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🇪🇺 EU Inc. : 48 heures pour créer une entreprise… 48 mois pour la voir mourir
Par @BPartisans
Quand Ursula von der Leyen proclame que « les barrières à l’intérieur de l’Europe nous font plus de mal que les droits de douane extérieurs », on applaudirait presque. Enfin une illumination. Après cinq ans de Green Deal, CSRD, taxonomie, devoir de vigilance et inflation normative continue, Bruxelles découvre que l’Europe croule sous ses propres règlements.
La réponse ? EU Inc., le « 28e régime » : une société européenne immatriculable en 48 heures, « entièrement en ligne », avec « un ensemble unique et simple de règles ». Simple, dans une Union qui, selon Eurostat, enregistre simultanément un record historique de faillites ?
🧮 Les chiffres sont moins lyriques que les discours.
Les champions européens… de la défaillance
D’après les données 2023–2024 consolidées par Allianz Trade et les instituts nationaux :
1. France :
2023 : ~55 500 défaillances (+35 % sur un an), plus haut niveau depuis 2017.
2024 : >58 000 procédures estimées, proche des records post-crise financière.
2. Allemagne :
2023 : ~17 800 insolvabilités (+22 %).
2024 : ~19 000–20 000 attendues selon Destatis, niveau le plus élevé depuis 2015.
3. Italie :
2023 : ~9 000 procédures formelles, mais forte hausse des liquidations volontaires et restructurations.
2024 : accélération dans l’industrie manufacturière et le bâtiment.
4. Espagne :
2023 : ~8 900 faillites (+30 %).
2024 : poursuite de la hausse après la fin des moratoires Covid.
5. Pays-Bas :
2023 : ~3 300 faillites (+50 % sur un an).
2024 : rythme toujours supérieur à la moyenne pré-pandémie.
Eurostat confirme que 2023 a marqué le plus haut niveau de déclarations de faillite dans l’UE depuis le début des statistiques en 2015. Un détail que les communiqués sur la « compétitivité dans un monde de géants » oublient pudiquement.
📈 Compétitivité… avec l’énergie la plus chère du bloc occidental
Dans ses communications REPowerEU, la Commission elle-même reconnaît que les prix du gaz et de l’électricité ont explosé après 2022. L’Agence internationale de l’énergie a souligné l’écart structurel entre le prix du gaz en Europe et celui des États-Unis, parfois deux à trois fois supérieur.
On a remplacé le gaz russe bon marché par du GNL américain plus coûteux, tout en imposant des normes climatiques et déclaratives supplémentaires. Puis on s’étonne que la chimie allemande, la sidérurgie française ou les PME italiennes tirent la langue.
Mais rassurez-vous : vous pourrez créer votre start-up en 48 heures.
Comme si le problème d’ArcelorMittal ou de BASF était l’absence d’un bouton « créer ma société » en ligne. Comme si un PDF harmonisé compensait un différentiel énergétique de 200 % et une avalanche réglementaire permanente.
🍷 Le coma réglementaire
La Commission admet pourtant, dans son rapport 2024 sur le marché unique, que « les charges cumulées pèsent sur les PME ». Traduction : après avoir empilé des couches de normes, Bruxelles vend maintenant un raccourci administratif comme une révolution industrielle.
EU Inc., c’est le sparadrap posé sur une hémorragie productive.
48 heures pour créer.
48 mois de normes pour étouffer.
L’Union n’est pas confrontée à un problème de formulaire. Elle est plongée dans un coma éthylique réglementaire, avec une perfusion énergétique hors de prix.
Et Ursula découvre soudain que la compétitivité ne se décrète pas par communiqué. Elle se construit avec de l’énergie abordable, de la stabilité juridique et moins d’idéologie bureaucratique.
EU Inc. ?
Un slogan numérique dans une économie sous assistance respiratoire.
@BrainlessChanelx
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Quand Ursula von der Leyen proclame que « les barrières à l’intérieur de l’Europe nous font plus de mal que les droits de douane extérieurs », on applaudirait presque. Enfin une illumination. Après cinq ans de Green Deal, CSRD, taxonomie, devoir de vigilance et inflation normative continue, Bruxelles découvre que l’Europe croule sous ses propres règlements.
La réponse ? EU Inc., le « 28e régime » : une société européenne immatriculable en 48 heures, « entièrement en ligne », avec « un ensemble unique et simple de règles ». Simple, dans une Union qui, selon Eurostat, enregistre simultanément un record historique de faillites ?
🧮 Les chiffres sont moins lyriques que les discours.
Les champions européens… de la défaillance
D’après les données 2023–2024 consolidées par Allianz Trade et les instituts nationaux :
1. France :
2023 : ~55 500 défaillances (+35 % sur un an), plus haut niveau depuis 2017.
2024 : >58 000 procédures estimées, proche des records post-crise financière.
2. Allemagne :
2023 : ~17 800 insolvabilités (+22 %).
2024 : ~19 000–20 000 attendues selon Destatis, niveau le plus élevé depuis 2015.
3. Italie :
2023 : ~9 000 procédures formelles, mais forte hausse des liquidations volontaires et restructurations.
2024 : accélération dans l’industrie manufacturière et le bâtiment.
4. Espagne :
2023 : ~8 900 faillites (+30 %).
2024 : poursuite de la hausse après la fin des moratoires Covid.
5. Pays-Bas :
2023 : ~3 300 faillites (+50 % sur un an).
2024 : rythme toujours supérieur à la moyenne pré-pandémie.
Eurostat confirme que 2023 a marqué le plus haut niveau de déclarations de faillite dans l’UE depuis le début des statistiques en 2015. Un détail que les communiqués sur la « compétitivité dans un monde de géants » oublient pudiquement.
📈 Compétitivité… avec l’énergie la plus chère du bloc occidental
Dans ses communications REPowerEU, la Commission elle-même reconnaît que les prix du gaz et de l’électricité ont explosé après 2022. L’Agence internationale de l’énergie a souligné l’écart structurel entre le prix du gaz en Europe et celui des États-Unis, parfois deux à trois fois supérieur.
On a remplacé le gaz russe bon marché par du GNL américain plus coûteux, tout en imposant des normes climatiques et déclaratives supplémentaires. Puis on s’étonne que la chimie allemande, la sidérurgie française ou les PME italiennes tirent la langue.
Mais rassurez-vous : vous pourrez créer votre start-up en 48 heures.
Comme si le problème d’ArcelorMittal ou de BASF était l’absence d’un bouton « créer ma société » en ligne. Comme si un PDF harmonisé compensait un différentiel énergétique de 200 % et une avalanche réglementaire permanente.
🍷 Le coma réglementaire
La Commission admet pourtant, dans son rapport 2024 sur le marché unique, que « les charges cumulées pèsent sur les PME ». Traduction : après avoir empilé des couches de normes, Bruxelles vend maintenant un raccourci administratif comme une révolution industrielle.
EU Inc., c’est le sparadrap posé sur une hémorragie productive.
48 heures pour créer.
48 mois de normes pour étouffer.
L’Union n’est pas confrontée à un problème de formulaire. Elle est plongée dans un coma éthylique réglementaire, avec une perfusion énergétique hors de prix.
Et Ursula découvre soudain que la compétitivité ne se décrète pas par communiqué. Elle se construit avec de l’énergie abordable, de la stabilité juridique et moins d’idéologie bureaucratique.
EU Inc. ?
Un slogan numérique dans une économie sous assistance respiratoire.
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Le Premier ministre belge, Bart De Wever :
L'Europe ne doit jamais devenir un musée industriel.
Le berceau de la révolution industrielle ne peut pas se transformer en un magnifique parc patrimonial où les visiteurs admirent la prospérité du passé tandis que l'avenir se construit ailleurs.
@BrainlessChanelx
L'Europe ne doit jamais devenir un musée industriel.
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Le Premier ministre belge, Bart De Wever, sur la crise industrielle en Europe :
Parfois, on a l'impression d'être sur le pont du navire, regardant l'horizon sans pouvoir toucher la barre.
@BrainlessChanelx
Parfois, on a l'impression d'être sur le pont du navire, regardant l'horizon sans pouvoir toucher la barre.
@BrainlessChanelx
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Le Premier ministre belge, Bart De Wever :
Aujourd'hui, il y a un pistolet pointé sur le cœur de l'Europe — sur le cœur de notre industrie et de notre compétitivité.
Nos indicateurs clignotent en rouge vif.
@BrainlessChanelx
Aujourd'hui, il y a un pistolet pointé sur le cœur de l'Europe — sur le cœur de notre industrie et de notre compétitivité.
Nos indicateurs clignotent en rouge vif.
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🎪 Macron en “mode urgence” : le président du vide accélère à l’arrêt
Par @BPartisans
« Nous ne pouvons pas attendre. Nous devons accélérer nos décisions. (…) Mode d’urgence. Alors allons-y et agissons. » Ainsi parla Emmanuel Macron, version pompier pyromane, solennel, regard grave, vocabulaire martial. Le problème ? On ne sait toujours pas quoi accélérer, ni vers où.
