Extrait du livre du Général Jacques Le Groignec, l'étoile jaune - La double ignominie p33-36
Ce sont les derniers échos de l'hommage officiel rendu à l'illustre soldat. Échos assourdis de la lettre de Jacques Chirac qui, le 3 mars 1986, en qualité de Premier ministre, évoquait, dans un courrier adressé au président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (A.D.M.P.), «<les drames et les divisions » dont << la France porte encore les blessures ». Il jugeait : << Il est temps de tourner la page. »
Words! Des mots ! Clemenceau pensait, avec quelque raison, que l'expression de la vérité est incompatible avec les élections. Le 7 mai 1995, le candidat Chirac entre à l'Élysée et n'hésite pas à rouvrir lui-même lesdites blessures. Le 16 juillet 1995, anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv', il accuse la France, donc le Maréchal, d'avoir << livré » ses protégés à leurs bourreaux, et «< secondé » les nazis dans l'exécution de leurs basses œuvres. La condamnation qu'il prononce est sans appel : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'État français (...) La France, patrie des Lumières, patrie des droits de l'homme, terre d'accueil, terre d'asile, la France, ce jour-là accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux... >>
Jugement péremptoire que, prophétiquement, André Frossard avait dénoncé : « Comment pourrait- on oublier la rafle du Vel'd'Hiv', cette épouvantable ignominie. Mais il ne peut être question de l'imputer à la France, sous prétexte que le crime s'est perpétré chez elle. La responsabilité collective est contraire au droit. Elle serait, en l'occurrence, contraire à l'équité et au bon sens. On ne juge pas son peuple. >>
Les réactions sont particulièrement vives, telle celle d'Albert Chambon, ancien ambassadeur de France, ancien délégué national du Comité national de la Résistance (C.N.R.), ancien déporté résistant 81490 à Buchenwald. Dans une intervention remarquable par son argumentation et sa vigueur :
il pose la question << de savoir pourquoi les juristes de l'Élysée n'ont pas mis en garde M. Chirac contre des propos qui pourraient être considérés comme irresponsables, ou pourquoi dûment averti, il les a tenus »;
- il estime en tant qu'ancien déporté << qu'il serait grand temps qu'on en finisse avec les mensonges et les mythes qui perdurent, chez nous, dans le domaine de la déportation, depuis un demi-siècle, et notam- ment celui d'après lequel les Français savaient, dès 1942, le sort réservé aux malheureux destinés à la solution finale. Non seulement personne, en juillet 1942, ne pouvait imaginer le terrible sort qui était réservé à ces martyrs, mais chacun était persuadé qu'il s'agissait de les envoyer dans des camps où ils seraient astreints au travail ou dans des usines ou dans des fermes >> ;
- il rappelle que « les dirigeants des communautés juives organisées en conseil, sur l'injonction des Allemands, devaient communiquer à ces derniers la liste des Juifs vivant dans leur localité, avec l'inventaire de leurs biens, afin de faciliter la tâche des bourreaux. Les Juifs devaient donc participer à l'anéantissement de leur race >>;
- il souligne, au sujet des arrestations opérées par la police française, que «< aux termes des accords de la Haye du début du XIXe siècle, dans un territoire occupé, l'autorité occupante a le droit de requérir la force de police et de gendarmerie » ;
- en bref, il conteste légitimement les vocables accusateurs : << secondé » et «< livré » qui impliquent que la France avait, d'une part, connaissance en 1942 de l'entreprise de destruction dont le monde ne découvrit l'horreur qu'en 1945, et agissait, d'autre part, délibérément et non sous une contrainte implacable. Einstein écrit : « Tu ne peux pas être responsable d'actes qui sont accomplis sous une contrainte irrésistible. »
Ce sont les derniers échos de l'hommage officiel rendu à l'illustre soldat. Échos assourdis de la lettre de Jacques Chirac qui, le 3 mars 1986, en qualité de Premier ministre, évoquait, dans un courrier adressé au président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (A.D.M.P.), «<les drames et les divisions » dont << la France porte encore les blessures ». Il jugeait : << Il est temps de tourner la page. »
