Dextra
217 subscribers
180 photos
1 file
222 links
Dextra s’est fixé comme objectif d’être un laboratoire d’idées centré sur la formation politique. Nous organisons chaque vendredi soir des conférences.

https://dextra.fr
Download Telegram
Non mais au moins on peut se rassurer, c’est écologique. Pas tant. Le 26 juin 2014, le jury de déontologie publicitaire (JDP), une instance de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), donne raison à l’association Observatoire du nucléaire qui conteste le caractère écologique du système Autolib’, en particulier parce que les batteries sont rechargées sur le réseau électrique ordinaire et donc à 75 % par de l’électricité nucléaire, accusée d’être polluante (production de déchets radioactifs, etc.). Les plus cyniques noterons que cette première critique de l’aspect écologique d’Autolib ne vient pas d’écolos mais de publicitaires qui dénoncent des publicités mensongères. Business is business.
En plus, elles consomment même à l’arrêt. En effet, les batteries chaudes ont été conçues pour être tout le temps alimentée en énergie (cf. branchement en station autolib) mais ont également besoin d’énergie, à raison de 10 KwH, pour demeurer chaudes. Selon l’Auto-Journal “Si l’on considère uniquement le parc du réseau Autolib’ en Île-de-France (les Bluecar de Bolloré sont également utilisées dans d’autres villes et pays), ce besoin de consommer en permanence de l’électricité pour maintenir à température les batteries LMP, conçues et produites par Bolloré, représenterait une consommation annuelle d’environ 14,6 GWh qui serait, à titre d’exemple, facturée plus de 2 millions d’euros au tarif de base EDF, et qui équivaut à des émissions de CO2 de 219 tonnes !”.
Et tant qu’à faire, elles ne sont pas recyclables.
C’est ainsi que près de plus d’un millier de voitures agonisent à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) sur un terrain vague. Terrain vague qui était un ancien bois, rasé pour l’occasion selon des riverains. On a pas de pétrole mais on a des idées.
Depuis plus de 2 ans, ce cimetière à ciel ouvert ne désemplit pas et les véhicules ne sont plus utilisables. Les batteries sont HS et compte tenu du besoin d’être en permanence alimentées, on a connu plus économique et écologique, les Bluecars sont difficilement vendables à des particuliers. Sans compter le coût de remise en état…
Alors elles gisent là. Victimes de l’écologie qu’on mérite.
_
Le prix de la liberté

Qu’il est beau leur monde d’après, qu’il est propre !
Plus solidaires, on ne se voit plus et on se parle à peine, derrières nos baillons chirurgicaux et nos plexiglas de sécurité.
On ne se touche plus, les mains encore et toujours stérilisées.
On ne fait plus un pas sans obéir à mille injonctions, justifiées par la plus généreuse des morales, par les plus dégoulinants des bons sentiments. “Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour les autres…” Par la plus matérialiste des morales aussi. Pour préserver encore quelques jouissances de plus aux boomers soixante-huitards, c’est le pays tout entier qui trinque. La vie s’arrête pour un nouveau virus, qui ne disparaîtra pas du jour au lendemain, et l’on sacrifie la vie économique (qui n’est pas que les profits du CAC 40, faut-il le rappeler ?), la santé psychologique d’une immense part des Français, sans parler des droits de l’âme qui sont, semble-t-il, un tabou de plus en plus fort. Et tout ceci pour un taux d’occupation des lits de réanimation de 50% aujourd’hui.
Alors on peut souhaiter que tous les responsables de ce cirque coercitif s’étouffent dans leurs masques, meurent d’apoplexie en mangeant leur caviar dans leurs restaurants huppés tandis que les français se nourrissent de sandwichs triangles dans leur voiture. On peut refaire ad nauseam la liste de leurs vexations, de leurs mesures contradictoires mais toutes injustes, de leurs mensonges et manipulations, de leur incapacité à s’appliquer à eux-mêmes les normes qu’ils édictent pour le bas peuple.
On peut souhaiter aussi être libre et ne pas se laisser dicter nos comportements par un Etat qui ne cherche plus l’intérêt des français depuis longtemps. Mais comme l’esclavage est doux et confortable, La Boëtie nous le disait déjà. Le prix de la liberté aujourd’hui c’est 135€. 135€ pour se déplacer librement, 135€ pour respirer l’air libre et pas toujours pur. Demain ce sera peut-être la mort social, pour refuser l’injection d’un vaccin expérimental qui protègerait (mais peut-être pas, en fait on ne sait pas vraiment encore) d’un virus pas si mortel. Primum non nocere, nous dit Hippocrate. C’est une ribambelle de sanctions disciplinaires pour les médecins qui souhaiteraient soigner leurs patients avec autre chose que du doliprane ou des médicaments hors de prix sortis tout récemment de labos.
Le prix de la liberté c’est surtout celui du courage, de la volonté. C’est accepter l’inconfort de remettre en cause le récit officiel, accepter de se poser des questions et d’aller trouver les réponses. Le prix de la liberté c’est le courage de la cohérence, au-delà du simple constat. Il n’y a que comme ça qu’ils ne nous réduiront pas à un chiffre, à un cas positif ou négatif, à un suspect sanitaire ou terroriste permanent qui doit montrer patte blanche pour le moindre de ses faits et gestes. Et qui sait ? peut-être que l’exemple de quelques-uns en inspirera d’autres ?
_
Le piège de la Technique

