A la vérité, rien ne nous avait préparé au malheur. L'âme de celui qui, même s'il est inférieur, lutte et se cramponne jusqu'au bout, elle n'était plus la nôtre. Depuis de longues années déjà, nous traversions une crise qui nous avait vidés, moralement. Les réflexes ne travaillaient plus. Notre dialectique était intacte; mais nous n'avions plus assez de virilité. Nous n'étions même plus capables de nous entraîner, nous avions perdu la foi dans les valeurs les plus évidentes, et nous étions prêts à céder devant la force, quelle qu'elle fût. C'était là, à part de rares exceptions, la mentalité des Français de 1940.
Georges André Groussard. Service secret 1940-1945 (p. 56). La Table ronde
Georges André Groussard. Service secret 1940-1945 (p. 56). La Table ronde
Fustel de Coulange sur la haine de soi française ("La cité antique") :
Le véritable patriotisme n'est pas l'amour du sol, c'est l'amour du passé, c'est le respect pour les générations qui nous ont précédés. Nos historiens ne nous apprennent qu'à les maudire, et ne nous recommandent que de ne pas leur ressembler. Ils brisent la tradition française, et ils s'imaginent qu'il restera un patriotisme français. Ils vont répétant que l'étranger vaut mieux que la France, et ils se figurent qu'on aimera la France. Depuis cinquante ans, c'est l'Angleterre que nous aimons, c'est l'Allemagne que nous louons, c'est l'Amérique que nous admirons. Chacun se fait son idéal hors de France. Nous nous croyons libéraux et patriotes quand nous avons médit de la patrie. Involontairement et sans nous en apercevoir, nous nous accoutumons à rougir d'elle et à la renier. Nous nourrissons au fond de notre âme une sorte de haine inconsciente à l'égard de nous-mêmes. C'est l'opposé de cet amour de soi qu'on dit être naturel à l'homme ; c'est le renoncement à nous-mêmes. C'est une sorte de fureur de nous calomnier et de nous détruire, semblable à cette monomanie du suicide dont vous voyez certains individus tourmentés. Nos plus cruels ennemis n'ont pas besoin d'inventer les calomnies et les injures : ils n'ont que la peine de répéter ce que nous disons de nous-mêmes. Leurs historiens les plus hostiles n'ont qu'à traduire les nôtres. Quand l'un d'eux écrit que « la race gauloise était une race pourrie », il ne fait que répéter ce que nous avons dit en d'autres termes. Quand M. de Sybel parle de « la corruption incurable » de l'ancienne société française, il n'est que l'écho affaibli de la plupart de nos historiens. M. de Bismarck disait naguère que la France était une nation orgueilleuse, ambitieuse, ennemie du repos de l'Europe ; c'est chez nos historiens qu'il avait pris ces accusations. Nous avons appris récemment que l'étranger nous détestait ; il y avait cinquante ans que nous nous appliquions à convaincre l'Europe que nous étions haïssables. L'histoire française combattait pour l'Allemagne contre la France. Elle énervait chez nous le patriotisme ; elle le surexcitait chez nos ennemis. Elle nous apprenait à nous diviser, elle enseignait aux autres à se réunir contre nous, et elle semblait justifier d'avance leurs attaques et leurs convoitises.
Le véritable patriotisme n'est pas l'amour du sol, c'est l'amour du passé, c'est le respect pour les générations qui nous ont précédés. Nos historiens ne nous apprennent qu'à les maudire, et ne nous recommandent que de ne pas leur ressembler. Ils brisent la tradition française, et ils s'imaginent qu'il restera un patriotisme français. Ils vont répétant que l'étranger vaut mieux que la France, et ils se figurent qu'on aimera la France. Depuis cinquante ans, c'est l'Angleterre que nous aimons, c'est l'Allemagne que nous louons, c'est l'Amérique que nous admirons. Chacun se fait son idéal hors de France. Nous nous croyons libéraux et patriotes quand nous avons médit de la patrie. Involontairement et sans nous en apercevoir, nous nous accoutumons à rougir d'elle et à la renier. Nous nourrissons au fond de notre âme une sorte de haine inconsciente à l'égard de nous-mêmes. C'est l'opposé de cet amour de soi qu'on dit être naturel à l'homme ; c'est le renoncement à nous-mêmes. C'est une sorte de fureur de nous calomnier et de nous détruire, semblable à cette monomanie du suicide dont vous voyez certains individus tourmentés. Nos plus cruels ennemis n'ont pas besoin d'inventer les calomnies et les injures : ils n'ont que la peine de répéter ce que nous disons de nous-mêmes. Leurs historiens les plus hostiles n'ont qu'à traduire les nôtres. Quand l'un d'eux écrit que « la race gauloise était une race pourrie », il ne fait que répéter ce que nous avons dit en d'autres termes. Quand M. de Sybel parle de « la corruption incurable » de l'ancienne société française, il n'est que l'écho affaibli de la plupart de nos historiens. M. de Bismarck disait naguère que la France était une nation orgueilleuse, ambitieuse, ennemie du repos de l'Europe ; c'est chez nos historiens qu'il avait pris ces accusations. Nous avons appris récemment que l'étranger nous détestait ; il y avait cinquante ans que nous nous appliquions à convaincre l'Europe que nous étions haïssables. L'histoire française combattait pour l'Allemagne contre la France. Elle énervait chez nous le patriotisme ; elle le surexcitait chez nos ennemis. Elle nous apprenait à nous diviser, elle enseignait aux autres à se réunir contre nous, et elle semblait justifier d'avance leurs attaques et leurs convoitises.
