Maréchal Pétain
1.6K subscribers
3.2K photos
1.22K videos
130 files
1.4K links
Réhabilitation du Maréchal Pétain
Download Telegram
Durant le procès du Maréchal Pétain en 45 :
Le commandant Loustaunau-Lacau, grand blessé de 14-18, résistant dès 1940 et rescapé du camp de concentration de Mauthausen, a fait sensation. Cagoulard avant la guerre, il s'était brouillé avec le Maréchal. Mais il se déclare écœuré en voyant aujourd'hui des poli- ticiens qui « essaient de refiler à un vieillard presque centenaire l'ardoise de toutes leurs erreurs».
Colonel Groussard (résistant français) - Service secret 1940-1945
"Les pétainistes sous vichy étaient anti-Allemands ..."
.....
"Je ne pouvais, à propos du Maréchal Pétain, me déclarer convaincu de quoi que ce fût, étant donné d'une part que je ne comptais pas parmi ses conseillers, et d'autre part que les traits marquants de son caractère, tels qu'ils ressortaient en 40-44, interdisaient d'être sur de lui. Ce qui comptait avant tout pour Pétain, c'était d'épargner le plus possible à la France les souffrances matérielles. De la sorte, tant que la métropole serait sous la botte nazie, Pétain s'attacherait à montrer aux Allemands que de son côté il entendait rester fidèle aux clauses de l'armistice. Même s'il devenait indubitable aux yeux des plus aveugles que les Alliés gagneraient finalement la guerre, le Maréchal se refuserait à proclamer que la France se rangeait de nouveau dans la lutte aux côtés des Britanniques. Il pourrait jouer le double jeu, aider en sous-marins les territoires libres de l'Empire à désobéir à ses directives officielles; ceci posé, il ne lèverait entièrement le masque qu'au moment ou il serait sûr que son geste n'entrainerait pas pour la population française un grand surcroît de souffrances. Tout ce que j'espérais c'était d'aboutir à un ensemble d'accords secrets. Je tiens à le dire parce que c'est vrai, ni les dirigeants britanniques ni moi ne nous sommes fait d'illusions sur la possibilité d'une dénonciation de l'Armistice par Pétain, tant que les Allemands tiendraient la France en joue."
LE MIRACLE PÉTAIN
Pour les Français de la déroute, un miracle avait eu lieu. A lui seul, le maréchal Pétain avait arrêté les Allemands. Ce que n'avaient pu accomplir ni la ligne Maginot, ni l'armée, ni l'aviation, Pétain y était parvenu.
Dès la signature de cet armistice, non seulement les Allemands avaient arrêté leur marche en avant, mais, seul, par sa voix chevrotante, le Maréchal les avait fait reculer.
Les nazis rendaient Lyon, où ils avaient pénétré et, en échange de Bordeaux, ils restituaient Saint-Etienne, Clermont-Ferrand et Montluçon. Encore un peu et Pétain les ferait reculer jusqu'au nord de la Loire.
Mais surtout Pétain restituait la France à ses Français ; une patrie tronquée, sans doute, mais grâce à qui chacun pouvait désormais rentrer chez soi, retrouver sa maison, son boulanger, sa rue...
MARC FERRO Pétain, Fayard, 1987, pp. 107-108.
« Il y a une jeune école historique qui veut mener une sorte de guerre privée et qualifiée d’héroïque contre le gouvernement de Vichy. Il me paraît absurde de renverser les choses au point de dire que non seulement le gouvernement a été complice mais qu’il a pris l’initiative d’une entreprise de répression des juifs. Je me demande parfois si, contrairement à l’idée commune, la part de sacrifice dans la politique et la conduite du maréchal Pétain n’ont pas eu des effets plus certains et positifs sur le salut des juifs que sur le destin de la France ». (Annie Kriegel, journaliste-historienne Juive, ex-militante communiste – Entretien à Valeurs actuelles, 25 mars 1991).