Words! Des mots ! Clemenceau pensait, avec quelque raison, que l'expression de la vérité est incompatible avec les élections. Le 7 mai 1995, le candidat Chirac entre à l'Élysée et n'hésite pas à rouvrir lui-même lesdites blessures. Le 16 juillet 1995, anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv', il accuse la France, donc le Maréchal, d'avoir << livré » ses protégés à leurs bourreaux, et «< secondé » les nazis dans l'exécution de leurs basses œuvres. La condamnation qu'il prononce est sans appel : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'État français (...) La France, patrie des Lumières, patrie des droits de l'homme, terre d'accueil, terre d'asile, la France, ce jour-là accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux... >>
Jugement péremptoire que, prophétiquement, André Frossard avait dénoncé : « Comment pourrait- on oublier la rafle du Vel'd'Hiv', cette épouvantable ignominie. Mais il ne peut être question de l'imputer à la France, sous prétexte que le crime s'est perpétré chez elle. La responsabilité collective est contraire au droit. Elle serait, en l'occurrence, contraire à l'équité et au bon sens. On ne juge pas son peuple. >>
Les réactions sont particulièrement vives, telle celle d'Albert Chambon, ancien ambassadeur de France, ancien délégué national du Comité national de la Résistance (C.N.R.), ancien déporté résistant 81490 à Buchenwald. Dans une intervention remarquable par son argumentation et sa vigueur :
il pose la question << de savoir pourquoi les juristes de l'Élysée n'ont pas mis en garde M. Chirac contre des propos qui pourraient être considérés comme irresponsables, ou pourquoi dûment averti, il les a tenus »;
- il estime en tant qu'ancien déporté << qu'il serait grand temps qu'on en finisse avec les mensonges et les mythes qui perdurent, chez nous, dans le domaine de la déportation, depuis un demi-siècle, et notam- ment celui d'après lequel les Français savaient, dès 1942, le sort réservé aux malheureux destinés à la solution finale. Non seulement personne, en juillet 1942, ne pouvait imaginer le terrible sort qui était réservé à ces martyrs, mais chacun était persuadé qu'il s'agissait de les envoyer dans des camps où ils seraient astreints au travail ou dans des usines ou dans des fermes >> ;
- il rappelle que « les dirigeants des communautés juives organisées en conseil, sur l'injonction des Allemands, devaient communiquer à ces derniers la liste des Juifs vivant dans leur localité, avec l'inventaire de leurs biens, afin de faciliter la tâche des bourreaux. Les Juifs devaient donc participer à l'anéantissement de leur race >>;
- il souligne, au sujet des arrestations opérées par la police française, que «< aux termes des accords de la Haye du début du XIXe siècle, dans un territoire occupé, l'autorité occupante a le droit de requérir la force de police et de gendarmerie » ;
- en bref, il conteste légitimement les vocables accusateurs : << secondé » et «< livré » qui impliquent que la France avait, d'une part, connaissance en 1942 de l'entreprise de destruction dont le monde ne découvrit l'horreur qu'en 1945, et agissait, d'autre part, délibérément et non sous une contrainte implacable. Einstein écrit : « Tu ne peux pas être responsable d'actes qui sont accomplis sous une contrainte irrésistible. »
S'agissant de l'ignorance totale du sort réservé aux déportés, André Frossard confirme le point de vue exprimé ci-dessus par Albert Chambon. Il écrit dans son ouvrage Excusez-moi d'être Français :
<< J'ai vécu, mieux vaudrait dire j'ai survécu longtemps dans la "Baraque aux juifs" du Fort Montluc, à Lyon, où j'ai eu des centaines et des centaines de compagnons, souvent livrés à la police allemande par la milice. Pas un seul d'entre eux n'avait la moindre idée du sort qui l'attendait en Allemagne et pourtant il y avait là, je vous le garantis, des esprits curieux. Ils s'imaginaient qu'ils seraient envoyés dans un camp de travail et qu'ils y seraient sans doute malheureux, mais moins qu'en prison, et qu'en tout cas ils échapperaient aux rafles d'otages qui dépeuplaient inopinément la baraque, le jour ou la nuit. Je n'en ai jamais entendu aucun mettre cette illusion en doute, et quand on les alignait dans la cour pour les embarquer, ils avaient un dernier regard presque compatissant pour ceux qui ne partaient pas et restaient exposés aux représailles. Moi- même, lorsque j'ai appris, le 12 août 1944, que je serais déporté le 16, j'ai accueilli la nouvelle avec une sorte de soulagement. Ni en prison ni au-dehors, je n'ai entendu quelqu'un parler de la "solution finale" avant le retour des rescapés et le dévoilement de l'horreur. »