Jacques Laurent. Avec la collaboration de Gabriel Jeantet. Année 40 : Londres, de Gaulle, Vichy
"Les secrets des dieux
Pendant un temps, de 1919 à 1936, la France, détentrice
de la plus puissante armée terrestre du monde, se montre
résignée à ne point s'en servir — même dans des cas
aussi graves que la remilitarisation de la Rhénanie par
Hitler. Durant cette période, seule la droite envisagea
la guerre avec faveur et même Maurras, devant la montée
du nazisme, osa prêcher une guerre préventive. Le reste
du pays, justement hanté par le souvenir de la « grande
guerre », habité pour longtemps par l'horreur et surtout
le doute dont les combattants avaient été frappés en
1917, considérait que la paix est le plus grand des biens.
...
Pourtant les Français étaient toujours aussi pacifistes.
Ils l'avaient prouvé en se faisant une fête de Munich. Les
quarante heures, le droit aux vacances, aux loisirs, au
plein air donnaient même à la paix une saveur, une allé-
gresse qu'elle n'avait jamais eues. Parce qu'ils avaient
obtenu tous ces avantages sans révolution, ils croyaient
plus que jamais que les conflits internationaux pouvaient
être réglés sans guerre, qu'elle était anachronique. Même
la droite, en grande partie, inclinait à la paix, soit parce
qu'elle considérait que la renaissance militaire allemande
rendait la guerre inopportune, soit, dans son infime
minorité, par complaisance pour les régimes dictatoriaux."
"Les secrets des dieux
Pendant un temps, de 1919 à 1936, la France, détentrice
de la plus puissante armée terrestre du monde, se montre
résignée à ne point s'en servir — même dans des cas
aussi graves que la remilitarisation de la Rhénanie par
Hitler. Durant cette période, seule la droite envisagea
la guerre avec faveur et même Maurras, devant la montée
du nazisme, osa prêcher une guerre préventive. Le reste
du pays, justement hanté par le souvenir de la « grande
guerre », habité pour longtemps par l'horreur et surtout
le doute dont les combattants avaient été frappés en
1917, considérait que la paix est le plus grand des biens.
...
Pourtant les Français étaient toujours aussi pacifistes.
Ils l'avaient prouvé en se faisant une fête de Munich. Les
quarante heures, le droit aux vacances, aux loisirs, au
plein air donnaient même à la paix une saveur, une allé-
gresse qu'elle n'avait jamais eues. Parce qu'ils avaient
obtenu tous ces avantages sans révolution, ils croyaient
plus que jamais que les conflits internationaux pouvaient
être réglés sans guerre, qu'elle était anachronique. Même
la droite, en grande partie, inclinait à la paix, soit parce
qu'elle considérait que la renaissance militaire allemande
rendait la guerre inopportune, soit, dans son infime
minorité, par complaisance pour les régimes dictatoriaux."
Barrès Maurice. Étude pour la protection des ouvriers français contre les étrangers. 1893
Maurice Barrès écrit ce petit livre dénonçant la volonté du patronat français de favoriser les étrangers pour augmenter le chômage et donc faire pression sur les salaires. Ce texte date de 1893 ...
Barrès dénonce une politique socialiste favorisant l'étranger et non les français. Je mets quelques extraits ...
Maurice Barrès écrit ce petit livre dénonçant la volonté du patronat français de favoriser les étrangers pour augmenter le chômage et donc faire pression sur les salaires. Ce texte date de 1893 ...
