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Dextra s’est fixé comme objectif d’être un laboratoire d’idées centré sur la formation politique. Nous organisons chaque vendredi soir des conférences.

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Nous sommes tous témoins des décisions ahurissantes prises par la municipalité pour « apaiser » la ville et cadrer la circulation. Avant d’aborder l’avenir cauchemardesque qu’elle nous prépare, faisons un rapide point sur la situation actuelle :La fermeture des voies sur berges a conduit à la congestion des berges hautes (4,5 kilomètres de la place de la Concorde jusqu’au quai de la Rapée) et du boulevard Saint-Germain (3,5 kilomètres que l’on parcourt désormais en 40 minutes.)Les « corona pistes » et la fermeture aux voitures de la rue de Rivoli ont drastiquement réduit le nombre de voies sur des artères importantes (autrefois parfaitement fluides), et les cyclistes n’ont toujours pas compris qu’il fallait rouler dessus et non sur la chaussée.

Le prix du stationnement a explosé, le nombre de places est passé de 149 000 en 2014 à 135 000 aujourd’hui, et les sociétés privées de contrôle payées au rendement s’en donnent à cœur joie pour distribuer FPS (ne dite plus PV) sur FPS.
Le plus grave n’est pas ce qui a été fait et le désastre qui en découle. Mais plutôt ce que la mairie de Paris vous réserve. David Belliard a remplacé Christophe Najdovski à la tête des « mobilités, transformations de l’espace public, transports, code de la rue », et adopte une posture encore plus extrême que son prédécesseur.

La mairie pensait empocher environ 300 millions d’euros par an de recettes de stationnement. A tort à cause de calculs faussés, qui estimaient les recettes sur le prix du stationnement horaire visiteur (sans prendre en compte les résidents) et sur une occupation des places à 100% de 9h à 20h. Les 220 millions d’euros de recette en 2019 ont particulièrement énervés Emmanuel Grégoire, l’adjoint aux finances, qui espère désormais « même plus de 400 M€ de recettes. Après… il y a toujours de bonnes et mauvaises surprises dans un budget ».
En exclusivité, voici le contenu du projet de réorganisation de la voirie en cours de finalisation par la mairie de Paris :

· Diminution du nombre de places de stationnement en voirie : de 135 000 aujourd’hui à 50 000 en 2024.

· Le stationnement en voirie sera uniquement réservé aux livreurs, véhicules électriques, personnes handicapées, médecins et personnes disposant d’une dérogation. Le cas des résidents (ndlr : habitants de Paris avec un droit de stationnement spécifique autour de leur domicile – environ 100 000) n’est pas tranché.

· Les « visiteurs », c’est-à-dire tous les autres automobilistes, seront obligés de stationner dans des parkings souterrains, où le prix est en moyenne de 5€ de l’heure et l’abonnement rarement en dessous de 150€ par mois.
· La Mairie de Paris va autoriser et déployer la verbalisation automatisée du stationnement par caméra (appelé LAPI 2.0) : ce système est surnommé « la sulfateuse » par les équipes chargées de le déployer. Autrement dit, des dizaines de voitures arpenteront les rues de la capitale, de 9h à 20h, en prenant en photo absolument toutes les plaques des véhicules garés. Ces photos seront traitées et par ordinateur et par un centre d’opération, à distance, pour maximiser le rendement. Ce système est prévu pour quadrupler les verbalisations et pour faire en sorte que chaque place soit « contrôlée » plusieurs fois par jour.


· Cerise sur le gâteau, le prix du stationnement va (encore) exploser (des sources internes parlent d’un abonnement résident en voirie autour de 100€ par mois contre environ 35€ aujourd’hui) et le FPS va passer à 75€.
Bien évidemment, aucun projet de sécurisation des transports en commun, d’augmentation de la fréquence des métros bus et RER, ou de création de parkings abordables n’est à l’ordre du jour.

