On peut souhaiter aussi être libre et ne pas se laisser dicter nos comportements par un Etat qui ne cherche plus l’intérêt des français depuis longtemps. Mais comme l’esclavage est doux et confortable, La Boëtie nous le disait déjà. Le prix de la liberté aujourd’hui c’est 135€. 135€ pour se déplacer librement, 135€ pour respirer l’air libre et pas toujours pur. Demain ce sera peut-être la mort social, pour refuser l’injection d’un vaccin expérimental qui protègerait (mais peut-être pas, en fait on ne sait pas vraiment encore) d’un virus pas si mortel. Primum non nocere, nous dit Hippocrate. C’est une ribambelle de sanctions disciplinaires pour les médecins qui souhaiteraient soigner leurs patients avec autre chose que du doliprane ou des médicaments hors de prix sortis tout récemment de labos.
Le prix de la liberté c’est surtout celui du courage, de la volonté. C’est accepter l’inconfort de remettre en cause le récit officiel, accepter de se poser des questions et d’aller trouver les réponses. Le prix de la liberté c’est le courage de la cohérence, au-delà du simple constat. Il n’y a que comme ça qu’ils ne nous réduiront pas à un chiffre, à un cas positif ou négatif, à un suspect sanitaire ou terroriste permanent qui doit montrer patte blanche pour le moindre de ses faits et gestes. Et qui sait ? peut-être que l’exemple de quelques-uns en inspirera d’autres ?
Le piège de la Technique
Les années 50 ont été marquées par une explosion de la consommation, accompagnée d’un immense enthousiasme qui assoit la société de consommation et le culte du progrès. La modernité a transformé les moyens en fin et le système technicien ne se reconnaît aucune externalité. Tout ce qui sera techniquement possible doit être réalisé.
Les années 50 ont été marquées par une explosion de la consommation, accompagnée d’un immense enthousiasme qui assoit la société de consommation et le culte du progrès. La modernité a transformé les moyens en fin et le système technicien ne se reconnaît aucune externalité. Tout ce qui sera techniquement possible doit être réalisé.
La technique n’est ni bonne, ni mauvaise. Elle n’est cependant pas neutre puisqu’elle transforme le monde. La voiture par exemple a changé notre perception de l’espace et du temps en fonction des performances automobiles. La cheminée a été remplacée par la télévision et maintenant par Netflix. Anciennement centre du foyer, pièce à vivre et de réunion, la substitution de la cheminée a provoqué le démembrement de la structure familiale ou communautaire.
Il y a un véritable emballement. La technique, au-delà d’une adaptation à son environnement, transforme ce dernier en profondeur du fait de son autonomie. Elle s’est développée avec l’humanité et a d’abord fait office de moyen tant que son usage restait maîtrisé. Mais elle est devenue progressivement prolongement du corps jusqu’à reléguer l’homme au second plan, devenant ce à quoi nous devons nous adapter et non moyen d’adaptation.
Il y a un véritable emballement. La technique, au-delà d’une adaptation à son environnement, transforme ce dernier en profondeur du fait de son autonomie. Elle s’est développée avec l’humanité et a d’abord fait office de moyen tant que son usage restait maîtrisé. Mais elle est devenue progressivement prolongement du corps jusqu’à reléguer l’homme au second plan, devenant ce à quoi nous devons nous adapter et non moyen d’adaptation.
Nous entendons aujourd’hui le terme de révolution numérique. On ne parle plus d’analphabétisme mais d’illectronisme. Ceux qui ne parviennent pas à maîtriser les outils numériques sont doucereusement mis au ban de la société.
Ainsi, les effets négatifs du progrès technique ne sont pas limités à son mauvais usage. Cette technique est l’expression fidèle de l’hétérotélie prométhéenne : il y a une telle foi en la technique que l’on ne s’intéresse aux conséquences qu’après avoir constaté, avec une généreuse mauvaise foi, que les résultats n’étaient pas ceux escomptés. Ce comportement envers la technique en est presque de l’ordre du fétichisme, en témoigne l’usage généralisé du portable. En voulant user de la technique pour répondre à des problèmes, de nouveaux sont créés, que l’on promet de résoudre plus tard. Elle est devenue la seule réponse aux problèmes économiques, environnementaux, moraux, sociaux, affectifs, reproductifs. On notera également que la séparation de la reproduction et de l’affection n’est pensée possible que par la technique. Nous vivons l’ère heureuse du « sans-contact » et du « distanciel », néologisme qui est entré de manière pernicieuse dans le langage courant. Nous payons, nous votons, nous faisons nos courses « sans-contact », nous travaillons en « distanciel ». Et tout tend à devenir « sans-contact ».
