Maréchal Pétain
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Réhabilitation du Maréchal Pétain
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LE GENERAL WEYGAND CONTESTE LES AFFIRMATIONS DU GENERAL DE GAULLE
" L'Écho d'Alger " publie aujourd'hui la lettre que le général Weygand a adressée à notre confrère " Paris-Match ", à la suite de la publication par cet hebdomadaire d'un passage des " Mémoires de guerre " du général de Gaulle, mettant en cause l'ancien généralissime. " Paris-Match " la publiera intégralement dans son prochain numéro. En voici les principaux extraits :

Le Monde
Publié le 28 octobre 1954

https://www.lemonde.fr/archives/article/1954/10/28/le-general-weygand-conteste-les-affirmations-du-general-de-gaulle_2015888_1819218.html
Les relations entre Roosevelt et Charles de Gaulle

Les événements sont encore trop proches pour que le lecteur ne parvienne pas à en reconstituer l’atmosphère dramatique. Roosevelt exige que les Français libres soient exclus du débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord ; il traite avec Darlan (Vichy), pousse Giraud (Vichy), envoie à Djibouti son consul à Aden pour détourner la population de se rallier à de Gaulle, intrigue pour empêcher le ralliement de la Martinique et de la Guyane... « Le président Roosevelt, sous le couvert de proclamations qui publiaient le contraire, entendait que la question française appartînt à son propre domaine, que les fils de nos divisions aboutissent entre ses mains, que les pouvoirs publics qui sortiraient un jour de ce désordre naquissent de soit arbitrage. C’est pour cela qu’il avait d’abord misé à la fois sur de Gaulle et sur Pétain, puis lancé Giraud dans la carrière quand il fallut prévoir la rupture avec le maréchal, abaissé ensuite la barrière devant Darlan dès que fut constaté l’échec de l’évadé de Koenigstein, en dernier lieu remis Giraud en piste après le meurtre de l’amiral... »

https://www.monde-diplomatique.fr/1956/08/JULIEN/21868
Extrait du livre du Général Jacques Le Groignec, l'étoile jaune - La double ignominie p33-36

Ce sont les derniers échos de l'hommage officiel rendu à l'illustre soldat. Échos assourdis de la lettre de Jacques Chirac qui, le 3 mars 1986, en qualité de Premier ministre, évoquait, dans un courrier adressé au président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (A.D.M.P.), «<les drames et les divisions » dont << la France porte encore les blessures ». Il jugeait : << Il est temps de tourner la page. »

Words! Des mots ! Clemenceau pensait, avec quelque raison, que l'expression de la vérité est incompatible avec les élections. Le 7 mai 1995, le candidat Chirac entre à l'Élysée et n'hésite pas à rouvrir lui-même lesdites blessures. Le 16 juillet 1995, anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv', il accuse la France, donc le Maréchal, d'avoir << livré » ses protégés à leurs bourreaux, et «< secondé » les nazis dans l'exécution de leurs basses œuvres. La condamnation qu'il prononce est sans appel : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'État français (...) La France, patrie des Lumières, patrie des droits de l'homme, terre d'accueil, terre d'asile, la France, ce jour-là accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux... >>

Jugement péremptoire que, prophétiquement, André Frossard avait dénoncé : « Comment pourrait- on oublier la rafle du Vel'd'Hiv', cette épouvantable ignominie. Mais il ne peut être question de l'imputer à la France, sous prétexte que le crime s'est perpétré chez elle. La responsabilité collective est contraire au droit. Elle serait, en l'occurrence, contraire à l'équité et au bon sens. On ne juge pas son peuple. >>

Les réactions sont particulièrement vives, telle celle d'Albert Chambon, ancien ambassadeur de France, ancien délégué national du Comité national de la Résistance (C.N.R.), ancien déporté résistant 81490 à Buchenwald. Dans une intervention remarquable par son argumentation et sa vigueur :

il pose la question << de savoir pourquoi les juristes de l'Élysée n'ont pas mis en garde M. Chirac contre des propos qui pourraient être considérés comme irresponsables, ou pourquoi dûment averti, il les a tenus »;

- il estime en tant qu'ancien déporté << qu'il serait grand temps qu'on en finisse avec les mensonges et les mythes qui perdurent, chez nous, dans le domaine de la déportation, depuis un demi-siècle, et notam- ment celui d'après lequel les Français savaient, dès 1942, le sort réservé aux malheureux destinés à la solution finale. Non seulement personne, en juillet 1942, ne pouvait imaginer le terrible sort qui était réservé à ces martyrs, mais chacun était persuadé qu'il s'agissait de les envoyer dans des camps où ils seraient astreints au travail ou dans des usines ou dans des fermes >> ;

- il rappelle que « les dirigeants des communautés juives organisées en conseil, sur l'injonction des Allemands, devaient communiquer à ces derniers la liste des Juifs vivant dans leur localité, avec l'inventaire de leurs biens, afin de faciliter la tâche des bourreaux. Les Juifs devaient donc participer à l'anéantissement de leur race >>;

