Maréchal Pétain
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Réhabilitation du Maréchal Pétain
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Jacques Laurent. Avec la collaboration de Gabriel Jeantet. Année 40 : Londres, de Gaulle, Vichy

"Les secrets des dieux

Pendant un temps, de 1919 à 1936, la France, détentrice
de la plus puissante armée terrestre du monde, se montre
résignée à ne point s'en servir — même dans des cas
aussi graves que la remilitarisation de la Rhénanie par
Hitler. Durant cette période, seule la droite envisagea
la guerre avec faveur et même Maurras, devant la montée
du nazisme, osa prêcher une guerre préventive. Le reste
du pays, justement hanté par le souvenir de la « grande
guerre », habité pour longtemps par l'horreur et surtout
le doute dont les combattants avaient été frappés en
1917, considérait que la paix est le plus grand des biens.
...
Pourtant les Français étaient toujours aussi pacifistes.
Ils l'avaient prouvé en se faisant une fête de Munich. Les
quarante heures, le droit aux vacances, aux loisirs, au
plein air donnaient même à la paix une saveur, une allé-
gresse qu'elle n'avait jamais eues. Parce qu'ils avaient
obtenu tous ces avantages sans révolution, ils croyaient
plus que jamais que les conflits internationaux pouvaient
être réglés sans guerre, qu'elle était anachronique. Même
la droite, en grande partie, inclinait à la paix, soit parce
qu'elle considérait que la renaissance militaire allemande
rendait la guerre inopportune, soit, dans son infime
minorité, par complaisance pour les régimes dictatoriaux."
Barrès Maurice. Étude pour la protection des ouvriers français contre les étrangers. 1893

Maurice Barrès écrit ce petit livre dénonçant la volonté du patronat français de favoriser les étrangers pour augmenter le chômage et donc faire pression sur les salaires. Ce texte date de 1893 ...
Barrès dénonce une politique socialiste favorisant l'étranger et non les français. Je mets quelques extraits ...
Extrait de
L'épopée des Croisades - René GROUSSET