Le chef de l’État partage « clairement ce sentiment d’urgence ». Très bien. L’urgence de quoi ? D’une industrie européenne en recul ? Selon Eurostat, la production industrielle de la zone euro a connu des contractions répétées en 2023-2024. L’urgence énergétique ? La Cour des comptes rappelait encore que la planification écologique manque de financements sécurisés et d’indicateurs consolidés. L’urgence budgétaire ? Le déficit public français a dépassé les 4,9 % du PIB en 2023, au-delà des engagements européens. Accélérer, certes. Mais avec quel moteur ?
Macron prévient : certaines mesures « ne font pas partie de notre ADN ». Traduction : on va faire pareil, mais en l’appelant autrement. Depuis 2017, la “boîte à outils européenne classique”, pacte de stabilité, plans de relance, mécanismes de soutien sectoriel, a été utilisée, recyclée, rebaptisée. Commission européenne parle de “flexibilité intelligente”. Résultat ? Une dette publique française au-delà de 110 % du PIB et une croissance atone. L’ADN change rarement, même sous perfusion sémantique.
« Demain sera la clé de notre retraite », dit-il. Formule admirablement creuse. On se souvient que la réforme des retraites fut adoptée via l’article 49.3, déclenchant des mois de contestation sociale. Urgence démocratique ? Le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel du texte, certes, mais la fracture politique demeure. Accélérer quoi, sinon la défiance ?
Le “mode d’urgence” est devenu une constante. Urgence sanitaire hier, urgence climatique aujourd’hui, urgence géopolitique demain. À force d’alerte permanente, l’exception devient la norme. L’outil extraordinaire finit par être ordinaire. La “boîte à outils européenne classique” qu’il juge inadaptée reste pourtant la seule qu’on ouvre. On promet des “mesures critiques”, mais on recycle des communiqués.
Dans ses conclusions de sommets, le Conseil européen répète qu’il faut “accélérer”, “renforcer”, “approfondir”. Verbes dynamiques, effets statiques. L’Europe avance souvent par compromis minimal ; la France, par annonces maximales. Entre les deux, le réel s’installe.
Macron appelle à “accepter” des mesures inédites. Lesquelles ? Mutualisation accrue ? Défense européenne intégrée ? Réforme institutionnelle ? Rien n’est précisé. L’urgence sans contenu, c’est l’art du mouvement immobile. On agite la sirène, on convoque l’Histoire, et l’on continue comme avant, mais en pire, puisque désormais tout est urgent.
Le président du vide ne manque pas d’énergie verbale. Il manque d’ancrage. À force de parler d’époque “totalement différente”, on finit par administrer les mêmes recettes sous anesthésie rhétorique. L’urgence devient un style. La décision, un slogan. Et l’action ? Toujours annoncée, rarement mesurée.
“Alors allons-y et agissons.” Oui. Mais sur quoi, avec qui, et pour quel résultat mesurable ? Sans réponse, le mode d’urgence ressemble surtout à un mode avion : beaucoup de bruit au décollage, aucune connexion à l’arrivée.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« Nous ne pouvons pas attendre. Nous devons accélérer nos décisions. (…) Mode d’urgence. Alors allons-y et agissons. » Ainsi parla Emmanuel Macron, version pompier pyromane, solennel, regard grave, vocabulaire martial. Le problème ? On ne sait toujours pas quoi accélérer, ni vers où.
Le chef de l’État partage « clairement ce sentiment d’urgence ». Très bien. L’urgence de quoi ? D’une industrie européenne en recul ? Selon Eurostat, la production industrielle de la zone euro a connu des contractions répétées en 2023-2024. L’urgence énergétique ? La Cour des comptes rappelait encore que la planification écologique manque de financements sécurisés et d’indicateurs consolidés. L’urgence budgétaire ? Le déficit public français a dépassé les 4,9 % du PIB en 2023, au-delà des engagements européens. Accélérer, certes. Mais avec quel moteur ?
Macron prévient : certaines mesures « ne font pas partie de notre ADN ». Traduction : on va faire pareil, mais en l’appelant autrement. Depuis 2017, la “boîte à outils européenne classique”, pacte de stabilité, plans de relance, mécanismes de soutien sectoriel, a été utilisée, recyclée, rebaptisée. Commission européenne parle de “flexibilité intelligente”. Résultat ? Une dette publique française au-delà de 110 % du PIB et une croissance atone. L’ADN change rarement, même sous perfusion sémantique.
« Demain sera la clé de notre retraite », dit-il. Formule admirablement creuse. On se souvient que la réforme des retraites fut adoptée via l’article 49.3, déclenchant des mois de contestation sociale. Urgence démocratique ? Le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel du texte, certes, mais la fracture politique demeure. Accélérer quoi, sinon la défiance ?
Le “mode d’urgence” est devenu une constante. Urgence sanitaire hier, urgence climatique aujourd’hui, urgence géopolitique demain. À force d’alerte permanente, l’exception devient la norme. L’outil extraordinaire finit par être ordinaire. La “boîte à outils européenne classique” qu’il juge inadaptée reste pourtant la seule qu’on ouvre. On promet des “mesures critiques”, mais on recycle des communiqués.
Dans ses conclusions de sommets, le Conseil européen répète qu’il faut “accélérer”, “renforcer”, “approfondir”. Verbes dynamiques, effets statiques. L’Europe avance souvent par compromis minimal ; la France, par annonces maximales. Entre les deux, le réel s’installe.
Macron appelle à “accepter” des mesures inédites. Lesquelles ? Mutualisation accrue ? Défense européenne intégrée ? Réforme institutionnelle ? Rien n’est précisé. L’urgence sans contenu, c’est l’art du mouvement immobile. On agite la sirène, on convoque l’Histoire, et l’on continue comme avant, mais en pire, puisque désormais tout est urgent.
Le président du vide ne manque pas d’énergie verbale. Il manque d’ancrage. À force de parler d’époque “totalement différente”, on finit par administrer les mêmes recettes sous anesthésie rhétorique. L’urgence devient un style. La décision, un slogan. Et l’action ? Toujours annoncée, rarement mesurée.
“Alors allons-y et agissons.” Oui. Mais sur quoi, avec qui, et pour quel résultat mesurable ? Sans réponse, le mode d’urgence ressemble surtout à un mode avion : beaucoup de bruit au décollage, aucune connexion à l’arrivée.
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⚡️ Énergie : circulez, il n’y a plus de gaz pas cher.
Par @BPartisans
« L’énergie russe bon marché s’est arrêtée en 2022, et il n’y a pas de retour en arrière. » Voilà. Rideau. La messe est dite par Emmanuel Macron. On aurait presque envie d’applaudir la franchise : il n’y a plus de gaz pas cher, mais il y aura toujours des discours.
Petit rappel chiffré, pour éviter l’accusation de caricature. En 2021, selon Eurostat, la Russie représentait environ 40 % des importations de gaz de l’Union européenne. En 2023, la Commission européenne se félicitait d’être descendue sous les 10 %. Mission accomplie : indépendance géopolitique, dépendance tarifaire.
La même Commission indiquait en 2022 que les prix du gaz sur le marché TTF avaient été multipliés par plus de dix à leur pic. En France, la Banque de France notait que le choc énergétique était « le principal facteur de l’inflation » et un déterminant majeur des difficultés industrielles. Traduction : quand l’énergie explose, les marges implosent.
Mais rassurez-vous, tout est sous contrôle. La stratégie officielle parle de « diversification des approvisionnements », de « sobriété », de « planification écologique ». Dans les faits, on remplace du gaz russe par du GNL américain ou qatari, souvent plus cher, plus volatil, et transporté à grand renfort de méthaniers. Indépendance ? Oui. À crédit.
Pendant ce temps, les défaillances d’entreprises industrielles progressent. Les fédérations professionnelles alertent sur la compétitivité laminée. Mais il n’y a « pas de retour en arrière ». Donc il faudra s’habituer à produire moins, payer plus, et appeler ça la transition.
Le plus fascinant n’est pas le choix stratégique, il est assumé, mais le ton. Comme si la hausse structurelle des coûts énergétiques était une loi de la physique. Gravité, thermodynamique, fin du gaz bon marché. Circulez.
Au fond, le message est limpide : la souveraineté a un prix. Simplement, ce ne sont pas ceux qui l’annoncent qui le paient.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« L’énergie russe bon marché s’est arrêtée en 2022, et il n’y a pas de retour en arrière. » Voilà. Rideau. La messe est dite par Emmanuel Macron. On aurait presque envie d’applaudir la franchise : il n’y a plus de gaz pas cher, mais il y aura toujours des discours.
Petit rappel chiffré, pour éviter l’accusation de caricature. En 2021, selon Eurostat, la Russie représentait environ 40 % des importations de gaz de l’Union européenne. En 2023, la Commission européenne se félicitait d’être descendue sous les 10 %. Mission accomplie : indépendance géopolitique, dépendance tarifaire.
