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Dextra s’est fixé comme objectif d’être un laboratoire d’idées centré sur la formation politique. Nous organisons chaque vendredi soir des conférences.

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Qu’entendons-nous par écologie radicale ?

Bien que la question écologique semble aujourd’hui faire consensus, et c’est une excellente chose – nous avons eu récemment l’exemple des élections européennes ou les écolos ont créé la surprise – il ne faut pas pour autant se leurrer. Leur écologie est avant tout institutionnelle, et n’est qu’un énième reflet de la nouvelle gauche qui a abandonné depuis longtemps la lutte des classes et le sort des travailleurs pour se concentrer uniquement sur le genre, l’immigration, l’écriture inclusive, la place des femmes ou le sort des abeilles. Bref, une mascarade de son sempiternel opportunisme, opportuniste déguisé cette fois sous des feuilles de bananier et des graines de quinoa. Que dire aussi des ONG, championnes de l’hypocrisie.
Qu’entendons-nous alors par écologie radicale ?

L’écologie radicale s’oppose à l’écologie institutionnelle telle que nous vous l’avons présenté et qui n’est autre qu’une nouvelle technique pour brouiller les pistes et conserver le pouvoir. C’est tout le jeu de la démocratie et des partis comme le reprochait Sorel à Jean Jaurès, et si vous ne savez pas qui est Sorel, bah allez écouter l’émission Radio Virus qui lui est consacré (https://youtu.be/37EyOU-nOIU).
S’il ne faut pas laisser l’écologie dans les mains des politicards écolos, il ne faudrait pas non plus la laisser aux rastaquouère et autre no border fumeur de joints qui plantent trois tomates, sont contents, et vivent de la caf. Car notre écologie est politique autant que sociale ; elle est enracinée.

Après le factuel, parlons de doctrine. Pourquoi notre écologie est-elle radicale ?

Parce que sur le plan politique nous sommes, en gros, nationalistes, c’est-à-dire attaché à notre terre ; on ne veut pas la voir disparaître sous le béton ; nous ne voulons pas non plus voir disparaître les hérissons ou les abeilles, ni voir nos rivières polluées par l’industrie ou que des espèces venues d’ailleurs, importées par pur plaisir commercial ou productivisme remplacent nos espèces endémiques.
Sur le plan des idées, nous sommes écologistes car nous rejetons le culte du Progrès devenu religion. Non, l’industrialisation ne fera pas le bonheur de l’homme, pas plus que les marées noires, la vie entassée dans des centres urbains sans âmes, ou les déchets chimiques. Nous rejetons la surconsommation du système libéral.

Parce que nous aimons notre peuple, nous voulons qu’il vive sans connaître les désastres écologiques ou chopper un cancer à 40 ans à force de bouffer de la merde industrielle.
Enfin, notre écologie est radicale parce que nous exécrons ce gouvernement de bobos à bicyclette électrique avec batterie non recyclables, à 2000 balles (voir l’article de Soleil Vert sur le sort des voitures électriques : https://www.facebook.com/FrequenceSV/photos/a.3796078350436583/4156474051063676
Notre écologie est radicale et intégrale parce que sociale : nous ne voulons pas que nos campagnes se vident pour devenir des résidences pour bobo désœuvrés ou retraités, laissant les autochtones dans une misère sociale et morale. Nous voulons aussi venir en aide à nos agriculteurs, car l’écologie est un tout. Pas de nourriture saine respectueuse de la terre sans un travailleur derrière qui ne connaît ni congé payé, ni jour férié. Notre écologie est sociale parce que nous préférons les petits commerces aux grandes chaînes commerciales ou les robots remplacent les travailleurs. L’homme doit se nourrir et en avoir les moyens. Une politique sociale enracinée est donc le fondement du combat écologique.
Notre écologie est aussi morale et éthique. L’écologie intégrale et radicale s’oppose ainsi au transhumanisme, dont Radio Virus vous a précédemment offert un exposé (https://youtu.be/Hah-geXp_O0), nous défendons les abeilles et les hérissons mais aussi l’embryon humain. Si nous ne voulons pas de poussins broyés en nuggets, nous ne voulons pas non plus que la technique, couplée à l’individualisme, détruisent la vie à son stade le plus fragile. Les nuggets, ah ça… ça fait pleurer la ménagère mais l’avortement ? ah ça, c’est différent ! C’est la liberté; bah oui, t’as raison, continue à défendre les bébés singes et à prendre la pilule, tu sauveras la planète ! Et parce que nous voulons aussi manger du vrai, du bon et pas des pilules à la Soleil Vert ; parce que merde, nous sommes en France, pays de la gastronomie !
L’action écologiste est une urgence alors nous nous devons de trouver la bonne voie, d’élaborer un programme politique à la ligne claire.

Seule le politique – et non la politique – sera capable de trouver une solution à la crise écologique.

Que pouvons-nous faire concrètement en attendant à notre échelle ?
On nous parle du bio, oui, c’est bien mais c’est un label commercial. En France, on a de la chance. Nous sommes le pays de la bouffe et de la douceur de vivre : nos produits sont contrôlés. Un produit local et de saison sera nettement plus sain que des citrons soit disant bio venus d’Espagne ou du QUINOA du Pérou.

Alors, agissez, sauvez un agriculteur français, mangez local et de saison, ce sera déjà très bien, bien pour la planète, pour l’économie locale, pour votre santé et pour votre porte-monnaie aussi. Mais ça implique de devoir se retrousser les manches, de passer plus de temps à faire le tour des petits commerces, d’apprendre à cuisiner, de dire adieux au KFC et aux tomates en hiver.

