انجمن ایرانی زبان و ادبیات فرانسه(AILLF)
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Les membres de l'Académie Goncourt ont annoncé une sélection de dix ouvrages à lire pendant l'été.

L'Académie Goncourt a dévoilé, mercredi 6 juin, sa sélection de dix livres à dévorer pendant l'été. Dans cette liste, Fayard est le seul éditeur à placer trois titres avec ceux d'Adeline Baldacchino, Patricia Bouchenot-Déchin et Marianne Vic. L'Académie cite également Myriam Leroy, qui avait été sélectionnée pour le Goncourt du premier roman et David Lopez, lauréat du prix du Livre Inter.
Forwarded from Lettres francopersanes
Le Confiteor de l’artiste

Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations
délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’infini.
Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa
petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement
et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.
Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.
Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère.
L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincus.

Charles Baudelaire, Spleen de Paris
Forwarded from Lettres francopersanes
   دعای هنرمند

چه نافذ است انتهای روزهای خزانی! آه! نافذ تا سرحد درد! چرا که بعضی احساس های لذت بخش هستند که ابهام آن از حدت آن ها نمی کاهد، و پیکانی تیزتر از پیکان لایتناهی نیست.

بزرگ حظی است غرقه کردن نگاه در پهنه آسمان و دریا! تنهایی، سکوت و پاکی بی همتایی لاجورد سپهر! بادبان کوچکی که بر دامن افق لرزان است و در حقارت و غربت خود با وجود علاج ناپذیر من هم چشمی می کند؛ و نغمه یکنواخت تلاطم دریا. همه این ها در من به فکر می آیند، یا من در آن ها به فکر می آیم (چرا که در عظمت تخیل من، از میان بر می خیزد). آری، این ها به فکر می آیند، اما به نحوی آهنگ دار و پرنقش و نگار، بدون زبان آوری، بدون استدلال و بدون استنتاج.

به هرحال، این اندیشه ها، چه از من به در آیند و چه از اشیا بیرون جهند، به زودی بیش از اندازه حدت می گیرند، نیرویی که در لذت است، دل آشوبی و رنجی ایجاد می کند، اعصاب به هیجان آمده من ارتعاش هایی تند و دردناک می یابند.

و آن گاه، ژرفی آسمان مرا بهت زده برجای نگه می دارد، شفافیت آن برآشفته ام می کند، بی حسی دریا و سکون منظره تحمل مرا به سر می برد... آه! باید جاودانه رنج کشید یا باید جاودانه از زیبایی گریخت؟ ای طبیعت افسونگر بی رحم، ای حریفی که همواره فیروزمندی، مرا به حال خود واگذار! آرزوها و غرور مرا برمیانگیز! تامل در زیبایی نبرد تن به تنی است که در آن هنرمند، پیش از آن که از پای درافتد، فریاد وحشتش بلند می شود.

 

برگردان: محمدعلی اسلامی ندوشن