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Dextra s’est fixé comme objectif d’être un laboratoire d’idées centré sur la formation politique. Nous organisons chaque vendredi soir des conférences.

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277 emplois promis et 164 employés repris. C’est le projet d’un industriel, patron du MEDEF local, qui fonde la société « WN » sur les ruines de l’ancienne usine. Il fait passer le site de la production de lave-linges à la production de casiers réfrigérés, de cages d’ascenseurs et pièces de voiturettes électriques.
Le 30 mai 2019, le repreneur indique qu’il lui manque 4 millions d’euros de trésorerie et qu’il ne peut plus poursuivre la production. Le dossier de reprise, pourtant validé par le tribunal de commerce et porté par les marconistes locaux pose question. Les commandes maintes et maintes fois annoncées dans la presse ne viennent pas. Certains employés s’étonnent d’être payés à jouer aux cartes ou à tondre la pelouse.
La CFDT s’emporte « la commande de chargeurs électriques n’est jamais arrivée et nous n’avons produit que deux casiers réfrigérés en 1 an. Le modèle de voiturette n’a pas été homologué. »
C’est le Préfet Nathalie Nguyen qui, à bonne distance, en parlant de « reclassement sur site ou dans le bassin d’emploi d’Amiens » des employés, annonce sans le dire un nouveau plan social.
Les 164 salariés, pourtant rassurés par l’implication d’Emmanuel Macron et d’Agnès Pannier-Runacher dans le dossier, vont tout droit vers le chômage.
Pire, avec la faillite de WN, les salariés repris ne bénéficieront pas du plan social de Whirlpool car ils ont retrouvé un emploi après le fiasco Whirlpool.
Un second repreneur se dessine alors. Fin 2019, Ageco agencement, une entreprise française leader du mobilier pour la grande distribution, reprend le site et 44 salariés. Tant pis pour les autres. Elle emploiera jusqu’à 88 personnes. Mais les erreurs de gestion s’accumulent. Prévisions erronées, rentabilité en baisse, manque de financement, pas de soutien de l’état ou des pouvoirs locaux.
L’histoire se répète. Et se termine comme elle a commencé. La procédure de placement en redressement judiciaire d’Ageco Agencement, par le tribunal de commerce d’Amiens, a débuté ce jeudi 4 mars.
Le bassin Amiénois se positionne, depuis, comme l’un des leader français de la startup nation, catégorie « pas de startup, pas d’usine, pas d’emploi, et bientôt plus de chômage ».

Salops de pauvres, ils n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un boulot !

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Main d’œuvre, main invisible et doigt dans le c**

Qui n’a jamais entendu parler de la fameuse main invisible d’Adam Smith ?

Pour faire court, un concept économique qui théorise, que la somme de la poursuite des intérêts individuels concourent à la réalisation de l’intérêt de la société (politique et non économique).Chacun cherchant à amplifier sa richesse, est obligé de favoriser son “entourage proche”. Acheter des matières premières au plus proche, rétribuer correctement ses salariés pour pouvoir conserver leur savoir-faire et plein d’autres exemples. Ajoutez à cela, le sacro-saint principe d’équilibre de l’offre et de la demande et vous aurez les balbutiements de la doxa économique actuelle : le libéralisme permet par l’accroissement constant des richesses, la hausse du niveau de vie des populations.
Passons outre ce concept de croissance illimitée, passons outre la question de la propriété et de son usage, mettons en scène un petit cas pratique : l’état du marché pour les travailleurs à faible valeur ajoutée. Ces derniers correspondent à tous les métiers, les petits jobs, où finalement mis à part vos bras, et parfois votre diction, peu de compétences techniques sont requises : manutentionnaire, cueilleur, livreur, standardiste, femme de ména… pardon agent technique de surface , tous ces petits métiers qui permettent à leurs sociétés (pour le coup politique et économique) de tourner.

