Fiodor Dostoïevski, Les Démons, 1871
« Pour résoudre définitivement la question sociale, il [Chigaliov] propose de partager l’humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau ; maintenus dans une soumission sans bornes ils atteindront, en passant par une série de transformations, à l’état d’innocence, quelque chose comme l’Eden primitif, tout en étant astreints au travail. Les mesures préconisées par l’auteur pour dépouiller les neuf dixièmes de l’humanité de leur volonté et les transformer en troupeau au moyen de l’éducation, sont extrêmement remarquables. […]
Il établit l’espionnage. Chez lui, tous les membres de la société s’épient mutuellement et sont tenus de rapporter tout ce qu’ils apprennent. Chacun appartient à tous, et tous appartiennent à chacun. Tous les hommes sont esclaves et égaux dans l’esclavage ; dans les cas extrêmes, on a recours à la calomnie et au meurtre ; mais le principal, c’est que tous soient égaux. Avant tout, on abaisse le niveau de l’instruction, des sciences et des talents. Le niveau élevé n’est accessible qu’aux talents ; donc, pas de talents. […]
La seule chose qu’il manque au monde, c’est l’obéissance. La soif d’instruction est déjà une soif aristocratique. A peine laisse-t-on s’installer la famille et l’amour, que naît aussitôt le désir de propriété. Nous tuerons ce désir : nous développerons l’ivrognerie, la calomnie, la délation ; nous plongerons les hommes dans une débauche inouïe, nous détruirons dans l’œuf tout génie. Tous seront réduits au même dénominateur : égalité absolue. […] Seul le nécessaire est nécessaire, telle doit être dorénavant la devise de l’humanité. Mais il faudra lui accorder de temps en temps quelques convulsions ; et nous, les chefs, nous y pourvoirons. Les esclaves doivent avoir des maîtres. Obéissance complète, dépersonnalisation absolue. »
« Pour résoudre définitivement la question sociale, il [Chigaliov] propose de partager l’humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau ; maintenus dans une soumission sans bornes ils atteindront, en passant par une série de transformations, à l’état d’innocence, quelque chose comme l’Eden primitif, tout en étant astreints au travail. Les mesures préconisées par l’auteur pour dépouiller les neuf dixièmes de l’humanité de leur volonté et les transformer en troupeau au moyen de l’éducation, sont extrêmement remarquables. […]
Il établit l’espionnage. Chez lui, tous les membres de la société s’épient mutuellement et sont tenus de rapporter tout ce qu’ils apprennent. Chacun appartient à tous, et tous appartiennent à chacun. Tous les hommes sont esclaves et égaux dans l’esclavage ; dans les cas extrêmes, on a recours à la calomnie et au meurtre ; mais le principal, c’est que tous soient égaux. Avant tout, on abaisse le niveau de l’instruction, des sciences et des talents. Le niveau élevé n’est accessible qu’aux talents ; donc, pas de talents. […]
La seule chose qu’il manque au monde, c’est l’obéissance. La soif d’instruction est déjà une soif aristocratique. A peine laisse-t-on s’installer la famille et l’amour, que naît aussitôt le désir de propriété. Nous tuerons ce désir : nous développerons l’ivrognerie, la calomnie, la délation ; nous plongerons les hommes dans une débauche inouïe, nous détruirons dans l’œuf tout génie. Tous seront réduits au même dénominateur : égalité absolue. […] Seul le nécessaire est nécessaire, telle doit être dorénavant la devise de l’humanité. Mais il faudra lui accorder de temps en temps quelques convulsions ; et nous, les chefs, nous y pourvoirons. Les esclaves doivent avoir des maîtres. Obéissance complète, dépersonnalisation absolue. »
9 octobre 1966 : la basilique Saint-Denis est promue cathédrale, lors de la création du diocèse de Saint-Denis. La dernière demeure des rois et reines de France. Construite sur la tombe de saint Denis, évêque missionnaire mort vers 250, l’abbaye royale de Saint-Denis accueille dès la mort du roi Dagobert en 639 et jusqu’au XIXe siècle, les sépultures de 43 rois, 32 reines et 10 serviteurs de la monarchie. En 1966, la basilique est élevée au rang de cathédrale.
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Philippe Léotard - Je suis monarchiste
Le nouveau théâtre de BOUVARD : émission du 11 mai 1987
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Interview de Jacques BREL par Denise GLASER. Il explique son étonnement de vivre et parle de lui même avec humilité.