Barrès dénonce une politique socialiste favorisant l'étranger et non les français. Je mets quelques extraits ...
Extrait de
L'épopée des Croisades - René GROUSSET
Chapitre 3 : la première croisade
GODEFROI DE BOUILLON, RAYMOND DE SAINT-GILLES ET BOHÉMOND
Tandis que la croisade populaire, fourvoyée par des chefs incapables ou indignes, aboutissait à ce lamentable échec, celle des barons, organisée en grandes armées régulières, se mettait en marche vers Jérusalem.
Le chef du premier groupe était le duc de Basse Lotharingie, c’est-à-dire de Brabant, Godefroi de Bouillon. A l’heure où commençaient à se préciser la physionomie historique de la France et celle de la future Belgique, Godefroi se présente à nous comme la première incarnation des amitiés franco-belges. Sa mère n’était-elle pas l’héritière des ducs de Brabant, tandis que son père était comte de Boulogne-sur-mer, au royaume de France ? De type physique, c’est bien un chevalier du nord. Très grand, la poitrine large et les membres vigoureux, mais la taille mince et élevée, il a les traits fins, les cheveux et la barbe d’un blond vif. Vaillant guerrier s’il en fut, c’est lui qui à la bataille de Dorylée rétablira la situation compromise en arrivant, ventre à terre, avec cinquante chevaliers, sur les Turcs jusque-là victorieux. Grand chasseur comme ses cousins des Ardennes, il manquera en Cilicie d’être tué par un ours énorme qu’il a affronté corps à corps. Sa force est stupéfiante. Un jour, en Syrie, des cheikhs arabes, pour s’en assurer, le défieront de décapiter d’un seul coup de sabre un chameau adulte et à l’instant la tête de l’animal roulera à leurs pieds. Sa loyauté est proverbiale. Bien que longtemps lésé par son suzerain, l’empereur d’Allemagne Henri IV, il lui est resté fidèle dans la lutte contre l’anti-César suscité par la Papauté. Cette obéissance a dû coûter à Godefroi, car sa piété est exemplaire. Les clercs de son entourage ne se plaignent-ils pas de ses interminables oraisons qui leur font ensuite trouver le dîner froid ? Au cours de la croisade, ce sera un pèlerin pieux, plein de bonne grâce, de douceur, de charité, d’humilité chrétienne.
L'épopée des Croisades - René GROUSSET
Chapitre 3 : la première croisade
GODEFROI DE BOUILLON, RAYMOND DE SAINT-GILLES ET BOHÉMOND
Tandis que la croisade populaire, fourvoyée par des chefs incapables ou indignes, aboutissait à ce lamentable échec, celle des barons, organisée en grandes armées régulières, se mettait en marche vers Jérusalem.
Le chef du premier groupe était le duc de Basse Lotharingie, c’est-à-dire de Brabant, Godefroi de Bouillon. A l’heure où commençaient à se préciser la physionomie historique de la France et celle de la future Belgique, Godefroi se présente à nous comme la première incarnation des amitiés franco-belges. Sa mère n’était-elle pas l’héritière des ducs de Brabant, tandis que son père était comte de Boulogne-sur-mer, au royaume de France ? De type physique, c’est bien un chevalier du nord. Très grand, la poitrine large et les membres vigoureux, mais la taille mince et élevée, il a les traits fins, les cheveux et la barbe d’un blond vif. Vaillant guerrier s’il en fut, c’est lui qui à la bataille de Dorylée rétablira la situation compromise en arrivant, ventre à terre, avec cinquante chevaliers, sur les Turcs jusque-là victorieux. Grand chasseur comme ses cousins des Ardennes, il manquera en Cilicie d’être tué par un ours énorme qu’il a affronté corps à corps. Sa force est stupéfiante. Un jour, en Syrie, des cheikhs arabes, pour s’en assurer, le défieront de décapiter d’un seul coup de sabre un chameau adulte et à l’instant la tête de l’animal roulera à leurs pieds. Sa loyauté est proverbiale. Bien que longtemps lésé par son suzerain, l’empereur d’Allemagne Henri IV, il lui est resté fidèle dans la lutte contre l’anti-César suscité par la Papauté. Cette obéissance a dû coûter à Godefroi, car sa piété est exemplaire. Les clercs de son entourage ne se plaignent-ils pas de ses interminables oraisons qui leur font ensuite trouver le dîner froid ? Au cours de la croisade, ce sera un pèlerin pieux, plein de bonne grâce, de douceur, de charité, d’humilité chrétienne.
