Le passager
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La Russie attaque Pavel Durov car il permet à l'Ukraine d'utiliser Telegram et également pour ne pas censurer la propagande sexuelle occidentale. Il est poursuivi pour tous ces motifs pour complicité de terrorisme.

Pavel Durov était en voyage en Géorgie ces derniers jours et nous espérons qu'il pourra se réfugier... En France où ses conditions de poursuites judiciaires sont manifestement plus clémentes.

Il ne fait pas bon être favorable à la liberté d'expression et d'opinion dans le monde aujourd'hui. Les Etats-Unis demeurent les moins autoritaires en la matière à ce jour encore.

Le plus terrible est que la conséquence sera de pousser Telegram dans les bras de l'Occident, et donc de Kiev, contre les intérêts de la Russie.
Dans l'affaire de la Russie contre Pavel Durov, les autorités n'ont pas hésité à produire une fausse preuve très grossière et facilement vérifiable comme telle : une conversation montrant une communication privée entre deux personnes inconnues (qui peuvent être inventées), qui évoque des propos assez absurdes, est brandie sur RT pour tenter de convaincre que Telegram sert à commettre des choses illégales. Problème : la copie d'écran a été prise sur VK. C'est-à-dire qu'ils ne se sont même pas embêtés à utiliser la bonne messagerie pour créer leur fausse preuve et ils ont ainsi incriminé la messagerie VK, qui appartient actuellement au fils de Sergueï Kirienko, chef adjoint de l'administration du Kremlin (un monopole est créé pour Vladimir Kirienko).

Suite à l'attaque contre Durov, les actions de VK ont encore augmenté. Un effet systématique à chaque action contre Telegram ou Durov.

Malgré les effets d'annonce, la procédure contre Durov n'a pas été rendue internationale et même si elle l'était, il ne serait pas inquiété en France plus qu'il ne l'est déjà dans ce pays. Pour les EAU, la certitude est moindre. Le danger est surtout durant ses déplacements à l'international.
La Russie censure également deux petites messageries, BIP et KakaoTalk, que quelques personnes pouvaient commencer à utiliser en remplacement des messageries plus populaires déjà censurées. L'accès nécessite maintenant un VPN.

Il est étrange que ces messageries n'aient pas été censurées depuis longtemps comme tout le reste d'Internet.
La Lettonie a mis en place un système de censure qui permet le fichage des internautes consultant les sites d'information russes concernés. En consultant par exemple Sputnik, un internaute est automatiquement redirigé vers un site gouvernemental sur lequel il subit un rappel de se conformer à la propagande officielle et à ne pas consulter d'opinions différentes. Simultanément, les données de sa connexion sont collectées et conservées durant une année, durant laquelle les autorités peuvent en demander la transmission pour un fichage et/ou une sanction.

Ce que cela implique concrètement pour nous (quelle leçon en tirer).

Si la pratique se répand, et même si la pratique n'est pas aussi visible (le fournisseur d'accès peut collecter les informations de connexion sans empêcher l'accès au site, ou bien il peut bloquer l'accès et collecter les informations sans rediriger vers une page d'avertissement), il convient de prendre l'habitude d'utiliser des connexions sécurisées de plus en plus systématiquement pour la consultation de données géopolitiques ou inconnues. TOR et les VPN ou par proxy ou en demandant à une interface d'IA d'y accéder et d'en faire le résumé ou la description (à condition que le service d'IA soit lui-même utilisé de manière anonyme).

A noter que nous observons de plus en plus de sites qui se coupent des adresses IP étrangères, y compris des sites privés, empêchant leur consultation de manière sécurisée. Nous l'avions anticipé, d'autant que la pratique a été imposée en Russie depuis le printemps et un certain nombre collaborent à cette exigence : TOR deviendra de plus en plus coupé de l'Internet et les VPN seront de moins en moins exploitables.
La Russie veut obliger les sites étrangers qui opèrent en Russie (s'ils veulent échapper à la censure) de restreindre l'authentification à l'utilisation d'un numéro de téléphone russe. Lui-même étant lié à l'identité du citoyen russe (via Gosuslugi).

L'identité numérique est déjà en vigueur depuis longtemps en Russie via le numéro de téléphone obligatoirement lié à l'identité physique, et qui est obligatoire pour se connecter sur les principaux sites Internet russes.

La mesure sera probablement appliquée ultérieurement en Occident, peut-être différemment, avec des applications de contrôle d'identité ou en se connectant par Google ou Apple ou Microsoft avec des comptes liés au téléphone et/ou à l'identité physique.

