Pétain et les Allemands - Jacques Le Groignec - p173
Armement des allemands
Le contraste avec l'industrie d'outre-Rhin est d'autant plus saisissant que l'Allemagne est animée par une farouche volonté nationale qui lui épargne les désordres sociaux que la gauche entretient en France. A la suite de grèves monstres qui pénaliseront les industries d'armement, le gouvernement du Front populaire instituera, en juin 1936, la semaine de 40 heures. Décision qui répond aux aspirations légitimes des travailleurs, mais qui est inopportune, au moment où le Reich allemand redouble d'efforts pour produire avions et chars. L'exemple de la production aéronautique donne la mesure du fossé qui sépare les industries de guerre française et allemande : en 1937, les capacités de production mensuelle sont respectivement de 35 et de 350 avions. Ecart quantitatif qui se maintiendra, jusqu'à la fin de 1939: la France produira annuellement 3 600 avions contre 6 000 en Allemagne, tandis qu'au plan qualitatif les ingénieurs allemands doteront la Luftwaffe d'avions de combat aux performances supérieures à leurs homologues français.
La supériorité de l'industrie de guerre allemande avait été soulignée, dès 1931, par le Commandement français, comme l'atteste une note de Weygand datée du 26 juin 1931: « L'Allemagne a attaché plus d'importance au développement de son outillage industriel, en vue des fabrications de guerre ; c'est à cette fin qu'elle a réorganisé de la façon la plus moderne nombre de ses puissantes usines, qu'elle les dote en machines spécialisées, qu'elle poursuit avec ténacité l'étude de prototypes en constant perfectionnement. Ainsi équipée, orientée d'autre part dans sa préparation par les organes du Reichswehrministerium, l'industrie allemande est en mesure de passer, dès qu'elle en recevra l'ordre, à une phase d'activité rapidement portée au plus haut rendement".
Armement des allemands
Le contraste avec l'industrie d'outre-Rhin est d'autant plus saisissant que l'Allemagne est animée par une farouche volonté nationale qui lui épargne les désordres sociaux que la gauche entretient en France. A la suite de grèves monstres qui pénaliseront les industries d'armement, le gouvernement du Front populaire instituera, en juin 1936, la semaine de 40 heures. Décision qui répond aux aspirations légitimes des travailleurs, mais qui est inopportune, au moment où le Reich allemand redouble d'efforts pour produire avions et chars. L'exemple de la production aéronautique donne la mesure du fossé qui sépare les industries de guerre française et allemande : en 1937, les capacités de production mensuelle sont respectivement de 35 et de 350 avions. Ecart quantitatif qui se maintiendra, jusqu'à la fin de 1939: la France produira annuellement 3 600 avions contre 6 000 en Allemagne, tandis qu'au plan qualitatif les ingénieurs allemands doteront la Luftwaffe d'avions de combat aux performances supérieures à leurs homologues français.
La supériorité de l'industrie de guerre allemande avait été soulignée, dès 1931, par le Commandement français, comme l'atteste une note de Weygand datée du 26 juin 1931: « L'Allemagne a attaché plus d'importance au développement de son outillage industriel, en vue des fabrications de guerre ; c'est à cette fin qu'elle a réorganisé de la façon la plus moderne nombre de ses puissantes usines, qu'elle les dote en machines spécialisées, qu'elle poursuit avec ténacité l'étude de prototypes en constant perfectionnement. Ainsi équipée, orientée d'autre part dans sa préparation par les organes du Reichswehrministerium, l'industrie allemande est en mesure de passer, dès qu'elle en recevra l'ordre, à une phase d'activité rapidement portée au plus haut rendement".