Ainsi, les effets négatifs du progrès technique ne sont pas limités à son mauvais usage. Cette technique est l’expression fidèle de l’hétérotélie prométhéenne : il y a une telle foi en la technique que l’on ne s’intéresse aux conséquences qu’après avoir constaté, avec une généreuse mauvaise foi, que les résultats n’étaient pas ceux escomptés. Ce comportement envers la technique en est presque de l’ordre du fétichisme, en témoigne l’usage généralisé du portable. En voulant user de la technique pour répondre à des problèmes, de nouveaux sont créés, que l’on promet de résoudre plus tard. Elle est devenue la seule réponse aux problèmes économiques, environnementaux, moraux, sociaux, affectifs, reproductifs. On notera également que la séparation de la reproduction et de l’affection n’est pensée possible que par la technique. Nous vivons l’ère heureuse du « sans-contact » et du « distanciel », néologisme qui est entré de manière pernicieuse dans le langage courant. Nous payons, nous votons, nous faisons nos courses « sans-contact », nous travaillons en « distanciel ». Et tout tend à devenir « sans-contact ».
La phagocytose de la nature par la technique est un cancer qui se développe par métastase : répondre à des problèmes par la technique en créé de nouveaux, menant de plus en plus en plus à un monde artificiel.
La technique est devenue un processus sans sujet et l’homme en est son accessoire. Nous sommes les hôtes de la technique. L’une des conséquences les plus vicieuses est la marchandisation de toute chose, à commencer par les biens libres communs et gratuits, qui sont devenus des services payants.
Il faut sortir du piège.
L’insurrection ne s’organise pas dans les villes. Le préalable à toute opération possible est la fuite hors de la métropole. « Les racines profondes ne gèlent pas », disait Tolkien. Résister à cette cabale technicienne ne peut se faire sans se réapproprier les lois de la nature, tandis que nos opposants luttent contre elle pour renverser l’ordre naturel. Ce refus de la société technicienne ne peut passer que par une révolution qui trouve son origine dans une prise de conscience personnelle et un effort communautaire pour sortir de l’hubris.
La technique est devenue un processus sans sujet et l’homme en est son accessoire. Nous sommes les hôtes de la technique. L’une des conséquences les plus vicieuses est la marchandisation de toute chose, à commencer par les biens libres communs et gratuits, qui sont devenus des services payants.
Il faut sortir du piège.
L’insurrection ne s’organise pas dans les villes. Le préalable à toute opération possible est la fuite hors de la métropole. « Les racines profondes ne gèlent pas », disait Tolkien. Résister à cette cabale technicienne ne peut se faire sans se réapproprier les lois de la nature, tandis que nos opposants luttent contre elle pour renverser l’ordre naturel. Ce refus de la société technicienne ne peut passer que par une révolution qui trouve son origine dans une prise de conscience personnelle et un effort communautaire pour sortir de l’hubris.
Multiculturalisme et guerre des communautés
Los Angeles, 1992. Un afro-américain fonce à toute allure au volant de sa voiture. Poursuivi par la police, il finit par s’arrêter mais, sous l’effet de l’alcool, refuse de sortir de son véhicule et se débat. Deux coups de taser ne suffiront pas à le maîtriser et quatre agents de police (blancs) le passent à tabac… tout cela sous l’œil d’une caméra d’un habitant du quartier. La suite vous la connaissez, pendant 6 jours Los Angeles sera le lieu d’émeutes d’une intense violence : une soixantaine de morts, des milliers de blessés, des incendies un peu partout et près d’un milliard de dollars de dégâts. Il faudra l’intervention de garde nationale et une campagne de pacification militaire urbaine pour garantir le retour à l’ordre public.
Los Angeles, 1992. Un afro-américain fonce à toute allure au volant de sa voiture. Poursuivi par la police, il finit par s’arrêter mais, sous l’effet de l’alcool, refuse de sortir de son véhicule et se débat. Deux coups de taser ne suffiront pas à le maîtriser et quatre agents de police (blancs) le passent à tabac… tout cela sous l’œil d’une caméra d’un habitant du quartier. La suite vous la connaissez, pendant 6 jours Los Angeles sera le lieu d’émeutes d’une intense violence : une soixantaine de morts, des milliers de blessés, des incendies un peu partout et près d’un milliard de dollars de dégâts. Il faudra l’intervention de garde nationale et une campagne de pacification militaire urbaine pour garantir le retour à l’ordre public.
Des Draft Riots de 1863 à New York, aux émeutes plus récentes de Black Lives Matter, les troubles sociaux et économiques vont souvent de pair aux États-Unis, et désormais chez nous également, avec les tensions raciales.