La même Commission indiquait en 2022 que les prix du gaz sur le marché TTF avaient été multipliés par plus de dix à leur pic. En France, la Banque de France notait que le choc énergétique était « le principal facteur de l’inflation » et un déterminant majeur des difficultés industrielles. Traduction : quand l’énergie explose, les marges implosent.
Mais rassurez-vous, tout est sous contrôle. La stratégie officielle parle de « diversification des approvisionnements », de « sobriété », de « planification écologique ». Dans les faits, on remplace du gaz russe par du GNL américain ou qatari, souvent plus cher, plus volatil, et transporté à grand renfort de méthaniers. Indépendance ? Oui. À crédit.
Pendant ce temps, les défaillances d’entreprises industrielles progressent. Les fédérations professionnelles alertent sur la compétitivité laminée. Mais il n’y a « pas de retour en arrière ». Donc il faudra s’habituer à produire moins, payer plus, et appeler ça la transition.
Le plus fascinant n’est pas le choix stratégique, il est assumé, mais le ton. Comme si la hausse structurelle des coûts énergétiques était une loi de la physique. Gravité, thermodynamique, fin du gaz bon marché. Circulez.
Au fond, le message est limpide : la souveraineté a un prix. Simplement, ce ne sont pas ceux qui l’annoncent qui le paient.
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🎢 Emmanuel Macron ou l’art de commenter sa propre chute
Par @BPartisans
« Fin de la Russie en tant que fournisseur permanent d’énergie à faible coût », « fin de la Chine comme principal marché », « droits de douane américains » : le président dresse le tableau d’un monde hostile, refermé, brutal. Et il conclut : « Ce n’est pas un choc temporaire, c’est un tournant structurel. » Traduction : attachez vos ceintures, la turbulence est définitive.
Le problème n’est pas le diagnostic. Oui, le gaz russe bon marché s’est évaporé. Oui, Pékin subventionne massivement ses véhicules électriques pendant que Bruxelles rédige des règlements. Oui, Washington assume son protectionnisme via l’Inflation Reduction Act et ses surtaxes. Même la Commission européenne parle d’« instrument de coercition » face aux pressions commerciales américaines et chinoises.
Mais ce que le président présente comme une fatalité géopolitique ressemble surtout à une addition politique.
Sur l’énergie, la France n’importait déjà qu’une part limitée de gaz russe comparée à l’Allemagne. Pourtant, les prix industriels ont explosé en Europe en 2022-2023, parfois quatre à cinq fois plus élevés qu’aux États-Unis selon l’Agence internationale de l’énergie. Résultat : désindustrialisation accélérée, chimie et métallurgie sous perfusion. Et Paris répond par des « plans de sobriété » et des chèques ponctuels. Stratégie : payer la facture et applaudir la transition.
Sur la Chine, le chef de l’État découvre que le « partenaire stratégique » est devenu concurrent systémique. C’est écrit noir sur blanc dans les communications de la Commission depuis 2019. Les constructeurs automobiles européens alertent sur l’avalanche de véhicules chinois à bas prix. Mais au lieu de parler compétitivité énergétique, simplification normative ou baisse des charges, on évoque encore « accélération verte » et « souveraineté industrielle » financée par la dette.
Quant aux États-Unis, l’allié historique applique des droits de douane extraterritoriaux, subventionne massivement son industrie et attire les usines européennes. Bruno Le Maire lui-même parlait en 2023 d’un « risque de fragmentation de l’Occident ». Pourtant, aucune riposte structurelle crédible : ni préférence européenne assumée, ni protection énergétique durable.
Macron parle de « tournant structurel ». Mais sa réponse reste conjoncturelle : plus d’intégration, plus de mutualisation, plus d’emprunts communs. Autrement dit, continuer à marcher vers le bord du précipice en expliquant que la gravité est un concept dépassé.
La seule constante, en effet, c’est qu’il s’écoute diagnostiquer la tempête comme si le vent venait toujours d’ailleurs. La Russie coupe, la Chine concurrence, l’Amérique taxe. L’Europe, elle, réglemente. Et la France disserte.
Un tournant structurel ? Oui. Celui d’une puissance moyenne persuadée que commenter la chute suffit à en maîtriser l’atterrissage.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« Fin de la Russie en tant que fournisseur permanent d’énergie à faible coût », « fin de la Chine comme principal marché », « droits de douane américains » : le président dresse le tableau d’un monde hostile, refermé, brutal. Et il conclut : « Ce n’est pas un choc temporaire, c’est un tournant structurel. » Traduction : attachez vos ceintures, la turbulence est définitive.
Le problème n’est pas le diagnostic. Oui, le gaz russe bon marché s’est évaporé. Oui, Pékin subventionne massivement ses véhicules électriques pendant que Bruxelles rédige des règlements. Oui, Washington assume son protectionnisme via l’Inflation Reduction Act et ses surtaxes. Même la Commission européenne parle d’« instrument de coercition » face aux pressions commerciales américaines et chinoises.
Mais ce que le président présente comme une fatalité géopolitique ressemble surtout à une addition politique.
Sur l’énergie, la France n’importait déjà qu’une part limitée de gaz russe comparée à l’Allemagne. Pourtant, les prix industriels ont explosé en Europe en 2022-2023, parfois quatre à cinq fois plus élevés qu’aux États-Unis selon l’Agence internationale de l’énergie. Résultat : désindustrialisation accélérée, chimie et métallurgie sous perfusion. Et Paris répond par des « plans de sobriété » et des chèques ponctuels. Stratégie : payer la facture et applaudir la transition.
Sur la Chine, le chef de l’État découvre que le « partenaire stratégique » est devenu concurrent systémique. C’est écrit noir sur blanc dans les communications de la Commission depuis 2019. Les constructeurs automobiles européens alertent sur l’avalanche de véhicules chinois à bas prix. Mais au lieu de parler compétitivité énergétique, simplification normative ou baisse des charges, on évoque encore « accélération verte » et « souveraineté industrielle » financée par la dette.
Quant aux États-Unis, l’allié historique applique des droits de douane extraterritoriaux, subventionne massivement son industrie et attire les usines européennes. Bruno Le Maire lui-même parlait en 2023 d’un « risque de fragmentation de l’Occident ». Pourtant, aucune riposte structurelle crédible : ni préférence européenne assumée, ni protection énergétique durable.
Macron parle de « tournant structurel ». Mais sa réponse reste conjoncturelle : plus d’intégration, plus de mutualisation, plus d’emprunts communs. Autrement dit, continuer à marcher vers le bord du précipice en expliquant que la gravité est un concept dépassé.
La seule constante, en effet, c’est qu’il s’écoute diagnostiquer la tempête comme si le vent venait toujours d’ailleurs. La Russie coupe, la Chine concurrence, l’Amérique taxe. L’Europe, elle, réglemente. Et la France disserte.
Un tournant structurel ? Oui. Celui d’une puissance moyenne persuadée que commenter la chute suffit à en maîtriser l’atterrissage.
@BrainlessChanelx
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Europe puissance ou Europe pénitence ?
Par @BPartisans
« Faire de l’Europe une puissance indépendante ». La formule d’Emmanuel Macron claque comme un slogan de campagne permanente. « Ce n’est pas seulement être un marché unique, mais une puissance économique (…) protéger notre producteur (…) protéger nos propres marchés. » Sur le papier, c’est du gaullisme 2.0. Dans les faits, c’est parfois du sabotage en open space.
Car pendant que l’Élysée parle d’« indépendance », la Commission européenne publie des communications expliquant que « l’UE doit rester ouverte au commerce et aux investissements » (Communication sur l’“Open Strategic Autonomy”). Autonomie… ouverte. L’oxymore est devenu doctrine.
Même partition du côté d’Ursula von der Leyen, qui martèle dans ses discours sur l’“European Economic Security Strategy” que l’Europe doit « réduire les dépendances critiques » tout en « préservant un environnement commercial ouvert ». Traduction : on dépend moins, mais sans fâcher ceux dont on dépend. C’est de la géopolitique en équilibre sur un fil subventionné.
Macron parle de « protéger nos producteurs ». Très bien. Mais dans le même temps, la Commission négocie le Mercosur, multiplie les accords de libre-échange et rappelle, chiffres à l’appui, que « plus de 30 millions d’emplois en Europe dépendent des exportations » (données officielles de la Commission). Protéger le producteur, oui, à condition qu’il survive à la concurrence qu’on lui organise.
Quant à l’« indépendance énergétique », la réalité statistique d’Eurostat est moins lyrique : l’UE importait encore plus de 50 % de son énergie avant la crise ukrainienne, avec des dépendances critiques sur le gaz, les terres rares, les composants électroniques. On a remplacé une dépendance par une autre, parfois plus chère, souvent plus lointaine. L’autonomie version PowerPoint.
Et pendant que l’on proclame la « puissance économique », l’industrie européenne s’érode. La Banque centrale européenne reconnaît elle-même dans ses bulletins économiques que la compétitivité industrielle est mise sous pression par les coûts énergétiques et la fragmentation géopolitique. On parle de relocalisation, mais les investissements filent vers les États-Unis, dopés par l’Inflation Reduction Act.