PÉTAIN, UN STRATÈGE COMPLET par Guy Chambarlac
Quatrième enfant d'une famille de paysans, Philippe Pétain (1856- 1951) est né à Cauchy-la-Tour, dans le Pas-de-Calais. Reçu à Saint-Cyr en 1876, il est sous- lieutenant au 24èmee bataillon de chasseurs alpins en 1883. En 1900, il commande le 8' bataillon de chasseurs. En pleine affaire des "fiches ", le ministère lui enjoint de livrer le nom de ses officiers qui assistent à la messe. Lui, qui n'y va jamais, répond que prenant place au premier rang, il ne peut voir ceux qui se trouvent derrière lui...
Professeur à l'École de guerre de 1901 à 1907, il développe une théorie révolutionnaire qui rompt avec la doctrine officielle de l'offensive à la baïonnette : "Le progrès du feu impose à l'infanterie des procédés de combats nouveaux[...] Le feu tue. »
Les notes de Foch, alors directeur de l'École de guerre, bien qu'hostile à ses idées, sont extrêmement élogieuses. Rien ne semble s'opposer à ce que Pétain soit enfin nommé général. Sauf son franc-parler.
En juillet 1914, le colonel Pétain a 58 ans. Il se prépare à la retraite. Un an plus tard, il commande une armée. En 1916, il triomphe à Verdun. En 1917, il est commandant en chef de l'armée française et en décembre 1918, il reçoit à Metz le bâton de maréchal de France. Dans la troupe, Pétain est le plus populaire des grands chefs de la guerre. Les soldats savent qu'il a tout fait pour soulager leur peine et limiter les pertes. Dans notre numéro 4 (cc Pétain devant l'histoire»), le professeur Guy Pedroncini a révélé les raisons d'une fortune aussi exceptionnelle, renversant notamment la légende d'un Pétain exclusivement "défensif" :
" Comment comprendre que l'on demande à ce "pessimiste" de redonner confiance à une armée qui renonce ? Comment comprendre que ce général "défensif" ait réussi toutes ses offensives et surtout gagné tous ses commandements à une époque où l'offensive avait les faveurs de Joffre ? Comment expliquer qu'en octobre- novembre 1918, il voulait lancer une puissante offensive en Lorraine et que l'offensif Foch et l'énergique Clemenceau ne l'aient pas entendu ?
" Les archives ont apporté la réponse. Elles montrent le général Pétain tel qu'il a été. Un tacticien qui a obtenu la victoire et sauvé le pays par une défensive efficace tout en ménageant les hommes ; un stratège complet, sans doute le plus complet de la Grande Guerre ; un offensif raisonné qui a compris les nouvelles conditions de la guerre - il est l'homme des chars, des avions, du matériel- et la nécessité de ménager absolument les forces humaines de la France ; un homme qui
connaissait bien ses soldats et qui a réussi en quelques semaines à maîtriser une crise du moral et de la confiance qui menaçait de conduire à la défaite. "
Quatrième enfant d'une famille de paysans, Philippe Pétain (1856- 1951) est né à Cauchy-la-Tour, dans le Pas-de-Calais. Reçu à Saint-Cyr en 1876, il est sous- lieutenant au 24èmee bataillon de chasseurs alpins en 1883. En 1900, il commande le 8' bataillon de chasseurs. En pleine affaire des "fiches ", le ministère lui enjoint de livrer le nom de ses officiers qui assistent à la messe. Lui, qui n'y va jamais, répond que prenant place au premier rang, il ne peut voir ceux qui se trouvent derrière lui...
Professeur à l'École de guerre de 1901 à 1907, il développe une théorie révolutionnaire qui rompt avec la doctrine officielle de l'offensive à la baïonnette : "Le progrès du feu impose à l'infanterie des procédés de combats nouveaux[...] Le feu tue. »
Les notes de Foch, alors directeur de l'École de guerre, bien qu'hostile à ses idées, sont extrêmement élogieuses. Rien ne semble s'opposer à ce que Pétain soit enfin nommé général. Sauf son franc-parler.
