Si l'on met de côté les quelques pauvres voyageurs européens qui tombaient aux mains des musulmans après le naufrage de leur vaisseau sur les côtes nord-africaines, la grande majorité des chrétiens réduits en esclavage en Barbarie avaient été soit capturés par des corsaires en même temps que le bateau à bord duquel ils voyageaient ,soit enlevés lors des raids esclavagistes qui touchaient surtout les îles méditerranéennes ou les côtes espagnoles, italiennes et grecques. p.71d
“Le monothéisme du marché a tout conquis, tout envahi, tout gagné. Pendant que tu regardais du côté des prolos, c’est les financiers qui l’ont faite dans ton dos, la révolution ! Ils ont aboli les frontières sans guerre et sans armée. Ils ont imposé un mode de vie à la planète entière ! Partout les mêmes publicités, les mêmes godemichés, les mêmes supermarchés, les mêmes abrutis ! Ils ont brisé toute résistance, identité, tradition, poésie. Homogénéisé les goûts, formaté les esprits, imposé l’idée que le monde entier avait les mêmes intérêts qu’eux.”
Olivier Maulin
Olivier Maulin
« On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un « Dieu vous assiste » à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. »
Henry David Thoreau
Henry David Thoreau
En mai 841, les Vikings assaillirent l'Europe. En Normandie, leurs incursions répétées aboutirent à une colonisation des terres que leur concéda, en 911, le roi Charles le Simple par le traité de Saint-Clair-sur-Epte : Rollon, personnage énigmatique,en devenait le premier duc
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent d'une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances : barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire.
Cette image de monstres sans foi ni loi – certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes – va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands : vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer.
Le droit coutumier et la religion des Vikings, ..., jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils furent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.
Guy Stavridès
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent d'une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances : barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire.
Cette image de monstres sans foi ni loi – certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes – va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands : vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer.
Le droit coutumier et la religion des Vikings, ..., jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils furent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.
Guy Stavridès
« On ne peut parler de la mère sans parler également de son opposé exact, la courtisane. La femme est mère ou courtisane, et non mère ou amante. [...]
L’idée d’une polarité maternité-prostitution s’impose déjà naturellement à l’esprit du fait que la “bonne mère” a toujours davantage d’enfants que la femme entretenue et que la péripatéticienne est la plupart du temps stérile. [...]
Mère absolue, courtisane absolue, sont deux tempéraments, répartis chez la femme selon des proportions à chaque fois différentes : il n’existe aucune femme dépourvue de toute tendance à la prostitution, ni aucune femme dénuée de sentiment maternel, bien que l’approximation presque parfaite du type de la courtisane soit beaucoup plus fréquente que celle du type de la mère. L’essence de la maternité consiste en ce que la mère a pour but principal de sa vie l’enfant. Seul l’enfant compte pour la mère absolue, tandis que la courtisane ne s’intéresse qu’à l’homme. »
— Otto Weininger, Sexe et Caractère (1903),
L’idée d’une polarité maternité-prostitution s’impose déjà naturellement à l’esprit du fait que la “bonne mère” a toujours davantage d’enfants que la femme entretenue et que la péripatéticienne est la plupart du temps stérile. [...]
Mère absolue, courtisane absolue, sont deux tempéraments, répartis chez la femme selon des proportions à chaque fois différentes : il n’existe aucune femme dépourvue de toute tendance à la prostitution, ni aucune femme dénuée de sentiment maternel, bien que l’approximation presque parfaite du type de la courtisane soit beaucoup plus fréquente que celle du type de la mère. L’essence de la maternité consiste en ce que la mère a pour but principal de sa vie l’enfant. Seul l’enfant compte pour la mère absolue, tandis que la courtisane ne s’intéresse qu’à l’homme. »
— Otto Weininger, Sexe et Caractère (1903),
16 mai 1364 : bataille de Cocherel près d'Evreux et victoire de Bertrand du Guesclin
Les Anglos-Navarrais bloquent la vallée de la Seine qui est l’axe d'approvisionnement de Paris, alors que la situation politique et économique du Royaume de France est très précaire. Le roi Charles V, récemment couronné, envoi Bertrand du Guesclin dégager l'axe vital. Arrivant avec 2000 hommes devant Cocherel, il constate que l'ennemi, reprenant la tactique anglaise de l'époque, occupe une colline sommairement fortifiée d'où il attend que les Français fidèles à leur fougue, l'attaquent dans une charge suicidaire. Du Guesclin retient ses troupes qui souffrant de la chaleur et de la soif aimeraient en finir au plus vite. Conscient que l'attaque et l'attente sont dangereuses, il ruse et simule une retraite qui incite les Anglos-Navarrais à quitter leurs positions pour poursuivre les fuyards. Du Guesclin fait volteface et s'imbrique dans le dispositif anglais empêchant les fameux archers d'utiliser leurs armes. Un petit détachement déborde l'ennemi et capture leur chef, Jean de Grailly. La victoire assoit le roi de France sur son trône et donne une grande crédibilité au chef de guerre breton.
