Legoux Bernard - 39-45 Les mensonges de juin 1940.pdf
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Legoux Bernard - 39-45 Les mensonges de juin 1940
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Le féminisme émancipé du patriarcat
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Boubakar 16 ans vient en France nous enrichir avec son expertise d'ingénieur en biomécanique
Pétain et les Allemands
Par Jacques Le Groignec · 1997 - P25-27
Quand à l'armée française, ses effectifs ont été renforcés depuis 1913 par l'augmentation de la durée du service militaire, portée de deux à trois ans. Nombre de ses cadres se sont aguerris, lors des expéditions coloniales, notamment dans l'exercice du commandement. Joffre et Galliéni, les deux futurs vainqueurs de la Marne, en sont les prestigieux exemples. La grande Muette n'a pas été touchée, comme elle le sera en 1917, par les menées des factions antimilitaristes dont le tribun, Jaurès, a déclaré en 1907 : « Le devoir des prolétaires, si la guerre leur est imposée contre leur volonté, est de retenir leur fusil qui leur est confié, non pour abattre leurs frères de l'autre côté de la frontière, mais pour abattre révolutionnairement les gouvernements de crime ! » C'est le discours de la IIe Internationale qui vise à désarmer la France, alors que l'Allemagne impériale pousse ses armements. Clemenceau dénonce ses propagandistes : « Je suis l'adversaire de la C.G.T en tant qu'association propageant les doctrines de l'anarchie et de l'antipatriotisme. » Doctrines subversives dont l'armée a su se protéger, mais qui ne peuvent laisser indifférents les cadres attachés au culte des valeurs nationales, et adversaires farouches du pangermanisme qui menace les frontières, et de l'internationalisme qui attaque celles-ci de l'intérieur. La lutte contre cette double menace, externe et interne, accompagne la vie de soldat de Pétain, et marquera ses actes quand la France l'appellera à la tête de ses armées, puis de l'état.
L'armé française, dont les regards sont tournés vers le Rhin, conserve un moral élevé malgré la subversion intérieure et les affrontements idéologiques liés au procès du capitaine Dreyfus, et à l'affaire des fiches donc Pétain est l'une des nombreuses victimes. Son bref séjour au 104e R.I donne lieu, en effet, à l'établissement d'une fiche édifiante : « Passé à l'école de Guerre, inconnu, mais des rens.nouveaux et sérieux le donnent comme professant des idées natio. Et cléricales ».
Cette fiche montre, parmi tant d'autres, que le processus de diabolisation des idées nationales, et leur amalgame avec la tradition chrétienne, est à l'oeuvre. Elle est établie par le Grand Orient de France, et destinée aux Services du général André, ministre de la Guerre. C'est l'époque du ministère Combes et de l'application de la de 1901 sur les congrégations expulsées de leurs couvents. La chasse aux sorcières s'organise.
En octobre 1900, un décret a confié au seul ministre de la Guerre la responsabilité de l'établissement des tableaux d'avancement au choix des officiers. L'idée est de pousser les « libres penseurs » et les « vrais républicains », et de freiner, voire d'éliminer les « réactionnaires » et les « cléricaux ». Il importe, en bref, de trier l'ivraie du bon grain. Dans ce but, le cabinet du général André transmet au Grand Orient de France les noms des officiers supérieurs et généraux dont on désire connaître la sensibilité politique ou religieuse. Les agents de renseignements sont priés d'établir des fiches individuelles répondant aux questions suivantes : « Attitude politique, opinions et pratiques religieuses, mode d'instruction des enfants ? Les intéressés ont-ils de la famille dans la localité ? Si oui, quelles sont leurs fréquentations ? »
Les renseignements ainsi recueillis sont archivés au Grand Orient et communiqués au cabinet du ministre de la Guerre. A la date du 30 octobre 1903, 18 818 fiches ont été établies, alors que l'armée française compte 27 000 officiers.
En matière religieuse, la fidélité à la religion catholique est hautement répréhensible, mais la fréquentation du temple ou de la synagogue ne justifie pas les mêmes anathèmes. La délation condamne « le clérical » aussi bien que l'officier qui « a mis ses fils à Stanislas » ou qui « va à la messe ».