En juillet 1914, le colonel Pétain a 58 ans. Il se prépare à la retraite. Un an plus tard, il commande une armée. En 1916, il triomphe à Verdun. En 1917, il est commandant en chef de l'armée française et en décembre 1918, il reçoit à Metz le bâton de maréchal de France. Dans la troupe, Pétain est le plus populaire des grands chefs de la guerre. Les soldats savent qu'il a tout fait pour soulager leur peine et limiter les pertes. Dans notre numéro 4 (cc Pétain devant l'histoire»), le professeur Guy Pedroncini a révélé les raisons d'une fortune aussi exceptionnelle, renversant notamment la légende d'un Pétain exclusivement "défensif" :
" Comment comprendre que l'on demande à ce "pessimiste" de redonner confiance à une armée qui renonce ? Comment comprendre que ce général "défensif" ait réussi toutes ses offensives et surtout gagné tous ses commandements à une époque où l'offensive avait les faveurs de Joffre ? Comment expliquer qu'en octobre- novembre 1918, il voulait lancer une puissante offensive en Lorraine et que l'offensif Foch et l'énergique Clemenceau ne l'aient pas entendu ?
" Les archives ont apporté la réponse. Elles montrent le général Pétain tel qu'il a été. Un tacticien qui a obtenu la victoire et sauvé le pays par une défensive efficace tout en ménageant les hommes ; un stratège complet, sans doute le plus complet de la Grande Guerre ; un offensif raisonné qui a compris les nouvelles conditions de la guerre - il est l'homme des chars, des avions, du matériel- et la nécessité de ménager absolument les forces humaines de la France ; un homme qui
connaissait bien ses soldats et qui a réussi en quelques semaines à maîtriser une crise du moral et de la confiance qui menaçait de conduire à la défaite. "
L'HONNEUR DE LA FRANCE
Dans son livre "Le bréviaire de la haine", (2) Léon Poliakoff, écrit "du sort relativement plus clément des juifs de France, Vichy fut en fait le facteur prépondérant. Par l'existence même, tout d'abord, de la zone libre, dans laquelle, dès l'invasion de 1940, juifs français, hollandais ou belges, s'étaient réfugiés par milliers". Puis, relevant l'opposition du Maréchal Pétain à la déportation des israélites, Poliakoff révèle qu'en établissant son plan de campagne pour l'été 1943, l'allemand Rothke, nouveau chef du 4ème Bureau en France, écrivait: "il faudra pour exécuter le programme ci-dessus que le gouvernement français soit contraint de mettre à notre disposition des forces de police. Vu l'attitude du Maréchal et de certains membres de son Cabinet, seule la contrainte peut-être envisagée". Le Grand Rabbin de France avait ses raisons, en novembre 1942, de se déplacer pour remercier le Maréchal...
On observera, d'ailleurs, que la population, habituée à vivre avec des gens qui étaient, comme tous les membres de la Communauté Nationale, français à part entière, supportaient très mal la vue de ces étoiles jaunes imposées pour stigmatiser ce que l'on voulait faire passer pour une infamie. C'est ce qui conduit à écrire, M.R. Marrus et R.O. Paxton, tous deux américains, professeurs d'Histoire, dans leur livre "Vichy et les Juifs" (3) qu'on peut se demander comment, dans ces conditions, les trois- quarts des juifs se trouvant en France ont pu échapper à la mort. Certains juifs observèrent scrupuleusement toutes les lois. Beaucoup d'autres bénéficièrent de l'aide ou de la complicité d'un ami ou d'un voisin".
Il est regrettable que l'on attise le feu des discordes entre compatriotes. Oui, sous l'occupation, le statut des juifs était lourd, désobligeant, inacceptable. Oui, le gouvernement de la France a pris des mesures de rétorsion contre eux, mais ces dispositions en prévenaient d'autres qui auraient été odieuses et criminelles pour tous et sans doute laissaient-elles au pouvoir politique une place plus large de manoeuvre dans la défense et la préservation d'intérêts vitaux.