Alors oui, l’idée d’une Europe puissance peut séduire. Mais une puissance qui multiplie les normes sans stratégie industrielle cohérente, qui sanctionne sans levier énergétique autonome, qui parle souveraineté tout en externalisant ses chaînes critiques, cela ressemble moins à une renaissance qu’à une pénitence réglementaire.
Le pire ? Cette certitude doctrinale. Des dirigeants persuadés que l’Histoire se plie aux communiqués. « Protéger nos marchés », dit Macron. Encore faudrait-il qu’il reste quelque chose à protéger.
À force d’ériger l’idéologie en politique économique, l’Europe risque de découvrir qu’on ne devient pas une puissance en répétant le mot. On le devient en maîtrisant ses dépendances, en sécurisant son énergie, en consolidant son industrie. Sinon, l’« indépendance » n’est qu’un slogan. Et le slogan, lui, ne produit ni acier, ni semi-conducteurs, ni croissance.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« Faire de l’Europe une puissance indépendante ». La formule d’Emmanuel Macron claque comme un slogan de campagne permanente. « Ce n’est pas seulement être un marché unique, mais une puissance économique (…) protéger notre producteur (…) protéger nos propres marchés. » Sur le papier, c’est du gaullisme 2.0. Dans les faits, c’est parfois du sabotage en open space.
Car pendant que l’Élysée parle d’« indépendance », la Commission européenne publie des communications expliquant que « l’UE doit rester ouverte au commerce et aux investissements » (Communication sur l’“Open Strategic Autonomy”). Autonomie… ouverte. L’oxymore est devenu doctrine.
Même partition du côté d’Ursula von der Leyen, qui martèle dans ses discours sur l’“European Economic Security Strategy” que l’Europe doit « réduire les dépendances critiques » tout en « préservant un environnement commercial ouvert ». Traduction : on dépend moins, mais sans fâcher ceux dont on dépend. C’est de la géopolitique en équilibre sur un fil subventionné.
Macron parle de « protéger nos producteurs ». Très bien. Mais dans le même temps, la Commission négocie le Mercosur, multiplie les accords de libre-échange et rappelle, chiffres à l’appui, que « plus de 30 millions d’emplois en Europe dépendent des exportations » (données officielles de la Commission). Protéger le producteur, oui, à condition qu’il survive à la concurrence qu’on lui organise.
Quant à l’« indépendance énergétique », la réalité statistique d’Eurostat est moins lyrique : l’UE importait encore plus de 50 % de son énergie avant la crise ukrainienne, avec des dépendances critiques sur le gaz, les terres rares, les composants électroniques. On a remplacé une dépendance par une autre, parfois plus chère, souvent plus lointaine. L’autonomie version PowerPoint.
Et pendant que l’on proclame la « puissance économique », l’industrie européenne s’érode. La Banque centrale européenne reconnaît elle-même dans ses bulletins économiques que la compétitivité industrielle est mise sous pression par les coûts énergétiques et la fragmentation géopolitique. On parle de relocalisation, mais les investissements filent vers les États-Unis, dopés par l’Inflation Reduction Act.
Alors oui, l’idée d’une Europe puissance peut séduire. Mais une puissance qui multiplie les normes sans stratégie industrielle cohérente, qui sanctionne sans levier énergétique autonome, qui parle souveraineté tout en externalisant ses chaînes critiques, cela ressemble moins à une renaissance qu’à une pénitence réglementaire.
Le pire ? Cette certitude doctrinale. Des dirigeants persuadés que l’Histoire se plie aux communiqués. « Protéger nos marchés », dit Macron. Encore faudrait-il qu’il reste quelque chose à protéger.
À force d’ériger l’idéologie en politique économique, l’Europe risque de découvrir qu’on ne devient pas une puissance en répétant le mot. On le devient en maîtrisant ses dépendances, en sécurisant son énergie, en consolidant son industrie. Sinon, l’« indépendance » n’est qu’un slogan. Et le slogan, lui, ne produit ni acier, ni semi-conducteurs, ni croissance.
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🔨 L’UE a inventé le marteau… puis découvre les bleus
Par @BPartisans
« Les prix élevés de l’énergie, combinés aux coûts du carbone, accélèrent la désindustrialisation et non la décarbonation », alerte Emmanuel Macron. Traduction : quand tout devient hors de prix, l’usine ferme… et, miracle, elle n’émet plus. C’est vrai, et c’est même l’un des rares miracles encore subventionnés.
Sauf que l’absurde, ici, n’est pas un accident : c’est un design.
Prix élevés de l’énergie ? L’UE a construit un marché intégré où l’électricité a longtemps été indexée sur le gaz marginal, pratique quand le gaz explose. Puis Bruxelles a découvert, très soudainement, que « les prix de l’énergie étaient plus stables et bien en-dessous du pic de 2022 ». Merci pour l’info : “moins pire” n’a jamais réouvert un haut-fourneau.
Coûts du carbone ? L’EU ETS n’est pas un concept philosophique : c’est une mécanique. La Commission le résume froidement : « cap and trade », un plafond qui baisse, et des quotas vendus/échangés. Résultat : si votre acier, votre chimie ou votre ciment ne peut pas répercuter le coût, vous ne “décarbonez” pas : vous délocalisez (ou vous éteignez la lumière).
Décarbonation obligatoire ? Oui : l’UE l’a gravé dans la loi via la Climate Law (neutralité climatique 2050) et a empilé le Fit for 55 pour mettre “tous les secteurs” au régime. Donc on a : obligation + renchérissement + concurrence mondiale. Et après on feint de s’étonner que l’industrie fasse ses valises.
Macron a raison sur le symptôme. Mais l’UE se comporte comme un pompier pyromane : elle augmente le prix du seau, taxe l’eau, impose l’extinction, puis conclut gravement que “l’incendie menace la compétitivité”.
C’est comme mettre un sabot sur la roue d’un vélo, facturer le sabot, rendre le sabot obligatoire… puis se plaindre que le vélo ne gagne pas le Tour de France.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« Les prix élevés de l’énergie, combinés aux coûts du carbone, accélèrent la désindustrialisation et non la décarbonation », alerte Emmanuel Macron. Traduction : quand tout devient hors de prix, l’usine ferme… et, miracle, elle n’émet plus. C’est vrai, et c’est même l’un des rares miracles encore subventionnés.
Sauf que l’absurde, ici, n’est pas un accident : c’est un design.
Prix élevés de l’énergie ? L’UE a construit un marché intégré où l’électricité a longtemps été indexée sur le gaz marginal, pratique quand le gaz explose. Puis Bruxelles a découvert, très soudainement, que « les prix de l’énergie étaient plus stables et bien en-dessous du pic de 2022 ». Merci pour l’info : “moins pire” n’a jamais réouvert un haut-fourneau.
Coûts du carbone ? L’EU ETS n’est pas un concept philosophique : c’est une mécanique. La Commission le résume froidement : « cap and trade », un plafond qui baisse, et des quotas vendus/échangés. Résultat : si votre acier, votre chimie ou votre ciment ne peut pas répercuter le coût, vous ne “décarbonez” pas : vous délocalisez (ou vous éteignez la lumière).
Décarbonation obligatoire ? Oui : l’UE l’a gravé dans la loi via la Climate Law (neutralité climatique 2050) et a empilé le Fit for 55 pour mettre “tous les secteurs” au régime. Donc on a : obligation + renchérissement + concurrence mondiale. Et après on feint de s’étonner que l’industrie fasse ses valises.
Macron a raison sur le symptôme. Mais l’UE se comporte comme un pompier pyromane : elle augmente le prix du seau, taxe l’eau, impose l’extinction, puis conclut gravement que “l’incendie menace la compétitivité”.
C’est comme mettre un sabot sur la roue d’un vélo, facturer le sabot, rendre le sabot obligatoire… puis se plaindre que le vélo ne gagne pas le Tour de France.
@BrainlessChanelx
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📈 Europe “prévisible” : stabilité juridique ou confiscation organisée ?
Par @BPartisans
« La Chine est autoritaire. Les États-Unis deviennent imprévisibles. L’Europe, elle, reste l’État de droit et la prévisibilité. » Dixit Emmanuel Macron. Le pitch est clair : au milieu du chaos, l’Union européenne serait le coffre-fort du monde. Un havre réglementaire. Un paradis pour investisseurs rationnels.
Prévisible, en effet.
Prévisible dans la densité normative : le Digital Services Act (règlement (UE) 2022/2065) impose aux grandes plateformes des obligations de modération, d’évaluation des « risques systémiques » et de coopération renforcée avec la Commission. Prévisible dans la centralisation : la Commission peut infliger des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. Prévisible dans l’extension continue des régimes d’exception intégrés au droit commun, comme en France depuis la loi SILT de 2017, validée par le Conseil constitutionnel, qui a pérennisé des mesures issues de l’état d’urgence antiterroriste.