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René Grousset, Bilan de l’Histoire
Aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même, aucun empire n’est conquis de l’extérieur, qu’il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation, ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leurs raisons d’être, quand l’idée dominante autour de laquelle elles étaient naguère organisées leur est comme devenue étrangère. Tel fut le cas du monde antique.
Aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même, aucun empire n’est conquis de l’extérieur, qu’il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation, ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leurs raisons d’être, quand l’idée dominante autour de laquelle elles étaient naguère organisées leur est comme devenue étrangère. Tel fut le cas du monde antique.
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À la découverte des Français - Une famille de paysans : Dangers en pays chartrain - 0H46 — 18-12-1958 — Réal : Jacques Krier.
À Dangers, la famille Morizeau, qui s’étale sur trois générations, a créé une association avec d’autres paysans. Les témoignages et les images récoltées dans le village décrivent le fonctionnement singulier de cette coopérative. Durant le débat, les participants reviennent sur l'histoire de sa création.
À Dangers, la famille Morizeau, qui s’étale sur trois générations, a créé une association avec d’autres paysans. Les témoignages et les images récoltées dans le village décrivent le fonctionnement singulier de cette coopérative. Durant le débat, les participants reviennent sur l'histoire de sa création.
L'Américanisation de la société française - Régis Debray
1919, traité de Versailles. Pour la première fois depuis deux siècles , le texte français d'un accord internationale fait plus loi. Le président Wilson exige une version en anglais. Le français cesse d'être la langue de la diplomatie.
1920, fondation à New York, par Duchamp et Man ray, de la société anonyme, un lieu pour exposer de l'art "moderne". "L'homme le plus intelligent et pour beaucoup le plus gênant de cette première partie du XXe siècle (André Breton sur Duchamp) s'est installé aux États-unis dès 1915. L'urinoir signé R.Mutt, le célèbre ready-made, est exposé à New York en 1917. (derrière un écran).
1925, la Métro Goldwyn Mayer rachète les parts du Crédit commercial de France de la société anonyme de la société Gaumont. Confirmation du transfert de l'usine à rêves de Paris à Hollywood.
1926, Charles Pathé abandonne à Kodak (USA) le monopole de la fabrication du film vierge, qu'il avait arraché à Georges Eastman avant la guerre.
1927, Warner Bros produit le premier film parlant. Le Chanteur de jazz. "Si cela marche, a dit le producteur, le monde entier parlera anglais. (L'image sonore n'arrivera en France qu'en 1930.)
1943, création de l'Amgot (Allied Military Government of Occupied Territories). Confondant libération et occupation, le président Roosevelt signe un projet d'administration de la France libérée donnant au commandement suprême allié toute autorité sur l'ensemble du territoire et prévoyant une monnaie imprimée aux États-Unis et distribuée par l'administration américaine à la population. Plan déjoué au printemps 1944 par de Gaulle ,avec l'appui sur place du général Eisenhower.
1946, signature de l'accord Blum-Byrnes. Vichy avait interdit les films américains. Une fraction de la dette française effacée, en contrepartie de quoi les États-Unis, sous l'égide d'une maxime perspicace, trade follows the film, exigent l'abandon du quota pour les productions américaines et une sévère réduction des exclusivités pour les films français (de sept à quatre semaines). Se créera en réaction un comité de défense du cinéma français (Jean Marais et Simone Signoret), et le centre national du cinéma viendra au secours des films français, leur production ayant chuté de moitié. En Allemagne, après guerre, la diffusion des films américains n'est pas réglementée.
1946, parallèlement au plan Marshall, les États-Unis lancent le programme Fullbright "pour la reconstruction intellectuelle de l'Europe".
1948, promulgation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "l'homme moral de notre temps". Votée par l'assemblée générale des Nations unies à Paris, au palais de Chaillot, mais rédigée à Lake Success en 1947, sous l'égide de la grande Eleanore Roosevelt, veuve du président, elle représente à double titre, par son caractère d'universalité, une considérable avancée sur la déclaration de 1789. C'est l'individu en tant que tel, qu'il soit apatride, réfugié , migrant ou demandeur d'asile, qui devient sujet des droits imprescriptible et les principes énoncés, quoique dépourvus de caractère obligatoire, s'imposent à tous les pays.
1919, traité de Versailles. Pour la première fois depuis deux siècles , le texte français d'un accord internationale fait plus loi. Le président Wilson exige une version en anglais. Le français cesse d'être la langue de la diplomatie.