Discorama - 15.09.1963 - 01mn53 - vidéo
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La fin d'un monde - Patrick Buisson P80-81
De Gaulle et la paysannerie ...
Se greffant sur ces déséquilibres structurels, des facteurs purement conjoncturels vont faire basculer la petite paysannerie de la crise vers la dépression, du marasme vers la révolte. La surprise vient de la personnalité de celui qui va lui porter un coup fatal et précipiter en quelque sorte la fin des paysans. De Gaulle, puisqu’il s’agit de lui, étant ce qu’il est ainsi qu’il aime à se présenter, c’est-à-dire le descendant d’une famille catholique et légitimiste imprégné de cette « société campagnarde », de ses « villages immuables », de ses « églises anciennes » et de ses « familles solides », de « l’éternel retour des labours, des semailles et des moissons », de « cette contrée de légendes, de patois, de costumes, de chansons et de danses ancestrales », le chantre d’une mystique terrienne aux accents barrésiens de la « colline inspirée », le Général en personne donc, de retour au pouvoir en 1958 grâce à l’action combinée de l’armée et de la rue algéroise, le Général dont personne n’imaginait qu’il puisse être de quelque manière que ce fût le liquidateur de la civilisation paysanne d’où il était issu, l’homme du grand déracinement.
Et pourtant ! Le plan Rueff d’assainissement financier, promulgué en décembre 1958, en supprimant l’indexation des prix agricoles instituée par les décrets de Félix Gaillard sous la IVe République, est perçu au plus profond des campagnes, sinon comme une sorte d’ethnocide, du moins comme une agression d’autant plus intolérable que la dégradation constante, depuis la Libération, des prix agricoles par rapport aux prix industriels, avait déjà provoqué une paupérisation relative de la paysannerie, quand ce n’était pas la désertion massive des petits exploitants quittant la terre pour l’usine.
De Gaulle et la paysannerie ...
Se greffant sur ces déséquilibres structurels, des facteurs purement conjoncturels vont faire basculer la petite paysannerie de la crise vers la dépression, du marasme vers la révolte. La surprise vient de la personnalité de celui qui va lui porter un coup fatal et précipiter en quelque sorte la fin des paysans. De Gaulle, puisqu’il s’agit de lui, étant ce qu’il est ainsi qu’il aime à se présenter, c’est-à-dire le descendant d’une famille catholique et légitimiste imprégné de cette « société campagnarde », de ses « villages immuables », de ses « églises anciennes » et de ses « familles solides », de « l’éternel retour des labours, des semailles et des moissons », de « cette contrée de légendes, de patois, de costumes, de chansons et de danses ancestrales », le chantre d’une mystique terrienne aux accents barrésiens de la « colline inspirée », le Général en personne donc, de retour au pouvoir en 1958 grâce à l’action combinée de l’armée et de la rue algéroise, le Général dont personne n’imaginait qu’il puisse être de quelque manière que ce fût le liquidateur de la civilisation paysanne d’où il était issu, l’homme du grand déracinement.
Et pourtant ! Le plan Rueff d’assainissement financier, promulgué en décembre 1958, en supprimant l’indexation des prix agricoles instituée par les décrets de Félix Gaillard sous la IVe République, est perçu au plus profond des campagnes, sinon comme une sorte d’ethnocide, du moins comme une agression d’autant plus intolérable que la dégradation constante, depuis la Libération, des prix agricoles par rapport aux prix industriels, avait déjà provoqué une paupérisation relative de la paysannerie, quand ce n’était pas la désertion massive des petits exploitants quittant la terre pour l’usine.
"L'image que l'histoire conservera du maréchal Pétain est toute de grandeur et de noblesse."
Général Weygand
"Le vainqueur de Verdun rejoint les soldats de la France combattante par son opposition aux desseins, aux volontés d'un autre. Les moyens dont il disposait différaient nécessairement de ceux que nous avons pu mettre en œuvre.
Mais le combat restait le même dans sa destination finale: la délivrance de la Patrie."
Colonel Rémy
Général Weygand
"Le vainqueur de Verdun rejoint les soldats de la France combattante par son opposition aux desseins, aux volontés d'un autre. Les moyens dont il disposait différaient nécessairement de ceux que nous avons pu mettre en œuvre.