Donc cela doit inciter à développer des sites indépendants de ces mesures, notamment les Onions sur TOR, et pas uniquement, car progressivement, Internet continuera à devenir inaccessible.
L'Australie profite de l'attaque russe contre Pavel Durov qu'elle accuse de terrorisme car il n'empêche pas les Ukrainiens d'utiliser Telegram et il ne censure pas la propagande sexuelle occidentale.

L'Australie pour sa part attaque Telegram pour ne pas avoir censuré l'information sur une fusillade en 2019 et 2022. Elle accuse ainsi Telegram de promouvoir le terrorisme.

Donc des deux côtés du rideau de fer, Telegram est qualifiée de terroriste, en utilisant des astuces fantaisistes.

Devrions-nous accuser Telegram de complicité de terrorisme car la messagerie a permis au parti En Marche d'Emmanuel Macron de coordonner sa campagne électorale en 2017 ? Combien de personnes ont-elles été terrorisées par ce parti et son chef en bientôt 10 ans ? Des millions au bas mot.

Il ne reste plus beaucoup d'endroits dans le monde pour pouvoir s'exprimer librement et pour pouvoir accéder librement à l'expression d'autrui.
Avec l'obligation de préciser "Inscrit sur la liste des terroristes et extrémistes" à chaque mention de Pavel Durov, comme ici, la Russie ridiculise à la fois son image et la notion de terrorisme, et ce aux yeux de l'ensemble de la population russe et de celle du monde entier.

Même chose pour son interdiction de s'exprimer sur Internet.

Pavel Durov doit être un des rares "terroristes" dans l'Histoire qui n'a jamais terrorisé personne.
Pavel Durov a également suggéré à la Russie qu'il pourrait lui-même censurer les chaînes gouvernementales russes sur Telegram... Ou plutôt les nombreuses affaires publicitaires des entreprises gouvernementales (ou proches du pouvoir) qui se tiennent sur la messagerie pourtant censurée.

Mais il est probable que les bureaucrates russes n'aient pas la profondeur d'esprit nécessaire pour comprendre le message. Bien sûr, cela pourrait amplifier l'auto-sabotage de la Russie dans l'espace numérique. Mais il est aussi possible que Pavel Durov s'en tienne à un petit troll, d'autant plus que Telegram touche une commission sur les publicités.
Un missile de croisière russe Kh-101 est tombé en Pologne. Traditionnellement, dans les cas concrets, les pays de l'OTAN sont de bonne foi et ne cherchent pas à utiliser cela comme prétexte pour entrer en guerre. Au contraire, ils expliquent que le missile est tombé là par erreur. Ils en profitent simplement pour y placer un message publicitaire en faveur de livraisons d'armes supplémentaires à Kiev, payées d'une manière ou d'une autre par les contribuables occidentaux, et enrichissant les actionnaires de l'armement.

La Pologne en profite pour faire un coup de propagande, déclarant qu'elle n'avait pas abattu le missile qui est tombé à près de 100 km de la frontière car il se trouvait dans un endroit peu habité. La réalité est que la trajectoire de ce type de missile est inconnue à l'avance, d'autant plus que celui-ci s'était manifestement perdu. Donc cela signifie que l'armée polonaise ne l'avait pas identifié et n'avait pas été capable de l'abattre.
Poursuivant sa campagne de censure, nouvelle activité mondiale à la mode, l'Inde s'en prend à Meta/Facebook/Instagram pour le contenu des utilisateurs qui s'y trouve.

Suite aux opérations de censure des deux derniers mois, les utilisateurs indiens, en toute logique, se plaignent publiquement de la politique de leur gouvernement qui ne représente pas leurs intérêts.

Le bras armé du gouvernement indien, la police indienne, accuse la plateforme de continuer à publier le contenu désapprobateur. Des "dossiers" sont montés et des menaces savamment tournées dans le langage bureaucratique/policier sont proférées.

La plateforme, pourtant réputée pour le peu de liberté qui y règne, semble plutôt négocier ici quelque chose avec le gouvernement indien, et pas du tout la liberté accordée aux utilisateurs indiens.
L'Union européenne, en collaboration avec le Royaume-Uni, crée un nouveau bureau spécialisé qui doit influencer le débat sur un changement climatique d'origine anthropique. Avec des organisations partenaires européennes, le service météorologique allemand gérera le "Centre d'évaluation de l'impact des événements extrêmes", qui sera basé au sein du service météorologique britannique à Exeter.

