacrymogène, donc bien décevante, où il vit le signe de son déclin.
De Gaulle a assaisonné ces événements sans jamais les modifier en profondeur mais en leur donnant la saveur de guerre intestine qui convenait à sa gourmandise. D'emblée il avait compris que la France n'était plus une assez grande puissance pour remporter de véritables batailles; il s'est spécialisé dans le triomphe intestin. Si on relit ses appels de 1944, on trouve souvent deux lignes contre Hitler et Mussolini, cent lignes contre Pétain. De préférence, il combattait ses collègues, ses cousins. Certes peu de généraux ont ter- rassé autant de chefs militaires que lui. Quand Mauriac le comparait à Napoléon, il avait raison mais il omettait un détail : la nationalité des vaincus. C'est sur son inspiration, avec sa collaboration ou son approbation que l'amiral Gensoul fut vaincu à Mers el-Kébir, le gouverneur général Boisson assailli à Dakar, le général Dentz écrasé en Syrie et réduit à périr sous les chaînes, que tomba l'amiral Darlan, que fut capturé l'amiral Decoux, que tant d'autres amiraux, Mar- quis, Laborde, Robert s'abîmèrent dans les bagnes, et un maréchal que le Kronprinz n'avait pu vaincre à Verdun ni Ludendorff dans l'Oise. Et les deux dernières victoires de De Gaulle frappèrent le général Challe et le général Salan.
Ce prétendu prophète des chars qui, au moment où le général Étienne édifiait la doctrine de leur emploi, défendait la thèse de la fortification à outrance, ce prétendu théoricien de la liaison aviation-char qui, pour le faire croire, a fraudé froidement en ajoutant un paragraphe à son livre Vers l'armée de métier dans une réédition postérieure aux événements, s'il n'a remporté qu'une prétendue victoire à Montcornet, il en a remporté de bien réelles, la première à Mers el-Kébir, dont il avait été l'un des inspirateurs, et la
dernière rue de l'Isly. Mais toujours sur des Français. Et j'ignorais qu'il avait encore à livrer sa dernière bataille, celle du boulevard Saint-Michel, une bataille à la grenade lacrymogène, donc bien décevante, où il vit le signe de son déclin.
DE GAULLE-PÉTAIN : LE GLAIVE ET LE BOUCLIER - COLONEL RÉMY
Un soir d'hiver de l'année 1947, le général de Gaulle me fit l'honneur de me convier à dîner en sa compagnie et celle de son aide de camp Claude Guy à l'Hôtel la Pérouse. Il nous proposa en se levant de table une promenade sur l'avenue Foch. Pendant notre promenade, la conversation porta sur le mois de juin 1940, et le général de Gaulle m'entendit parler du maréchal Pétain avec une profonde amertume. S'arrêtant soudain dans sa marche, il posa sa main sur mon bras par un geste tout à fait inhabituel de sa part.
« Voyez-vous Rémy ! dit-il. Il faut que la France ait toujours deux cordes à son arc. En juin 1940, il lui fallait la corde Pétain, aussi bien que la corde de Gaulle. »
la foudre fût tombée sur ma tête qu'elle ne m'aurait pas laissé plus étonné. Sans me laisser le temps de recouvrer mes esprits, le Général ajoutait déjà :
« Je ne comprendrai jamais pourquoi le Maréchal n'est pas parti pour Alger au mois de novembre 1942. Les Français d'Algérie l'eussent acclamé, les Américains l'eussent embrassé, les Anglais auraient suivi, et nous, mon pauvre Rémy, n'aurions pas pesé bien lourd dans la balance ! Le Maréchal serait rentré à Paris sur son cheval blanc. »
Le bouleversement que provoqua chez moi ce propos tenu par l'homme sous les ordres duquel j'avais la fierté de servir depuis le mois de juin 1940 allait modifier ma destinée. Ce qu'il venait de dire m'incita à réviser de près des notions qui me semblaient définitives. Révision déchirante, puisqu'elle me sépara d'un chef que j'admirais, en même temps que d'un bon nombre de camarades du combat clandestin qui m'étaient très chers.
le 11 avril 1950 je rapportais les confidences du général de Gaulle dans l'hebdomadaire Carrefour sous le titre « La justice et l'opprobre ».
Chacun sait que je faisais partie de l'entourage immédiat du général de Gaulle, ce qui fit que mon article dans Carrefour connut un retentissement considérable. li provoqua de la part du Général, dès le lendemain de sa parution, la diffusion d'un communiqué déclarant : «Je ne puis admettre sur ce sujet l'opinion qu'exprime à présent le colonel Rémy... »
Allant expliquer les raisons de mon action aux camarades du réseau que j'ai eu l'honneur de
fonder en France au mois de novembre 1940, j'ai pu me convaincre, avant de les quitter, que le chemin qu'il faut frayer pour amener les Français de mon camp à fraterniser avec ceux de l'autre sera bien long, bien ardu, et bien difficile.