Prévisible aussi dans la mécanique des sanctions. Depuis 2022, l’UE a gelé environ 300 milliards d’euros d’avoirs de la Banque centrale de Russie, selon les chiffres communiqués par la Commission européenne et le Conseil de l’UE. Les règlements modifiant le règlement (UE) n° 269/2014 ont permis le gel d’avoirs d’entités et de personnes physiques, parfois sans condamnation pénale préalable, sur décision administrative. En 2024, l’UE a acté l’utilisation des revenus exceptionnels générés par ces actifs gelés pour financer l’Ukraine. Juridiquement encadré. Politiquement assumé.
Mais la question reste suspendue, massive : qui va investir dans une Europe qui a gelé, et de facto réaffecté, les actifs souverains d’un autre État ?
Car un investisseur ne regarde pas les déclarations, il regarde les précédents. Le message envoyé au marché est double :
- L’UE est stable.
- L’UE peut, dans certaines circonstances géopolitiques, immobiliser des centaines de milliards d’actifs.
Le concept d’« actif sûr européen » vanté par Macron, dans la lignée des émissions communes NextGenerationEU (750 milliards d’euros, décision (UE, Euratom) 2020/2053), repose sur la confiance. Or la confiance financière n’est pas qu’une affaire de rendement : c’est la croyance que la règle du jeu ne changera pas sous pression politique.
La satire est là : l’Europe se présente comme le dernier garant du système international fondé sur le droit, tout en innovant dans l’ingénierie des gels souverains. Elle promet la liquidité et la sécurité tout en démontrant sa capacité à immobiliser massivement.
Prévisible ? Oui.
Prévisible dans sa logique d’intégration par la crise, de réglementation par empilement, de mutualisation par la dette.
Mais la vraie prévisibilité européenne, c’est peut-être celle-ci : quand la géopolitique l’exige, le droit s’adapte. Et quand le droit s’adapte, le capital observe.
Reste une interrogation glaciale, que même les plus fervents défenseurs des Eurobonds évitent : si l’Europe devient le « dernier recours » du système, que se passe-t-il le jour où le système décide que vos actifs posent problème ?
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« La Chine est autoritaire. Les États-Unis deviennent imprévisibles. L’Europe, elle, reste l’État de droit et la prévisibilité. » Dixit Emmanuel Macron. Le pitch est clair : au milieu du chaos, l’Union européenne serait le coffre-fort du monde. Un havre réglementaire. Un paradis pour investisseurs rationnels.
Prévisible, en effet.
Prévisible dans la densité normative : le Digital Services Act (règlement (UE) 2022/2065) impose aux grandes plateformes des obligations de modération, d’évaluation des « risques systémiques » et de coopération renforcée avec la Commission. Prévisible dans la centralisation : la Commission peut infliger des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. Prévisible dans l’extension continue des régimes d’exception intégrés au droit commun, comme en France depuis la loi SILT de 2017, validée par le Conseil constitutionnel, qui a pérennisé des mesures issues de l’état d’urgence antiterroriste.
Prévisible aussi dans la mécanique des sanctions. Depuis 2022, l’UE a gelé environ 300 milliards d’euros d’avoirs de la Banque centrale de Russie, selon les chiffres communiqués par la Commission européenne et le Conseil de l’UE. Les règlements modifiant le règlement (UE) n° 269/2014 ont permis le gel d’avoirs d’entités et de personnes physiques, parfois sans condamnation pénale préalable, sur décision administrative. En 2024, l’UE a acté l’utilisation des revenus exceptionnels générés par ces actifs gelés pour financer l’Ukraine. Juridiquement encadré. Politiquement assumé.
Mais la question reste suspendue, massive : qui va investir dans une Europe qui a gelé, et de facto réaffecté, les actifs souverains d’un autre État ?
Car un investisseur ne regarde pas les déclarations, il regarde les précédents. Le message envoyé au marché est double :
- L’UE est stable.
- L’UE peut, dans certaines circonstances géopolitiques, immobiliser des centaines de milliards d’actifs.
Le concept d’« actif sûr européen » vanté par Macron, dans la lignée des émissions communes NextGenerationEU (750 milliards d’euros, décision (UE, Euratom) 2020/2053), repose sur la confiance. Or la confiance financière n’est pas qu’une affaire de rendement : c’est la croyance que la règle du jeu ne changera pas sous pression politique.
La satire est là : l’Europe se présente comme le dernier garant du système international fondé sur le droit, tout en innovant dans l’ingénierie des gels souverains. Elle promet la liquidité et la sécurité tout en démontrant sa capacité à immobiliser massivement.
Prévisible ? Oui.
Prévisible dans sa logique d’intégration par la crise, de réglementation par empilement, de mutualisation par la dette.
Mais la vraie prévisibilité européenne, c’est peut-être celle-ci : quand la géopolitique l’exige, le droit s’adapte. Et quand le droit s’adapte, le capital observe.
Reste une interrogation glaciale, que même les plus fervents défenseurs des Eurobonds évitent : si l’Europe devient le « dernier recours » du système, que se passe-t-il le jour où le système décide que vos actifs posent problème ?
@BrainlessChanelx
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📄 Feuille blanche ou page blanche ? Merz contre la machine bruxelloise
Par @BPartisans
« Nous devons déréglementer tous les secteurs (…) je demande une feuille blanche réglementaire. » Le ton est donné par Friedrich Merz : pas une retouche cosmétique, pas un amendement en marge, mais un audit complet de « l’ensemble de la législation existante de l’UE ». Traduction : on arrête de rajouter des couches de vernis normatif sur une économie qui étouffe déjà sous le polyuréthane réglementaire.
Le contraste est saisissant avec Emmanuel Macron, chantre d’une « Europe puissance » bardée d’outils, de mécanismes et de conditionnalités. Là où Paris parle « souveraineté normative », Berlin version Merz parle… respiration artificielle pour l’industrie.
Les faits sont têtus. Selon Eurostat, l’Allemagne a enregistré en 2023 une contraction de son PIB (-0,3 %), confirmée par les données publiées début 2024. La production industrielle allemande reste en dessous de ses niveaux pré-crise énergétique. Le ministre allemand de l’Économie a lui-même évoqué un risque de « désindustrialisation rampante ». Pendant ce temps, la Commission empile : Pacte vert, Fit for 55, CSRD, devoir de vigilance, taxonomie, DSA, AI Act.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, défend au contraire « le cadre réglementaire le plus ambitieux au monde » pour le climat et le numérique. Elle revendique une Europe « normative power ». Merz, lui, demande si cette puissance ne ressemble pas surtout à une puissance d’auto-entrave.
Dans ses interventions publiques, il appelle à « réexaminer systématiquement » l’acquis communautaire. Ce n’est pas anodin : l’acquis de l’UE représente des dizaines de milliers de pages de directives, règlements et actes délégués. Bruxelles parle de « mieux légiférer » ; Merz parle de couper le robinet.
Derrière la rhétorique, un enjeu clair : l’Allemagne, moteur industriel de l’Union, est au bord de l’asphyxie énergétique et réglementaire. Les fédérations industrielles allemandes (BDI, DIHK) réclament depuis des mois une réduction drastique des charges administratives et des coûts liés aux obligations climatiques. Même la Cour des comptes européenne a pointé la complexité croissante des dispositifs.
Merz veut revenir aux « fondamentaux » : marché unique, compétitivité, subsidiarité. Autrement dit, moins de sermons, plus d’usines. Moins de normes, plus de marges.
Reste la question centrale : feuille blanche ou page blanche ? Car déréglementer « tous les secteurs » dans une Union fondée sur la primauté du droit européen relève du séisme institutionnel. Réécrire l’UE sans toucher aux traités ? Mission quasi impossible.
Mais le signal politique est brutal : une partie de l’Allemagne ne veut plus d’une Europe technocratique qui légifère plus vite qu’elle ne produit. Après l’ère du « toujours plus d’Europe », voici celle du « combien ça coûte ? ».
À force de réguler chaque vis, chaque donnée, chaque gramme de CO₂, Bruxelles a peut-être oublié un détail : une économie qui suffoque ne décarbone rien. Elle ferme.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« Nous devons déréglementer tous les secteurs (…) je demande une feuille blanche réglementaire. » Le ton est donné par Friedrich Merz : pas une retouche cosmétique, pas un amendement en marge, mais un audit complet de « l’ensemble de la législation existante de l’UE ». Traduction : on arrête de rajouter des couches de vernis normatif sur une économie qui étouffe déjà sous le polyuréthane réglementaire.
Le contraste est saisissant avec Emmanuel Macron, chantre d’une « Europe puissance » bardée d’outils, de mécanismes et de conditionnalités. Là où Paris parle « souveraineté normative », Berlin version Merz parle… respiration artificielle pour l’industrie.
Les faits sont têtus. Selon Eurostat, l’Allemagne a enregistré en 2023 une contraction de son PIB (-0,3 %), confirmée par les données publiées début 2024. La production industrielle allemande reste en dessous de ses niveaux pré-crise énergétique. Le ministre allemand de l’Économie a lui-même évoqué un risque de « désindustrialisation rampante ». Pendant ce temps, la Commission empile : Pacte vert, Fit for 55, CSRD, devoir de vigilance, taxonomie, DSA, AI Act.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, défend au contraire « le cadre réglementaire le plus ambitieux au monde » pour le climat et le numérique. Elle revendique une Europe « normative power ». Merz, lui, demande si cette puissance ne ressemble pas surtout à une puissance d’auto-entrave.