Dans les jours qui suivent un événement météorologique extrême, le service publiera des informations sur "le rôle joué par l'activité humaine".

En résumé, nous attendons une nouvelle vague de propagande grossière sur le "réchauffement climatique".

source
Les investissements massifs en faveur de la décroissance se poursuivent.
Le gouvernement d’Emmanuel Macron a décidé que mes propos tenus publiquement sur les plateaux de CNEWS et d’Europe 1, ainsi que mes chroniques publiées dans les pages du JDNews, représentaient un danger immédiat pour la République, et a prononcé mon expulsion en urgence absolue.

Il m’est reproché de chercher « à saper la confiance des citoyens européens, et en particulier des citoyens français, en leurs institutions et à instiller le doute sur le bien-fondé du soutien apporté à l’Ukraine ».

Ils affirment que mon comportement, qui consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l’exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste, « porte ainsi atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat » et que ma présence sur le territoire constitue « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ; que par suite, il y a lieu de prononcer en urgence absolue son expulsion du territoire national en application de l’article L. 631-1 du CESEDA afin de faire cesser au plus vite ces prises de positions qui ont pour effet de déstabiliser le corps social ».

En outre, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ont pris dans la nuit un arrêté visant à geler mes avoirs.

Mes avocats contesteront cette décision. Le résultat reste à voir, alors que nous assistons à une forme entièrement nouvelle de pression politique ayant un seul objectif, la censure des opinions qui ne correspondent pas au discours officiel.

Les médias mainstream s’emploient activement à expliquer aux Français qu’il ne s’agit pas d’une menace pour la liberté d’expression, et cela fonctionne, car la décision est justifiée par le fait que je suis russe et que le terrain d’une « russophobie publiquement admise » a malheureusement été préparé depuis plusieurs années.

Ceux qui célèbrent cette décision manquent de clairvoyance, car aujourd’hui, c’est moi, et demain, ce sera toute personne qui osera s’exprimer en dehors de la pensée unique.

Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui m’ont adressé des messages de soutien et d’encouragement, et tout particulièrement Canal+ et Lagardère pour leur attachement à la liberté d’expression.

source #Censure
Une personne honnête et bien courageuse (et kamikaze), logiquement visée dans le jeu politique dans lequel elle participait volontairement. Nous n'avons pas son courage et son talent que nous lui enviions depuis plusieurs années, même si nous ne la lisions que très occasionnellement.

Le vol de ses biens est la petite mesquinerie supplémentaire et gratuite qui distingue particulièrement bien les régimes totalitaires. Il est même interdit, comme d'habitude en UE, de lui donner le moindre centime.

En attendant, elle est enfermée chez elle, sauf pour aller pointer quotidiennement à la police. Traitement qu'on aimerait voir appliquer aux délinquants qui pullulent dans ce pays.

Ne nous trompons pas : Xenia a parfaitement servi la cause, ici encore avec brio, l'ennemi aura perdu largement plus qu'il n'aura gagné face à elle dans le grand public.

Nous pensions que les Français seraient plus massivement attaqués en 2026, il leur faut être très prudents, 2027 s'annonce dangereuse.
Le trafic provenant de Google vers les sites Internet a diminué d'un tiers en un an, et les petits sites ont perdu près des deux tiers de leur trafic en deux ans. Cela est directement dû à l'IA qui affiche directement les résultats aux utilisateurs, et qui mène les recherches en leur nom.

En réponse, les administrateurs de sites Internet se tournent vers l'optimisation de leurs pages pour les moteurs d'IA, ils relancent l'ancienne pratique des newsletters et ils tentent de négocier des accords de licence avec les entreprises d'IA.

source
Cela signifie que la censure et la propagande vont exploser et devenir encore plus invisibles, puisque les gens vont observer le contenu à travers le filtre d'une poignée d'acteurs motivés par un gain financier et politique. Les créateurs de sites vont aussi adapter leur contenu en conséquence (y compris en utilisant l'IA pour le créer) et la diffusion d'idées naturelles va disparaître.

Une autre conséquence est la perte progressive de l'outil de renseignement très efficace qu'était Google Trends et qui permettait de suivre l'opinion réelle des populations depuis plus de 20 ans.