<< J'ai vécu, mieux vaudrait dire j'ai survécu longtemps dans la "Baraque aux juifs" du Fort Montluc, à Lyon, où j'ai eu des centaines et des centaines de compagnons, souvent livrés à la police allemande par la milice. Pas un seul d'entre eux n'avait la moindre idée du sort qui l'attendait en Allemagne et pourtant il y avait là, je vous le garantis, des esprits curieux. Ils s'imaginaient qu'ils seraient envoyés dans un camp de travail et qu'ils y seraient sans doute malheureux, mais moins qu'en prison, et qu'en tout cas ils échapperaient aux rafles d'otages qui dépeuplaient inopinément la baraque, le jour ou la nuit. Je n'en ai jamais entendu aucun mettre cette illusion en doute, et quand on les alignait dans la cour pour les embarquer, ils avaient un dernier regard presque compatissant pour ceux qui ne partaient pas et restaient exposés aux représailles. Moi- même, lorsque j'ai appris, le 12 août 1944, que je serais déporté le 16, j'ai accueilli la nouvelle avec une sorte de soulagement. Ni en prison ni au-dehors, je n'ai entendu quelqu'un parler de la "solution finale" avant le retour des rescapés et le dévoilement de l'horreur. »
Qui est Jacques Le Groignec
Entré à l'École de l'air en 1937 après des classes préparatoires au Prytanée national militaire, il participe à tous les conflits majeurs dans lesquels la France est engagée à partir de 1939. Fidèle au maréchal Pétain, il combat en Syrie contre les Britanniques. Mais, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l'Armée Française d'Afrique du Nord rejoint les Alliés, et Jacques Le Groignec intègre les forces aériennes. À la fin de la guerre, il commande une escadrille de Spitfire au sein d'un groupe de chasse issu de l'armée d'Afrique au sein de la 9ème armée Air Force U.S., pour les débarquements en Corse (septembre 1943), Italie et Provence au mois de mars 1945, lorsque le front est à Stuttgart. Il a été cité six fois dans ses combats contre la Luftwaffe, pour faits d'armes, notamment le 18 juin 1940.
Commandant d'escadrille, puis d'escadron et d'escadre de chasse, il poursuit, à la sortie de l'École de guerre, une carrière opérationnelle. Après avoir participé à la guerre d'Indochine, à la guerre d'Algérie, et à la crise du canal de Suez, il a dirigé pendant trois ans les études du Centre des hautes études militaires (CHEM), puis est nommé, en 1970, général de corps aérien et membre du Conseil supérieur de l'air. Il achève sa carrière active en 1974, au poste de commandant de la Défense aérienne.
Entré à l'École de l'air en 1937 après des classes préparatoires au Prytanée national militaire, il participe à tous les conflits majeurs dans lesquels la France est engagée à partir de 1939. Fidèle au maréchal Pétain, il combat en Syrie contre les Britanniques. Mais, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l'Armée Française d'Afrique du Nord rejoint les Alliés, et Jacques Le Groignec intègre les forces aériennes. À la fin de la guerre, il commande une escadrille de Spitfire au sein d'un groupe de chasse issu de l'armée d'Afrique au sein de la 9ème armée Air Force U.S., pour les débarquements en Corse (septembre 1943), Italie et Provence au mois de mars 1945, lorsque le front est à Stuttgart. Il a été cité six fois dans ses combats contre la Luftwaffe, pour faits d'armes, notamment le 18 juin 1940.
Commandant d'escadrille, puis d'escadron et d'escadre de chasse, il poursuit, à la sortie de l'École de guerre, une carrière opérationnelle. Après avoir participé à la guerre d'Indochine, à la guerre d'Algérie, et à la crise du canal de Suez, il a dirigé pendant trois ans les études du Centre des hautes études militaires (CHEM), puis est nommé, en 1970, général de corps aérien et membre du Conseil supérieur de l'air. Il achève sa carrière active en 1974, au poste de commandant de la Défense aérienne.
Jacques Le Groignec - L'étoile jaune, la double ignominie. P37
L'accusation fracassante du Président de la République devait, bien entendu, recueillir force louanges de la part d'une clientèle au premier rang de laquelle se trouvait Élie Wiesel dont Le Figaro du 17 juillet 1995 publiait l'une de ses déclarations à l'A.F.P. qui justifiait une réponse. Celle-ci prit la forme d'une Lettre ouverte sur la France de Jacques Le Groignec :
Extrait : " Les chiffres sont là qui valent d'être répétés : 100% des Juifs français et étrangers d'Afrique du Nord, 86% des Français juifs de métropole, et près de 70% des étrangers juifs résidant en France, survécurent au génocide; tandis que moins de 7% de leurs coreligionnaires européens échappèrent à la mort."