La population historique de Los Angeles ne comprend que des blancs et des noirs. A partir de la moitié du XXème siècle de plus en plus de latinos viennent s’y ajouter et font subir une cruelle concurrence aux afro-américains qui se font « grand remplacer » en tant que main d’œuvre bon marché. La situation s’aggrave encore avec l’arrivée des coréens à partir des années 70’. Ces derniers rachètent ou ouvrent des petits commerces de proximité (épicerie, débit d’alcool, …) et s’imposent rapidement en monopole dans de nombreux quartiers populaires.
La population historique de Los Angeles ne comprend que des blancs et des noirs. A partir de la moitié du XXème siècle de plus en plus de latinos viennent s’y ajouter et font subir une cruelle concurrence aux afro-américains qui se font « grand remplacer » en tant que main d’œuvre bon marché. La situation s’aggrave encore avec l’arrivée des coréens à partir des années 70’. Ces derniers rachètent ou ouvrent des petits commerces de proximité (épicerie, débit d’alcool, …) et s’imposent rapidement en monopole dans de nombreux quartiers populaires.
Mises en concurrence les unes entre les autres, la haine entre toutes ces communautés ne fait qu’augmenter et le cocktail devient explosif. Un an avant les émeutes de 1992, la gérante d’une épicerie coréenne abat d’une balle en pleine tête une adolescente noire qui avait volé une bouteille de jus d’orange… c’est beau le libéralisme.
Bref, au moment où ça pète, entre deux chasses aux blancs qu’on arrache de leurs véhicules en pleine rue, on crie haro sur le baudet coréen et leurs petits commerces. Ces derniers, bonne poire et fiers américains, sont convaincus que la police va venir à leurs secours. Mais la police, dont une grande partie des effectifs n’est pas mobilisée pour diverses raisons, ne vient pas et se contente de protéger les quartiers riches de Beverly Hills et compagnie…
Bref, au moment où ça pète, entre deux chasses aux blancs qu’on arrache de leurs véhicules en pleine rue, on crie haro sur le baudet coréen et leurs petits commerces. Ces derniers, bonne poire et fiers américains, sont convaincus que la police va venir à leurs secours. Mais la police, dont une grande partie des effectifs n’est pas mobilisée pour diverses raisons, ne vient pas et se contente de protéger les quartiers riches de Beverly Hills et compagnie…
Alors l’improbable se produit : bientôt les toits des habitations et commerces coréens se peuplent d’hommes en armes, les fameux « Roof Koreans ». Les radios locales coréennes appellent tous les immigrants à se rendre dans les quartiers attaqués pour défendre leurs frères. En quelques heures Koreatown se transforme en une véritable forteresse.
Cette réaction rapide s’explique par plusieurs facteurs : les coréens de l’époque ont une culture de la guerre (Guerre de Corée pour les plus vieux et service militaire au pays pour les plus jeunes), ils possèdent beaucoup d’armes (certains sont propriétaires d’armureries) mais surtout ils ont conservés un lien communautaire fort (entretenu par la barrière de la langue).
Cette réaction rapide s’explique par plusieurs facteurs : les coréens de l’époque ont une culture de la guerre (Guerre de Corée pour les plus vieux et service militaire au pays pour les plus jeunes), ils possèdent beaucoup d’armes (certains sont propriétaires d’armureries) mais surtout ils ont conservés un lien communautaire fort (entretenu par la barrière de la langue).
En plus de nous ravir de vidéos et de clichés incroyables où des Pokémons à tête de profs font fuir des hordes de pillards à coups de flingues, l’expérience des coréens de Los Angeles nous rappelle que les tensions et violences interraciales sont une composante inhérente aux sociétés libérales, et donc immigrationnistes. Elle nous rappelle également que, selon que vous serez riches ou pauvres, la police aura pour priorité de vous secourir, ou non. Elle nous rappelle enfin que, indépendamment de notre refus de ce système et de la cohabitation de peuples étrangers qu’il engendre, nous sommes obligés de nous défendre contre d’autres communautés qui sont importées chez nous par ce même État que d’aucun persiste à voir comme leur meilleur défenseur.
Vers une société de « corbeaux » ?
Cela n’aura probablement échappé à personne, mais les récents épisodes de confinement ont fait exploser un phénomène : la délation. Dans certaines agglomérations, les appels des zélés délateurs représentent parfois jusqu’à 70 % des appels au 17. Ce phénomène n’est même plus circonscrit aux grandes métropoles et zones à forte densité de population, puisque l’on m’expliquait voilà quelque temps que dans mon petit village de 500 habitants de l’Ouest de la France, le téléphone de la mairie, d’ordinaire peu dérangé, croulait sous les appels de courageux citoyens désireux de balancer leurs voisins, de façon anonyme bien évidemment, car quand il s’agit d’assumer, il n’y a déjà plus personne.