Mais le combat restait le même dans sa destination finale: la délivrance de la Patrie."
Colonel Rémy
Satan est un ennemi rusé et il sait qu'il ne peut pas vaincre une communauté chrétienne unie qui vit sous l'autorité du Christ et de sa Parole. Sa stratégie de guerre consiste donc à commencer par semer la discorde, la suspicion et l'incompréhension parmi les membres d'une communauté, afin de les paralyser individuellement. Jésus a dit que les puissances de l'enfer ne seraient pas capables de vaincre son église. (Matthieu 16:18).
LIBRE JOURNAL DE JEAN FERRÉ 7 DÉCEMBRE 1998 : “PÉTAIN ET DE GAULLE - seconde partie
https://www.radiocourtoisie.fr/1998/12/07/libre-journal-de-jean-ferre-7-decembre-1998-petain-et-de-gaulle-les-accords-anglo-allemands-sur-larmement-la-guerre-du-pacs-ferdinand-de-lesseps/
https://www.radiocourtoisie.fr/1998/12/07/libre-journal-de-jean-ferre-7-decembre-1998-petain-et-de-gaulle-les-accords-anglo-allemands-sur-larmement-la-guerre-du-pacs-ferdinand-de-lesseps/
Extrait de
L’épopée viking - Dominique Le Brun P20-21
« À la base de la société scandinave : la famille
Comme l’évoque Le Chant de Rig, dans l’Edda poétique, la société scandinave possède une origine mythologique. Le dieu Heimdall, appelé aussi Rig, descendu chez les humains, passe successivement une nuit dans trois demeures différentes. Neuf mois plus tard, dans chacune d’elles, la maîtresse de maison donne naissance à un fils. Ils reçoivent pour noms Träll, Karl et Jarl, mots qui expriment respectivement la servitude, la liberté et l’aristocratie. Ces trois garçons, devenus adultes et ayant pris femme, feront des enfants qui s’inscriront à leur tour dans l’une ou l’autre des trois classes sociales ainsi définies : les esclaves, les hommes libres et les chefs, avec, à la tête de ces derniers, des rois. Ainsi, dans l’ancien univers scandinave, la vie d’un individu s’inscrit obligatoirement dans l’appartenance à une catégorie sociale, au sein d’une famille et de la terre qu’elle exploite. Homme ou femme, on est identifié avant tout par la communauté où l’on vit et le rang qu’on y tient.
Posséder une terre détermine le statut social et le destin de son propriétaire. La famille, élargie au niveau de tous ceux qui vivent sur l’exploitation agricole, constitue une communauté de base qui se développe en clan. Dès lors, les liens du sang prennent une importance fondamentale, et ce d’autant plus que ces communautés vivent isolées les unes des autres. La vie n’est envisageable que si on appartient à une « cellule » familiale au sein de laquelle la solidarité est totale. Chacun doit donc assumer les actes du groupe et celui-ci s’estime responsable du comportement de chacun, étant entendu qu’on ne saurait jamais envisager de transiger avec l’honneur familial.
Injurier l’un de ses membres revient à injurier tous les autres, tel est le principe du œtt. On imagine quelles haines irrationnelles ce comportement génère, quelles interminables vendettas il entretient. Cette obligatoire appartenance – pour ne pas dire cet enfermement – à une communauté explique pourquoi, dans la justice des Vikings, la peine de mort est remplacée par le bannissement. Le banni n’a tout simplement plus d’existence sociale. »
L’épopée viking - Dominique Le Brun P20-21
« À la base de la société scandinave : la famille
Comme l’évoque Le Chant de Rig, dans l’Edda poétique, la société scandinave possède une origine mythologique. Le dieu Heimdall, appelé aussi Rig, descendu chez les humains, passe successivement une nuit dans trois demeures différentes. Neuf mois plus tard, dans chacune d’elles, la maîtresse de maison donne naissance à un fils. Ils reçoivent pour noms Träll, Karl et Jarl, mots qui expriment respectivement la servitude, la liberté et l’aristocratie. Ces trois garçons, devenus adultes et ayant pris femme, feront des enfants qui s’inscriront à leur tour dans l’une ou l’autre des trois classes sociales ainsi définies : les esclaves, les hommes libres et les chefs, avec, à la tête de ces derniers, des rois. Ainsi, dans l’ancien univers scandinave, la vie d’un individu s’inscrit obligatoirement dans l’appartenance à une catégorie sociale, au sein d’une famille et de la terre qu’elle exploite. Homme ou femme, on est identifié avant tout par la communauté où l’on vit et le rang qu’on y tient.