Quel but veut-on atteindre par ces campagnes renouvelées où la haine confère au ressentiment la permanence d'une méchanceté griffante et déchiqueteuse? L'unité de la Communauté nationale, premier de tous les biens, ne devrait-elle pas être recherchée par l'ensemble des enfants d'un même pays? Héritiers d'une longue tradition qui a vu les oppositions, la compréhension, l'indulgence ou les pardons se succéder à travers les âges au sein de notre grande famille sur la terre des pères : quels sont les français de souche qui peuvent accepter désormais, sans broncher, ce dénigrement systématique où les accusations perfides entretiennent un climat déletére hostile à la réconciliation ?
Il est temps, selon nous, de réagir contre ces attaques incessantes et venimeuses qui nuisent au consensus souhaité par l'immense majorité de notre peuple lassé des divisions et qui va finir par se demander quelles arrières-pensées mobilisent les fanatiques de la désunion.
René MINGUET - 1985
(2) "Le bréviaire de la haine" edition 1972, par Léon Poliakoff, pages 199 à 203 (3) "Vichy et les juifs" par M.R. Marrus et R.O. Paxton - Calmann-Lévy - 1981
Dans son livre "Le bréviaire de la haine", (2) Léon Poliakoff, écrit "du sort relativement plus clément des juifs de France, Vichy fut en fait le facteur prépondérant. Par l'existence même, tout d'abord, de la zone libre, dans laquelle, dès l'invasion de 1940, juifs français, hollandais ou belges, s'étaient réfugiés par milliers". Puis, relevant l'opposition du Maréchal Pétain à la déportation des israélites, Poliakoff révèle qu'en établissant son plan de campagne pour l'été 1943, l'allemand Rothke, nouveau chef du 4ème Bureau en France, écrivait: "il faudra pour exécuter le programme ci-dessus que le gouvernement français soit contraint de mettre à notre disposition des forces de police. Vu l'attitude du Maréchal et de certains membres de son Cabinet, seule la contrainte peut-être envisagée". Le Grand Rabbin de France avait ses raisons, en novembre 1942, de se déplacer pour remercier le Maréchal...
On observera, d'ailleurs, que la population, habituée à vivre avec des gens qui étaient, comme tous les membres de la Communauté Nationale, français à part entière, supportaient très mal la vue de ces étoiles jaunes imposées pour stigmatiser ce que l'on voulait faire passer pour une infamie. C'est ce qui conduit à écrire, M.R. Marrus et R.O. Paxton, tous deux américains, professeurs d'Histoire, dans leur livre "Vichy et les Juifs" (3) qu'on peut se demander comment, dans ces conditions, les trois- quarts des juifs se trouvant en France ont pu échapper à la mort. Certains juifs observèrent scrupuleusement toutes les lois. Beaucoup d'autres bénéficièrent de l'aide ou de la complicité d'un ami ou d'un voisin".
Il est regrettable que l'on attise le feu des discordes entre compatriotes. Oui, sous l'occupation, le statut des juifs était lourd, désobligeant, inacceptable. Oui, le gouvernement de la France a pris des mesures de rétorsion contre eux, mais ces dispositions en prévenaient d'autres qui auraient été odieuses et criminelles pour tous et sans doute laissaient-elles au pouvoir politique une place plus large de manoeuvre dans la défense et la préservation d'intérêts vitaux.
Quel but veut-on atteindre par ces campagnes renouvelées où la haine confère au ressentiment la permanence d'une méchanceté griffante et déchiqueteuse? L'unité de la Communauté nationale, premier de tous les biens, ne devrait-elle pas être recherchée par l'ensemble des enfants d'un même pays? Héritiers d'une longue tradition qui a vu les oppositions, la compréhension, l'indulgence ou les pardons se succéder à travers les âges au sein de notre grande famille sur la terre des pères : quels sont les français de souche qui peuvent accepter désormais, sans broncher, ce dénigrement systématique où les accusations perfides entretiennent un climat déletére hostile à la réconciliation ?
Il est temps, selon nous, de réagir contre ces attaques incessantes et venimeuses qui nuisent au consensus souhaité par l'immense majorité de notre peuple lassé des divisions et qui va finir par se demander quelles arrières-pensées mobilisent les fanatiques de la désunion.