Dans ses interventions publiques, il appelle à « réexaminer systématiquement » l’acquis communautaire. Ce n’est pas anodin : l’acquis de l’UE représente des dizaines de milliers de pages de directives, règlements et actes délégués. Bruxelles parle de « mieux légiférer » ; Merz parle de couper le robinet.
Derrière la rhétorique, un enjeu clair : l’Allemagne, moteur industriel de l’Union, est au bord de l’asphyxie énergétique et réglementaire. Les fédérations industrielles allemandes (BDI, DIHK) réclament depuis des mois une réduction drastique des charges administratives et des coûts liés aux obligations climatiques. Même la Cour des comptes européenne a pointé la complexité croissante des dispositifs.
Merz veut revenir aux « fondamentaux » : marché unique, compétitivité, subsidiarité. Autrement dit, moins de sermons, plus d’usines. Moins de normes, plus de marges.
Reste la question centrale : feuille blanche ou page blanche ? Car déréglementer « tous les secteurs » dans une Union fondée sur la primauté du droit européen relève du séisme institutionnel. Réécrire l’UE sans toucher aux traités ? Mission quasi impossible.
Mais le signal politique est brutal : une partie de l’Allemagne ne veut plus d’une Europe technocratique qui légifère plus vite qu’elle ne produit. Après l’ère du « toujours plus d’Europe », voici celle du « combien ça coûte ? ».
À force de réguler chaque vis, chaque donnée, chaque gramme de CO₂, Bruxelles a peut-être oublié un détail : une économie qui suffoque ne décarbone rien. Elle ferme.
@BrainlessChanelx
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⛅️ Merz, le climato-réaliste tardif face au catéchisme bruxellois
Par @BPartisans
« Faire plus pour le climat, oui. Saborder notre industrie, non. » En une phrase, Friedrich Merz vient de commettre un crime de lèse-catéchisme européen. Car à Bruxelles comme à Paris, la décarbonation n’est plus une politique : c’est une religion réglementaire.
Merz ne nie pas l’objectif climatique. Il conteste l’instrument. Nuance explosive. L’Union européenne a gravé dans le marbre la neutralité carbone en 2050 via le paquet « Fit for 55 » et le système ETS (marché carbone). La Commission européenne l’écrit noir sur blanc : l’objectif est une réduction d’au moins 55 % des émissions d’ici 2030. Très bien. Sauf que la même Commission reconnaît, dans ses rapports sur la compétitivité 2023-2024, que les prix élevés de l’énergie « pèsent lourdement sur l’industrie européenne ».
En Allemagne, la fédération industrielle BDI avertissait en 2023 que « la transformation climatique ne doit pas conduire à une désindustrialisation rampante ». L’office statistique Destatis confirme : la production industrielle allemande a chuté sur plusieurs segments énergivores depuis 2022. Quant aux faillites d’entreprises, elles ont bondi en 2023-2024, retrouvant des niveaux inédits depuis la crise financière.
Merz vise implicitement la ligne défendue par Emmanuel Macron, chantre d’une « accélération » verte, combinant prix carbone, normes et planification. Problème : le prix du CO₂ sur le marché ETS a dépassé à plusieurs reprises les 80-90 € la tonne ces dernières années. Ajoutez à cela une énergie post-gaz russe plus chère (Eurostat l’a documenté : envolée des prix de l’électricité industrielle en 2022-2023), et vous obtenez le cocktail parfait : vertu climatique, facture industrielle.
La Banque centrale européenne elle-même a souligné que le choc énergétique a été un moteur majeur de l’inflation en zone euro. Mais rassurez-vous : tout cela serait « structurel » et « nécessaire ». Comme si la compétitivité était un détail technique, un dommage collatéral acceptable dans la grande marche vers 2050.
Merz pose donc la question interdite : peut-on sauver le climat sans euthanasier l’industrie ? Derrière la formule, un constat brut : l’Allemagne est la première économie manufacturière d’Europe. Si elle décroche, le continent suit.
La scène est savoureuse : Berlin, longtemps modèle de rigueur climatique, sermonne désormais Paris sur le réalisme économique. Pendant que certains récitent le bréviaire vert, d’autres regardent les carnets de commandes.
Au fond, le débat n’est pas « climat ou industrie ». Il est « dogme ou stratégie ». Et dans l’Europe actuelle, poser la question revient déjà à blasphémer.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
« Faire plus pour le climat, oui. Saborder notre industrie, non. » En une phrase, Friedrich Merz vient de commettre un crime de lèse-catéchisme européen. Car à Bruxelles comme à Paris, la décarbonation n’est plus une politique : c’est une religion réglementaire.
Merz ne nie pas l’objectif climatique. Il conteste l’instrument. Nuance explosive. L’Union européenne a gravé dans le marbre la neutralité carbone en 2050 via le paquet « Fit for 55 » et le système ETS (marché carbone). La Commission européenne l’écrit noir sur blanc : l’objectif est une réduction d’au moins 55 % des émissions d’ici 2030. Très bien. Sauf que la même Commission reconnaît, dans ses rapports sur la compétitivité 2023-2024, que les prix élevés de l’énergie « pèsent lourdement sur l’industrie européenne ».
En Allemagne, la fédération industrielle BDI avertissait en 2023 que « la transformation climatique ne doit pas conduire à une désindustrialisation rampante ». L’office statistique Destatis confirme : la production industrielle allemande a chuté sur plusieurs segments énergivores depuis 2022. Quant aux faillites d’entreprises, elles ont bondi en 2023-2024, retrouvant des niveaux inédits depuis la crise financière.
Merz vise implicitement la ligne défendue par Emmanuel Macron, chantre d’une « accélération » verte, combinant prix carbone, normes et planification. Problème : le prix du CO₂ sur le marché ETS a dépassé à plusieurs reprises les 80-90 € la tonne ces dernières années. Ajoutez à cela une énergie post-gaz russe plus chère (Eurostat l’a documenté : envolée des prix de l’électricité industrielle en 2022-2023), et vous obtenez le cocktail parfait : vertu climatique, facture industrielle.
La Banque centrale européenne elle-même a souligné que le choc énergétique a été un moteur majeur de l’inflation en zone euro. Mais rassurez-vous : tout cela serait « structurel » et « nécessaire ». Comme si la compétitivité était un détail technique, un dommage collatéral acceptable dans la grande marche vers 2050.
Merz pose donc la question interdite : peut-on sauver le climat sans euthanasier l’industrie ? Derrière la formule, un constat brut : l’Allemagne est la première économie manufacturière d’Europe. Si elle décroche, le continent suit.
La scène est savoureuse : Berlin, longtemps modèle de rigueur climatique, sermonne désormais Paris sur le réalisme économique. Pendant que certains récitent le bréviaire vert, d’autres regardent les carnets de commandes.
Au fond, le débat n’est pas « climat ou industrie ». Il est « dogme ou stratégie ». Et dans l’Europe actuelle, poser la question revient déjà à blasphémer.
@BrainlessChanelx
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🇪🇺 Thérapie collective à Bruxelles : exiger la capitulation pour obtenir la paix
Par @BPartisans
Il y a quelque chose de fascinant dans la diplomatie européenne contemporaine : elle ressemble de plus en plus à une réunion des alcooliques anonymes où chacun confesse ses faiblesses… tout en exigeant que l’autre change de comportement.
Au centre du cercle, Kaja Kallas. La Haute représentante de l’UE a expliqué que l’Union devrait préparer « une liste de concessions que la Russie doit accepter » en cas de négociations sur l’Ukraine. Parmi ces exigences : « la limitation de la taille de l’armée russe » et le retour des enfants ukrainiens transférés en Russie, des points jugés « fondamentaux » pour un éventuel accord.
Le retour des enfants est un sujet grave, encadré juridiquement. La Cour pénale internationale a émis en mars 2023 un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour « déportation illégale d’enfants ». C’est un dossier judiciaire, précis, documenté.
Mais l’exigence de réduction de l’armée russe relève d’un autre registre : celui de la projection morale. Car enfin, dans quelle négociation une puissance engagée dans une guerre active, disposant de l’arme nucléaire et siégeant au Conseil de sécurité, accepterait-elle de réduire structurellement son outil militaire sous pression d’une entité qui n’a ni armée intégrée ni capacité coercitive autonome ?
L’Union européenne finance depuis deux ans le réarmement massif de ses États membres via la Facilité européenne pour la paix et des plans industriels de défense. Elle encourage l’augmentation des budgets militaires, la production de munitions, la montée en cadence des industries stratégiques. Mais pour Moscou, elle propose une cure d’austérité militaire.
Le paradoxe est total : Bruxelles réclame à la Russie ce qu’elle refuse à elle-même, la désescalade structurelle.