A l’aune de ces révélations, le message de la mairie de Paris est clair et ne fait plus aucun doute : « Rich & Refugee welcome. Les autres, pauvres français moyens que vous êtes, cassez-vous ! »
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Le rebelle doit vivre dans la population comme un poisson dans l’eau

Dans les milieux militants, qu’ils soient de droite ou de gauche, on a vite la tentation de se prendre pour la race des seigneurs et à « mépriser » le monde extérieur. Que celui, qui n’a jamais traité de « cuck », de « social-traitre », de « bourgeois » ou autres noms d’oiseaux le type qui pourrait avoir nos idées sans s’engager, me jette la première pierre. Il y a deux raisons à cela :
- La première c’est la maigreur de nos troupes. En cette fin de siècle troublée, où la modernité a quasiment fini son emprise sur nos vies, il est désespérant de voir de bons gars solides, ayant de bonnes idées et de bonnes valeurs, ne pas tenir la ligne quand on manque cruellement de combattants. Le militant a toujours l’impression de se battre seul et de devoir vider des océans à la petite cuillère sans espérer les renforts nécessaires. Dans ce combat inégal il considère vite comme planqué le type qui commente confortablement la situation en se lamentant des maux qui touchent notre pays mais qui refuse de mouiller le maillot.

- La seconde raison est plus pragmatique. La plupart des militants politiques tombent dans le combat très jeune. Il n’est pas rare de voir des gamins de 17 ans, fraichement débarqués à la ville, se lancer dans le militantisme et n’ayant de ce fait qu’un groupe de potes exclusivement composé d’affreux. Ils vivent en vase clos et jugent un homme sur le sang versé.
Je ne suis pas sociologue et je ne peux vous expliquer pourquoi certains grimpent sur la barricade quand tant d’autres préfèrent juste mettre des likes sur Facebook et se partager des montages foireux sur WhatsApp. En revanche ce que je sais, c’est que dans une guerre, il faut un front et un arrière. Il faut l’accepter : tout le monde n’a pas la vocation combattante, tout le monde, pour diverses raisons, ne veut ou ne peut pas prendre cet engagement. Et en soi, mieux vaut un commando déterminé, efficace et mobile qu’une armée de conscrits qui ne veut pas être là et ne vaut pas un clou. La guerre d’Algérie en est le parfait exemple.

Carl Schmitt, dans la théorie des partisans, l’explique très bien. Nous ne pouvons battre notre ennemi à la régulière, nous ne pouvons aligner ni les hommes ni le matériel pour lui faire face. Il nous faut donc agir en guérillero, dans son dos, pour mener des attaques ciblées et efficaces. En revanche la guérilla ne fonctionne que si le soldat peut se reposer et se fondre dans une population de civils acquis à sa cause. C’est grâce à cette méthode que le Viet Minh a éclaté deux des principales puissances militaires occidentales en 30 ans.
Ainsi, en méprisant le « civil » car il ne porte pas les armes, on se coupe de notre base arrière et on ne peut plus opérer. Comme disait Mao : « le rebelle doit vivre dans la population comme un poisson dans l’eau ». A force de se faire traiter de bourgeois, le type acquis à nos idées se détourne du combat et ne fournit pas l’effort qu’il devrait fournir. Il préfère se défendre en nous considérant comme des fanatisés, des brutes, des bas du front, ou des gamins qui jouent à la guerre.

Chers amis militants qui nous lisent, le seul conseil que je peux vous donner, c’est de dorloter vos arrières. Il faut évidemment mépriser, voire combattre les sacs à merde qui restent à l’écart du monde et se concentrent sur leur profit et leur égoïsme individuel, mais il faut tendre la main aux bons gars qui pour une raison ou pour une autre ne se sont pas engagés. Ils n’ont peut-être pas les reins pour tenir la rue mais peuvent offrir beaucoup d’autres services, qu’ils soient financiers, professionnels ou simplement une aide ponctuelle qui peut faire basculer une situation à un moment T.
Pour illustrer mon propos, je vais vous raconter une histoire vraie. Il y a quelques années un jeune militant se fait serrer dans une manifestation pour violence sur policiers. C’est témoignage contre témoignage et le gars sait que la parole d’un suspect ne vaut rien face à des témoignages de forces de l’ordre. Croyez-le ou non, cinq personnes ont fait de faux témoignages pour le couvrir et lui empêcher la prison. Et ces cinq personnes étaient des civils, pas militants pour un sou. Ils l’ont fait par amitié, pour la cause, mais surtout par amitié pour le prévenu qui avait réussi à jeter des ponts entre les groupes de combat et l’arrière. Prenez-en de la graine et soyez gentil avec « les civils », ils vous le rendront bien.
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Conférence Dextra du 21/05 : “Hermès philosophe”

Chers amis, chers camarades,

La conférence originellement prévue n'ayant pu avoir lieu, nous avons la joie de recevoir à nouveau Rémi Soulié.

Philosophe, critique littéraire et essayiste français, il est un orateur régulier dans notre cercle.