1920, fondation à New York, par Duchamp et Man ray, de la société anonyme, un lieu pour exposer de l'art "moderne". "L'homme le plus intelligent et pour beaucoup le plus gênant de cette première partie du XXe siècle (André Breton sur Duchamp) s'est installé aux États-unis dès 1915. L'urinoir signé R.Mutt, le célèbre ready-made, est exposé à New York en 1917. (derrière un écran).
1925, la Métro Goldwyn Mayer rachète les parts du Crédit commercial de France de la société anonyme de la société Gaumont. Confirmation du transfert de l'usine à rêves de Paris à Hollywood.
1926, Charles Pathé abandonne à Kodak (USA) le monopole de la fabrication du film vierge, qu'il avait arraché à Georges Eastman avant la guerre.
1927, Warner Bros produit le premier film parlant. Le Chanteur de jazz. "Si cela marche, a dit le producteur, le monde entier parlera anglais. (L'image sonore n'arrivera en France qu'en 1930.)
1943, création de l'Amgot (Allied Military Government of Occupied Territories). Confondant libération et occupation, le président Roosevelt signe un projet d'administration de la France libérée donnant au commandement suprême allié toute autorité sur l'ensemble du territoire et prévoyant une monnaie imprimée aux États-Unis et distribuée par l'administration américaine à la population. Plan déjoué au printemps 1944 par de Gaulle ,avec l'appui sur place du général Eisenhower.
1946, signature de l'accord Blum-Byrnes. Vichy avait interdit les films américains. Une fraction de la dette française effacée, en contrepartie de quoi les États-Unis, sous l'égide d'une maxime perspicace, trade follows the film, exigent l'abandon du quota pour les productions américaines et une sévère réduction des exclusivités pour les films français (de sept à quatre semaines). Se créera en réaction un comité de défense du cinéma français (Jean Marais et Simone Signoret), et le centre national du cinéma viendra au secours des films français, leur production ayant chuté de moitié. En Allemagne, après guerre, la diffusion des films américains n'est pas réglementée.
1946, parallèlement au plan Marshall, les États-Unis lancent le programme Fullbright "pour la reconstruction intellectuelle de l'Europe".
1948, promulgation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, "l'homme moral de notre temps". Votée par l'assemblée générale des Nations unies à Paris, au palais de Chaillot, mais rédigée à Lake Success en 1947, sous l'égide de la grande Eleanore Roosevelt, veuve du président, elle représente à double titre, par son caractère d'universalité, une considérable avancée sur la déclaration de 1789. C'est l'individu en tant que tel, qu'il soit apatride, réfugié , migrant ou demandeur d'asile, qui devient sujet des droits imprescriptible et les principes énoncés, quoique dépourvus de caractère obligatoire, s'imposent à tous les pays.
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0H52 — 08-01-1959 — Réal : Jacques Krier/Jean Claude Bergeret
La rue Mouffetard, située en plein du cœur du Quartier Latin, a un passé riche d’histoire. Au cours des interviews, les habitants racontent la vie du quartier telle qu’elle est aujourd’hui, puis les invités en plateau se penchent sur l’avenir de cette rue légendaire dont il faut préserver le patrimoine.
La rue Mouffetard, située en plein du cœur du Quartier Latin, a un passé riche d’histoire. Au cours des interviews, les habitants racontent la vie du quartier telle qu’elle est aujourd’hui, puis les invités en plateau se penchent sur l’avenir de cette rue légendaire dont il faut préserver le patrimoine.
L'armée de Weygand - Louis Berteil
Au lendemain de la guerre de 1914-1918 la France exsangue, ayant perdu un million cinq cent mille jeunes hommes sur les champs de bataille, financièrement ruinée, les deux tiers de son industrie anéantis par les destructions allemandes perpétrées dans nos provinces du Nord et de l'Est, mais qui avait retrouvé ses provinces d'Alsace et de Lorraine et bénéficiait d'un prestige mondial immense, renonça délibérément à toute politique d'agression.
Elle se refusa d'envisager désormais la guerre comme un moyen d'atteindre ses buts nationaux, sauf pour se défendre contre une agression délibérée.
C'était une attitude généreuse, hautement morale et idéaliste, mais témérairement optimiste dans un monde moderne réaliste et dur et qui ne pouvait constituer une fin en soi si elle n'était pas payée de retour chez tous les autres peuples et en particulier chez nos voisins immédiats.