Chiffres parlants, étrangement occultés par l'histoire hémiplégique qui ne les citent pas, mais les sous-entend en attribuant la protection relative dont ils témoignent, non pas au Maréchal et à son gouvernement, mais à la « société civile » et à des institutions religieuses. Alors, comment expliquer que dans les pays européens sans maréchal, ladite société et lesdites institutions soient restées aussi peu efficaces? Comment imaginer que c'est la << société civile » qui a protégé, comme ils le furent, tous les Français juifs prisonniers de guerre ? qui a assuré la protection physique des 400 000 Juifs du Maghreb ? qui a interdit le port de l'étoile jaune, non seulement en Afrique du Nord mais encore en zone libre, même après l'occupation de celle-ci par la Wehrmacht?"
L'accusation fracassante du Président de la République devait, bien entendu, recueillir force louanges de la part d'une clientèle au premier rang de laquelle se trouvait Élie Wiesel dont Le Figaro du 17 juillet 1995 publiait l'une de ses déclarations à l'A.F.P. qui justifiait une réponse. Celle-ci prit la forme d'une Lettre ouverte sur la France de Jacques Le Groignec :
Extrait : " Les chiffres sont là qui valent d'être répétés : 100% des Juifs français et étrangers d'Afrique du Nord, 86% des Français juifs de métropole, et près de 70% des étrangers juifs résidant en France, survécurent au génocide; tandis que moins de 7% de leurs coreligionnaires européens échappèrent à la mort."
Chiffres parlants, étrangement occultés par l'histoire hémiplégique qui ne les citent pas, mais les sous-entend en attribuant la protection relative dont ils témoignent, non pas au Maréchal et à son gouvernement, mais à la « société civile » et à des institutions religieuses. Alors, comment expliquer que dans les pays européens sans maréchal, ladite société et lesdites institutions soient restées aussi peu efficaces? Comment imaginer que c'est la << société civile » qui a protégé, comme ils le furent, tous les Français juifs prisonniers de guerre ? qui a assuré la protection physique des 400 000 Juifs du Maghreb ? qui a interdit le port de l'étoile jaune, non seulement en Afrique du Nord mais encore en zone libre, même après l'occupation de celle-ci par la Wehrmacht?"
Ca faux pape ne défend pas la France chrétienne mais il est purement le pantin du mondialisme qui veut la mort de notre pays..
https://www.youtube.com/watch?v=t-j3hznJIys&ab_channel=euronews%28enfran%C3%A7ais%29
https://www.youtube.com/watch?v=t-j3hznJIys&ab_channel=euronews%28enfran%C3%A7ais%29
YouTube
A Marseille le pape François soutient encore et toujours les migrants
Le pape François a une nouvelle fois dénoncé vendredi le sort des migrants en Méditerranée.
LIRE L’ARTICLE : https://fr.euronews.com/2023/09/22/a-marseille-le-pape-francois-soutient-encore-et-toujours-les-migrants
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Chirac reçoit la franc-maçonnerie
Maréchal Pétain pinned «Extrait du livre du Général Jacques Le Groignec, l'étoile jaune - La double ignominie p33-36 Ce sont les derniers échos de l'hommage officiel rendu à l'illustre soldat. Échos assourdis de la lettre de Jacques Chirac qui, le 3 mars 1986, en qualité de Premier…»
Le statut des juifs par Adrien Abauzit ... la France de Vichy a permis de sauver des juifs.
https://www.youtube.com/watch?v=_bcijjZj5EI&ab_channel=D%C3%A9gauchisez-vous%21
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YouTube
Contre-histoire du général de Gaulle : la suite (1/4) - Adrien Abauzit (Meta TV)
Adrien Abauzit auteur, conférencier et avocat de son état revient sur la contre-histoire du général de Gaulle, après que la diffusion de la première émission a suscité énormément de réactions sur les réseaux sociaux.