Il interviendra pour développer les thèmes de son dernier ouvrage : “Les Métamorphoses d’Hermès : Hermétisme et herméneutique”.

Nous nous retrouvons dans le XIIIème arrondissement. N’hésitez pas à nous contacter si vous désirez l’adresse précise (@DextraContact_bot).

ATTENTION : retour des conférences le vendredi soir.

Conférence à 19h. Merci d’être ponctuels !

À vendredi !

https://fb.me/e/2mpC8sEjy
Assez de demi-mesures

Réveille-toi, regarde, regarde ce monde… N’y a-t-il pas de choses plus belles que cette étendue face à nous, les arbres puissants et hasardeux mêlés à cette confusion sauvage. Ces couleurs vives, désordonnées, et pourtant si bien assemblées. Cette fraîcheur allusive de la nature qui devient chaleur et réconfort à son contact. Ces animaux majestueux, inapprivoisables et maîtres de ces lieux … Inspiration infinie des hommes. Cette nature que l’on voit face à nous qui ne subit aucune règle et néanmoins organisée jusqu’à la plus petite brindille. Est-ce cela la liberté, celle qui est maîtresse du beau et inimitable ? Vois, mon frère, ce cadeau des dieux qui nous laisse en émoi… Sans même que nous puissions l’expliquer. Cette beauté qui inspire aventures et calmes. Profites-en mon frère, cette contradictoire splendeur que nous offre cette étendue est devenue rare.
Lève-toi, regarde derrière toi, regarde ce qu’ils ont fait… Je suis désolé mon frère de cette immonde vision. Ce monde construit par nos pères qui n’a rien de vrai. Ces bâtiments en béton , roche de synthèse, qui de son poids écrase notre terre. Ces routes infinies, chemins dessinés par d’autres que l’on doit suivre. Ces parcs et ces forêts… charme désuet, pâle copie de ce qu’ils ont détruit ; marqués de cette symétrie propre à l’homme. Cet oppressant prosélytisme à la consommation, panneaux, devantures, haut-parleurs, objets… Ces outils soi-disant libérateurs inhibant toutes réflexions ; avilissant dès le plus jeune âge. Ces bêtes sans vénusté, promises par leur nature à devenir Homme, vertueux, élevé, sage. Vois, mon frère l’abîme dans leurs regards, errants sans but. Se pensant libres et puissants, ils se sont fourvoyés, asservis par leurs propres créations, avilis par leur consommable. Ce monde vétuste et sans joie semble à jamais perdu, sans espoir de rédemption. Voici ton legs mon frère, il te revient car tu le vois sans ce pesant voile des hommes.
Avance-toi, ne recule plus, fais face. Ta charge est immensurable, éprouvante et ne t’offrira aucun répit. Certains face à cette immondice ont fait le choix de l’ignorance. Je te le dis mon frère, de choix il n’y en a plus. Ceux qui l’ignorent sont serviteurs de cette immonde et ne méritent pas notre pardon. Ce destin est semé d’embûches et tu ne manqueras pas d’ennemis, serviteurs de ce système. Ce ne sont pas des fredaines enfantines que nous devons réparer mais bien l’Homme dans son entièreté. Ce n’est pas une évolution qui sera la solution, mais la création d’un monde nouveau. Ce n’est pas un cadeau que je t’offre, c’est une vie. Nous sommes les enfants oubliés de l’histoire mon frère, nous n’avons pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, ce sont nos vies.
Agissons mon frère, menons à bien cette révolution. Nous serons peu à combattre , certains seront en accord avec nos idéaux mais, sans agir, ils ne vaudront guère mieux qu’un ignorant. Pour ceux qui agiront à nos côtés, nous donnerons notre vie. Nos actions seront certes minimes face à ce monstre, mais elles seront immenses pour nos frères. Nous serons la flamme du nouveau monde, joie et tristesse se confondront, nous ne connaîtrons pas la facilité mais vivrons de notre espoir. Notre flamme sera l’étincelle de notre civilisation.

ETSI MORTUUS URIT. Puisse cette flamme réchauffer les âmes hantées par la passion de se donner et de croire, de croire malgré tout, malgré l’assurance des corrompus et des cyniques, malgré le triste goût amer que nous laisse à l’âme le souvenir de nos chutes, la conscience de notre misère et l’immense champ de ruines morales d’un monde qui n’a plus de salut, qui s’en fait gloire, et auquel nous devons nous soustraire.
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