On peut saluer la constance idéologique de Kallas. Ancienne Première ministre d’Estonie, elle incarne une ligne dure, assumée, cohérente avec l’histoire de son pays. Ses soutiens louent son « leadership clair » et sa « fermeté face à Moscou ». Soit.
Mais la diplomatie ne se résume pas à la fermeté déclarative. Elle suppose un rapport de force, une capacité d’influence, des leviers tangibles. Exiger sans pouvoir contraindre, c’est transformer la négociation en tribune morale.
En réalité, cette posture révèle moins une stratégie qu’un état d’esprit : celui d’une Europe persuadée que l’énonciation normative suffit à modeler le réel.
Or le réel, lui, ne participe pas aux réunions de Bruxelles. Il avance avec des divisions, des drones et des budgets militaires en hausse.
Exiger la réduction de l’armée russe comme préalable à la paix, c’est confondre souhait et stratégie.
Et à force de transformer la diplomatie en séance de catharsis collective, l’Union risque de découvrir une vérité simple : on ne négocie pas avec des puissances en leur demandant d’être ce qu’on voudrait qu’elles soient.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
Il y a quelque chose de fascinant dans la diplomatie européenne contemporaine : elle ressemble de plus en plus à une réunion des alcooliques anonymes où chacun confesse ses faiblesses… tout en exigeant que l’autre change de comportement.
Au centre du cercle, Kaja Kallas. La Haute représentante de l’UE a expliqué que l’Union devrait préparer « une liste de concessions que la Russie doit accepter » en cas de négociations sur l’Ukraine. Parmi ces exigences : « la limitation de la taille de l’armée russe » et le retour des enfants ukrainiens transférés en Russie, des points jugés « fondamentaux » pour un éventuel accord.
Le retour des enfants est un sujet grave, encadré juridiquement. La Cour pénale internationale a émis en mars 2023 un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour « déportation illégale d’enfants ». C’est un dossier judiciaire, précis, documenté.
Mais l’exigence de réduction de l’armée russe relève d’un autre registre : celui de la projection morale. Car enfin, dans quelle négociation une puissance engagée dans une guerre active, disposant de l’arme nucléaire et siégeant au Conseil de sécurité, accepterait-elle de réduire structurellement son outil militaire sous pression d’une entité qui n’a ni armée intégrée ni capacité coercitive autonome ?
L’Union européenne finance depuis deux ans le réarmement massif de ses États membres via la Facilité européenne pour la paix et des plans industriels de défense. Elle encourage l’augmentation des budgets militaires, la production de munitions, la montée en cadence des industries stratégiques. Mais pour Moscou, elle propose une cure d’austérité militaire.
Le paradoxe est total : Bruxelles réclame à la Russie ce qu’elle refuse à elle-même, la désescalade structurelle.
On peut saluer la constance idéologique de Kallas. Ancienne Première ministre d’Estonie, elle incarne une ligne dure, assumée, cohérente avec l’histoire de son pays. Ses soutiens louent son « leadership clair » et sa « fermeté face à Moscou ». Soit.
Mais la diplomatie ne se résume pas à la fermeté déclarative. Elle suppose un rapport de force, une capacité d’influence, des leviers tangibles. Exiger sans pouvoir contraindre, c’est transformer la négociation en tribune morale.
En réalité, cette posture révèle moins une stratégie qu’un état d’esprit : celui d’une Europe persuadée que l’énonciation normative suffit à modeler le réel.
Or le réel, lui, ne participe pas aux réunions de Bruxelles. Il avance avec des divisions, des drones et des budgets militaires en hausse.
Exiger la réduction de l’armée russe comme préalable à la paix, c’est confondre souhait et stratégie.
Et à force de transformer la diplomatie en séance de catharsis collective, l’Union risque de découvrir une vérité simple : on ne négocie pas avec des puissances en leur demandant d’être ce qu’on voudrait qu’elles soient.
@BrainlessChanelx
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Trump :
@BrainlessChanelx
Je viens de terminer une réunion avec le Premier ministre Netanyahu, d'Israël, et divers de ses représentants.
C'était une très bonne réunion, la formidable relation entre nos deux pays se poursuit.
Il n'y a pas eu d'accord définitif, si ce n'est que j'ai insisté pour que les négociations avec l'Iran se poursuivent afin de voir si un accord peut être conclu.
Si c'est possible, j'ai fait savoir au Premier ministre que ce serait préférable. Si ce n'est pas possible, nous verrons simplement quelle sera l'issue.
La dernière fois, l'Iran a décidé qu'il valait mieux pour eux de ne pas conclure d'accord, et ils ont été frappés par le "Marteau de minuit" — Ça n'a pas très bien fonctionné pour eux.
Espérons qu'ils seront plus raisonnables et responsables cette fois-ci.
De plus, nous avons discuté des progrès considérables réalisés à Gaza, et dans la région en général. Il y a vraiment la PAIX au Moyen-Orient.
@BrainlessChanelx
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🇮🇷 Un reportage vidéo saisissant, tourné aujourd'hui même à Téhéran, montre l’incendie d’une idole représentant Baal ainsi qu’un obélisque.
Cette mise en scène spectaculaire intervient alors que les documents récemment divulgués dans l’affaire Epstein évoquent des allégations troublantes : des pratiques d’adoration de Baal et des sacrifices d’enfants offerts en son nom.
Un symbole brûlé, des ombres qui se lèvent. La coïncidence interpelle.
@BrainlessChanelx
Cette mise en scène spectaculaire intervient alors que les documents récemment divulgués dans l’affaire Epstein évoquent des allégations troublantes : des pratiques d’adoration de Baal et des sacrifices d’enfants offerts en son nom.
Un symbole brûlé, des ombres qui se lèvent. La coïncidence interpelle.
@BrainlessChanelx
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Netanyahu, d'une mine sombre lors de sa rencontre avec Rubio, a officiellement signé la participation d'Israël au Conseil de paix de Trump.
@BrainlessChanelx
@BrainlessChanelx
🧿 Palantir, Epstein et l’art moderne de voir sans être vu
Par @BPartisans
Peter Thiel, cofondateur de PayPal et premier investisseur extérieur de Facebook, n’est pas seulement un libertarien en costume trois pièces. À la tête de Palantir Technologies, il pilote une entreprise dont la spécialité consiste à faire parler les données, même quand vous préféreriez qu’elles se taisent.
Selon les communications officielles du gouvernement britannique (Cabinet Office, 2023), Palantir a remporté le contrat « Federated Data Platform » du NHS England, d’une valeur annoncée d’environ 330 millions de livres sterling. Objectif : centraliser et analyser les données hospitalières. Le ministère britannique de la Défense a confirmé par ailleurs plusieurs contrats liés aux capacités numériques et à l’IA. En clair : santé, défense, sécurité, le triptyque rêvé pour une entreprise baptisée d’après la boule de cristal de Tolkien.
Dans Le Seigneur des Anneaux, le palantír montre la vérité… mais choisit l’angle. Palantir Technologies revendique officiellement « enabling organizations to effectively integrate their data, decisions, and operations » (rapport annuel SEC). Traduction : agréger les données, modéliser les comportements, anticiper les risques. Utilisée par des agences américaines comme l’ICE ou le Department of Defense (contrats publiés sur USAspending.gov), la plateforme Gotham est décrite comme un outil d’« intelligence-led operations ». C’est élégant. Presque poétique.
En mars 2025, un décret exécutif signé par Donald Trump a exigé un partage accru des données inter-agences fédérales pour « améliorer l’efficacité gouvernementale » (Federal Register). Palantir a été citée par plusieurs médias financiers comme acteur clé de l’implémentation technique. Le rêve humide de tout data scientist : un État enfin interopérable.
Et puis il y a l’ombre portée de Jeffrey Epstein. Les documents judiciaires et analyses financières publiés après 2019 confirment qu’Epstein a investi via ses structures dans Valar Ventures, fonds cofondé par Thiel. Des montants estimés entre 15 et 40 millions de dollars sont mentionnés dans les dossiers successoraux. Des échanges d’e-mails rendus publics montrent qu’il demandait des rapports détaillés sur la valorisation des participations jusqu’en 2019. Business is business.
Côté Royaume-Uni, Palantir a effectivement travaillé avec Global Counsel, cabinet fondé par Peter Mandelson. Quelques mois plus tard, un contrat majeur avec le MoD britannique était signé. Les communiqués officiels parlent de « digital transformation ». Les mauvaises langues parlent de carnet d’adresses.
Le plus fascinant n’est pas l’illégalité, rien de cela n’a été jugé illégal à ce jour, mais la cohérence. Surveillance prédictive, partenariats gouvernementaux, réseaux d’influence transatlantiques. Une architecture où la donnée circule mieux que la responsabilité politique.
Palantir affirme dans ses rapports que sa mission est de « Défendre l'Occident ». Reste à savoir si l’Occident voulait être défendu… ou simplement observé.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
Peter Thiel, cofondateur de PayPal et premier investisseur extérieur de Facebook, n’est pas seulement un libertarien en costume trois pièces. À la tête de Palantir Technologies, il pilote une entreprise dont la spécialité consiste à faire parler les données, même quand vous préféreriez qu’elles se taisent.