En adoptant cette politique passive la France se refusait non seulement à commettre désormais des guerres d'agression mais ce qui est plus lourd de conséquence, à pouvoir assurer sa sécurité par une attaque préventive contre une menace grandissante que la réprobation universelle ne parviendrait pas à contenir !
...
Nos forces terrestres déjà insuffisantes sur le plan numérique puisque nous n'avons pu aligner au Nord-Est que 71 divisions en face de 150 divisions allemandes, étaient inférieures qualitativement car elles comprenaient 37 divisions à base de réserve instruites sous le service d'un an et seulement 34 divisions avec 75 % d'active.
Leurs dotations en matériels, déjà insuffisantes sur le papier, étaient très incomplètes.
Les Gouvernements français successifs, obsédés par le déficit budgétaire chronique et harcelé par les clameurs des pacifistes, n'avaient pas voulu faire en temps opportun, c'est-à-dire avant 1936, l'effort financier indispensable.
...
Après la révélation du pacte Berlin-Moscou, sous l'impulsion du parti communiste il y eu des grèves perlées, des sabotages et un freinage des fabrications qui furent assez graves pour provoquer la dissolution du parti et l'arrestation de ceux de ses chefs qui n'avaient pas fui à l'étranger.
Toutes ces faiblesses, ces imperfections de notre appareil militaire étaient apparues aux yeux de l'opinion lors de la « fausse mobilisation » de 1938 à propos de l'alerte des Sudètes. C'est dans ce sentiment profond et général que nous n'étions pas prêts, qu'il faut chercher l'explication du « lâche soulagement » qui étreignit la Nation après la capitulation de Munich. Mais un an après, lors de la «vraie mobilisation»,celle du 1 septembre 1939, rien dans l'inertie générale n'avait été fait pour remédier à nos insuffisances.
Au lendemain de la guerre de 1914-1918 la France exsangue, ayant perdu un million cinq cent mille jeunes hommes sur les champs de bataille, financièrement ruinée, les deux tiers de son industrie anéantis par les destructions allemandes perpétrées dans nos provinces du Nord et de l'Est, mais qui avait retrouvé ses provinces d'Alsace et de Lorraine et bénéficiait d'un prestige mondial immense, renonça délibérément à toute politique d'agression.
Elle se refusa d'envisager désormais la guerre comme un moyen d'atteindre ses buts nationaux, sauf pour se défendre contre une agression délibérée.
C'était une attitude généreuse, hautement morale et idéaliste, mais témérairement optimiste dans un monde moderne réaliste et dur et qui ne pouvait constituer une fin en soi si elle n'était pas payée de retour chez tous les autres peuples et en particulier chez nos voisins immédiats.
En adoptant cette politique passive la France se refusait non seulement à commettre désormais des guerres d'agression mais ce qui est plus lourd de conséquence, à pouvoir assurer sa sécurité par une attaque préventive contre une menace grandissante que la réprobation universelle ne parviendrait pas à contenir !
...
Nos forces terrestres déjà insuffisantes sur le plan numérique puisque nous n'avons pu aligner au Nord-Est que 71 divisions en face de 150 divisions allemandes, étaient inférieures qualitativement car elles comprenaient 37 divisions à base de réserve instruites sous le service d'un an et seulement 34 divisions avec 75 % d'active.
Leurs dotations en matériels, déjà insuffisantes sur le papier, étaient très incomplètes.
Les Gouvernements français successifs, obsédés par le déficit budgétaire chronique et harcelé par les clameurs des pacifistes, n'avaient pas voulu faire en temps opportun, c'est-à-dire avant 1936, l'effort financier indispensable.
...
Après la révélation du pacte Berlin-Moscou, sous l'impulsion du parti communiste il y eu des grèves perlées, des sabotages et un freinage des fabrications qui furent assez graves pour provoquer la dissolution du parti et l'arrestation de ceux de ses chefs qui n'avaient pas fui à l'étranger.
Toutes ces faiblesses, ces imperfections de notre appareil militaire étaient apparues aux yeux de l'opinion lors de la « fausse mobilisation » de 1938 à propos de l'alerte des Sudètes. C'est dans ce sentiment profond et général que nous n'étions pas prêts, qu'il faut chercher l'explication du « lâche soulagement » qui étreignit la Nation après la capitulation de Munich. Mais un an après, lors de la «vraie mobilisation»,celle du 1 septembre 1939, rien dans l'inertie générale n'avait été fait pour remédier à nos insuffisances.