Chronique entendue, et suivie d’un épisode musical circonstancié, sur Radio Virus : https://youtu.be/87ayUo4GPMM
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Brisons les idoles : Dyonisos

Notre monde actuel porte en elle de nombreuses idoles, qu’inconsciemment ou non, nous nous plaisons parfois à adorer. Hardi, chassons et brisons ces idoles pour retrouver nos libertés !”Tu vas faire quoi ce week-end ?”, “T’as prévu un truc vendredi soir ?” ou bien encore “et toi ? Tu pars où en vacances ?”.Du lundi au vendredi, au détour d’une pause café, du déjeuner ou même d’une rencontre de couloirs se pose cet éternel sujet de discussion : “qu’allons-nous faire de notre temps libre ?”Week-end à Bali pour une cure de vitamine D, soirée série et pizza pour se vider la tête, un bon gueuleton entre copains, il est tout de même rare d’entendre : “je n’en ferai rien”.
La mécanisation constante de notre société permettant d’augmenter la productivité et même aujourd’hui l’automatisation de nombreuses tâches, le temps accordé aux tâches du travail sont de plus en plus réduits. Congés payés, semaine des 35 heures et bientôt peut être revenu universel, notre temps libre prend le pas sur celui du travail.

Chez les grecs, « loisir » se dit scholè, qui a donné le mot « école », ce temps libre était alors consacré au loisir : à la réalisation de son être, par la politique, ou bien encore la culture.
Loin de cette image d’épinal, notre temps libre est aujourd’hui ballotté entre Bali, Netflix et les côtes de bœuf. Dépassant nos simples besoins biologiques, le marché a vite su nous proposer de nouvelles consommations pour occuper ce temps libre. La fatigue physique a été remplacée par celle nerveuse, parfois nommée charge mentale, pour s’en échapper, nous n’hésitons pas à recourir au “divertissement” du latin divertere, détourner, nous nous détournons de notre vie et de nos tracas quotidiens. Ce “divertissement” loin d’être forcément inactif (vie digitale, manifestation festive*) a pour but de “nous vider la tête”, de nous préparer à retourner aux tâches du travail dans de bonnes conditions et ce grâce à une consommation continue de nouveaux divertissements : une série, une balade à roller, le rafraîchissement du fil d’actualité…Ainsi, nous nous affranchissons des tâches du travail, pour nous plonger dans une nouvelle cage, faite-sur-mesure, où pour échapper à notre propre vie, nous sommes amenés à consommer toujours plus.
Cette situation a été longuement décrite par Guy Debord, dont nous vous conseillons la lecture :« Le spectacle soumet les hommes vivants dans la mesure où l’économie les a totalement soumis. Il n’est rien que l’économie se développant par elle-même. (…) Pour amener les travailleurs au statut de producteurs et consommateurs “libres” du temps-marchandise, la condition préalable a été l’expropriation violente de leur temps. » (Guy Debord, La Société du spectacle, 1967.)Dès l’antiquité, l’apparition de Dyonisos porte les germes de cette fracture anthropologique. Venant de l’étranger, d’où son bonnet phrygien, il est avant de devenir une figure tutélaire du foyer de certaines cités (tels que Thèbes, ou même Athènes), une figure de la nature non-civilisée. L’exemple le plus flagrant est l’omophagie : les hommes suivant les lois de la Cité sacrifient selon des règles précises les animaux domestiques, en réservent une part aux Dieux et mangent la viande cuite. La mystique dionyste au contraire encourage les hommes, à manger crues les chairs d’une victime animale, (mais pas seulement !) chassé sauvagement, déchiqueté par ces hommes, qui tour à tour se confondent avec les dieux ou les animaux.
L’homme a la poursuite de son plaisir immédiat, perd ainsi le sens de la mesure, franchissant les tabous de la Cité, rompant par là même avec cette dernière.

Rappelons la célèbre phrase d’Aristote : “celui qui est sans cité, […], est ou un être dégradé ou au-dessus de l’humanité”.

Alors comme ça, si on boit un coup avec des copains on est un animal ? Si on va au ciné, on est un mangeur de viande crue ?L’amitié est pourtant le lien de toute communauté humaine, bien plus que le fait de vivre en “agelaia”, en troupe, le logos, le partage d’une sensibilité et d’une éthique commune, fait de nous des hommes et non de simples abeilles. On sait aujourd’hui qu’avant la Renaissance, quasiment un jour sur trois était chômé dans l’année, ces jours étaient alors consacrés au repos, aux fêtes religieuses indispensables à l’unité de la Cité, mais aussi à l’inactivité.
Comment comparer le conte du Graal aux Anges de la télé-réalité ? Le carnaval aux parades à roller ? Alors que l’un a pour objet d’élever l’individu en lui remplissant la caboche de tout plein de concepts, l’autre a pour unique fonction de vider la tête.

Alors que l’un permet à toute la Cité de se rencontrer, d’expurger un ressenti social, mais aussi de tirer sur la soupape de décompression, l’autre a pour unique ambition de passer le temps.
Il s’agit de retrouver le sens du mot loisir, nous devenons un peu plus humains en nous remplissant de nouvelles connaissances, de liens d’amitiés renforcés. Nous nous devons de ne surtout pas céder à la facilité de “l’entertainment”, de ce divertissement qui nous vide de nos soucis, mais surtout du sens de notre vie en la rendant inexplicable et sans avenir.

Privilégier un livre aux réseaux sociaux, une réunion entre amis à une soirée branchée, l’inactivité au loisir effréné. Nous ne nous contenterons plus du pain et des jeux.
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