Chapitre 3 : la première croisade

GODEFROI DE BOUILLON, RAYMOND DE SAINT-GILLES ET BOHÉMOND

Tandis que la croisade populaire, fourvoyée par des chefs incapables ou indignes, aboutissait à ce lamentable échec, celle des barons, organisée en grandes armées régulières, se mettait en marche vers Jérusalem.
Le chef du premier groupe était le duc de Basse Lotharingie, c’est-à-dire de Brabant, Godefroi de Bouillon. A l’heure où commençaient à se préciser la physionomie historique de la France et celle de la future Belgique, Godefroi se présente à nous comme la première incarnation des amitiés franco-belges. Sa mère n’était-elle pas l’héritière des ducs de Brabant, tandis que son père était comte de Boulogne-sur-mer, au royaume de France ? De type physique, c’est bien un chevalier du nord. Très grand, la poitrine large et les membres vigoureux, mais la taille mince et élevée, il a les traits fins, les cheveux et la barbe d’un blond vif. Vaillant guerrier s’il en fut, c’est lui qui à la bataille de Dorylée rétablira la situation compromise en arrivant, ventre à terre, avec cinquante chevaliers, sur les Turcs jusque-là victorieux. Grand chasseur comme ses cousins des Ardennes, il manquera en Cilicie d’être tué par un ours énorme qu’il a affronté corps à corps. Sa force est stupéfiante. Un jour, en Syrie, des cheikhs arabes, pour s’en assurer, le défieront de décapiter d’un seul coup de sabre un chameau adulte et à l’instant la tête de l’animal roulera à leurs pieds. Sa loyauté est proverbiale. Bien que longtemps lésé par son suzerain, l’empereur d’Allemagne Henri IV, il lui est resté fidèle dans la lutte contre l’anti-César suscité par la Papauté. Cette obéissance a dû coûter à Godefroi, car sa piété est exemplaire. Les clercs de son entourage ne se plaignent-ils pas de ses interminables oraisons qui leur font ensuite trouver le dîner froid ? Au cours de la croisade, ce sera un pèlerin pieux, plein de bonne grâce, de douceur, de charité, d’humilité chrétienne.
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René Grousset, Bilan de l’Histoire
Aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même, aucun empire n’est conquis de l’extérieur, qu’il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation, ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leurs raisons d’être, quand l’idée dominante autour de laquelle elles étaient naguère organisées leur est comme devenue étrangère. Tel fut le cas du monde antique.
« Ne croyez pas ceux qui vous disent que la jeunesse est faite pour s'amuser. La jeunesse n'est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l'héroïsme »
Paul Claudel
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À la découverte des Français - Une famille de paysans : Dangers en pays chartrain - 0H46 — 18-12-1958 — Réal : Jacques Krier.
À Dangers, la famille Morizeau, qui s’étale sur trois générations, a créé une association avec d’autres paysans. Les témoignages et les images récoltées dans le village décrivent le fonctionnement singulier de cette coopérative. Durant le débat, les participants reviennent sur l'histoire de sa création.
L'Américanisation de la société française - Régis Debray
1919, traité de Versailles. Pour la première fois depuis deux siècles , le texte français d'un accord internationale fait plus loi. Le président Wilson exige une version en anglais. Le français cesse d'être la langue de la diplomatie.
1920, fondation à New York, par Duchamp et Man ray, de la société anonyme, un lieu pour exposer de l'art "moderne". "L'homme le plus intelligent et pour beaucoup le plus gênant de cette première partie du XXe siècle (André Breton sur Duchamp) s'est installé aux États-unis dès 1915. L'urinoir signé R.Mutt, le célèbre ready-made, est exposé à New York en 1917. (derrière un écran).
1925, la Métro Goldwyn Mayer rachète les parts du Crédit commercial de France de la société anonyme de la société Gaumont. Confirmation du transfert de l'usine à rêves de Paris à Hollywood.
1926, Charles Pathé abandonne à Kodak (USA) le monopole de la fabrication du film vierge, qu'il avait arraché à Georges Eastman avant la guerre.
1927, Warner Bros produit le premier film parlant. Le Chanteur de jazz. "Si cela marche, a dit le producteur, le monde entier parlera anglais. (L'image sonore n'arrivera en France qu'en 1930.)
1943, création de l'Amgot (Allied Military Government of Occupied Territories). Confondant libération et occupation, le président Roosevelt signe un projet d'administration de la France libérée donnant au commandement suprême allié toute autorité sur l'ensemble du territoire et prévoyant une monnaie imprimée aux États-Unis et distribuée par l'administration américaine à la population. Plan déjoué au printemps 1944 par de Gaulle ,avec l'appui sur place du général Eisenhower.
1946, signature de l'accord Blum-Byrnes. Vichy avait interdit les films américains. Une fraction de la dette française effacée, en contrepartie de quoi les États-Unis, sous l'égide d'une maxime perspicace, trade follows the film, exigent l'abandon du quota pour les productions américaines et une sévère réduction des exclusivités pour les films français (de sept à quatre semaines). Se créera en réaction un comité de défense du cinéma français (Jean Marais et Simone Signoret), et le centre national du cinéma viendra au secours des films français, leur production ayant chuté de moitié. En Allemagne, après guerre, la diffusion des films américains n'est pas réglementée.
1946, parallèlement au plan Marshall, les États-Unis lancent le programme Fullbright "pour la reconstruction intellectuelle de l'Europe".
1948, promulgation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "l'homme moral de notre temps". Votée par l'assemblée générale des Nations unies à Paris, au palais de Chaillot, mais rédigée à Lake Success en 1947, sous l'égide de la grande Eleanore Roosevelt, veuve du président, elle représente à double titre, par son caractère d'universalité, une considérable avancée sur la déclaration de 1789. C'est l'individu en tant que tel, qu'il soit apatride, réfugié , migrant ou demandeur d'asile, qui devient sujet des droits imprescriptible et les principes énoncés, quoique dépourvus de caractère obligatoire, s'imposent à tous les pays.
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0H52 — 08-01-1959 — Réal : Jacques Krier/Jean Claude Bergeret
La rue Mouffetard, située en plein du cœur du Quartier Latin, a un passé riche d’histoire. Au cours des interviews, les habitants racontent la vie du quartier telle qu’elle est aujourd’hui, puis les invités en plateau se penchent sur l’avenir de cette rue légendaire dont il faut préserver le patrimoine.
L'armée de Weygand - Louis Berteil

