FÊTE DE L’ASCENSION
Pas moins de quatre cantates pour ce jeudi qui vient mettre un point final à la vie terrestre de Jésus. Dimanche prochain (Exaudi, 6e dimanche après Pâques) nous serons pleinement dans l’attente de l’Esprit mais c’est une autre histoire, dont nous reparlerons. L’Évangile de notre jour (Marc, XVI, 14-20) est dédié à la prescription de l’activité missionnaire et du baptême et, comme on peut s’y attendre, trouve un très fort écho dans les textes de nos cantates.
La plus ancienne, celle de la première année complète à Leipzig est du jeudi 18 mai 1724, la BWV 37, « Wer da gläubet und getaufet wird » (Qui croira et sera baptisé (sera sauvé)). Hans Grischkat (1903-1977) en avait fait jadis un magnifique enregistrement et avait édité le texte, parfois problématique ou incomplet, de la partition.
La seconde, du 10 mai 1725, qui a l’aspect d’une cantate de choral, est la BWV 128, « Auf Christi Himmelfahrt allein » (L’Ascension du Christ seule (sera le modèle de ma conduite)). Elle est beaucoup plus éclatante que la précédente, avec sa trompette et ses deux cors qui viennent étoffer l’orchestration, qui comporte aussi deux hautbois, un hautbois d’amour et un cor anglais (hautbois de chasse). Mes chers Günter Ramin, trop tôt disparu, et Helmut Winschermann, qui vient de décéder dans sa centième unième année, en ont fait de remarquables enregistrements. Les vrais mélomanes auront naturellement reconnu dans le duetto n° 4 pour alto et ténor, le thème des magnifiques Bach-Variationen de Max Reger (op. 81).
La troisième, du 30 mai 1726, assez longue et en deux parties, est, s’il est possible, encore plus « festive » avec ses trois trompettes et ses timbales. C’est la BWV 43, « Gott fähret auf mit Jauchzen » (Dieu monte au ciel dans l’allégresse). Elle ne présente rien de particulier sur le plan musicologique si ce n’est une trompette soliste dans l’air de basse n° 7. Beaucoup de chefs spécialistes de notre répertoire l’ont illustrée : Hans Grischkat, Fritz Werner, Günter Ramin, Helmuth Rilling naturellement.
La dernière enfin, La BWV 11, « Lobet Gott in seinen Reichen » (Louez Dieu dans ses royaumes) est une cantate malgré son titre habituel d’Oratorio de l’Ascension et date du 19 mai 1735. C’est un des derniers travaux du Cantor dans notre genre et, comme beaucoup de cantates de ces dernière années, elle repose en assez grande partie sur des cantates profanes antérieures. Bach n’hésitera pas non plus à réutiliser l’aria n° 4 (air pour alto) dans la messe en si BWV 232. Depuis longtemps, cette superbe cantate à l’orchestration flamboyante a suscité l’enthousiasme des chefs d’orchestre et de chœurs. C’est naturellement celle qu’a choisie le grand Karl Richter pour sa grandiose anthologie.
Mais aujourd’hui l’occasion se présente de proposer trois de nos quatre cantates dans l’interprétation, dans les années cinquante, de Hans Grischkat. Né à Hamburg en 1903, il effectua presque tout sa carrière à Stuttgart, multipliant les publications jusqu’à sa mort en 1977.
La BWV 11 par Hans Grischkat
Pas moins de quatre cantates pour ce jeudi qui vient mettre un point final à la vie terrestre de Jésus. Dimanche prochain (Exaudi, 6e dimanche après Pâques) nous serons pleinement dans l’attente de l’Esprit mais c’est une autre histoire, dont nous reparlerons. L’Évangile de notre jour (Marc, XVI, 14-20) est dédié à la prescription de l’activité missionnaire et du baptême et, comme on peut s’y attendre, trouve un très fort écho dans les textes de nos cantates.
La plus ancienne, celle de la première année complète à Leipzig est du jeudi 18 mai 1724, la BWV 37, « Wer da gläubet und getaufet wird » (Qui croira et sera baptisé (sera sauvé)). Hans Grischkat (1903-1977) en avait fait jadis un magnifique enregistrement et avait édité le texte, parfois problématique ou incomplet, de la partition.