GUY CHAMBARLAC
Au total, de 1940 à 1944, la population française a reçu 590 000 tonnes de bombes anglo-américaines, huit fois plus que la Grande-Bretagne n'a reçu de bombes allemandes.
On estime que les bombardements anglo-américains ont fait 67 078 tués parmi la population française et 75 660 blessés graves, alors que les bombardements allemands sur l'Angleterre, y compris ceux des V1 et V2, dont on parle beaucoup plus, ont fait moins de victimes (60 227 morts) (5). Sans insister sur ces macabres comparaisons, il faut cependant souligner que les Anglais et les Américains étaient en principe des amis de la France, tandis que l'Allemagne était l'ennemi de l'Angleterre qui lui avait déclaré la guerre. Il faut ajouter que malgré Mers el-Kébir et malgré l'horreur des bombardements sur les villes françaises, actes de guerre s'il en fut, le maréchal Pétain s'opposa toujours, pour préserver l'avenir, à toute déclaration d'hostilité aux Anglo-Saxons.
Nantes fut l'une des villes les plus martyrisées. Elle subit 28 bombardements. Les plus meurtriers furent ceux de septembre 1943 effectués successivement par les Américains et les Britanniques, avec un bilan de 1 463 morts, dont 629 femmes. Il y eut au total plus de 2 000 morts et 3 000 blessés, 8 000 maisons détruites ou gravement endommagées, notamment l'Hôtel-Dieu où se trouvaient 800 malades, et les plus belles demeures du XVIII' siècle.
Dans l'un des ouvrages qu'il a consacrés aux bombardements de Nantes, Paul Caillaud cite une lettre ahurissante adressée aux autorités de la ville par un aviateur américain dont rien ne semble pouvoir altérer la bonne conscience : « Les Américains du Nord ne sont pas des sauvages, comme les Nantais pourraient le croire. Ils sont au contraire très humains... lls ont le culte de la femme et raffolent des enfants...(6) » Sans doute. Ils étaient aussi « humains » que la plupart des auteurs d'atrocités commises sur ordre au cours de cette guerre, toutes nationalités confondues. Ce qui constitue une maigre satisfaction pour les victimes.
Dominique Ponchardier, résistant et com- battant hors pair, a raconté le spectacle affreux qui s'offrit à lui, en arrivant à Nantes en septembre 1943 : « Tout le long du trajet dans la grisaille matinale, je pus contempler la désolation. En quinconce, à trois ou quatre cents mètres l'une de l'autre, les bombes étaient tombées. Par endroits, c'était plus serré. Les ruines fumaient encore. Une cohorte de pauvres gens, lamentables, erraient dans ces ruines pour sauver ce qui restait de leur mai- son. J'assistai à quelques scènes atroces de déchirement, pendant qu'on ressortait de des- sous les décombres un ou plusieurs cadavres. Je ne reconnaissais plus les rues: il y en a qui avaient disparu . Je marchais comme si j'avais reçu un coup sur la tête.[...]
« Ce ne sont pas les cadavres d'hommes qui sont le plus affreux, ni ceux des femmes : ceux qui vous glacent ce sont les corps d'enfants .
« La ville n'était pas rasée, elle était atteinte partout. Il planait là-dessus une odeur urticante de chiffons brûlés avec, par endroits, des relents de chair humaine grillée et déjà pourrissante. »
Et Ponchardier ajoute : « Je n'eus pas le courage d'aller voir mes camarades. J'allais prendre mon train. Je dus attendre six heures. Six heures de vide, d'anéantissement complet. (7) »
Le programme du Maréchal Pétain en 1940, la révolution nationale.
Extrait :
Ni capitalisme, ni libéralisme, ni collectivisme
La nouvelle organisation économique ne sera pas libérale, parce que l'état entend s'opposer désormais aux excès de libertés apparentes, comme celle de la concurrence sans frein ni limite, qui aboutissent en réalité à la domination du plus fort. Trop souvent ce qu'on a appelé la liberté économique n'a été que la liberté de confisquer celle des autres.