René MINGUET - 1985
(2) "Le bréviaire de la haine" edition 1972, par Léon Poliakoff, pages 199 à 203 (3) "Vichy et les juifs" par M.R. Marrus et R.O. Paxton - Calmann-Lévy - 1981
La protection des juifs
La question juive est l'une des plus délicates à traiter. Elle met en jeu l'honneur et l'amour propre d'une communauté française éminente qui a rendu des services majeurs à la patrie dans tous les domaines de l'intelligence et de l'esprit - et sur les champs de bataille.
Or, depuis 1945, des études faites, des ouvrages parus tant en France qu'à l'étranger, précisent les pertes subies pendant la guerre et l'occupation. Les pertes françaises sont proportionnellement et largement les plus faibles de tous les pays occupés par les nazis: 6 à 8 000 Israélites français sur 120 000 résidents de France;
76 à 78 000 étrangers sur 220 000 réfugiés en zone libre. Ces chiffres résultent de documents officiels, et ils sont généralement reconnus.
Ces 220 000 étrangers étaient venus des autres pays européens chassés par la crainte des nazis. Aucun autre pays n'avait voulu les garder. La France, grâce à sa zone libre, a pu les prendre. La plupart voulurent rester. 145 000 environ furent sauvés.
Ce n'est qu'après le débarquement en Afrique du Nord et sa conséquence: la rupture de la zone libre, que la fameuse rafle du Vel d'Hiv, exigée par les nazis, frappa plus des Juifs étrangers réfugiés en zone libre que des Français.
On a reproché au gouvernement d'alors, dirigé par Pierre Laval, d'avoir laissé partir des enfants; mais ce fut par souci de ne pas séparer les familles. A cette époque, la « solution finale» restait ignorée. Et le retour des déportés juifs n'était pas mis en Deux livres sont à lire sur le sujet.
a) « Le Bréviaire de la haine » (1) de Léon Poliakoff, Français né en Russie et venu très jeune en France. Après avoir donné les chiffres, ci-dessus indiqués pour la France, Poliakoff écrit:
"Du sort relativement plus clément des Juifs de France, Vichy fut en fait le facteur prépondérant. Par l'existence même, tout d'abord, de la zone libre, dans laquelle, dès l'invasion de 1940, Juifs français, hollandais ou belges, s'étaient réfugiés par milliers. "
Relevant l'opposition du Maréchal Pétain à la déportation des Israélites, Poliakoff révèle : «En établissant son plan de campagne pour l'été 1943, l'Allemand Rothke, nouveau chef du 4° bureau en France, écrivait : il faudra pour exécuter le programme ci-dessus, que le Gouvernement français soit contraint de mettre à notre disposition ses forces de police. Vu l'attitude du Maréchal et de certains membres de son cabinet, seule la contrainte peut être envisagée."
b)« Vichy et les Juifs » de M.R. Marrus et R.O. Paxton, tous deux professeurs (2) d'Histoire, le premier à Toronto et le second à New-York.
On leur a évité l'enfer
Utilisant une large documentation française et étrangère, ces deux auteurs ont étudié le sort des Israélites se trouvant en France de 1940 à 1944. Leur ouvrage est dédié "aux Français qui, de 1940 à 1944, ont apporté leur aide aux Juifs persécutés en France. "
C'est déjà reconnaître les concours nombreux et variés apportés par la très grande majorité de tous ceux à qui les circonstances permettaient de venir en aide à un Juif. De lui, en effet, ils se sentaient solidaires face aux exigences allemandes.
En fin d'ouvrage (page 338), les auteurs ajoutent : « On peut se demander comment, dans ces conditions, les trois quarts des Juifs se trouvant en France ont pu échapper à la mort. Certains Juifs observèrent scrupuleusement toutes les lois. Beaucoup d'autres bénéficièrent de l'aide ou de la complicité d'un ami ou d'un voisin. »
Le livre de Marrus et Paxton confirme le nombre de victimes juives citées dans le livre de Poliakoff (et déjà publié, en 1970, par l'historien Jacob Robinson). Sur 5 820 000 disparus, de 1940 à 1944, 83 000 étaient venus de France. Moins de 6 000 étaient de nationalité française.