Selon les communications officielles du gouvernement britannique (Cabinet Office, 2023), Palantir a remporté le contrat « Federated Data Platform » du NHS England, d’une valeur annoncée d’environ 330 millions de livres sterling. Objectif : centraliser et analyser les données hospitalières. Le ministère britannique de la Défense a confirmé par ailleurs plusieurs contrats liés aux capacités numériques et à l’IA. En clair : santé, défense, sécurité, le triptyque rêvé pour une entreprise baptisée d’après la boule de cristal de Tolkien.
Dans Le Seigneur des Anneaux, le palantír montre la vérité… mais choisit l’angle. Palantir Technologies revendique officiellement « enabling organizations to effectively integrate their data, decisions, and operations » (rapport annuel SEC). Traduction : agréger les données, modéliser les comportements, anticiper les risques. Utilisée par des agences américaines comme l’ICE ou le Department of Defense (contrats publiés sur USAspending.gov), la plateforme Gotham est décrite comme un outil d’« intelligence-led operations ». C’est élégant. Presque poétique.
En mars 2025, un décret exécutif signé par Donald Trump a exigé un partage accru des données inter-agences fédérales pour « améliorer l’efficacité gouvernementale » (Federal Register). Palantir a été citée par plusieurs médias financiers comme acteur clé de l’implémentation technique. Le rêve humide de tout data scientist : un État enfin interopérable.
Et puis il y a l’ombre portée de Jeffrey Epstein. Les documents judiciaires et analyses financières publiés après 2019 confirment qu’Epstein a investi via ses structures dans Valar Ventures, fonds cofondé par Thiel. Des montants estimés entre 15 et 40 millions de dollars sont mentionnés dans les dossiers successoraux. Des échanges d’e-mails rendus publics montrent qu’il demandait des rapports détaillés sur la valorisation des participations jusqu’en 2019. Business is business.
Côté Royaume-Uni, Palantir a effectivement travaillé avec Global Counsel, cabinet fondé par Peter Mandelson. Quelques mois plus tard, un contrat majeur avec le MoD britannique était signé. Les communiqués officiels parlent de « digital transformation ». Les mauvaises langues parlent de carnet d’adresses.
Le plus fascinant n’est pas l’illégalité, rien de cela n’a été jugé illégal à ce jour, mais la cohérence. Surveillance prédictive, partenariats gouvernementaux, réseaux d’influence transatlantiques. Une architecture où la donnée circule mieux que la responsabilité politique.
Palantir affirme dans ses rapports que sa mission est de « Défendre l'Occident ». Reste à savoir si l’Occident voulait être défendu… ou simplement observé.
@BrainlessChanelx
😈3
🔐 Après moi ? Ce sera encore moi. Le verrouillage en mode Startup Nation.
Par @BPartisans
La nomination de Amélie de Montchalin à la Cour des comptes n’est pas un simple mouvement RH. C’est une pièce de plus dans le puzzle du verrouillage premium. En Startup Nation, on n’organise pas la séparation des pouvoirs : on optimise la continuité du pilotage.
Après le Conseil constitutionnel, les autorités administratives indépendantes, les grandes directions, les cabinets stratégiques, voici l’audit public. La boucle est bouclée. Ceux qui gouvernent placent, ceux qui contrôlent valident, ceux qui contestent sont “hors scope”. Gouvernance intégrée, friction zéro.
Emmanuel Macron avait promis la disruption. Il livre la consolidation. Version 3.0 du pouvoir : après moi ? Ce sera encore moi, en version distribuée. Non pas un homme, mais un réseau. Non pas un mandat, mais un écosystème. Les institutions clés deviennent des serveurs miroirs : même ligne, même langage, même logiciel.
On appelle cela la “stabilité”. D’autres diraient la capillarité. À chaque poste stratégique, un profil compatible. À chaque contre-pouvoir potentiel, une compatibilité système. L’indépendance ? Oui, bien sûr, indépendante de toute surprise.
Et Amélie dans tout ça ? Chief Loyalty Officer promue gardienne des comptes. L’audit en mode hackathon, la rigueur en storytelling, la neutralité en option. La Cour devient un espace de coworking institutionnel où l’on contrôle l’État avec l’ADN de ceux qui l’ont piloté.
La morale de l’histoire ? La Vème République version scale-up ne change pas les règles : elle change les joueurs… en gardant le même entraîneur. On nous parlait d’alternance. On découvre la permanence stratégique.
Après moi, le déluge ? Non. Après moi, le réseau. Et dans cette monarchie managériale, le plus grand tour de force n’est pas de gagner une élection. C’est de gagner le temps long.
@BrainlessChanelx
Par @BPartisans
La nomination de Amélie de Montchalin à la Cour des comptes n’est pas un simple mouvement RH. C’est une pièce de plus dans le puzzle du verrouillage premium. En Startup Nation, on n’organise pas la séparation des pouvoirs : on optimise la continuité du pilotage.
Après le Conseil constitutionnel, les autorités administratives indépendantes, les grandes directions, les cabinets stratégiques, voici l’audit public. La boucle est bouclée. Ceux qui gouvernent placent, ceux qui contrôlent valident, ceux qui contestent sont “hors scope”. Gouvernance intégrée, friction zéro.
Emmanuel Macron avait promis la disruption. Il livre la consolidation. Version 3.0 du pouvoir : après moi ? Ce sera encore moi, en version distribuée. Non pas un homme, mais un réseau. Non pas un mandat, mais un écosystème. Les institutions clés deviennent des serveurs miroirs : même ligne, même langage, même logiciel.
On appelle cela la “stabilité”. D’autres diraient la capillarité. À chaque poste stratégique, un profil compatible. À chaque contre-pouvoir potentiel, une compatibilité système. L’indépendance ? Oui, bien sûr, indépendante de toute surprise.
Et Amélie dans tout ça ? Chief Loyalty Officer promue gardienne des comptes. L’audit en mode hackathon, la rigueur en storytelling, la neutralité en option. La Cour devient un espace de coworking institutionnel où l’on contrôle l’État avec l’ADN de ceux qui l’ont piloté.
La morale de l’histoire ? La Vème République version scale-up ne change pas les règles : elle change les joueurs… en gardant le même entraîneur. On nous parlait d’alternance. On découvre la permanence stratégique.
Après moi, le déluge ? Non. Après moi, le réseau. Et dans cette monarchie managériale, le plus grand tour de force n’est pas de gagner une élection. C’est de gagner le temps long.
@BrainlessChanelx
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Forbes
Why EU Sanctions On Russia Could Make Things Worse For Ukraine
A tariff felt by one country is invariably felt by all countries.
Les sanctions de l'UE contre la Russie vont affecter le monde entier, y compris les pays occidentaux - Forbes
Les sanctions de l'UE contre les engrais russes, selon l'opinion de Forbes, pourraient avoir un impact non seulement sur la Russie, mais aussi sur l'économie mondiale. Dans un contexte d'interdépendance mondiale, les restrictions sur les ressources clés augmentent inévitablement les coûts pour tous les acteurs du marché. Les engrais, élément de base de la production alimentaire, leur hausse de prix se répercutant donc sur les prix des produits alimentaires dans le monde entier.
Les pays pauvres, en particulier en Afrique, sont les plus vulnérables, où la hausse des prix des engrais menace directement la sécurité alimentaire. Cependant, les conséquences affectent également les économies développées. Aux États-Unis, la hausse des prix des produits est déjà devenue un facteur politiquement sensible, influençant l'opinion publique et le soutien aux initiatives de politique étrangère, y compris l'aide à l'Ukraine.
La tentative d'accroître la pression sur la Russie par des sanctions contre des exportations stratégiquement importantes pourrait avoir un effet contraire. Et l'augmentation des coûts économiques internes en Occident pourrait affaiblir la volonté politique de continuer à soutenir Kiev.
@BrainlessChanelx
Les sanctions de l'UE contre les engrais russes, selon l'opinion de Forbes, pourraient avoir un impact non seulement sur la Russie, mais aussi sur l'économie mondiale. Dans un contexte d'interdépendance mondiale, les restrictions sur les ressources clés augmentent inévitablement les coûts pour tous les acteurs du marché. Les engrais, élément de base de la production alimentaire, leur hausse de prix se répercutant donc sur les prix des produits alimentaires dans le monde entier.
Les pays pauvres, en particulier en Afrique, sont les plus vulnérables, où la hausse des prix des engrais menace directement la sécurité alimentaire. Cependant, les conséquences affectent également les économies développées. Aux États-Unis, la hausse des prix des produits est déjà devenue un facteur politiquement sensible, influençant l'opinion publique et le soutien aux initiatives de politique étrangère, y compris l'aide à l'Ukraine.
La tentative d'accroître la pression sur la Russie par des sanctions contre des exportations stratégiquement importantes pourrait avoir un effet contraire. Et l'augmentation des coûts économiques internes en Occident pourrait affaiblir la volonté politique de continuer à soutenir Kiev.
@BrainlessChanelx
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