Les années 50 ont été marquées par une explosion de la consommation, accompagnée d’un immense enthousiasme qui assoit la société de consommation et le culte du progrès. La modernité a transformé les moyens en fin et le système technicien ne se reconnaît aucune externalité. Tout ce qui sera techniquement possible doit être réalisé.
La technique n’est ni bonne, ni mauvaise. Elle n’est cependant pas neutre puisqu’elle transforme le monde. La voiture par exemple a changé notre perception de l’espace et du temps en fonction des performances automobiles. La cheminée a été remplacée par la télévision et maintenant par Netflix. Anciennement centre du foyer, pièce à vivre et de réunion, la substitution de la cheminée a provoqué le démembrement de la structure familiale ou communautaire.

Il y a un véritable emballement. La technique, au-delà d’une adaptation à son environnement, transforme ce dernier en profondeur du fait de son autonomie. Elle s’est développée avec l’humanité et a d’abord fait office de moyen tant que son usage restait maîtrisé. Mais elle est devenue progressivement prolongement du corps jusqu’à reléguer l’homme au second plan, devenant ce à quoi nous devons nous adapter et non moyen d’adaptation.
Nous entendons aujourd’hui le terme de révolution numérique. On ne parle plus d’analphabétisme mais d’illectronisme. Ceux qui ne parviennent pas à maîtriser les outils numériques sont doucereusement mis au ban de la société.

Ainsi, les effets négatifs du progrès technique ne sont pas limités à son mauvais usage. Cette technique est l’expression fidèle de l’hétérotélie prométhéenne : il y a une telle foi en la technique que l’on ne s’intéresse aux conséquences qu’après avoir constaté, avec une généreuse mauvaise foi, que les résultats n’étaient pas ceux escomptés. Ce comportement envers la technique en est presque de l’ordre du fétichisme, en témoigne l’usage généralisé du portable. En voulant user de la technique pour répondre à des problèmes, de nouveaux sont créés, que l’on promet de résoudre plus tard. Elle est devenue la seule réponse aux problèmes économiques, environnementaux, moraux, sociaux, affectifs, reproductifs. On notera également que la séparation de la reproduction et de l’affection n’est pensée possible que par la technique. Nous vivons l’ère heureuse du « sans-contact » et du « distanciel », néologisme qui est entré de manière pernicieuse dans le langage courant. Nous payons, nous votons, nous faisons nos courses « sans-contact », nous travaillons en « distanciel ». Et tout tend à devenir « sans-contact ».
La phagocytose de la nature par la technique est un cancer qui se développe par métastase : répondre à des problèmes par la technique en créé de nouveaux, menant de plus en plus en plus à un monde artificiel.
La technique est devenue un processus sans sujet et l’homme en est son accessoire. Nous sommes les hôtes de la technique. L’une des conséquences les plus vicieuses est la marchandisation de toute chose, à commencer par les biens libres communs et gratuits, qui sont devenus des services payants.