Il ne faut pas non plus penser que les newsletters évitent le filtre de l'IA. Nous-mêmes utilisons l'IA (modèles fonctionnant en local) pour réinterpréter des papiers scientifiques ou pour résumer ou décrire ou catégoriser des millions de messages échangés dans des espaces de discussion (évolution psychique de catégorie de population, évolution des thèmes abordés, des préoccupations, du ressenti, identification d'espaces de discussions pertinents ou représentatifs etc.).
Les premiers satellites du "Starlink" russe lancés en mars sont entrés en service, apportant quelques heures de communication Internet au-dessus du champ de bataille par jour à une sélection d'utilisateurs les plus importants. Ceux lancés en juillet entreront en service en fin d'automne, ils augmenteront la couverture. Chaque année, les communications satellitaires s'amélioreront. Cela n'atteindra pas l'efficacité de Starlink, même dans 10 ans, mais en rationnalisant au mieux l'utilisation, cela permettra à l'armée russe de l'utiliser pour ses communications et le guidage de ses drones aériens et navals.
Un anniversaire d'une personne importante aux yeux de l'ennemi (potentiellement prénommée "Alexandre" et âgée de 55 ans), et prévu de longue date dans un restaurant de Moscou a été la cible d'une attaque ce soir selon le mode opératoire habituel pour Kiev.

Une livreuse, informée des détails de sa mission ou non, a tenté d'entrer dans le restaurant avec un "cadeau" mais le gardien a exigé de fouiller le paquet. Les agents ennemis ont alors choisi de faire sauter l'explosif à distance à ce moment là, éliminant également la livreuse, gênante. Il y eut plusieurs morts et blessés mais la cible serait épargnée grâce aux actions du gardien décédé.

Cela ne sert jamais de leçon pour les livreurs et autres agents ennemis, qui croient avoir une quelconque valeur aux yeux de Kiev.
Le gouvernement russe appelle ses citoyens à pas publier d'informations détaillées sur eux-mêmes et sur leurs proches sur Internet : lieux d'études et de travail, adresses, informations concernant leur famille et leurs proches.

source
Exact, pour une fois. Car il suffit d'ouvrir votre page écrite il y a 10 ou 15 ans (ou consulter sa version sauvegardée publiquement ou en interne), pour obtenir énormément d'informations utiles pour vous nuire, vous ou un proche ou une relation quelconque. Surtout en période de guerre. Vous n'avez pas besoin de faciliter le travail du stagiaire qui décide des "sanctions" contre les opposants politiques, ou celui des services de Kiev qui organise ses éliminations.

Vous devriez aussi ne jamais communiquer votre identité si elle vous l'est demandée dans les mois à venir pour continuer à utiliser de grands sites populaires, pensez à votre sécurité, changez de plateforme ou contournez. A moins que vous ne vouliez aller au devant de graves ennuis dans les années qui viennent.
Les sites web des banques russes affichent une alerte dans les navigateurs internationaux en raison de la révocation des certificats TLS (due aux sanctions occidentales) et de l'utilisation de certificats produits par le gouvernement russe.

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Les Occidentaux aident à dégrader la sécurité des citoyens russes et aident RKN à créer des attaques de type homme du milieu.
En Russie, un système de traçabilité des marchandises (Marquage des Produits) suscite une colère populaire qui rappelle le projet européen de Passeport Numérique des Produits. Il y a quelques différences.

Qu'est-ce que le marquage russe ? Officiellement, c'est un système national de traçabilité des biens de consommation. Son but déclaré par l'État est de lutter contre la contrefaçon, de garantir la sécurité des produits (notamment alimentaires et médicaux) et de rendre l'économie plus transparente.
Comment ça marche ? Chaque produit (une bouteille d'eau, une boîte de médicaments, un vêtement, ou désormais un morceau de viande) reçoit un QR code unique de type Data Matrix. Ce code est scanné à chaque étape de la chaîne logistique, de l'usine ou de la douane jusqu'à la caisse du supermarché.

Pourquoi parle-t-on de « taxe privée » ? C'est le cœur du scandale et de la colère populaire. Le marquage est rendu obligatoire par l'État sous peine de lourdes amendes, cependant l'opérateur exclusif et monopolistique de ce système n'est pas une agence gouvernementale, mais une entreprise privée appelée CRPT (Centre de Développement des Technologies de Pointe).
Le modèle économique : Les entreprises (fabricants, importateurs, commerçants) doivent payer CRPT pour chaque code Data Matrix généré. De plus, elles doivent s'équiper à leurs frais (scanners, logiciels, imprimantes d'étiquettes).
La critique : L'argent généré par cette obligation d'État ne va pas dans les caisses du budget fédéral (comme le ferait un impôt classique), mais dans les poches d'une entreprise privée (le CRPT est historiquement lié aux structures de l'oligarque Alicher Ousmanov). Pour cette raison les Russes et la communauté des affaires qualifient ce système de « taxe privée » ou d'« impôt occulte ».