....
Le maréchal s'est exprimé avec la dernière sévérité sur le compte de certaines grandes concentrations industrielles ou commerciales qui, constituées dans un seul but du profit, dominent le marché; condamnent à mort leurs concurrents et même parfois menacent l'indépendance de l'état.
...
Ce qui est absolument exclu, c'est donc le revenu sans travail et singulièrement le revenu spéculatif.
CHURCHILL EN 1941 : JE COMPRENDS LE MARÉCHAL PÉTAIN
Le 14 juin 1941, le colonel Groussard*, envoyé secrètement à Londres par le général Huntzinger, ministre de la Défense de Vichy, avec l'assentiment du maréchal Pétain, est reçu par Winston Churchill qui lui déclare:
" Dites à ceux qui vous ont envoyé ici que je comprends la situation pénible qui est la vôtre, dans cette malheureuse France saignante, pressurée, coupée en deux... Je sais que la tâche de vos chefs est presque surhumaine ; je les approuve de vouloir protéger le plus possible la France et les Français : mais je leur demande de ne pas oublier que leurs Alliés continuent à se battre ; je leur demande d'avoir foi en l'avenir... Moi aussi, si je gouvernais votre pays, je ne dirais pas aux Allemands : "Je vous déteste !", parce qu'il faut toujours éviter le pire, avec acharnement... Moi aussi,
je biaiserais, je chercherais à gagner du temps, à propos de tout : mais j'aiderais par tous les moyens possibles ceux qui restent mes compagnons d'armes... Dites à Vichy que je respecte profondément la personne du maréchal Pétain. Jamais je n'ai cru que cet homme puisse souhaiter la victoire allemande. »
COLONEL GEORGES GROUSSARD Service Secret 1940·1945, La Table Ronde.
• Le colonel Groussard animera à partir de 1942 l'un des plus importants réseaux de résistance.
<<Je reprendrai contre un capitalisme égoïste et aveugle, la lutte que les souverains de France ont engagée et gagnée contre la féodalité. J'entends que notre pays soit débarrassé de la tutelle la plus méprisable: celle de l'argent. »
Maréchal Pétain, 12 août 1941.
Jacques le Groignec, Pétain et De Gaulle :
De 1930 à 1940, la France connait 20 gouvernements (1) dont 2 seulement ont à leur tête un chef issu de la droite ou du centre-droit (2). En matière de défense nationale, écrit De Gaulle, "de telles conditions interdisaient aux responsables cet ensemble de desseins continus, de décision mûries, de mesures menées à leur terme, qu'on appelle une politique"(3).
Entre l'avènement d'Hitler (30 janvier 1933) et la déclaration de guerre par le gouvernement Daladier (3 septembre 1939), la droite sera restée durant 7 mois au pouvoir. Il est donc indéniable que, face à la menace allemande, la responsabilité de l'impréparation matérielle et morale de la France incombe à la gauche et au régime de la III ème république agonisante, régime qui selon de Gaulle, "s'est paralysé dans la licence". Pétain partage ce jugement quand, au terme d'un ministère de onze mois au sein du gouvernement présidé par le radical-socialiste Doumergue, il clame son soulagement de "sortir la pétaudière".
1 - Chautemps - Tardier - Steeg - Laval - Tardieu - Herriot - Paul-Boncour - Daladier - Sarraut - Chautemps - Daladier - Doumergue - Flandin - Bouisson - Laval - Sarraut/Blum - Chautemps - Blum - Daladier.
2 - Tardier, Flandin
LES CRIMES DE L’EPURATION
« Il y a deux histoires, l’une que l’on enseigne et qui ment, l’autre que l’on tait parce qu’elle recèle l’inavouable » (Honoré de Balzac)
Si l’on en croit l’historien Henri Amouroux, les Français étaient majoritairement pétainistes jusqu’au débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Mais l’histoire d’après-guerre, écrite et enjolivée par les gaullistes et les communistes, a scindé le pays, de façon assez caricaturale, en deux camps : les résistants et les « collabos », ce qui permettait de minimiser les crimes commis à la libération : une période appelée « l’épuration » et qui, hélas, justifie bien son nom !