Je suis bien obligé de penser que cette sorte de passion furieuse qui les animait provenait d'une intoxication intellectuelle dont ils continuaient, à leur insu, de subir les effets. Il faut en rechercher l'origine dans une propagande qui ne saurait, aujourd'hui que la guerre est terminée, continuer à tenir lieu de parole d'évangile.
COLONEL RÉMY
Dans l'ombre du Maréchal,
Presses de la Cité, 1971
Gilbert Renault (• Rémy •) rallia le général de Gaulle à londres dès le 18 juin 1940. Il devint le plus fameux des agents secrets de la France libre. Compagnon de la libération, il resta toujours fidèle au général de Gaulle, mais se consacra à partir de 1950 à la réhabilitation du maréchal Pétain.
Un soir d'hiver de l'année 1947, le général de Gaulle me fit l'honneur de me convier à dîner en sa compagnie et celle de son aide de camp Claude Guy à l'Hôtel la Pérouse. Il nous proposa en se levant de table une promenade sur l'avenue Foch. Pendant notre promenade, la conversation porta sur le mois de juin 1940, et le général de Gaulle m'entendit parler du maréchal Pétain avec une profonde amertume. S'arrêtant soudain dans sa marche, il posa sa main sur mon bras par un geste tout à fait inhabituel de sa part.
« Voyez-vous Rémy ! dit-il. Il faut que la France ait toujours deux cordes à son arc. En juin 1940, il lui fallait la corde Pétain, aussi bien que la corde de Gaulle. »
la foudre fût tombée sur ma tête qu'elle ne m'aurait pas laissé plus étonné. Sans me laisser le temps de recouvrer mes esprits, le Général ajoutait déjà :
« Je ne comprendrai jamais pourquoi le Maréchal n'est pas parti pour Alger au mois de novembre 1942. Les Français d'Algérie l'eussent acclamé, les Américains l'eussent embrassé, les Anglais auraient suivi, et nous, mon pauvre Rémy, n'aurions pas pesé bien lourd dans la balance ! Le Maréchal serait rentré à Paris sur son cheval blanc. »
Le bouleversement que provoqua chez moi ce propos tenu par l'homme sous les ordres duquel j'avais la fierté de servir depuis le mois de juin 1940 allait modifier ma destinée. Ce qu'il venait de dire m'incita à réviser de près des notions qui me semblaient définitives. Révision déchirante, puisqu'elle me sépara d'un chef que j'admirais, en même temps que d'un bon nombre de camarades du combat clandestin qui m'étaient très chers.
le 11 avril 1950 je rapportais les confidences du général de Gaulle dans l'hebdomadaire Carrefour sous le titre « La justice et l'opprobre ».
Chacun sait que je faisais partie de l'entourage immédiat du général de Gaulle, ce qui fit que mon article dans Carrefour connut un retentissement considérable. li provoqua de la part du Général, dès le lendemain de sa parution, la diffusion d'un communiqué déclarant : «Je ne puis admettre sur ce sujet l'opinion qu'exprime à présent le colonel Rémy... »
Allant expliquer les raisons de mon action aux camarades du réseau que j'ai eu l'honneur de
fonder en France au mois de novembre 1940, j'ai pu me convaincre, avant de les quitter, que le chemin qu'il faut frayer pour amener les Français de mon camp à fraterniser avec ceux de l'autre sera bien long, bien ardu, et bien difficile.
Je suis bien obligé de penser que cette sorte de passion furieuse qui les animait provenait d'une intoxication intellectuelle dont ils continuaient, à leur insu, de subir les effets. Il faut en rechercher l'origine dans une propagande qui ne saurait, aujourd'hui que la guerre est terminée, continuer à tenir lieu de parole d'évangile.
COLONEL RÉMY
Dans l'ombre du Maréchal,
Presses de la Cité, 1971
Gilbert Renault (• Rémy •) rallia le général de Gaulle à londres dès le 18 juin 1940. Il devint le plus fameux des agents secrets de la France libre. Compagnon de la libération, il resta toujours fidèle au général de Gaulle, mais se consacra à partir de 1950 à la réhabilitation du maréchal Pétain.
Audio
Arnaud Raffard de Brienne-SOS racisme, l'histoire d'une arnaque-29.01.2013
Description :
M. Raffard de Brienne retrace les conditions de création de SOS Racisme et l’histoire de cette association subversive.
http://www.ekouter.net/sos-racisme-l-histoire-d-une-arnaque-avec-arnaud-raffard-de-brienne-a-synthese-nationale-1000#
Description :
M. Raffard de Brienne retrace les conditions de création de SOS Racisme et l’histoire de cette association subversive.
http://www.ekouter.net/sos-racisme-l-histoire-d-une-arnaque-avec-arnaud-raffard-de-brienne-a-synthese-nationale-1000#
Forwarded from Maréchal Pétain
Jacques le Groignec, Pétain et De Gaulle :
De 1930 à 1940, la France connait 20 gouvernements (1) dont 2 seulement ont à leur tête un chef issu de la droite ou du centre-droit (2). En matière de défense nationale, écrit De Gaulle, "de telles conditions interdisaient aux responsables cet ensemble de desseins continus, de décision mûries, de mesures menées à leur terme, qu'on appelle une politique"(3).