Au lendemain de la guerre de 1914-1918 la France exsangue, ayant perdu un million cinq cent mille jeunes hommes sur les champs de bataille, financièrement ruinée, les deux tiers de son industrie anéantis par les destructions allemandes perpétrées dans nos provinces du Nord et de l'Est, mais qui avait retrouvé ses provinces d'Alsace et de Lorraine et bénéficiait d'un prestige mondial immense, renonça délibérément à toute politique d'agression.
Elle se refusa d'envisager désormais la guerre comme un moyen d'atteindre ses buts nationaux, sauf pour se défendre contre une agression délibérée.
C'était une attitude généreuse, hautement morale et idéaliste, mais témérairement optimiste dans un monde moderne réaliste et dur et qui ne pouvait constituer une fin en soi si elle n'était pas payée de retour chez tous les autres peuples et en particulier chez nos voisins immédiats.
En adoptant cette politique passive la France se refusait non seulement à commettre désormais des guerres d'agression mais ce qui est plus lourd de conséquence, à pouvoir assurer sa sécurité par une attaque préventive contre une menace grandissante que la réprobation universelle ne parviendrait pas à contenir !
...
Nos forces terrestres déjà insuffisantes sur le plan numérique puisque nous n'avons pu aligner au Nord-Est que 71 divisions en face de 150 divisions allemandes, étaient inférieures qualitativement car elles comprenaient 37 divisions à base de réserve instruites sous le service d'un an et seulement 34 divisions avec 75 % d'active.
Leurs dotations en matériels, déjà insuffisantes sur le papier, étaient très incomplètes.
Les Gouvernements français successifs, obsédés par le déficit budgétaire chronique et harcelé par les clameurs des pacifistes, n'avaient pas voulu faire en temps opportun, c'est-à-dire avant 1936, l'effort financier indispensable.
...
Après la révélation du pacte Berlin-Moscou, sous l'impulsion du parti communiste il y eu des grèves perlées, des sabotages et un freinage des fabrications qui furent assez graves pour provoquer la dissolution du parti et l'arrestation de ceux de ses chefs qui n'avaient pas fui à l'étranger.
Toutes ces faiblesses, ces imperfections de notre appareil militaire étaient apparues aux yeux de l'opinion lors de la « fausse mobilisation » de 1938 à propos de l'alerte des Sudètes. C'est dans ce sentiment profond et général que nous n'étions pas prêts, qu'il faut chercher l'explication du « lâche soulagement » qui étreignit la Nation après la capitulation de Munich. Mais un an après, lors de la «vraie mobilisation»,celle du 1 septembre 1939, rien dans l'inertie générale n'avait été fait pour remédier à nos insuffisances.
La mort de la Troisième République - Emmanuel Beau de Loménie

L'EVOLUTION DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

a) Centre droit et centre gauche.
Depuis ses débuts la Troisième République avait fonctionné sans cesse en porte-à-faux. Un régime parlementaire, en effet, pour fonctionner de façon saine et régulière, suppose essentiellement des partis peu nombreux aux positions nettement distinctes. Or, en fait, chez nous, ces positions simples et nettement distinctes avaient été faussées dès le départ.
L'Assemblée Nationale, élue en février 1871, au lendemain de l'écroulement du Second Empire dans la défaite de Sedan, comptait en apparence deux groupes nettement opposés. Il y avait une minorité de gauche dont les chefs étaient à peu près tous des intellectuels, assez bourgeois de formation, mais soucieux en principe de réformes sociales, et convaincus que réformes et progrès supposaient l'établissement d'un régime républicain. Il y avait de l'autre une très vaste majorité de droite qui se déclarait ouvertement monarchiste, en faveur de laquelle avaient voté non seulement la plupart des représentants des classes dirigeantes, mais encore une très grande masse de petites gens des campagnes et aussi des villes, dont beaucoup, même parmi les plus déshérités, s'ils souhaitaient à leur profit des réformes, étaient aussi amis de l'ordre, attachés aux traditions morales et religieuses, et à qui le mot de République, lié aux souvenirs des troubles et des désordres de 1793 et de 1848, faisait peur.
Seulement, en fait, dans le sein des états-majors dirigeants de cette vaste majorité d'étiquette monarchiste, à côté d'hommes issus soit de la bourgeoisie moyenne, soit d'une aristocratie provinciale souvent assez modeste, il y avait le groupe très particulier des personnages issus pour la plupart des premiers grands profiteurs de la révolution de 1789, qui, consolidés ensuite au pouvoir et au gouvernement sous Napoléon 1 d'abord, puis plus solidement encore sous Louis-Philippe, étaient devenus socialement très conservateurs, et qui, ayant profité de leurs influences politiques pour se faire attribuer des positions dominantes dans la grande industrie mécanisée alors naissante, grâce en particulier à des concessions de mines, à des postes d'administrateurs dans les compagnies de chemins de fer débutantes, (qui, pour obtenir des subventions de l'Etat, avaient tout de suite fait place dans leurs conseils aux hommes politiques les plus influents du moment), étaient devenus les principaux membres des hauts états-majors de notre grande industrie en plein développement, et se montraient assez égoïstement avides de protéger leurs avantages aussi bien économiques que politiques.
...
Pendant des années désormais, Centre Droit et Centre Gauche allaient voter l'un contre l'autre quand des questions proprement politiques de la forme du régime allaient être en jeu, mais allaient voter ensemble pour la défense de leurs communs intérêts quand il allait s'agir des questions économiques ou sociales mettant en cause les revendications des petites gens de droite et de gauche.
Bicyclette au Vésinet (1903)
par Léon François Comerre