Les Anglos-Navarrais bloquent la vallée de la Seine qui est l’axe d'approvisionnement de Paris, alors que la situation politique et économique du Royaume de France est très précaire. Le roi Charles V, récemment couronné, envoi Bertrand du Guesclin dégager l'axe vital. Arrivant avec 2000 hommes devant Cocherel, il constate que l'ennemi, reprenant la tactique anglaise de l'époque, occupe une colline sommairement fortifiée d'où il attend que les Français fidèles à leur fougue, l'attaquent dans une charge suicidaire. Du Guesclin retient ses troupes qui souffrant de la chaleur et de la soif aimeraient en finir au plus vite. Conscient que l'attaque et l'attente sont dangereuses, il ruse et simule une retraite qui incite les Anglos-Navarrais à quitter leurs positions pour poursuivre les fuyards. Du Guesclin fait volteface et s'imbrique dans le dispositif anglais empêchant les fameux archers d'utiliser leurs armes. Un petit détachement déborde l'ennemi et capture leur chef, Jean de Grailly. La victoire assoit le roi de France sur son trône et donne une grande crédibilité au chef de guerre breton.
Illusions perdues - Balzac
Aujourd’hui, chez vous, le succès est la raison suprême de toutes les actions, quelles qu’elles soient. Le fait n’est donc plus rien en lui-même, il est tout entier dans l’idée que les autres s’en forment. De là, jeune homme, un second précepte : ayez de beaux dehors ! cachez l’envers de votre vie, et présentez un endroit très-brillant. La discrétion, cette devise des ambitieux, est celle de notre Ordre : faites-en la vôtre. Les grands commettent presque autant de lâchetés que les misérables ; mais ils les commettent dans l’ombre et font parade de leurs vertus : ils restent grands. Les petits déploient leurs vertus dans l’ombre, ils exposent leurs misères au grand jour : ils sont méprisés. Vous avez caché vos grandeurs et vous avez laissé voir vos plaies. Vous avez eu publiquement pour maîtresse une actrice, vous avez vécu chez elle, avec elle : vous n’étiez nullement répréhensible, chacun vous trouvait l’un et l’autre parfaitement libres ; mais vous rompiez en visière aux idées du monde et vous n’avez pas eu la considération que le monde accorde à ceux qui lui obéissent. Si vous aviez laissé Coralie à ce monsieur Camusot, si vous aviez caché vos relations avec elle, vous auriez épousé madame de Bargeton, vous seriez préfet d’Angoulême et marquis de Rubempré. Changez de conduite : mettez en dehors votre beauté, vos grâces, votre esprit, votre poésie. Si vous vous permettez de petites infamies, que ce soit entre quatre murs : dès lors vous ne serez plus coupable de faire tache sur les décorations de ce grand théâtre appelé le monde. Napoléon appelle cela : laver son linge sale en famille. Du second précepte découle ce corollaire : tout est dans la forme. Saisissez bien ce que j’appelle la Forme. Il y a des gens sans instruction qui, pressés par le besoin, prennent une somme quelconque, par violence, à autrui : on les nomme criminels et ils sont forcés de compter avec la justice. Un pauvre homme de génie trouve un secret dont l’exploitation équivaut à un trésor, vous lui prêtez trois mille francs (à l’instar de ces Cointet qui se sont trouvé vos trois mille francs entre les mains et qui vont dépouiller votre beau-frère), vous le tourmentez de manière à vous faire céder tout ou partie du secret, vous ne comptez qu’avec votre conscience, et votre conscience ne vous mène pas en Cour d’Assises. Les ennemis de l’ordre social profitent de ce contraste pour japper après la justice et se courroucer au nom du peuple de ce qu’on envoie aux galères un voleur de nuit et de poules dans une enceinte habitée, tandis qu’on met en prison, à peine pour quelques mois, un homme qui ruine des familles : mais ces hypocrites savent bien qu’en condamnant le voleur les juges maintiennent la barrière entre les pauvres et les riches, qui, renversée, amènerait la fin de l’ordre social ; tandis que le banqueroutier, l’adroit capteur de successions, le banquier qui tue une affaire à son profit, ne produisent que des déplacements de fortune. Ainsi, la société, mon fils, est forcée de distinguer, pour son compte, ce que je vous fais distinguer pour le vôtre.