Il est à parier que cette deuxième mouture…
Il est à parier que cette deuxième mouture…
Livre : Toxiques légaux
Comment les firmes chimiques ont mis la main sur le contrôle de leurs produits
Henri Boullier
Depuis les années 1960, d’ambitieux dispositifs réglementaires promettent de contrôler les produits chimiques auxquels nous sommes exposés quotidiennement. Pourtant, les rares « interdictions » prononcées sont systématiquement assorties de dérogations permettant de continuer à les utiliser. Pourquoi les États semblent-ils incapables de prononcer des décisions fermes ? Comment la commercialisation de substances toxiques est-elle devenue « légale » ?
Ce livre montre comment les grandes entreprises chimiques ont inscrit dans le droit l’impossibilité d’interdire leurs molécules, si toxiques soient-elles. Depuis 2006, le règlement REACH encadre leur commercialisation en Europe. Ce texte promettait de résoudre la méconnaissance des effets de dizaines de milliers de substances présentes sur le marché et d’améliorer leur contrôle. Finalement, les entreprises sont au cœur de la fabrique de l’expertise et les agences publiques se retrouvent à évaluer les risques de produits pour lesquels elles n’ont aucune donnée solide. En suivant la trajectoire de trois molécules dangereuses – un sel métallique, un solvant et un plastifiant –, l’enquête de l’auteur montre comment REACH organise leur maintien sur le marché.
L’histoire retracée dans ce livre est caractéristique de la manière dont certaines grandes réformes contemporaines masquent en fait un désengagement de l’État sans précédent. L’expertise est externalisée, les données fournies sont insuffisantes, les procédures dérogatoires multiples. Les firmes maîtrisent, plus que jamais, les ressorts de cette bureaucratie industrielle.
https://www.editionsladecouverte.fr/toxiques_legaux-9782707199713
Comment les firmes chimiques ont mis la main sur le contrôle de leurs produits
Henri Boullier
Depuis les années 1960, d’ambitieux dispositifs réglementaires promettent de contrôler les produits chimiques auxquels nous sommes exposés quotidiennement. Pourtant, les rares « interdictions » prononcées sont systématiquement assorties de dérogations permettant de continuer à les utiliser. Pourquoi les États semblent-ils incapables de prononcer des décisions fermes ? Comment la commercialisation de substances toxiques est-elle devenue « légale » ?
Ce livre montre comment les grandes entreprises chimiques ont inscrit dans le droit l’impossibilité d’interdire leurs molécules, si toxiques soient-elles. Depuis 2006, le règlement REACH encadre leur commercialisation en Europe. Ce texte promettait de résoudre la méconnaissance des effets de dizaines de milliers de substances présentes sur le marché et d’améliorer leur contrôle. Finalement, les entreprises sont au cœur de la fabrique de l’expertise et les agences publiques se retrouvent à évaluer les risques de produits pour lesquels elles n’ont aucune donnée solide. En suivant la trajectoire de trois molécules dangereuses – un sel métallique, un solvant et un plastifiant –, l’enquête de l’auteur montre comment REACH organise leur maintien sur le marché.
L’histoire retracée dans ce livre est caractéristique de la manière dont certaines grandes réformes contemporaines masquent en fait un désengagement de l’État sans précédent. L’expertise est externalisée, les données fournies sont insuffisantes, les procédures dérogatoires multiples. Les firmes maîtrisent, plus que jamais, les ressorts de cette bureaucratie industrielle.
https://www.editionsladecouverte.fr/toxiques_legaux-9782707199713
www.editionsladecouverte.fr
Toxiques légaux - Henri Boullier - Éditions La Découverte
: En dépit d'un dispositif légal qui se voudrait drastique, les firmes chimiques sont toujours en mesure de commercialiser des produits toxiques. Manipulation de données, expertises indécises, dérogations en cascade, cette enquête fait état d'une véritable…
Pétain et les Allemands - Jacques Le Groignec - p173
Armement des allemands
Le contraste avec l'industrie d'outre-Rhin est d'autant plus saisissant que l'Allemagne est animée par une farouche volonté nationale qui lui épargne les désordres sociaux que la gauche entretient en France. A la suite de grèves monstres qui pénaliseront les industries d'armement, le gouvernement du Front populaire instituera, en juin 1936, la semaine de 40 heures. Décision qui répond aux aspirations légitimes des travailleurs, mais qui est inopportune, au moment où le Reich allemand redouble d'efforts pour produire avions et chars. L'exemple de la production aéronautique donne la mesure du fossé qui sépare les industries de guerre française et allemande : en 1937, les capacités de production mensuelle sont respectivement de 35 et de 350 avions. Ecart quantitatif qui se maintiendra, jusqu'à la fin de 1939: la France produira annuellement 3 600 avions contre 6 000 en Allemagne, tandis qu'au plan qualitatif les ingénieurs allemands doteront la Luftwaffe d'avions de combat aux performances supérieures à leurs homologues français.