Il faut sortir du piège.

L’insurrection ne s’organise pas dans les villes. Le préalable à toute opération possible est la fuite hors de la métropole. « Les racines profondes ne gèlent pas », disait Tolkien. Résister à cette cabale technicienne ne peut se faire sans se réapproprier les lois de la nature, tandis que nos opposants luttent contre elle pour renverser l’ordre naturel. Ce refus de la société technicienne ne peut passer que par une révolution qui trouve son origine dans une prise de conscience personnelle et un effort communautaire pour sortir de l’hubris.
_
Multiculturalisme et guerre des communautés

Los Angeles, 1992. Un afro-américain fonce à toute allure au volant de sa voiture. Poursuivi par la police, il finit par s’arrêter mais, sous l’effet de l’alcool, refuse de sortir de son véhicule et se débat. Deux coups de taser ne suffiront pas à le maîtriser et quatre agents de police (blancs) le passent à tabac… tout cela sous l’œil d’une caméra d’un habitant du quartier. La suite vous la connaissez, pendant 6 jours Los Angeles sera le lieu d’émeutes d’une intense violence : une soixantaine de morts, des milliers de blessés, des incendies un peu partout et près d’un milliard de dollars de dégâts. Il faudra l’intervention de garde nationale et une campagne de pacification militaire urbaine pour garantir le retour à l’ordre public.
Des Draft Riots de 1863 à New York, aux émeutes plus récentes de Black Lives Matter, les troubles sociaux et économiques vont souvent de pair aux États-Unis, et désormais chez nous également, avec les tensions raciales.

La population historique de Los Angeles ne comprend que des blancs et des noirs. A partir de la moitié du XXème siècle de plus en plus de latinos viennent s’y ajouter et font subir une cruelle concurrence aux afro-américains qui se font « grand remplacer » en tant que main d’œuvre bon marché. La situation s’aggrave encore avec l’arrivée des coréens à partir des années 70’. Ces derniers rachètent ou ouvrent des petits commerces de proximité (épicerie, débit d’alcool, …) et s’imposent rapidement en monopole dans de nombreux quartiers populaires.
Mises en concurrence les unes entre les autres, la haine entre toutes ces communautés ne fait qu’augmenter et le cocktail devient explosif. Un an avant les émeutes de 1992, la gérante d’une épicerie coréenne abat d’une balle en pleine tête une adolescente noire qui avait volé une bouteille de jus d’orange… c’est beau le libéralisme.

Bref, au moment où ça pète, entre deux chasses aux blancs qu’on arrache de leurs véhicules en pleine rue, on crie haro sur le baudet coréen et leurs petits commerces. Ces derniers, bonne poire et fiers américains, sont convaincus que la police va venir à leurs secours. Mais la police, dont une grande partie des effectifs n’est pas mobilisée pour diverses raisons, ne vient pas et se contente de protéger les quartiers riches de Beverly Hills et compagnie…
Alors l’improbable se produit : bientôt les toits des habitations et commerces coréens se peuplent d’hommes en armes, les fameux « Roof Koreans ». Les radios locales coréennes appellent tous les immigrants à se rendre dans les quartiers attaqués pour défendre leurs frères. En quelques heures Koreatown se transforme en une véritable forteresse.

Cette réaction rapide s’explique par plusieurs facteurs : les coréens de l’époque ont une culture de la guerre (Guerre de Corée pour les plus vieux et service militaire au pays pour les plus jeunes), ils possèdent beaucoup d’armes (certains sont propriétaires d’armureries) mais surtout ils ont conservés un lien communautaire fort (entretenu par la barrière de la langue).