Qu’on le veuille ou non, la France de 1940 à 1944 a été pétainiste et passive à 90 ou 95%. Il y a bien eu une poignée, une faible proportion de la population, pour fournir les « résistants de la première heure ».
Le 22 juin 1941 l’armée allemande attaqua l’URSS scellant ainsi la rupture du pacte germano-soviétique. C’est seulement à partir de ce moment là que les communistes basculèrent dans la résistance. En mars 1942, l'instauration du STO poussa plus massivement des jeunes vers les maquis mais la résistance restera cependant marginale jusqu'au débarquement allié du 6 juin 1944.
Dans les clichés de cette époque trouble, on a retenu des résistants -gaullistes, communistes, socialistes- et une droite « maréchaliste » voire collaborationniste, ce qui relève des « mensonges de l’Histoire ».
La droite d’avant-guerre était, dans son immense majorité fortement antiallemande. Deux partis, exclusivement, se déclaraient fascistes : le « Faisceau » de Georges Valois –arrêté pour « faits de résistance » à l'Hôtel Dardières, aux Ardillats par la Gestapo, le 18 mai 1944, il mourra du typhus, en déportation, à Bergen-Belsen, en février 1945- et le « Franscisme » de Marcel Bucard.
Seul le premier avait des accointances avec l'Italie fasciste. Le chantre de la collaboration fut Pierre Laval, ancien député socialiste. Les partis les plus collaborationnistes furent le « Parti Populaire Français » créé et dirigé par Jacques Doriot, ancien député-maire communiste de Saint-Denis qui mourra sous l'uniforme allemand et le « Rassemblement National Populaire » du député socialiste Marcel Déat, éphémère ministre de l'aviation en 1936.
La droite nationaliste, souvent favorable au maréchal Pétain, va s'impliquer massivement dans la résistance. Son premier martyr connu fut l'officier de la « Royale », Honoré d'Estienne d'Orves, fusillé au Mont-Valérien, le 29 août 1941. L'amiral Darlan était sur le point d'obtenir sa grâce quand, le 21 août, le Communiste Pierre Georges, futur « colonel Fabien » -qui ne sera qu’un pseudonyme que les communistes s’empresseront de sacraliser- tira dans le dos d'un officier allemand, l'aspirant Moser, au métro « Barbès ». L'histoire officielle n'a pas retenu ce détail, ni le fait que l'aspirant Moser attendait le métro sans arme, quand Pierre Georges lui a (héroïquement) tiré dans le dos. En représailles, cent otages sont exécutés dont Honoré d'Estienne d'Orves.
Hélas trop souvent, tels les ouvriers de la dernière heure, certains résistants tardifs se montreront les pires épurateurs (parfois pour faire oublier un passé de « collabo » ou une fortune bâtie en faisant du marché noir.)
C’est une époque où l’armée française, qui veut se persuader qu'elle a gagné la guerre, reconstitue ses effectifs en régularisant des FFI et des FTP communistes. Heureusement, avant d'en faire des militaires d'active, on envoie ces cadres au rabais tester leur niveau de connaissance à l'école des officiers de Cherchell, en Algérie. L'ancien député Marcel Bouyer, lieutenant FFI, ex-agent de liaison dans la poche de Royan, racontait en riant :
« Cherchell, c'était impayable ! Des gens y rentraient avec des galons de colonels et en ressortaient... sergents. ». Il est vrai que l'inflation aux galons était monnaie courante à l'époque : Jacques Delmas (Chaban dans la résistance), futur maire de Bordeaux, aspirant en 1939, sera... général en 1944, à 27 ans. Malgré des états de service honorables, on n'avait plus vu ça
depuis Bonaparte ! Mais, en ces temps troublés, tout est permis, il suffit d'oser ! On a même vu, chez les FTP, des « colonels à 6 galons » (un colonel en porte 5) dont un qui avait échoué à son peloton de… caporal en 1939.