La supériorité de l'industrie de guerre allemande avait été soulignée, dès 1931, par le Commandement français, comme l'atteste une note de Weygand datée du 26 juin 1931: « L'Allemagne a attaché plus d'importance au développement de son outillage industriel, en vue des fabrications de guerre ; c'est à cette fin qu'elle a réorganisé de la façon la plus moderne nombre de ses puissantes usines, qu'elle les dote en machines spécialisées, qu'elle poursuit avec ténacité l'étude de prototypes en constant perfectionnement. Ainsi équipée, orientée d'autre part dans sa préparation par les organes du Reichswehrministerium, l'industrie allemande est en mesure de passer, dès qu'elle en recevra l'ordre, à une phase d'activité rapidement portée au plus haut rendement".
Armement des allemands
Le contraste avec l'industrie d'outre-Rhin est d'autant plus saisissant que l'Allemagne est animée par une farouche volonté nationale qui lui épargne les désordres sociaux que la gauche entretient en France. A la suite de grèves monstres qui pénaliseront les industries d'armement, le gouvernement du Front populaire instituera, en juin 1936, la semaine de 40 heures. Décision qui répond aux aspirations légitimes des travailleurs, mais qui est inopportune, au moment où le Reich allemand redouble d'efforts pour produire avions et chars. L'exemple de la production aéronautique donne la mesure du fossé qui sépare les industries de guerre française et allemande : en 1937, les capacités de production mensuelle sont respectivement de 35 et de 350 avions. Ecart quantitatif qui se maintiendra, jusqu'à la fin de 1939: la France produira annuellement 3 600 avions contre 6 000 en Allemagne, tandis qu'au plan qualitatif les ingénieurs allemands doteront la Luftwaffe d'avions de combat aux performances supérieures à leurs homologues français.
La supériorité de l'industrie de guerre allemande avait été soulignée, dès 1931, par le Commandement français, comme l'atteste une note de Weygand datée du 26 juin 1931: « L'Allemagne a attaché plus d'importance au développement de son outillage industriel, en vue des fabrications de guerre ; c'est à cette fin qu'elle a réorganisé de la façon la plus moderne nombre de ses puissantes usines, qu'elle les dote en machines spécialisées, qu'elle poursuit avec ténacité l'étude de prototypes en constant perfectionnement. Ainsi équipée, orientée d'autre part dans sa préparation par les organes du Reichswehrministerium, l'industrie allemande est en mesure de passer, dès qu'elle en recevra l'ordre, à une phase d'activité rapidement portée au plus haut rendement".
PÉTAIN, UN STRATÈGE COMPLET par Guy Chambarlac
Quatrième enfant d'une famille de paysans, Philippe Pétain (1856- 1951) est né à Cauchy-la-Tour, dans le Pas-de-Calais. Reçu à Saint-Cyr en 1876, il est sous- lieutenant au 24èmee bataillon de chasseurs alpins en 1883. En 1900, il commande le 8' bataillon de chasseurs. En pleine affaire des "fiches ", le ministère lui enjoint de livrer le nom de ses officiers qui assistent à la messe. Lui, qui n'y va jamais, répond que prenant place au premier rang, il ne peut voir ceux qui se trouvent derrière lui...
Professeur à l'École de guerre de 1901 à 1907, il développe une théorie révolutionnaire qui rompt avec la doctrine officielle de l'offensive à la baïonnette : "Le progrès du feu impose à l'infanterie des procédés de combats nouveaux[...] Le feu tue. »
Les notes de Foch, alors directeur de l'École de guerre, bien qu'hostile à ses idées, sont extrêmement élogieuses. Rien ne semble s'opposer à ce que Pétain soit enfin nommé général. Sauf son franc-parler.