On peine à recruter dans ces secteurs, qui n’a jamais entendu que les “français” ne veulent plus travailler, qu’ils sont devenus flemmards et préfèrent s’engraisser chez pôle-emploi. Alors on peut remettre en cause notre système d’assurance chômage (mais il s’agit bien d’une assurance à laquelle il faut avoir cotisé et non une aide gratuite), on peut aussi remettre en cause le droit du travail, les complexités de licencier un salarié, surtout pour les plus petites structures, mais ce que l’on remet jamais en cause, c’est le prix de ce travail, le coût de la main d’œuvre.
Normalement le coût de la main d’œuvre est censé s’ajuster en fonction de l’offre et de la demande, d’une part l’employeur est obligé de monter son offre pour pouvoir disposer de bras, d’autre part, le travailleur est obligé de ne pas monter trop haut ses prétentions pour ne pas mourir de faim. Mais alors là où cela se gâte, c’est quand les patrons décident plutôt d’importer des bras à moindre coût, déstabilisant ainsi l’offre et la demande et transformant la fameuse main invisible en doigt dans le c…

Ce phénomène ne date pas d’hier, dès la fin du XIXe siècle, les belges sont appelés dans les mines du nord de la France, puis tout le monde s’y met et au cours du XXe siècle ça défile, particulièrement après les grandes grèves à l’issue de la deuxième guerre mondiale, italiens, portugais, maghrébins etc. etc., mais ces réservoirs s’épuisent peu à peu, cette main d’œuvre à bas coût après quelques années, aidés parfois par leurs enfants instruit à l’école publique, se rendent compte qu’ils ont des droits et jouent du rapport de force.
Alors là, une seule solution partir plus loin pour trouver des bras encore plus malléables, encore moins avide de richesse (les salauds !). Mais une fois que l’on a envoyé tous nos lieux de production, toutes nos usines à l’autre bout du monde, comment va-t-on faire pour notre économie de service, pour toutes ces petites mains qu’on ne peut pas délocaliser ? Tout simple, on retourne en chercher de plus en plus loin. Les cuisines de restaurant ont eu leurs luciens auvergnats, leurs loïcs bretons, leurs momos algériens, leurs dias sénégalais, mais ça ne suffit plus les kumars tamouls sont maintenant remplacés par shumans bengladhis…

Combien de livreurs uber ou deliveroo, travaillant sous des faux comptes pour 4-5 euros de l’heure, sont en France depuis plus de dix ans ? Pas tant ma p’tite dame…

La bonne nouvelle dans tout ça ? Avec l’arrivée de l’automatisation constante et de la robotisation, ces petites mains n’auront plus besoins d’êtres renouvelées (mais toujours importées).
Et l’avenir des travailleurs ? Quelque-part entre une survie sous subvention et quelques ronds gagnés par-ci par-là en vendant ses fringues sur vinted, en louant sa cave, bref l’économie du crevard…

L’équilibre de l’offre et de la demande est impossible dans leur monde sans-frontière, l’économie au service de l’intérêt général, cette belle main invisible s’est bel et bien convertie en un doigt dans votre c…
Pour aller plus loin :

- Christophe Guilluy, La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014

- Comité Invisible, Maintenant, Paris, La Fabrique éditions, 2017

https://dextra.fr/main-doeuvre-main-invisible-et-doigt-dans-le-c/
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Démographie et Avenir

Il y a quelques jours, paraissaient dans différents journaux français des articles sur la baisse record des naissances en janvier 2021. Une étude de l’INSEE a mis en évidence que le nombre de naissances a chuté de 13% par rapport à janvier 2020, ce qui n’avait pas été observé depuis 1975. Ces chiffres pourraient surprendre ceux qui pensaient à un baby-boom, lié au confinement. Mais en réalité le taux de natalités en France est en chute depuis 6 ans.
Ce qui surprend surtout ce sont les réactions des gens, issus de toutes classes d’âges et sociales confondues, par rapport à ces chiffres. Citons quelques commentaires sur ces articles prélevés sur un réseau social bien connu. (Les commentaires ont été copiés-collés d’où les nombreuses fautes. Les réactions sont tellement nombreuses qu’il a fallu n’en prendre que quelques-unes. Cependant, ont été choisies, les idées qui reviennent le plus.)