De Gaulle, décorant à Bordeaux une rangée d'une douzaine de « colonels » FFI ou FTP trouve, en bout de file, un simple capitaine auquel il déclare en souriant : « Vous ne savez pas coudre ? »
Tout ceci pourrait prêter à sourire, mais la France de la libération, c'est aussi celle des crimes de l'épuration qui demeureront une honte et entachera à jamais notre Histoire…
A la libération, en métropole, commencera une kyrielle de procès, plus ou moins bâclés, plus ou moins expéditifs, mais avec une apparence de légalité.
Intransigeance d’une justice partisane et injuste : le 27 janvier 1945, la cour de justice de Lyon rend son verdict : Charles Maurras, 76 ans, l'un des écrivains les plus influents de son temps, est condamné à la réclusion perpétuelle et à la dégradation nationale pour « intelligence avec l'ennemi ».
Si quelqu'un n'avait jamais eu d'« intelligence » avec l'Allemagne, c'était bien Maurras. Lutter contre le germanisme avait été l'un des buts de sa vie. Mais nous étions en 1945 et le seul fait d'être proche de Pétain valait d'être taxé aussitôt du crime de collaboration… donc de traître.
Durant la même période s’ouvre le procès de Robert Brasillach, directeur du journal « Je suis partout ». Condamné à mort, il a bénéficié d'un soutien massif des intellectuels -gaullistes et communistes, entre autres- qui ont signé une pétition pour demander sa grâce à De Gaulle. Le « premier résistant de France » refusa son recours en grâce et Brasillach fut fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge.
De Gaulle justifiera sa décision, plus tard, par « son indignation d'avoir vu Brasillach posant en uniforme allemand sur la couverture d'un magazine ... ». Oui mais voilà, Robert Brasillach n'a jamais porté l'uniforme allemand. De Gaulle l'a simplement confondu avec Jacques Doriot. Un « détail » peu glorieux qui entache la « belle histoire » du gaullisme…
Le 15 août 1945, en plein été, la cour rend son verdict au procès Pétain : la peine de mort.
Ce vieux maréchal, qui, en juin 1940 avait « fait don de sa personne à la France pour atténuer ses malheurs » paie pour la lâcheté de tout un peuple.
En effet, arrêtons de faire croire que ce vieillard aurait fait, avec la complicité de Pierre Laval, une sorte de coup de force pour s'emparer du pouvoir. Rappelons les faits : les parlementaires français ont accordé les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix pour et 80 contre, soit, en gros, 85% des suffrages exprimés. Ce vote eut lieu le 10 juillet 1940. Comment ose-t-on écrire que la France et ses représentants légaux ne pardonnaient pas au maréchal d'avoir demandé les conditions d'un armistice le...18 juin ? Ils ont eu le temps de la réflexion et ont donc voté en leur âme et conscience.
Dans un entretien à Valeurs actuelles en date du 13 décembre 1993, l’historien, Henri Amouroux, déclarait : « Le gaullisme a imposé l'idée qu'il ne fallait pas signer cet armistice et que Vichy était illégitime. C'est fabuleux ! Mais, ce n'est pas sérieux ! ».
L'épuration a été sanglante dans presque toute la France. Citons, par exemple, les « purges » et règlements de compte effectués, en toute impunité, par les FTP du Limousin. Des comportements monstrueux qui finiront par irriter puis indigner Georges Guingouin, commandant le « régiment de marche du Limousin » (FTP), bien qu'il s'agisse de ses propres troupes. Guingouin, maire de Limoges à la libération, sera exclu du PCF après un long procès « stalinien » ; il avait osé écorner le mythe d'une France combattante pure, incarnée par les communistes !