Entre l'avènement d'Hitler (30 janvier 1933) et la déclaration de guerre par le gouvernement Daladier (3 septembre 1939), la droite sera restée durant 7 mois au pouvoir. Il est donc indéniable que, face à la menace allemande, la responsabilité de l'impréparation matérielle et morale de la France incombe à la gauche et au régime de la III ème république agonisante, régime qui selon de Gaulle, "s'est paralysé dans la licence". Pétain partage ce jugement quand, au terme d'un ministère de onze mois au sein du gouvernement présidé par le radical-socialiste Doumergue, il clame son soulagement de "sortir la pétaudière".
1 - Chautemps - Tardier - Steeg - Laval - Tardieu - Herriot - Paul-Boncour - Daladier - Sarraut - Chautemps - Daladier - Doumergue - Flandin - Bouisson - Laval - Sarraut/Blum - Chautemps - Blum - Daladier.
2 - Tardier, Flandin
De 1930 à 1940, la France connait 20 gouvernements (1) dont 2 seulement ont à leur tête un chef issu de la droite ou du centre-droit (2). En matière de défense nationale, écrit De Gaulle, "de telles conditions interdisaient aux responsables cet ensemble de desseins continus, de décision mûries, de mesures menées à leur terme, qu'on appelle une politique"(3).
Entre l'avènement d'Hitler (30 janvier 1933) et la déclaration de guerre par le gouvernement Daladier (3 septembre 1939), la droite sera restée durant 7 mois au pouvoir. Il est donc indéniable que, face à la menace allemande, la responsabilité de l'impréparation matérielle et morale de la France incombe à la gauche et au régime de la III ème république agonisante, régime qui selon de Gaulle, "s'est paralysé dans la licence". Pétain partage ce jugement quand, au terme d'un ministère de onze mois au sein du gouvernement présidé par le radical-socialiste Doumergue, il clame son soulagement de "sortir la pétaudière".
1 - Chautemps - Tardier - Steeg - Laval - Tardieu - Herriot - Paul-Boncour - Daladier - Sarraut - Chautemps - Daladier - Doumergue - Flandin - Bouisson - Laval - Sarraut/Blum - Chautemps - Blum - Daladier.
2 - Tardier, Flandin
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Une famille de mineurs : Bruay en Artois, "A la découverte des Français" - 1958 - 33minutes
FAMILLE DE MINEURS.1958. Plongée dans le rude quotidien des mineurs de Bruay-en-Artois, où l’ombre de la silicose plane sur chaque existence. Seul réconfort : la vie de famille, un modeste habitat doté d’un jardin privatif et l’élevage de pigeons.
FAMILLE DE MINEURS.1958. Plongée dans le rude quotidien des mineurs de Bruay-en-Artois, où l’ombre de la silicose plane sur chaque existence. Seul réconfort : la vie de famille, un modeste habitat doté d’un jardin privatif et l’élevage de pigeons.
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Louis de Funès _ Le Tatoué (1968) - Manger des tripes sans cidre
Carnet de bord de Jacques Attali :
Dimanche 22 octobre 1989
Dans toutes les émissions politiques du week-end, on ne parle que du foulard, de la laïcité et de l'immigration. Voilà enfin mis au jour le problème : la France a une composante islamique. Saura-t-elle l'accepter ?
Extrait de
Verbatim III
Jacques Attali
Dimanche 22 octobre 1989
Dans toutes les émissions politiques du week-end, on ne parle que du foulard, de la laïcité et de l'immigration. Voilà enfin mis au jour le problème : la France a une composante islamique. Saura-t-elle l'accepter ?
Extrait de
Verbatim III
Jacques Attali
Carnet de bord de Jacques Attali :
Mercredi 24 juin 1987
La fête de SOS Racisme s'est très bien passée. Discours du Président sur la France multiraciale.
https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-6582-fr.pdf
Extrait de
Verbatim II
Jacques Attali
Mercredi 24 juin 1987
La fête de SOS Racisme s'est très bien passée. Discours du Président sur la France multiraciale.
https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-6582-fr.pdf
Extrait de
Verbatim II
Jacques Attali
Darmanin annonce la dissolution d’Academia Christiana
https://www.sudouest.fr/justice/catholiques-traditionalistes-darmanin-annonce-la-dissolution-d-academia-christiana-17779676.php
https://www.sudouest.fr/justice/catholiques-traditionalistes-darmanin-annonce-la-dissolution-d-academia-christiana-17779676.php
Forwarded from ⚜️ Maxime Leroy ⚜️ (Maxime Leroy)
C'est indéniable, ça saute aux yeux, Academia Christiana est une organisation remplie de dangereux néo-nazis fascistoïdes.