La seconde, du 10 mai 1725, qui a l’aspect d’une cantate de choral, est la BWV 128, « Auf Christi Himmelfahrt allein » (L’Ascension du Christ seule (sera le modèle de ma conduite)). Elle est beaucoup plus éclatante que la précédente, avec sa trompette et ses deux cors qui viennent étoffer l’orchestration, qui comporte aussi deux hautbois, un hautbois d’amour et un cor anglais (hautbois de chasse). Mes chers Günter Ramin, trop tôt disparu, et Helmut Winschermann, qui vient de décéder dans sa centième unième année, en ont fait de remarquables enregistrements. Les vrais mélomanes auront naturellement reconnu dans le duetto n° 4 pour alto et ténor, le thème des magnifiques Bach-Variationen de Max Reger (op. 81).
La troisième, du 30 mai 1726, assez longue et en deux parties, est, s’il est possible, encore plus « festive » avec ses trois trompettes et ses timbales. C’est la BWV 43, « Gott fähret auf mit Jauchzen » (Dieu monte au ciel dans l’allégresse). Elle ne présente rien de particulier sur le plan musicologique si ce n’est une trompette soliste dans l’air de basse n° 7. Beaucoup de chefs spécialistes de notre répertoire l’ont illustrée : Hans Grischkat, Fritz Werner, Günter Ramin, Helmuth Rilling naturellement.
La dernière enfin, La BWV 11, « Lobet Gott in seinen Reichen » (Louez Dieu dans ses royaumes) est une cantate malgré son titre habituel d’Oratorio de l’Ascension et date du 19 mai 1735. C’est un des derniers travaux du Cantor dans notre genre et, comme beaucoup de cantates de ces dernière années, elle repose en assez grande partie sur des cantates profanes antérieures. Bach n’hésitera pas non plus à réutiliser l’aria n° 4 (air pour alto) dans la messe en si BWV 232. Depuis longtemps, cette superbe cantate à l’orchestration flamboyante a suscité l’enthousiasme des chefs d’orchestre et de chœurs. C’est naturellement celle qu’a choisie le grand Karl Richter pour sa grandiose anthologie.
Mais aujourd’hui l’occasion se présente de proposer trois de nos quatre cantates dans l’interprétation, dans les années cinquante, de Hans Grischkat. Né à Hamburg en 1903, il effectua presque tout sa carrière à Stuttgart, multipliant les publications jusqu’à sa mort en 1977.
La BWV 11 par Hans Grischkat
Madame Élisabeth, soeur cadette de Louis XVI, meurt à trente ans sur l'échafaud le 10 mai 1794. Dotée d un véritable sens politique, elle apparaît, dans le tumulte de la Révolution, plus résolue et déterminée que son frère.
Très jolie, remarquablement intelligente, mathématicienne de haut niveau, dotée d un caractère affirmé, Élisabeth, après l' échec de plusieurs projets de mariage, décide de vivre à sa guise dans un cercle choisi partageant son goût de la retraite et de l' action caritative. Critique muette des manières de la reine, ce choix l isole au sein de la Cour, et même de la famille royale.
Lorsque la Révolution éclate, elle choisit pourtant de rester près de Louis XVI, qu' elle juge trop faible. Elle est aussi sans illusion sur sa propre influence, contrecarrée par la jalousie de Marie-Antoinette. Au coeur d' un réseau de renseignement contre-révolutionnaire, elle essaie d' empêcher la catastrophe.
La Conférence des évêques de France a donné en 2017 un avis favorable à l’ouverture de sa cause, et la congrégation pour la cause des saints, son Nihil obstat. L’archevêque de Paris a ouvert officiellement sa cause. Depuis 2018, la phase diocésaine du procès est en cours.
Très jolie, remarquablement intelligente, mathématicienne de haut niveau, dotée d un caractère affirmé, Élisabeth, après l' échec de plusieurs projets de mariage, décide de vivre à sa guise dans un cercle choisi partageant son goût de la retraite et de l' action caritative. Critique muette des manières de la reine, ce choix l isole au sein de la Cour, et même de la famille royale.
Lorsque la Révolution éclate, elle choisit pourtant de rester près de Louis XVI, qu' elle juge trop faible. Elle est aussi sans illusion sur sa propre influence, contrecarrée par la jalousie de Marie-Antoinette. Au coeur d' un réseau de renseignement contre-révolutionnaire, elle essaie d' empêcher la catastrophe.
La Conférence des évêques de France a donné en 2017 un avis favorable à l’ouverture de sa cause, et la congrégation pour la cause des saints, son Nihil obstat. L’archevêque de Paris a ouvert officiellement sa cause. Depuis 2018, la phase diocésaine du procès est en cours.