« Ben tu m’étonnes !!Faire un gosse à cette époque c’est de l’auto suicide !!!!! »

« disons que la conjoncture actuelle ne donne pas envie d avoir un enfant pour lui faire vivre l enfer plus tard »

« Ce n’est pas seulement à cause du Covid, il y a de plus en plus de personnes stériles ou qui ont du mal à concevoir (maladies) »

« Une bonne nouvelle ! On ne fait pas un enfant en ne pensant qu’à soi mais surtout en pensant à ce que sera son futur…. C’est moins égoïste et plus réaliste. »

« Une très bonne nouvelle ! Pour une fois, les gens ont été plus responsables… »

« Il faut vraiment être insouciant pour faire des enfants où être égoïste »

« Notre belle planète ne s’en portera que mieux. C’est une leçon que les femmes accrocs aux accouchements devraient retenir. Respectons notre planète. La surpopulation n’est pas une bonne chose. »

« Ouvrez la Pma pour tous, ça augmentera déjà un peu plus leurs chiffres. »

« En même temps vu les finances, la dette de la France, l’insécurité grandissante l’avenir fait très peur aussi »

« Vu la situation. Actuelle faut réfléchir il n’y a pas d’avenir c grave »

« C’est pas l’effet covid, c’est l’effet confinement et autres mesures restrictives, le covid n’a jamais causé d’infertilité. »

« Tant mieux nous sommes trop nombreux »
En gros ce qu’on peut faire ressortir de ces commentaires c’est que majoritairement les gens qui lisent ces articles ne sont pas surpris de ces faits et trouvent même que c’est une bonne chose.

Les différents sentiments qui s’expriment sont une sorte de désespoir lié à la situation actuelle : pandémie non contrôlée, restrictions libertaires, crise financière, censure, limitation des rapports sociaux, insécurité… Un tableau actuel particulièrement « positif », il est vrai.

Certains « écologistes » pensent à l’avenir de la planète plutôt qu’à l’avenir de la race humaine, rappelez-vous qu’un enfant pollue (il produit 56.8tonnes de CO2/an), propos soutenus par l’AFP. De plus nous sommes trop nombreux sur terre donc faire moins d’enfant permet à ceux qui sont déjà là de mieux se répartir « équitablement »les richesses de notre belle planète (eau, nourriture, métaux….). Il semblerait aussi, selon certains commentaires, que beaucoup de femmes ne puissent enfanter (pour des raisons médicales, d’orientation sexuelle, etc.) et que si la PMA était ouverte à tous-tes, le nombre de naissances serait croissant. Quoiqu’il en soit, concevoir un enfant de nos jours semble être un acte égoïste. Les parents comblent leur désir de famille au détriment de l’avenir de leur rejeton et de la planète.

Triste constat…Comment en sommes-nous arrivés là ?Il avait déjà été observé depuis plusieurs décennies qu’avec l’accès plus étendu aux études supérieures, les gens ont tendance à privilégier leurs études puis leur carrière professionnelle avant de fonder une famille. Ce qui donnait comme résultat des naissances plus tardives et une baisse de la natalité.
Depuis quelques années le sujet de l’écologie a pris de l’ampleur et on se soucie de plus en plus du bien-être de notre bonne vieille Terre. Mais en termes de pollution, un adulte pollue bien plus qu’un enfant et l’industrie bien plus encore. Concernant la baisse de fertilité…. Malheureusement c’est un fait, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Une des conséquences de la pollution mais aussi de notre alimentation et de notre mode de vie. L’accès à la PMA n’est actuellement pas ouvert à toutes, mais cela ne saurait tarder, cependant cela n’augmentera pas significativement le taux de natalité. Aujourd’hui élever un ou plusieurs enfants représente des responsabilités sur du long terme et un coût financier conséquent, donc de nouvelles “contraintes” que les gens n’ont pas obligatoirement envie d’assumer.