Cela n’aura probablement échappé à personne, mais les récents épisodes de confinement ont fait exploser un phénomène : la délation. Dans certaines agglomérations, les appels des zélés délateurs représentent parfois jusqu’à 70 % des appels au 17. Ce phénomène n’est même plus circonscrit aux grandes métropoles et zones à forte densité de population, puisque l’on m’expliquait voilà quelque temps que dans mon petit village de 500 habitants de l’Ouest de la France, le téléphone de la mairie, d’ordinaire peu dérangé, croulait sous les appels de courageux citoyens désireux de balancer leurs voisins, de façon anonyme bien évidemment, car quand il s’agit d’assumer, il n’y a déjà plus personne.
Depuis quelques décennies, on observe que le progrès technologique est de plus en plus souvent mis au service de la surveillance généralisée de la population, y compris parfois par le biais d’entreprises privées sous-traitantes des autorités (les fameux radars privés pour contrôler la vitesse et le stationnement). Caméras, radars, alarmes, la réalité n’aura bientôt plus grand-chose à envier aux films d’anticipation. Certains n’ont même pas besoin de ça pour s’attirer des ennuis, puisqu’ils se sont faits pincer à cause de contenus qu’ils avaient innocemment partagé sur les réseaux sociaux : c’est l’auto-délation.
Néanmoins, s’il nous faut être vigilants et toujours plus inventifs pour déjouer ces atteintes manifestes aux libertés individuelles, il est inquiétant de constater qu’un nombre croissant de nos concitoyens, loin de s’opposer à cette surveillance généralisée, y participent eux-mêmes volontiers en dénonçant leurs voisins. La France, pays latin, où règne depuis longtemps une certaine défiance envers l’autorité de l’État, et où la délation a toujours été l’affaire d’une minorité d’individus, se mue progressivement en une société du soupçon, à l’instar des pays de tradition protestante comme l’Allemagne, les pays scandinaves, ou la Suisse, alémanique en particulier, où la délation passe pour être le sport national et est depuis longtemps ancrée dans les mœurs. On pourra ici rappeler le mot de Luther : « Ordnung muss sein unter den Leuten ! » (l’ordre doit régner parmi les gens). Et pour ce faire, tous les moyens sont bons, surtout les pires ! Ainsi, certains pays, au moment de réduire leurs budgets de police, comme la Corée du Sud à la fin du vingtième siècle, ont mis en place un système de délation permettant de récompenser les honnêtes citoyens qui balancent des individus ou des entreprises contrevenant à la loi. Ainsi, le citoyen qui a constaté une infraction appelle la police et demande s’il reste ce mois-ci du budget pour les délations, et si la réponse est favorable, alors il dénonce la situation dont il a été témoin, et se voit gratifié par la police selon un barème préétabli.
Si la délation a de tous temps été encouragée par les régimes totalitaires et dictatoriaux, la Chine populaire nous l’a encore montré au début de l’épidémie à Wuhan, désormais, dans des pays considérés par le commun des mortels comme démocratiques, comme la Nouvelle-Zélande (paradant chaque année en tête des classements des pays les plus démocratiques, les plus respectueux des droits de l’Homme, les plus égalitaires et les moins corrompus) ou l’Irlande du Nord, les autorités ont profité de la pandémie pour lancer un site Internet sur lequel les citoyens seraient invités à dénoncer les comportements déviants. Victimes de leur succès, ces sites ont planté à peine quelques heures après leur mise en service…Ce phénomène d’augmentation de la délation est évidemment à mettre en perspective avec l’individualisme ambiant. L’homme déraciné, enfermé dans son petit confort, ne se gêne même plus pour dénoncer son enfoiré de voisin qui ne respecte pas telle ou telle règle. Il s’en fout. Il n’y a plus aucun discernement, c’est mécanique, plus aucun sentiment d’appartenance, on ne connaît même plus ses voisins, alors qu’est-ce que ça nous coûte de les dénoncer ? Ça va peut-être les faire chier de se prendre une amende, mais au fond, c’est pour le bien de tous, non ? Si l’on peut encore s’interroger sur les motivations de ces délateurs, rancune, jalousie, dès lors que les autorités mettront en place un système de rémunération ou de récompense des délateurs, les motivations seront toutes trouvées. Le pire étant que certains le font pleins de bonnes intentions.