L'historien Henri Michel, dans « Pétain et le régime de Vichy » tient le même langage. Certes, 83 000, dont 6 000 Français, c'est toujours trop. Mais la comparaison, avec tous les autres pays occupés, reste impressionnante.
La question juive est l'une des plus délicates à traiter. Elle met en jeu l'honneur et l'amour propre d'une communauté française éminente qui a rendu des services majeurs à la patrie dans tous les domaines de l'intelligence et de l'esprit - et sur les champs de bataille.
Or, depuis 1945, des études faites, des ouvrages parus tant en France qu'à l'étranger, précisent les pertes subies pendant la guerre et l'occupation. Les pertes françaises sont proportionnellement et largement les plus faibles de tous les pays occupés par les nazis: 6 à 8 000 Israélites français sur 120 000 résidents de France;
76 à 78 000 étrangers sur 220 000 réfugiés en zone libre. Ces chiffres résultent de documents officiels, et ils sont généralement reconnus.
Ces 220 000 étrangers étaient venus des autres pays européens chassés par la crainte des nazis. Aucun autre pays n'avait voulu les garder. La France, grâce à sa zone libre, a pu les prendre. La plupart voulurent rester. 145 000 environ furent sauvés.
Ce n'est qu'après le débarquement en Afrique du Nord et sa conséquence: la rupture de la zone libre, que la fameuse rafle du Vel d'Hiv, exigée par les nazis, frappa plus des Juifs étrangers réfugiés en zone libre que des Français.
On a reproché au gouvernement d'alors, dirigé par Pierre Laval, d'avoir laissé partir des enfants; mais ce fut par souci de ne pas séparer les familles. A cette époque, la « solution finale» restait ignorée. Et le retour des déportés juifs n'était pas mis en Deux livres sont à lire sur le sujet.
a) « Le Bréviaire de la haine » (1) de Léon Poliakoff, Français né en Russie et venu très jeune en France. Après avoir donné les chiffres, ci-dessus indiqués pour la France, Poliakoff écrit:
"Du sort relativement plus clément des Juifs de France, Vichy fut en fait le facteur prépondérant. Par l'existence même, tout d'abord, de la zone libre, dans laquelle, dès l'invasion de 1940, Juifs français, hollandais ou belges, s'étaient réfugiés par milliers. "
Relevant l'opposition du Maréchal Pétain à la déportation des Israélites, Poliakoff révèle : «En établissant son plan de campagne pour l'été 1943, l'Allemand Rothke, nouveau chef du 4° bureau en France, écrivait : il faudra pour exécuter le programme ci-dessus, que le Gouvernement français soit contraint de mettre à notre disposition ses forces de police. Vu l'attitude du Maréchal et de certains membres de son cabinet, seule la contrainte peut être envisagée."
b)« Vichy et les Juifs » de M.R. Marrus et R.O. Paxton, tous deux professeurs (2) d'Histoire, le premier à Toronto et le second à New-York.
On leur a évité l'enfer
Utilisant une large documentation française et étrangère, ces deux auteurs ont étudié le sort des Israélites se trouvant en France de 1940 à 1944. Leur ouvrage est dédié "aux Français qui, de 1940 à 1944, ont apporté leur aide aux Juifs persécutés en France. "
C'est déjà reconnaître les concours nombreux et variés apportés par la très grande majorité de tous ceux à qui les circonstances permettaient de venir en aide à un Juif. De lui, en effet, ils se sentaient solidaires face aux exigences allemandes.