La question de la hausse d’avortements ne sera pas abordée car elle n’a pas été évoquée par les internautes, mais elle peut être liée à ce qui suit.
Une des nouvelles tendances, très liée à la crise actuelle fait que les gens ne croient plus en l’avenir. Ils ne veulent plus faire d’enfants dans une société comme la nôtre où les libertés sont bafouées, l’insécurité augmente, les pandémies nous menacent, l’économie va mal, la pauvreté augmente, surtout pour la classe moyenne. De plus, avec les mesures « sanitaires « mises en place par le gouvernement, les français se retrouvent isolés sans pouvoir entretenir de véritables contacts sociaux, ce qui pousse encore plus à l’individualisme. Ils se retrouvent encore plus faibles et à la merci de la propagande médiatique et gouvernementale qui permet déjà de les manipuler depuis des décennies et continue d’annihiler leurs derniers repères. Cette baisse de natalité traduit un mal-être profond de notre société. Comment peut-elle, dans ces conditions, aller de l’avant ? Il est triste c’est de voir que les gens sont résignés, ils ne cherchent plus à se révolter ou à essayer de faire changer les choses. Ils restent chez eux, acceptent les restrictions les unes après les autres, en se plaignant certes, mais sans bouger. Ils sont découragés et dans l’acceptation. Il est vrai que les derniers mouvements populaires tels que les gilets jaunes n’ont pas amélioré grand-chose à leur quotidien. Mais de là à penser qu’il vaut mieux ne pas faire d’enfant pour ne pas que les générations à venir voient la chute vertigineuse de notre société, connaissent ce que nous traversons, peut-être en pire, parce qu’il n’y a plus rien à leur transmettre excepté les conséquences des erreurs accumulées depuis des années.
Ont-ils conscience qu’ils vont droit vers l’auto-suicide de notre société ? Car soyons logiques, un peuple qui n’a pas de descendance est voué à disparaître.« Que sommes-nous sans avenir, sans descendance ? Les derniers maillons d’une chaîne cassée. » (Jacqueline Harpman) Comme le disait si bien Auguste Comte, « la démographie, c’est le destin ». Sans jeunesse pour prendre la relève, soutenir les anciens et transmettre notre héritage, que sera la France dans cinquante ans ? Un pays peuplé de retraités français, avec une jeunesse issue l’immigration et déracinée plus ou moins dépendante des aides sociales qui permettra difficilement de maintenir un semblant d’économie et enterrera notre patrimoine ?Aujourd’hui, il est temps de relever la tête et de se battre pour changer les choses et offrir un futur meilleur pour nos enfants plutôt que de se résigner à l’auto-suicide de notre peuple. Nous avons beaucoup à transmettre à nos héritiers pour que perdure notre nation.

https://dextra.fr/demographie-et-avenir/
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La philanthropie instrumentalisée ?

La philanthropie est une pratique ancienne, courante dans l’Antiquité. En Grèce, la générosité des citoyens était encouragée et passait notamment pas le financement des cultes et des jeux. Ce procédé permettait d’exercer un contrôle démocratique sur la richesse tout en mettant en avant les généreux donateurs.
De nos jours, la philanthropie n’est pas seulement l’affaire des plus fortunés mais également une pratique populaire. Un argument classique en faveur de l’encouragement fiscal de la philanthropie est de dire qu’il vaut mieux inciter les riches à donner leur argent plutôt que de le conserver ou de l’utiliser autrement. Mais on oublie que le gouvernement renonce à de l’argent public en déduisant les dons des impôts. La question de la philanthropie s’est aussi un problème de moralité collective et de redistribution.

Il existe une différence entre les fondations privées et le publiques (la Fondation de France par exemple) qui peut être conflictuelle. Cette distinction est pourtant nécessaire afin de favoriser les dons personnels et volontaires qui se différencient de l’obligation à l’impôt. Certaines grandes entreprises (Suez, Total, Danone,…) s’intéressent au social business et créent des fondations qui sont prêtes à collaborer avec des associations. D’autres veulent démontrer l’inefficacité de l’État en matière de redistribution ou de réduction des inégalités, et la supériorité de la logique de marché et ne collaborent pas avec les pouvoirs publics. Si, en France, l’intérêt général se rapporte à l’État, il n’en a plus le monopole et doit collaborer avec les autres acteurs (les collectivités locales, les entreprises, les fondations, les associations, …). Selon un modèle d’économie mixte combinant logique de marché et logique de financement public.