L'expansion constante : Initialement prévu pour les médicaments et l'alcool, le système s'étend aujourd'hui à presque tout : l'eau, les vêtements, les pneus, les articles pour la maison, et désormais la viande et les abats (estomacs, intestins). Mikhaïl Doubine, un des directeurs du CRPT, fait la promotion de l'expansion de son système et attire sur lui la colère publique.
Le coût pour les entreprises : Pour les petits producteurs (comme les bouchers ou les petits fabricants), cette bureaucratie numérique est un fardeau financier et logistique écrasant.

La sensation d'ingérence totale et de flicage : En étendant le marquage aux abats ou à la glace alimentaire, le système donne l'impression de vouloir contrôler et monétiser la moindre parcelle de la vie quotidienne.
L'inflation cachée : Le consommateur final est le grand perdant. Les petites et moyennes entreprises, étranglées par les coûts du CRPT (équipement + coût pour les QR codes), n'ont d'autre choix que de répercuter ces frais sur le prix de vente. Le citoyen a donc l'impression de payer une taxe supplémentaire sur son alimentation de base sans en voir les bénéfices.
Le sentiment d'impuissance face à un monopole d'État : La population sait que le CRPT est une structure puissante, soutenue par l'État, contre laquelle les petits entrepreneurs ne peuvent pas lutter. Le sarcasme et les blagues deviennent alors un exutoire face à une bureaucratie numérique perçue comme absurde, coûteuse et inévitable.

En résumé : Il faut comprendre que le marquage n'est pas vu par la population comme un outil de protection du consommateur, mais comme une machine à extraire de l'argent au profit d'un monopole privé, avec la bénédiction de l'État. Chaque nouvelle catégorie de produits marqués (comme la viande ou la glace) est perçue comme une nouvelle ponction sur le pouvoir d'achat des Russes.
Le Passeport Numérique des Produits (UE)

L'Intention : cachée sous la "Transition écologique". C'est la différence fondamentale entre les deux systèmes.
En Russie : L'objectif premier, déclaré, est fiscal et sécuritaire. Officiellement, l'État cherche à éradiquer l'économie souterraine (le marché gris), à s'assurer que la TVA est bien payée à chaque étape, et à lutter contre la contrefaçon (médicaments, alcool, vêtements). C'est un outil de souveraineté numérique et de contrôle étatique sur les flux financiers et physiques.
En Europe (intention réelle emballée sous les motifs écologique et éthique) : L'objectif du Passeport Numérique des Produits (qui concerne les batteries, le textile, l'électronique, etc.) s'inscrit dans le "Green Deal". L'intention déclarée est de forcer la transparence environnementale (empreinte carbone, présence de substances toxiques), de faciliter le recyclage (économie circulaire) et de garantir l'éthique de la chaîne d'approvisionnement (ex: prouver qu'un produit ne contribue pas à la déforestation). C'est un outil présenté comme une régulation bureaucratique normative placée sous l'image de la protection de l'environnement.

Le Modèle Économique : Monopole privé vs Standards ouverts. C'est ici que se joue la notion de « taxe privée » russe par rapport à la lourdeur bureaucratique européenne.
Le modèle russe : L'État russe a délégué ce service régalien à un monopole privé (le CRPT). Les entreprises doivent payer une redevance directe pour chaque code généré. C'est un système centralisé où une seule entreprise privée capte la rente financière de l'obligation légale.
Le modèle européen : L'UE ne crée pas une entreprise privée unique pour facturer un code QR à chaque produit européen. Le système repose sur des standards ouverts et décentralisés. Il n'y a pas de "péage" par produit versé à un oligarque européen. En revanche, le coût pour les entreprises est colossal en termes de mise en conformité : il faut auditer les fournisseurs, collecter des données environnementales complexes, sécuriser les bases de données et intégrer de nouveaux systèmes informatiques.