En fin d'ouvrage (page 338), les auteurs ajoutent : « On peut se demander comment, dans ces conditions, les trois quarts des Juifs se trouvant en France ont pu échapper à la mort. Certains Juifs observèrent scrupuleusement toutes les lois. Beaucoup d'autres bénéficièrent de l'aide ou de la complicité d'un ami ou d'un voisin. »
Le livre de Marrus et Paxton confirme le nombre de victimes juives citées dans le livre de Poliakoff (et déjà publié, en 1970, par l'historien Jacob Robinson). Sur 5 820 000 disparus, de 1940 à 1944, 83 000 étaient venus de France. Moins de 6 000 étaient de nationalité française.
L'historien Henri Michel, dans « Pétain et le régime de Vichy » tient le même langage. Certes, 83 000, dont 6 000 Français, c'est toujours trop. Mais la comparaison, avec tous les autres pays occupés, reste impressionnante.
Le Maréchal Pétain a toujours agi dans l'intérêt de la France et pour protéger ses compatriotes. Il faut lui en être reconnaissant.
Etienne Ader - 1984
(1) Le Bréviaire de la haine par Léon Poliakoff. -Edition 1972. -Pages 199 à 203.
(2) Vichy et les Juifs » par M.R. Marrus et R.O. Paxton. Calman-Lévy, éditeur, 1981.
Etienne Ader - 1984
(1) Le Bréviaire de la haine par Léon Poliakoff. -Edition 1972. -Pages 199 à 203.
(2) Vichy et les Juifs » par M.R. Marrus et R.O. Paxton. Calman-Lévy, éditeur, 1981.
Le Président de la République fait fleurir la tombe du Maréchal
Le 22 septembre 1984, à l'heure même où il recevait à Douaumont le Chancelier allemand Helmut Kohl, le Président François MITTERRAND a fait déposer des fleurs sur la tombe du Maréchal à l'Ile d'Yeu.
Son représentant, Monsieur NOGUES, Secrétaire général de la Vendée, Commissaire adjoint de la République, était accompagné du Conseiller général et du maire de l'Ile, ainsi que du Commandant adjoint de la Gendarmerie de Vendée et du Chef de brigade locale.
Le 22 septembre 1984, à l'heure même où il recevait à Douaumont le Chancelier allemand Helmut Kohl, le Président François MITTERRAND a fait déposer des fleurs sur la tombe du Maréchal à l'Ile d'Yeu.
Son représentant, Monsieur NOGUES, Secrétaire général de la Vendée, Commissaire adjoint de la République, était accompagné du Conseiller général et du maire de l'Ile, ainsi que du Commandant adjoint de la Gendarmerie de Vendée et du Chef de brigade locale.
Général Weygand, Mémoires - Mirages et réalité p193
Weygand et sa rencontre avec Mussolini en 1922, Mussolini se veut de gauche :
"Le lendemain le hasard me plaça à la gauche de Mussolini; mon voisin, l'amiral Pound, me demanda de me pencher en arrière pour qu'il pût parler à Mussolini : « Monsieur le Président, lui dit-il, est-il vrai que vous avez été socialiste ? » « Oui », appuyé d'un fort coup de menton. - « Et maintenant vous êtes dictateur. Puis-je vous demander pourquoi?» « L'expérience que j'ai faite du socialisme m'a conduit où je suis », répondit sans se troubler Mussolini, à peu près dans ces termes. La conversation n'alla pas plus loin."
Weygand et sa rencontre avec Mussolini en 1922, Mussolini se veut de gauche :
"Le lendemain le hasard me plaça à la gauche de Mussolini; mon voisin, l'amiral Pound, me demanda de me pencher en arrière pour qu'il pût parler à Mussolini : « Monsieur le Président, lui dit-il, est-il vrai que vous avez été socialiste ? » « Oui », appuyé d'un fort coup de menton. - « Et maintenant vous êtes dictateur. Puis-je vous demander pourquoi?» « L'expérience que j'ai faite du socialisme m'a conduit où je suis », répondit sans se troubler Mussolini, à peu près dans ces termes. La conversation n'alla pas plus loin."