Posséder une terre détermine le statut social et le destin de son propriétaire. La famille, élargie au niveau de tous ceux qui vivent sur l’exploitation agricole, constitue une communauté de base qui se développe en clan. Dès lors, les liens du sang prennent une importance fondamentale, et ce d’autant plus que ces communautés vivent isolées les unes des autres. La vie n’est envisageable que si on appartient à une « cellule » familiale au sein de laquelle la solidarité est totale. Chacun doit donc assumer les actes du groupe et celui-ci s’estime responsable du comportement de chacun, étant entendu qu’on ne saurait jamais envisager de transiger avec l’honneur familial.
Injurier l’un de ses membres revient à injurier tous les autres, tel est le principe du œtt. On imagine quelles haines irrationnelles ce comportement génère, quelles interminables vendettas il entretient. Cette obligatoire appartenance – pour ne pas dire cet enfermement – à une communauté explique pourquoi, dans la justice des Vikings, la peine de mort est remplacée par le bannissement. Le banni n’a tout simplement plus d’existence sociale. »
L'esprit familial de Mgr Henri Delassus
Pour un peuple, il y a pire que la destruction de ses armées et de ses flottes, la banqueroute de ses finances et l'invasion de son territoire ; il y a l'abandon de ses traditions et la perte de son idéal. L'histoire de tous les peuples est là qui nous l'atteste.
Pour un peuple, il y a pire que la destruction de ses armées et de ses flottes, la banqueroute de ses finances et l'invasion de son territoire ; il y a l'abandon de ses traditions et la perte de son idéal. L'histoire de tous les peuples est là qui nous l'atteste.
Extrait de
Algérie : Le piège gaulliste- Henri-Christian GIRAUD - Page 1037
Fondé sur le souci louable d’épargner à la France une algérianisation progressive de son territoire et de ses mœurs, le traitement gaulliste de l’affaire algérienne a finalement abouti à son exact contraire, mais, en réalité, nullement paradoxal. C’est en effet sous la présidence de De Gaulle que l’immigration a été rendue effective par les accords d’Évian et, très précisément, par l’article 2 des dispositions générales de la Déclaration des garanties (« Sauf décision de justice, tout Algérien muni d’une carte d’identité est libre de circuler entre l’Algérie et la France »), et par l’article 7 de la Déclaration relative à la coopération économique et financière, selon lequel tout Algérien a, à tout moment, la possibilité de venir résider en France et d’y bénéficier de tous les avantages sociaux. Cela sans compter les accords de décembre 1968 et, comme on l’a vu, les interventions personnelles de De Gaulle, toujours favorables aux desiderata algériens d’« éponger » 3 millions de chômeurs dus aux brutales spoliations des entreprises françaises. C’est sous la présidence de De Gaulle, donc, que l’immigration a plus que doublé (or elle avait déjà doublé entre 1954 et 1962) et pris son essor pour ne plus s’arrêter.
Algérie : Le piège gaulliste- Henri-Christian GIRAUD - Page 1037
Fondé sur le souci louable d’épargner à la France une algérianisation progressive de son territoire et de ses mœurs, le traitement gaulliste de l’affaire algérienne a finalement abouti à son exact contraire, mais, en réalité, nullement paradoxal. C’est en effet sous la présidence de De Gaulle que l’immigration a été rendue effective par les accords d’Évian et, très précisément, par l’article 2 des dispositions générales de la Déclaration des garanties (« Sauf décision de justice, tout Algérien muni d’une carte d’identité est libre de circuler entre l’Algérie et la France »), et par l’article 7 de la Déclaration relative à la coopération économique et financière, selon lequel tout Algérien a, à tout moment, la possibilité de venir résider en France et d’y bénéficier de tous les avantages sociaux. Cela sans compter les accords de décembre 1968 et, comme on l’a vu, les interventions personnelles de De Gaulle, toujours favorables aux desiderata algériens d’« éponger » 3 millions de chômeurs dus aux brutales spoliations des entreprises françaises. C’est sous la présidence de De Gaulle, donc, que l’immigration a plus que doublé (or elle avait déjà doublé entre 1954 et 1962) et pris son essor pour ne plus s’arrêter.