- il souligne, au sujet des arrestations opérées par la police française, que «< aux termes des accords de la Haye du début du XIXe siècle, dans un territoire occupé, l'autorité occupante a le droit de requérir la force de police et de gendarmerie » ;

- en bref, il conteste légitimement les vocables accusateurs : << secondé » et «< livré » qui impliquent que la France avait, d'une part, connaissance en 1942 de l'entreprise de destruction dont le monde ne découvrit l'horreur qu'en 1945, et agissait, d'autre part, délibérément et non sous une contrainte implacable. Einstein écrit : « Tu ne peux pas être responsable d'actes qui sont accomplis sous une contrainte irrésistible. »
S'agissant de l'ignorance totale du sort réservé aux déportés, André Frossard confirme le point de vue exprimé ci-dessus par Albert Chambon. Il écrit dans son ouvrage Excusez-moi d'être Français :

<< J'ai vécu, mieux vaudrait dire j'ai survécu longtemps dans la "Baraque aux juifs" du Fort Montluc, à Lyon, où j'ai eu des centaines et des centaines de compagnons, souvent livrés à la police allemande par la milice. Pas un seul d'entre eux n'avait la moindre idée du sort qui l'attendait en Allemagne et pourtant il y avait là, je vous le garantis, des esprits curieux. Ils s'imaginaient qu'ils seraient envoyés dans un camp de travail et qu'ils y seraient sans doute malheureux, mais moins qu'en prison, et qu'en tout cas ils échapperaient aux rafles d'otages qui dépeuplaient inopinément la baraque, le jour ou la nuit. Je n'en ai jamais entendu aucun mettre cette illusion en doute, et quand on les alignait dans la cour pour les embarquer, ils avaient un dernier regard presque compatissant pour ceux qui ne partaient pas et restaient exposés aux représailles. Moi- même, lorsque j'ai appris, le 12 août 1944, que je serais déporté le 16, j'ai accueilli la nouvelle avec une sorte de soulagement. Ni en prison ni au-dehors, je n'ai entendu quelqu'un parler de la "solution finale" avant le retour des rescapés et le dévoilement de l'horreur. »
Qui est Jacques Le Groignec

Entré à l'École de l'air en 1937 après des classes préparatoires au Prytanée national militaire, il participe à tous les conflits majeurs dans lesquels la France est engagée à partir de 1939. Fidèle au maréchal Pétain, il combat en Syrie contre les Britanniques. Mais, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l'Armée Française d'Afrique du Nord rejoint les Alliés, et Jacques Le Groignec intègre les forces aériennes. À la fin de la guerre, il commande une escadrille de Spitfire au sein d'un groupe de chasse issu de l'armée d'Afrique au sein de la 9ème armée Air Force U.S., pour les débarquements en Corse (septembre 1943), Italie et Provence au mois de mars 1945, lorsque le front est à Stuttgart. Il a été cité six fois dans ses combats contre la Luftwaffe, pour faits d'armes, notamment le 18 juin 1940.

Commandant d'escadrille, puis d'escadron et d'escadre de chasse, il poursuit, à la sortie de l'École de guerre, une carrière opérationnelle. Après avoir participé à la guerre d'Indochine, à la guerre d'Algérie, et à la crise du canal de Suez, il a dirigé pendant trois ans les études du Centre des hautes études militaires (CHEM), puis est nommé, en 1970, général de corps aérien et membre du Conseil supérieur de l'air. Il achève sa carrière active en 1974, au poste de commandant de la Défense aérienne.
Jacques Le Groignec - L'étoile jaune, la double ignominie. P37

L'accusation fracassante du Président de la République devait, bien entendu, recueillir force louanges de la part d'une clientèle au premier rang de laquelle se trouvait Élie Wiesel dont Le Figaro du 17 juillet 1995 publiait l'une de ses déclarations à l'A.F.P. qui justifiait une réponse. Celle-ci prit la forme d'une Lettre ouverte sur la France de Jacques Le Groignec :

Extrait : " Les chiffres sont là qui valent d'être répétés : 100% des Juifs français et étrangers d'Afrique du Nord, 86% des Français juifs de métropole, et près de 70% des étrangers juifs résidant en France, survécurent au génocide; tandis que moins de 7% de leurs coreligionnaires européens échappèrent à la mort."

Chiffres parlants, étrangement occultés par l'histoire hémiplégique qui ne les citent pas, mais les sous-entend en attribuant la protection relative dont ils témoignent, non pas au Maréchal et à son gouvernement, mais à la « société civile » et à des institutions religieuses. Alors, comment expliquer que dans les pays européens sans maréchal, ladite société et lesdites institutions soient restées aussi peu efficaces? Comment imaginer que c'est la << société civile » qui a protégé, comme ils le furent, tous les Français juifs prisonniers de guerre ? qui a assuré la protection physique des 400 000 Juifs du Maghreb ? qui a interdit le port de l'étoile jaune, non seulement en Afrique du Nord mais encore en zone libre, même après l'occupation de celle-ci par la Wehrmacht?"
Pape François : "Les migrants doivent être intégrés" - 23 septembre 2023