En juillet 1914, le colonel Pétain a 58 ans. Il se prépare à la retraite. Un an plus tard, il commande une armée. En 1916, il triomphe à Verdun. En 1917, il est commandant en chef de l'armée française et en décembre 1918, il reçoit à Metz le bâton de maréchal de France. Dans la troupe, Pétain est le plus populaire des grands chefs de la guerre. Les soldats savent qu'il a tout fait pour soulager leur peine et limiter les pertes. Dans notre numéro 4 (cc Pétain devant l'histoire»), le professeur Guy Pedroncini a révélé les raisons d'une fortune aussi exceptionnelle, renversant notamment la légende d'un Pétain exclusivement "défensif" :
" Comment comprendre que l'on demande à ce "pessimiste" de redonner confiance à une armée qui renonce ? Comment comprendre que ce général "défensif" ait réussi toutes ses offensives et surtout gagné tous ses commandements à une époque où l'offensive avait les faveurs de Joffre ? Comment expliquer qu'en octobre- novembre 1918, il voulait lancer une puissante offensive en Lorraine et que l'offensif Foch et l'énergique Clemenceau ne l'aient pas entendu ?
" Les archives ont apporté la réponse. Elles montrent le général Pétain tel qu'il a été. Un tacticien qui a obtenu la victoire et sauvé le pays par une défensive efficace tout en ménageant les hommes ; un stratège complet, sans doute le plus complet de la Grande Guerre ; un offensif raisonné qui a compris les nouvelles conditions de la guerre - il est l'homme des chars, des avions, du matériel- et la nécessité de ménager absolument les forces humaines de la France ; un homme qui
connaissait bien ses soldats et qui a réussi en quelques semaines à maîtriser une crise du moral et de la confiance qui menaçait de conduire à la défaite. "
Quatrième enfant d'une famille de paysans, Philippe Pétain (1856- 1951) est né à Cauchy-la-Tour, dans le Pas-de-Calais. Reçu à Saint-Cyr en 1876, il est sous- lieutenant au 24èmee bataillon de chasseurs alpins en 1883. En 1900, il commande le 8' bataillon de chasseurs. En pleine affaire des "fiches ", le ministère lui enjoint de livrer le nom de ses officiers qui assistent à la messe. Lui, qui n'y va jamais, répond que prenant place au premier rang, il ne peut voir ceux qui se trouvent derrière lui...
Professeur à l'École de guerre de 1901 à 1907, il développe une théorie révolutionnaire qui rompt avec la doctrine officielle de l'offensive à la baïonnette : "Le progrès du feu impose à l'infanterie des procédés de combats nouveaux[...] Le feu tue. »
Les notes de Foch, alors directeur de l'École de guerre, bien qu'hostile à ses idées, sont extrêmement élogieuses. Rien ne semble s'opposer à ce que Pétain soit enfin nommé général. Sauf son franc-parler.
En juillet 1914, le colonel Pétain a 58 ans. Il se prépare à la retraite. Un an plus tard, il commande une armée. En 1916, il triomphe à Verdun. En 1917, il est commandant en chef de l'armée française et en décembre 1918, il reçoit à Metz le bâton de maréchal de France. Dans la troupe, Pétain est le plus populaire des grands chefs de la guerre. Les soldats savent qu'il a tout fait pour soulager leur peine et limiter les pertes. Dans notre numéro 4 (cc Pétain devant l'histoire»), le professeur Guy Pedroncini a révélé les raisons d'une fortune aussi exceptionnelle, renversant notamment la légende d'un Pétain exclusivement "défensif" :
" Comment comprendre que l'on demande à ce "pessimiste" de redonner confiance à une armée qui renonce ? Comment comprendre que ce général "défensif" ait réussi toutes ses offensives et surtout gagné tous ses commandements à une époque où l'offensive avait les faveurs de Joffre ? Comment expliquer qu'en octobre- novembre 1918, il voulait lancer une puissante offensive en Lorraine et que l'offensif Foch et l'énergique Clemenceau ne l'aient pas entendu ?
" Les archives ont apporté la réponse. Elles montrent le général Pétain tel qu'il a été. Un tacticien qui a obtenu la victoire et sauvé le pays par une défensive efficace tout en ménageant les hommes ; un stratège complet, sans doute le plus complet de la Grande Guerre ; un offensif raisonné qui a compris les nouvelles conditions de la guerre - il est l'homme des chars, des avions, du matériel- et la nécessité de ménager absolument les forces humaines de la France ; un homme qui
connaissait bien ses soldats et qui a réussi en quelques semaines à maîtriser une crise du moral et de la confiance qui menaçait de conduire à la défaite. "