Aujourd’hui, chez vous, le succès est la raison suprême de toutes les actions, quelles qu’elles soient. Le fait n’est donc plus rien en lui-même, il est tout entier dans l’idée que les autres s’en forment. De là, jeune homme, un second précepte : ayez de beaux dehors ! cachez l’envers de votre vie, et présentez un endroit très-brillant. La discrétion, cette devise des ambitieux, est celle de notre Ordre : faites-en la vôtre. Les grands commettent presque autant de lâchetés que les misérables ; mais ils les commettent dans l’ombre et font parade de leurs vertus : ils restent grands. Les petits déploient leurs vertus dans l’ombre, ils exposent leurs misères au grand jour : ils sont méprisés. Vous avez caché vos grandeurs et vous avez laissé voir vos plaies. Vous avez eu publiquement pour maîtresse une actrice, vous avez vécu chez elle, avec elle : vous n’étiez nullement répréhensible, chacun vous trouvait l’un et l’autre parfaitement libres ; mais vous rompiez en visière aux idées du monde et vous n’avez pas eu la considération que le monde accorde à ceux qui lui obéissent. Si vous aviez laissé Coralie à ce monsieur Camusot, si vous aviez caché vos relations avec elle, vous auriez épousé madame de Bargeton, vous seriez préfet d’Angoulême et marquis de Rubempré. Changez de conduite : mettez en dehors votre beauté, vos grâces, votre esprit, votre poésie. Si vous vous permettez de petites infamies, que ce soit entre quatre murs : dès lors vous ne serez plus coupable de faire tache sur les décorations de ce grand théâtre appelé le monde. Napoléon appelle cela : laver son linge sale en famille. Du second précepte découle ce corollaire : tout est dans la forme. Saisissez bien ce que j’appelle la Forme. Il y a des gens sans instruction qui, pressés par le besoin, prennent une somme quelconque, par violence, à autrui : on les nomme criminels et ils sont forcés de compter avec la justice. Un pauvre homme de génie trouve un secret dont l’exploitation équivaut à un trésor, vous lui prêtez trois mille francs (à l’instar de ces Cointet qui se sont trouvé vos trois mille francs entre les mains et qui vont dépouiller votre beau-frère), vous le tourmentez de manière à vous faire céder tout ou partie du secret, vous ne comptez qu’avec votre conscience, et votre conscience ne vous mène pas en Cour d’Assises. Les ennemis de l’ordre social profitent de ce contraste pour japper après la justice et se courroucer au nom du peuple de ce qu’on envoie aux galères un voleur de nuit et de poules dans une enceinte habitée, tandis qu’on met en prison, à peine pour quelques mois, un homme qui ruine des familles : mais ces hypocrites savent bien qu’en condamnant le voleur les juges maintiennent la barrière entre les pauvres et les riches, qui, renversée, amènerait la fin de l’ordre social ; tandis que le banqueroutier, l’adroit capteur de successions, le banquier qui tue une affaire à son profit, ne produisent que des déplacements de fortune. Ainsi, la société, mon fils, est forcée de distinguer, pour son compte, ce que je vous fais distinguer pour le vôtre.