Par Jacques Le Groignec · 1997 - P25-27
Quand à l'armée française, ses effectifs ont été renforcés depuis 1913 par l'augmentation de la durée du service militaire, portée de deux à trois ans. Nombre de ses cadres se sont aguerris, lors des expéditions coloniales, notamment dans l'exercice du commandement. Joffre et Galliéni, les deux futurs vainqueurs de la Marne, en sont les prestigieux exemples. La grande Muette n'a pas été touchée, comme elle le sera en 1917, par les menées des factions antimilitaristes dont le tribun, Jaurès, a déclaré en 1907 : « Le devoir des prolétaires, si la guerre leur est imposée contre leur volonté, est de retenir leur fusil qui leur est confié, non pour abattre leurs frères de l'autre côté de la frontière, mais pour abattre révolutionnairement les gouvernements de crime ! » C'est le discours de la IIe Internationale qui vise à désarmer la France, alors que l'Allemagne impériale pousse ses armements. Clemenceau dénonce ses propagandistes : « Je suis l'adversaire de la C.G.T en tant qu'association propageant les doctrines de l'anarchie et de l'antipatriotisme. » Doctrines subversives dont l'armée a su se protéger, mais qui ne peuvent laisser indifférents les cadres attachés au culte des valeurs nationales, et adversaires farouches du pangermanisme qui menace les frontières, et de l'internationalisme qui attaque celles-ci de l'intérieur. La lutte contre cette double menace, externe et interne, accompagne la vie de soldat de Pétain, et marquera ses actes quand la France l'appellera à la tête de ses armées, puis de l'état.
L'armé française, dont les regards sont tournés vers le Rhin, conserve un moral élevé malgré la subversion intérieure et les affrontements idéologiques liés au procès du capitaine Dreyfus, et à l'affaire des fiches donc Pétain est l'une des nombreuses victimes. Son bref séjour au 104e R.I donne lieu, en effet, à l'établissement d'une fiche édifiante : « Passé à l'école de Guerre, inconnu, mais des rens.nouveaux et sérieux le donnent comme professant des idées natio. Et cléricales ».
Cette fiche montre, parmi tant d'autres, que le processus de diabolisation des idées nationales, et leur amalgame avec la tradition chrétienne, est à l'oeuvre. Elle est établie par le Grand Orient de France, et destinée aux Services du général André, ministre de la Guerre. C'est l'époque du ministère Combes et de l'application de la de 1901 sur les congrégations expulsées de leurs couvents. La chasse aux sorcières s'organise.
En octobre 1900, un décret a confié au seul ministre de la Guerre la responsabilité de l'établissement des tableaux d'avancement au choix des officiers. L'idée est de pousser les « libres penseurs » et les « vrais républicains », et de freiner, voire d'éliminer les « réactionnaires » et les « cléricaux ». Il importe, en bref, de trier l'ivraie du bon grain. Dans ce but, le cabinet du général André transmet au Grand Orient de France les noms des officiers supérieurs et généraux dont on désire connaître la sensibilité politique ou religieuse. Les agents de renseignements sont priés d'établir des fiches individuelles répondant aux questions suivantes : « Attitude politique, opinions et pratiques religieuses, mode d'instruction des enfants ? Les intéressés ont-ils de la famille dans la localité ? Si oui, quelles sont leurs fréquentations ? »
Les renseignements ainsi recueillis sont archivés au Grand Orient et communiqués au cabinet du ministre de la Guerre. A la date du 30 octobre 1903, 18 818 fiches ont été établies, alors que l'armée française compte 27 000 officiers.
En matière religieuse, la fidélité à la religion catholique est hautement répréhensible, mais la fréquentation du temple ou de la synagogue ne justifie pas les mêmes anathèmes. La délation condamne « le clérical » aussi bien que l'officier qui « a mis ses fils à Stanislas » ou qui « va à la messe ».
Pour retrouver des longs extraits du livre de Jacques Le Groignec - Pétain et les Allemands : https://www.google.fr/books/edition/P%C3%A9tain_et_les_Allemands/LcY8H_nfQYQC?hl=fr&gbpv=1&dq=p%C3%A9tain+et+les+allemands&printsec=frontcover
Maréchal Pétain pinned «Pour retrouver des longs extraits du livre de Jacques Le Groignec - Pétain et les Allemands : https://www.google.fr/books/edition/P%C3%A9tain_et_les_Allemands/LcY8H_nfQYQC?hl=fr&gbpv=1&dq=p%C3%A9tain+et+les+allemands&printsec=frontcover»
Toujours à rappeler
Rappel : Quand l'humanité, journal communiste, du 4 juillet 1940 demandait aux français de pactiser avec les allemands au nom de l'internationalisme bolchévique.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k879187h
Rappel : Quand l'humanité, journal communiste, du 4 juillet 1940 demandait aux français de pactiser avec les allemands au nom de l'internationalisme bolchévique.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k879187h