L'épuration, c'est aussi cet exploitant agricole en Charente, Paul de M...., qui a vu son père et son frère fusillés sous ses yeux parce qu'ils étaient aristocrates, catholiques et châtelains. L'enquête prouvera qu'ils aidaient la résistance non-communiste.
Robert Aron, historien de la période de l’épuration, note : « C’est un véritable
armorial, un annuaire des châteaux ou un bottin mondain de province que l’on pourrait constituer avec les victimes. D’autant que beaucoup d’entre elles ont eu le tort inexpiable, tout en étant antiallemandes, de faire confiance à Pétain, ou bien d’être, dans la résistance, d’un camp différent de celui de leur assassin… ».
C'est aussi, cette jeune fille, catholique et cheftaine des guides de France, qu'on viendra chercher le jour de son mariage pour la fusiller devant ses proches au motif que sa famille -mais pas elle !- aurait été « collabo...
C'est cet amiral en retraite, proche du maréchal Pétain, que les épurateurs vont écarteler entre deux camions en le brûlant à la lampe à souder...
C'est le comte Christian de Lorgeril, parent de d'Estienne d'Orves, mais à qui on reproche son château et ses idées monarchistes. Il est arrêté le 22 août 1944 : « Complètement nu, le malheureux dut s'asseoir sur une baïonnette. Puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés. Les bourreaux lui transpercèrent le thorax et le dos avec une baïonnette rougie au feu. Le martyr fut ensuite plongé dans une baignoire pleine d'essence à laquelle les sadiques mirent le feu. Leur victime s'étant évanouie, ils le ranimèrent pour répandre ensuite sur ses plaies du pétrole enflammé. Le malheureux vivait encore. Il devait mourir, 55 jours plus tard, dans les souffrances d'un damné... ».
Ce récit, d’un sadisme écœurant, est paru dans le quotidien « L'Aube » en novembre 1950. Nous étions revenus aux pires heures de la Révolution de 1789 !
Parmi la faune de barbares « résistants » de l’époque, figurait un certain Henrot, responsable, entre autres, du massacre de la famille de Buffières et du pillage de leurs propriétés de Dolomieu et Milliassière, près de Grenoble. Le rapport d’enquête établit que : « Le 16 août 1944 au matin, une équipe d’une dizaine d’hommes fut désignée et placée sous la responsabilité d’Henrot, pour se rendre au château de Dolomieu afin de ramener au maquis le comte et la comtesse signalés comme collaborateurs… Lourdement armés, ils enfoncèrent la porte et abattirent philibert venu à leur rencontre les bras levés. Il fut abattu d’une rafale de mitraillette… Son épouse, qui protégeait leur petit garçon Michel, resta au premier étage… Marcelle et son fils Michel furent emmenés au camp du Châtelard… Arrivée au camp, Marcelle fut soumise aux pires tortures… une nuit d’orgies, devant son fils… Marcelle fut exécutée par ordre ainsi que son fils, sans qu’il soit question de la mise en jugement ou d’une décision de condamnation… ».
Ce rapport d’enquête stipule que l’enfant de 5 ans reçut une balle dans la tête, allongé sur le corps de sa mère.
Philibert de Buffières avait un frère en camp de concentration. Il y mourra. Son fils Bernard était sous-officier dans l’armée de Lattre.
Quelques jours plus tard, le 22 août, toujours sous les ordres du « lieutenant » Henrot, la bande investit le domaine de Milliassière : « Elisabeth de Buffières nota dans son livre de messe, une phrase prémonitoire : « Aimer c’est se donner jusqu’au sacrifice. 22/08/1944 ». Les FTP pillent et saccagent le château. Puis, vers 22h30 ils repartent vers d’autres forfaits : « Elisabeth ne réapparaissait pas… Etendue sur son lit, elle avait reçu trois balles de revolver dont une dans la tempe, après avoir été violée… »
Le « lieutenant » Henrot, lui, ne rendra jamais de compte à la justice : tué d’une balle en pleine tête (sans doute tirée par un de ses hommes), le 3 septembre, place des Terreaux, à Lyon, durant la libération de la ville. Le nom de ce « grand résistant » figure quelque part, sur un monument aux morts « pour la France ».