Sujet politiquement incorrect, sous-estimé par Fernand Braudel et par nombre d'historiens, l'esclavage blanc pratiqué par ceux que l'on nommait alors les Barbaresques a bel et bien existé sur une grande échelle et constitué une véritable traite qui fit, durant près de trois siècles, plus d'un million de victimes. Qui étaient-elles ? Comment se les procurait-on ? Comment fonctionnaient les marchés d'Alger, Tunis et Tripoli, les trois villes qui formaient le noyau dur de la Barbarie ? Quelle forme prenait l'asservissement, tant physique que moral, de ces hommes et de ces femmes originaires de toute l'Europe, et principalement d'Italie, d'Espagne et de France ? Quelle était leur vie dans les bagnes et sur les galères ? Comment l'Eglise catholique et les Etats européens tentèrent-ils de les racheter ? Dans cet ouvrage, fruit de dix années de recherches, et qui s'appuie sur de très nombreuses sources et une abondante documentation, Robert C. Davis bat en brèche l'idée élaborée au XIXe siècle et encore dominante d'un esclavage fondé avant tout sur des critères raciaux.
Si l'on met de côté les quelques pauvres voyageurs européens qui tombaient aux mains des musulmans après le naufrage de leur vaisseau sur les côtes nord-africaines, la grande majorité des chrétiens réduits en esclavage en Barbarie avaient été soit capturés par des corsaires en même temps que le bateau à bord duquel ils voyageaient ,soit enlevés lors des raids esclavagistes qui touchaient surtout les îles méditerranéennes ou les côtes espagnoles, italiennes et grecques. p.71d
“Le monothéisme du marché a tout conquis, tout envahi, tout gagné. Pendant que tu regardais du côté des prolos, c’est les financiers qui l’ont faite dans ton dos, la révolution ! Ils ont aboli les frontières sans guerre et sans armée. Ils ont imposé un mode de vie à la planète entière ! Partout les mêmes publicités, les mêmes godemichés, les mêmes supermarchés, les mêmes abrutis ! Ils ont brisé toute résistance, identité, tradition, poésie. Homogénéisé les goûts, formaté les esprits, imposé l’idée que le monde entier avait les mêmes intérêts qu’eux.”
Olivier Maulin
Olivier Maulin
« On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un « Dieu vous assiste » à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. »
Henry David Thoreau
Henry David Thoreau
En mai 841, les Vikings assaillirent l'Europe. En Normandie, leurs incursions répétées aboutirent à une colonisation des terres que leur concéda, en 911, le roi Charles le Simple par le traité de Saint-Clair-sur-Epte : Rollon, personnage énigmatique,en devenait le premier duc
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent d'une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances : barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire.
Cette image de monstres sans foi ni loi – certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes – va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands : vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer.
Le droit coutumier et la religion des Vikings, ..., jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils furent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.
Guy Stavridès
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent d'une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances : barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire.
Cette image de monstres sans foi ni loi – certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes – va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands : vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer.
Le droit coutumier et la religion des Vikings, ..., jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils furent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.
Guy Stavridès
« On ne peut parler de la mère sans parler également de son opposé exact, la courtisane. La femme est mère ou courtisane, et non mère ou amante. [...]
L’idée d’une polarité maternité-prostitution s’impose déjà naturellement à l’esprit du fait que la “bonne mère” a toujours davantage d’enfants que la femme entretenue et que la péripatéticienne est la plupart du temps stérile. [...]
Mère absolue, courtisane absolue, sont deux tempéraments, répartis chez la femme selon des proportions à chaque fois différentes : il n’existe aucune femme dépourvue de toute tendance à la prostitution, ni aucune femme dénuée de sentiment maternel, bien que l’approximation presque parfaite du type de la courtisane soit beaucoup plus fréquente que celle du type de la mère. L’essence de la maternité consiste en ce que la mère a pour but principal de sa vie l’enfant. Seul l’enfant compte pour la mère absolue, tandis que la courtisane ne s’intéresse qu’à l’homme. »
— Otto Weininger, Sexe et Caractère (1903),
L’idée d’une polarité maternité-prostitution s’impose déjà naturellement à l’esprit du fait que la “bonne mère” a toujours davantage d’enfants que la femme entretenue et que la péripatéticienne est la plupart du temps stérile. [...]
Mère absolue, courtisane absolue, sont deux tempéraments, répartis chez la femme selon des proportions à chaque fois différentes : il n’existe aucune femme dépourvue de toute tendance à la prostitution, ni aucune femme dénuée de sentiment maternel, bien que l’approximation presque parfaite du type de la courtisane soit beaucoup plus fréquente que celle du type de la mère. L’essence de la maternité consiste en ce que la mère a pour but principal de sa vie l’enfant. Seul l’enfant compte pour la mère absolue, tandis que la courtisane ne s’intéresse qu’à l’homme. »
— Otto Weininger, Sexe et Caractère (1903),