L'impopularité. La nature de la colère n'est pas la même :

En Russie : L'impact est direct sur le portefeuille : Le coût du marquage et des équipements (scanners, logiciels) est directement répercuté sur le prix final en supermarché. Le citoyen russe le vit comme une inflation artificielle.
L'absurdité bureaucratique : L'extension du marquage à des produits basiques ou périssables (glace, viande, et bientôt potentiellement d'autres denrées brutes) est perçue comme une ingérence absurde de l'État et du CRPT dans la moindre parcelle de l'économie, d'où les blagues cyniques sur le "marquage des excréments".
Le favoritisme d'État : La population et les entrepreneurs savent que le CRPT appartient à des milliardaires proches du pouvoir. Le système est vu comme un moyen légal d'enrichir une élite sous couvert de "transparence".

En Europe : Une colère technocratique, industrielle, liée à la souveraineté et idéologique
Le cauchemar administratif : L'impopularité en Europe vient surtout des fédérations industrielles, des PME et des départements juridiques. Le Passeport Numérique des Produits est perçu comme une "usine à gaz" administrative qui désavantage les entreprises européennes face aux concurrents américains ou asiatiques, peu soumis à ces règles.
Le secret des affaires : Pour prouver l'origine éthique ou écologique d'un produit, les entreprises européennes doivent souvent révéler l'identité de leurs sous-traitants et leurs procédés de fabrication. Cela conduit à un espionnage industriel massif et à une fuite de données stratégiques.
Un protectionnisme déguisé pour favoriser certains : Les industriels internationaux et européens accusent l'UE d'utiliser ces traçabilités prétendument écologiques en tant que barrières douanières qui n'en portent pas le nom pour bloquer certaines importations.
Le consommateur européen : Il est moins directement hostile que le consommateur russe car il est moins immédiatement touché, l'effet sur son mode de vie est sur le plus long terme. Bien qu'une partie commence à comprendre et à fatiguer face à la prolifération des labels, des QR codes environnementaux et des éco-participations qui complexifient les achats et augmentent les prix, sans bénéfice écologique.

En résumé : Le système russe est directement perçu comme un outil de prélèvement financier et de contrôle policier géré par un capitalisme de connivence. La population le rejette car elle le voit comme une taxe illégitime pesant sur sa survie quotidienne.
Le projet européen est perçu comme un outil de régulation morale et environnementale, la majorité de la population accepte le principe de la manipulation psychique sur le conditionnement comportemental qu'il implique (le biais écologique pousse le consommateur à accepter les contraintes par une culpabilité environnementale qu'il ne remet pas en cause). Il est extrêmement impopulaire auprès des industriels car il représente un mur bureaucratique, porte atteinte à la confidentialité des données et porte un coût à la compétitivité déjà bien affaiblie, mais il ne repose pas directement sur le principe d'une "taxe privée" reversée à un monopole d'État.

Dans les deux cas, la promesse officielle "protéger le consommateur" ou "sauver la planète" se heurte à la réalité : une complexité logistique extrême payée par le consommateur final.
Apple a temporairement censuré l'ensemble de Telegram en se rendant complice, volontairement ou non, d'un chantage. Il faut dire que l'entreprise américaine n'est ni réputée pour son attachement absolu à la liberté d'expression, ni pour sa bienveillance envers la messagerie...

Tout commence par une attaque de maîtres chanteurs qui exigent des rançons aux propriétaires de groupes de discussion publics sous peine de faire tomber leurs communautés. Ils s'y prennent à l'avance, en publiant des messages anodins dans le groupe ciblé.

S'ils ne reçoivent pas l'argent, ils éditent ensuite ces anciens messages en y injectant du contenu illégal.
Cette manipulation rend le contenu "invisible" pour la majorité des membres (qui consultent le fil d'actualité récent sans remonter l'historique).
Les attaquants dénoncent ensuite directement ce contenu "caché" à Apple, qui s'érige volontiers en justicier privé. En effet, grâce à sa position de monopole, la firme de Cupertino impose déjà à Telegram une version bridée de son application sur l'App Store, l'obligeant à censurer certaines chaînes et groupes.

Cette fois, Apple n'a même pas pris la peine de contacter Telegram pour vérifier les faits ou exiger le blocage du simple groupe incriminé. L'occasion était trop belle pour faire un coup d'éclat et supprimer entièrement Telegram de son magasin d'applications sans le moindre avertissement ! Une rigidité aveugle qui n'est pas sans rappeler les méthodes employées par la justice française à l'encontre de Durov, tenu pour responsable des propos ou des contenus partagés par le milliard d'utilisateurs de sa plateforme.

Si Telegram parvient encore à résister à ces pressions grâce à son immense popularité, Durov avertit que ces méthodes d'extorsion et de censure, facilitées par la toute-puissance des magasins d'applications, fonctionent malheureusement très facilement contre des applications plus petites.