Extrait de
LA VICTOIRE DU "VIEUX RENARD" - André Laffargue
L'agression anglo-gaulliste - Responsabilités P200-201
Ainsi, en dépit des efforts constants du maréchal Pétain, depuis Mers-el-Kébir, pour éviter tout conflit avec l'Angleterre, Français et Anglais s'étaient affrontés en combats sanglants.
A qui en revient la responsabilité ?
Les Anglo-Gaullistes ont prétendu —et telle a été la thèse de l'accusation —que l'action engagée contre les territoires du Levant n'était qu'une action défensive justifiée par le transit des avions allemands et les facilités données aux révoltés irakiens. En somme la responsabilité était rejetée sur l'accord du 6 mai conclu entre l'amiral Darlan et le général Vogl.
J'ai cru, moi-même, lorsque j'étais Directeur de l'Infanterie qu'il en avait été ainsi. Comment aurais-je pu imaginer que les Anglo-Gaullistes eussent pu se livrer à une pareille agression, s'ils n'y eussent été contraints par le comportement de Darlan et de Dentz ?
Mais, depuis lors, j'ai pu me convaincre que la décision d'attaquer le Levant était antérieure aux imprudences de Darlan et qu'elle était due à une initiative de de Gaulle lequel en a revendiqué la paternité en ces termes, le 3 juin 1945: «C'est la France libre qui a pris l'initiative d'entrer en Syrie en y entraînant l'Angleterre. L'histoire établira la chose sur document. »
Y avait-il donc une raison avouable susceptible de justifier une initiative qui allait conduire des Français à s'entretuer ?
Assurément non, puisque Wavel avait déclaré à Churchill que la présence française au Levant, lui était bénéfique en couvrant ses arrières. En quoi le général Wavel, lui, s'est conduit d'une façon conforme, non seulement aux intérêts britanniques, mais également à ceux de l'alliance franco-britannique persistante.
Il n'est donc aucun motif valable qui puisse excuser une initiative qui a coûté la vie à 800 Français gaullistes tués par des balles françaises et à 1036 Français, aux ordres du Maréchal, tués par les balles anglaises et françaises.
LA VICTOIRE DU "VIEUX RENARD" - André Laffargue
L'agression anglo-gaulliste - Responsabilités P200-201
Ainsi, en dépit des efforts constants du maréchal Pétain, depuis Mers-el-Kébir, pour éviter tout conflit avec l'Angleterre, Français et Anglais s'étaient affrontés en combats sanglants.
A qui en revient la responsabilité ?
Les Anglo-Gaullistes ont prétendu —et telle a été la thèse de l'accusation —que l'action engagée contre les territoires du Levant n'était qu'une action défensive justifiée par le transit des avions allemands et les facilités données aux révoltés irakiens. En somme la responsabilité était rejetée sur l'accord du 6 mai conclu entre l'amiral Darlan et le général Vogl.
J'ai cru, moi-même, lorsque j'étais Directeur de l'Infanterie qu'il en avait été ainsi. Comment aurais-je pu imaginer que les Anglo-Gaullistes eussent pu se livrer à une pareille agression, s'ils n'y eussent été contraints par le comportement de Darlan et de Dentz ?
Mais, depuis lors, j'ai pu me convaincre que la décision d'attaquer le Levant était antérieure aux imprudences de Darlan et qu'elle était due à une initiative de de Gaulle lequel en a revendiqué la paternité en ces termes, le 3 juin 1945: «C'est la France libre qui a pris l'initiative d'entrer en Syrie en y entraînant l'Angleterre. L'histoire établira la chose sur document. »
Y avait-il donc une raison avouable susceptible de justifier une initiative qui allait conduire des Français à s'entretuer ?
Assurément non, puisque Wavel avait déclaré à Churchill que la présence française au Levant, lui était bénéfique en couvrant ses arrières. En quoi le général Wavel, lui, s'est conduit d'une façon conforme, non seulement aux intérêts britanniques, mais également à ceux de l'alliance franco-britannique persistante.
Il n'est donc aucun motif valable qui puisse excuser une initiative qui a coûté la vie à 800 Français gaullistes tués par des balles françaises et à 1036 Français, aux ordres du Maréchal, tués par les balles anglaises et françaises.