Il existe un autre volet de l’épuration qu’on a trop tendance à minimiser : celui des femmes tondues.
Pour les « épurateurs », le fait de coucher avec l’occupant était sanctionné, à minima, par la tonte des cheveux. Ces femmes tondues étaient accusées de « collaboration horizontale », un acte qui n'est pas incriminé dans le code pénal et qui n’a donc rien d’illégal. Certaines ont été lynchées, violées, torturé
es ou tuées. Le compte de ces victimes est difficile à établir. On parle de 20 ou 30 000, peut-être plus ?
Au nom de l’épuration, on a martyrisé et tondu des femmes amoureuses (celles, par exemple, qui refusèrent de quitter leur concubin ou leur mari allemand, lors des évacuations de civils des bases de sous-marins de Saint-Nazaire, Lorient et Dunkerque), puis celles qui, après tout, n’ont fait que leur métier (entraineuses, prostituées…). On se souvient de la tirade de la comédienne Arletty à qui on reprochait un amant allemand et qui répondit de sa voix gouailleuse et nasillarde : « Et alors ? Mon cœur est français mais mon cul est international ! ».
Après-guerre, des femmes tondues, battues, violées ont tenté des actions en justice contre leurs bourreaux mais leur action a été disqualifiée, elles n’étaient pas considérées comme des victimes.
Le chiffre officiel de l'épuration, communiqué par Adrien Tixier, alors ministre de l'intérieur, au « colonel Passy » (le capitaine Dewavrin) est de 105 000 victimes. Ce chiffre émanait des rapports des préfets. Il n'a jamais trouvé de démentis sérieusement étayés.
On a toujours tendance, pour minorer voire légitimer les crimes de l’épuration, à les mettre en parallèle avec ceux de la Milice, de sinistre mémoire. Mais les exactions barbares de la Milice, dans les derniers mois de la guerre, représentent entre 2 000 et 5 000 victimes. C’est odieux et énorme (sur une courte période et avec des effectifs armés d’environ 10 à 15 000 hommes à peine) mais cela représente de 2 à 5% maximum des crimes commis par les FTP et/ou d’autres (vrais ou faux) résistants…
Durant la seconde guerre mondiale, sur le sol de France, les « purges » de la libération et les bombardements anglo-américains firent, officiellement, 3 à 4 fois plus de victimes civiles que celles attribuées aux nazis.
« C'est la mémoire qui fait toute la profondeur de l'homme » soutenait Peguy. Dans le but de promouvoir une vérité historique par trop malmenée, Eric de Verdelhan –avec la sagacité qu’on lui connaît- a réussi la prouesse de transmettre dans son livre « Les massacres oubliés » (1), cette mémoire si maltraitée de nos jours.
Jusqu’ici, l’Histoire n’a été qu’un recueil de mensonges, d’ironies, de bouffonneries, un amoncellement de massacres et de cris de douleur. C’est ce qui est lassant chez elle : cette trame toujours semblable sous l’infini variété des motifs, cette lutte constante pour un chimérique pouvoir, ces victoires perdues, ces espoirs trahis, ces décadences, ces chutes, ces reniements, ces efforts vers un avenir qui se dérobe sans fin et qui ne relâche rien de ses exigences sanguinaires, donne une image de l’homme dont on ne saura jamais si elle exprime sa grandeur ou au contraire sa misère.
Albert Camus soutenait que « seule la vérité peut affronter l’injustice. La vérité ou bien l’amour ». Un homme qui écrit a charge d’âme, tout livre est un plaidoyer. Eric de Verdelhan, nous livre, ici, une étude réaliste à base de faits et de vérités vraies à l’histoire morale du XXème siècle.
José CASTANO